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La lecture de ce tableau, et notamment des moyennes qui résument la dernière période décennale, met en lumière une certaine supériorité des conditions de sécurité des houillères françaises sur celles des autres pays (^). Après elles, viennent les charbonnages de la Grande-Bretagne et de la Belgique, puis, à une assez grande distance, ceux de la Prusse.
Bien que les divers bassins houillers présentent une somme de dangers variable suivant Tabondance du grisou, la nature des terrains, la fréquence des feux, la profondeur des exploitations, il est juste' de reporter une partie de cet avantage aux efforts des exploitants et de l'Administration française.
1880 — On retrouve un résultat analogue, si Ton remonte aux précédentes périodes décennales jusqu'en 1831 . C'est ce qui résulte du tableau suivant (*), qui résume les constatations faites dans les mines de houille de ces mômes pays pendant les quarante-cinq dernières années :
PÉRIODES DÉCENNALKS
NOMBHE DE TLÉS PAU lOOfJO OLVIUERS
France
Belgique
G'*-Breta9ae
Pmrae
Sauf pour la Prusse, où les progrès paraissent moins sensibles, ces chiffres décèlent une diminution continue de la mortalité dans
;*j II convient toutefois de sijrnaler que les ouvriers du jour, dont le travail est moins dangereux, sont relativement un peu plus nombreux en France que dans les pays voisin^. En 1895, leur proportion atteignait 29 % dans nos houillércs, tandis qu'elle était de 26 et de 20 % ^^ Belgique et on Grande-Bretagne.
(*, Dressé d'après les statistiques ofticielles, d'après un travail de M. Harzé (Annales de* mines de Belgique, 1896, I, 467 et 502], et d'après une communication du même auteur au Congrès des accidents du travail tenu à Paris en 1889.
les charbonnages. En France, notamment, les risques de mort ont été réduits de moitié en vingt-cinq ans.
Cette décroissance, due aux progrès de Tart des mines, est d autant plus remarquable que, depuis un demi-siècle, les dangers n'ont fait qu'augmenter avec les difficultés de l'exploitation, à mesure que les travaux devenaient plus profonds et plus grisouteux, et Textraction intensive de plus en plus générale.
1881 — On peut enfin chercher à comparer, au point de vue de la mortalité, les conditions du travail des mines avec celles d'autres industries.
Voici, d'après diverses sources (*), quelques données à cet égard. Elles expriment des moyennes annuelles rapportées à 10000 ouvriers ou agents :
Bateaux armés pour la péchc en Islande (1874-1885) 92, G
Exploitation des chemins de fer anglais (1870-1872) 47,6
— du London and Norlh Western R' (1882-1885) . . 24,5
— des chemins de fer du Nord français (1868-1875) . 16,5
— des chemins de fer français (1X75-1884) 12,1
Poudreries nationales françaises } (1875-1885) 26,1
En rapprochant ces résultats de ceux que nous avons donnés plus haut pour les mines de houille, on voit que ces dernières sont loin de présenter des risques plus élevés que toutes les autres industries. Les ouvriers mineurs paraissent se trouver à cet égard dans des conditions comparables à celles des agents de chemins de fer.
(') De Sinner, Les accidents dans les mines [Bull, de la Société Vaudoise de» ingénieurs et architectes, 1801). — KeUer, Définilion et statistique des accidents [Congrès international des accidents du travail^ 1889). — Whitall [Journal of the instilule of actuaries and assurance magazine, janvier 1882).