CARRIÈRES
SOCTKRRAFNES 15,7
àcîEr, OUVKHT
(') Explosion de grisou du puits Vorpillewx (Loiro); 297 ouvioi^s lutS
1377 — Si, pour analyser les résultats de cette statistique, nous nous restreignons d'abord aux combuslibles, nous verrons, d'après le tableau de la page 820, que les éboulements se placent, pour ces exploitations, au premier rang d'importance, et qu'ils ont représenté, en 1895, plus de 59 7o <ïes cas mortels. En laissant à
part les causes non spécifiées, qui ont donné pour cette année un chiffre anormal de tués, a cause de laccidcnt de Blanzy (page 793, note 1), l*on trouve en second lieu Texploitation des voies ferrées souterraines comme la principale cause de décès. Cette partie du service prend, de môme que les éboulements, une importance exceptionnelle, lorsque Ton tient compte de lensenihlc des hommes atteints. Sur 10000 ouvriers du fond, le nombre des victimes tuées ou blessées s'est en effet élevé à 53,5 pour les éboulements, et à 26,3 pour le roulage, sur un total de 89,3. Ces chiffres correspondent à 37,5 7© pour les premiers, et à 29,5 *;. pour le second, soit ensemble à 67 Vo ^^^ ouvriers atteints. Le^ deux tiers des victimes des accidents de mines doivent donc être attribuées à ces deux causes, éboulements et exploitation des voies ferrées souterraines. Ce résultat n'est d ailleurs pas spécial à Tannée 1895; il se retrouve dans des conditions analogues pendant les précédentes.
On remarquera que, d'après le même tableau, Tinfluence du grisou représente seulement 4,5 7o des morts (0,6 sur 14), etî! 7, des hommes atteints (1,8 sur 89,2). Ces chiffres sont, en un sens, de nature à rectifier les idées, parfois exagérées, que Ton se fait sur la prépondérance de ce genre de dangers. Nous venons de voir que Téboulement, dont le public se préoccupe infmiment moins, est bien plus meurtrier, quoiqu'il exerce ses ravages d'une manière beaucoup moins retentissante. Il est cependant tout à fait nécessaire de faire remarquer que ces chiffres ne donnent, en réalité, qu'une appréciation assez vague du danger résultant du giisou; car ils se rapportent à la totalité des charbonnages, dont les uns sont absolument indemnes sous ce rapport, tandis que d'autres* au contraire, concentrent en eux presque tout le péril. Dans un groupe de mines, toutes grisouteuses, que l'on isolerait de manière à en établir les moyennes, il est évident que les chiffres ressorliraient d'une manière différente. Mais on se trouverait, pour établir de telles appréciations, en face d'une grande variabilité.
Le second tableau de la page 821, qui permet de comparer les résultats des dix dernières années, montre en effet combien est différente, d'une année à l'autre, la mortalité due aux coups de
ACaOENTS DIVEIIS. 825
grisou. Les mines françaises ont été, depuis quelque temps, exccptionnellemenl favorisées à ce point de vue, puisque ces accidents n'ont entraîné aucun décès en 1892, 1893 et 1894. Un tel résultat ne s'était pas présenté depuis 1845 (^).
— Ce dernier tableau fournit, en outre, les éléments nécessaires pour apprécier les conditions de la mortalité en ce qui concerne les diverses classes d'exploitations. On voit que les chances de mort par accident ne sont pas plus grandes dans les mines que pour les carrières souterraines, et même à ciel ouvert,. surtout si l'on observe qu'une grande quantité de ces dernières ne sont exploitées chaque année que pendant quelques mois seulement.
Les proportions sont particulièrement élevées pour les carrières souterraines, où, d'après le tableau de la page 820, les éboulemenls ont causé 53 7o ^^ nombre des morts, et plus de 45 7o du total dos ouvriers atteints. Mais c'est dans les ardoisières souterraines que la mortalité parait être la plus considérable. D'après une intéressante statistique dressée par M. l'ingénieur en chef des Mines lchon('), et embrassant quarante années (1850-1889), le nombre de tués, sur 10 000 ouvriers du fond, y a pendant cette période iitteint par an le chiffre de 56,5.
13'79 — Comparaisons. — 11 est intéressant de comparer les résultats obtenus en France et à l'étranger au point de vue des accidents miniers. En limitant cette comparaison aux mines de houille, qui représentent plus de 90 7o de la population ouvrière des exploitations françaises, nous avons dressé, d'après les statistiques officielles des dix dernières années, le tableau suivant relatif aux quatre pays qui produisent le plus de charbon en Europe. Il concerne l'ensemble du personnel du fond et du jour(^) :
[^) Nous avons donné (N** 1315) des renseignements détaillés sur la répartition des accidents de grisou suivant leurs causes, et sur la comparaison avec les pays étrangers.
l*) Bull, min,, 3% IV, 830.
(^) liCs chiffres de la 4" colonne de ce tableau dilTèrent légèrement de ceux de la 5* colonne du tableau de la page 821, parce que les premiers sont relatifs aux mines de iiouille seules, tandis que ceux de la page 821 concernent toutes les mines de combustible (houille et lignite).
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