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EXEMPLES ~ COMBUSTIBLES

1503 — Généralités. — En ce qui concerne les combustibles, Tensemble d'un atelier de préparation mécanique prend une physionomie toute spéciale (*).

(*) Busquet. Prép. méc. des charbons aux mines de Decize (CflAf, 1885', 231: Bull, min,, 2*, XIV, 2* livr.)- — I^andrivon. Atelier de lavage du Martinet [Bull, min., !^. XII, 503). — Chalmeton. Anciens ateliers de Bessèges [Bull, mm., 1", IV. 75j). — Meynier. Classement et lavuge de la houille aux mines de Brassac {Bull, min., l", I, 417). — Lcbleu. Uvage de la houille à Brassac [Amialei, b\ XVI, 243). — Marsaui. Résultats du lavage de la houille à Bessèges {Bull, min,, 2«, VIII). — De Marsilly- Mémoire sur le lavage de la houille en Belgique {Annales, 4*, XVII, 381). — Pelers. Prép. des charbons dans le bassin de la Ruhr [Hev. univ. d. m., 2*, XV, 256i. — Fr. Pcters. l'ebor die Aufbereitung der StcinkohIen im Rulirbassin {CEsterreichùche Zeitftchrift fur Berg- und Uûtlenwcsen, 1885, 656). — Baare. Kohlen Aurbereilung in Bochum [ibidem, 1882, 402). — J. Mayer. Kohlen Séparation am Hermenegildschachte in Polnisch Ostrau [ibidem, 1879, 357). — Harvey. On Coal-washing South- Wales [Procrediug* of

ORGANISATION DUN ATELIER. iOO!

Le broyage y figure très raremenl. On emploie cependant des désintégra(eurs pour pulvériser les charbons avant la fabrication du coke, en vue d'obtenir Tassociation intime de produits différents, et une meilleure agglomération dans les fours. Le concassage est en usage depuis longtemps pour les anthracites difficiles à brûler sous un trop gros volume (N° 1513). Afin d'obtenir en quantité suflisante la sorte dite têtes de moineaux^ très demandée, depuis quelques années surtout, on étend maintenant cette opération aux charbons maigres dans certains bassins, notamment celui de Charleroi. Mais les concasseurs employés à cet effet ont souvent rinconvénient de produire une grande quantité de menu. Au charbonnage du Gouffre, à Chatelineau (^), la production de poussier au-dessous de 20 millimètres (trous ronds) atteint avec ce procédé 55 pour 100. Aussi certaines Compagnies préfèrent-elles encore, en pareil cas, le concassage à la main, plus coûteux et moins expéditif, mais ne donnant, dans de bonnes conditions, que 15 à 18 pour 100 de menu.

Le débourbage disparaît également de cette spécialilé, par la nature des choses (').

Le classement de volume, utile comme toujours pour le bon fonctionnement du criblage à la cuve, conserve, lors même que le

the Institution of civil Engineers^ LXX). — Bérard. Épui^ation de la houille (Bull. min. !'•, Il, 5). — Max. Evrard. Prép. méc. des charbons [Bull, min,, 1", IX, 305). — Pernolet. Prép. méc. de la houille (Annales, ?•, Il, 115; VI, 363). — Triages du Nord, Bull, min.y 2*, XV, 33. — Folliii. Note sur le lavage de la bouille et sa carbonisation aux mines de Fcrfay. Bull, technologique de la Société des anciens élèves des Ecoles darts et métiers, mai et juin 1891. — Gillon. Rapport du Jury international && l'Exposition de 1889, Gr. VI. cl. 48, 241. — Laverie de la Compagnie nouvelle de l'Aveyron, CRM, 188o, 61. ~ Atelier de triage de Commentry, CRH, 1889, 166. — I^avoir à charbons pyriteux des mines de Karwin, CRM, 1891, 241. — Triages de la Ruhr, Rev. univ. d. w., 2*, XV, 226. — Prép. méc. de la houille à la Powell Dulfryn Co, Génie civil, 21 septembre 1895. — Triage et lavage de New-Culm, Revue industrielle, 4 avril 1896. — Notice historique sur les appareils anciens pour le lavage des charbons, Colliery Guardian, 21 décembre 1894. — Galloway. Lavage des charbons, Coal mining, Cardiff Exhibition Handbook^ 1896. — Rigg. Culbutage et criblage du charbon, Afin, of Proceedings of the Instit. of civil Enginrers, CXXVIÏ, 8 décembre 1896. — Gillott. Ateliers de surface du charboimage de Kirkby, Ibidem. — Ormsbee. Note sur un al cher de lavage des bouilles aux mines de Pratt (Alabama), Transact. americ, min., mars 1895. — Hôfer. Tasckenbuch fur Bergmânner, Lcoben, 1897, p. 515.

{*) Cambessédès, BulL min., 3% YIII, 561.

(*) On trouvera plus loin (N* 1513) une exception intéressante.

lOOS PRËPARÂTION MÉGANIQUE DES MINERAIS.

charl)on ne doit pas ôtre lavé, une grande importance. Ce genre de conditionnement est, en eflet, souvent réclamé par les consommateurs au point de vue de la combustion. Tantôt les produits distincts, ainsi séparés les uns des autres, sont vendus sous cette forme immédiate, tantôt on les associe de nouveau, d'après certaines proportions, pour constituer des charbons composés conformément aux demandes du commerce.

Le klaubage, ou triage à la main, joue toujours un rôle considérable (M- Les morceaux dont la grosseur le permet passent sous les yeux de femmes, de filles, ou de gamins, qui enlèvent les schistes^). Les pierres contribuent en effet à former des mâchefers, et à diminuer le pouvoir calorifique de la masse» tout comme les matières minérales finement disséminées. Mais contre celles-ci, Ton reste désarmé, tout l'effort de la préparation étant de débarrasser le combustible des rochers proprement dits, et aussi des barrés ou crus. Tout au moins, rclègue-t-on ces derniers dans des sortes particulières, consommées par les chaudières de la mine, ou données comme affouage aux ouvriers, ou enfin livrées à des prix inférieurs, quand elles en valent encore la peine. On caractérise la qualité des produits d'après leur teneur en cendres. Les cahiers des charges des fournitures aux Compagnies de chemin de fer, à la Marine, ou aux grandes industries, imposent en général, à cet égard, une limite que l'exploitant est obligé d'atteindre, mais qu'il n'a pas intérêt à dépasser, puisqu'il ne lui en serait pas tenu compte; ce qui établit le traitement dans des conditions un peu différentes de celui des minerais métalliques.

La pyrite constitue une matière encore plus redoutable. Elle

(*) Les jet'Aes de triage à Hokoren (Génie civile IV, 260). — Lucien Parent. Prépiration mécanique des houiUes dans le nord de la France (B%M. min, i", XV, 33). — InstaUation pour la manutention de la houiUe à Rondont, États-Unis (Génie citil, UX, 21). — Schutchermann et Kremer. Coalwashing and Separating plant at ZoUem (En^ neerinÇf 29 janvier 189i, 132).

(*) Lorsque les produits à soumettre à cette opération contiennent des fines, on les fait glisser, avant d'atteindre la toile sans fin de triage, sur une griUe à barreaux longs peu espacés. Le poussier se sépare, et tombe le premier sur la toile; il est ensuiie recouvert par les fragments plus gros, dont l'examen se trou\ie ainsi rendu fAns facile. On peut aussi par un procédé du même genre réunir les fines au milieu de la toile, et déposer de part et d'autre, vers les bords, les morceaux à trier à la main.

ronge les grilles, et répand une odeur sulfureuse, intolérable pour le chauffage domestique. Le klaubage y a peu de prise, car elle est souvent assez finement disséminée. Le lavage seul peut en avoir raison, d'après la grande différence de densité qu'elle présente avec le combustible, pourvu que le mode de mélange s'y prête.

L'énorme tonnage sur lequel on opère contribue à imposer, à ce genre d'atelier, un caractère spécial. On emploie des appareils simples, puissants, peu nombreux, à fonctionnement automatique, de nature à ne pas brutaliser le charbon. Lorsque celui-ci devient mourrevXf la question des limons acquiert une importance particulière (N** 1435). Deux circonstances principales sont propres à favoriser leur développement : la friabilité relative de la matière pendant le traitement, et la rapidité inévitable du classement de volume de masses aussi considérables qui ne permet pas d'atteindre une grande perfection pour la séparation des poussières (N** 1412).

A la fin du lavage ces schlamms se retrouvent mélangés à l'eau, après que les charbons lavés se sont égouttés en couche peu épaisse dans des appareils perforés; le liquide est alors dirigé vers de vastes bassins, munis de trop-pleins, dans lesquels se déposent les limons (N'» 1478).

Mais si les grains lavés sont destinés à la fabrication du coke, il n'y a que des avantages à y conserver les poussiers entraînés. L'égouttage des charbons se fait alors au moyen de grandes trémies, fermées à la partie inférieure par une grille serrée; les charbons s'y accumulent, et constituent eux-mêmes un filtre pour les limons. L'eau sort presque claire par le bas de l'appareil. Cette disposition, qui a été appliquée à Dourges et à Lens, présente, dans ce cas spécial, l'avantage d'être beaucoup moins encombrante que la précédente.

1504 — Houillères de Lens(*). — On s'est proposé, sur les triages installés à chaque fosse des mines de Lens, de ménager autant que possible la friabilité du charbon dans les transports mécaniques. L'appareil, combiné par M. Reumaux, à l'aide de ses

('] Renseignements dus à Tobligeance de M. Reumaux.

1004 PRÉPARATION HËCJlMQl'E DES MISERAIS.

chaînes à vitesses difTéi-enlielles (N" 1387), est constitué de la manière suivante au puits que nous prenons comme type (fig. 915 et 914). Il est construit entièrement en Ter.

Le culbuteur  donne le charbon à la trémie B. d'où il est reçu par la courroie distributrice C. Une grille à secousses D, à trous ronds de 10 millimètres, le débarrasse des matières fines, qui gêneraient l'appnViatîon des fra^imenls par les trieuses. Ces fines

sont reçues par la trémie E, et le wagon F qui les emporte au lavoir voisin des fours à coke. I.e charbon ainsi nettoyé s'engage sur la courroie de klauhoge G, où il est débarrassé des schistes. Le combustible épuré passe de là sur la grille H, de 40 ou de 70 millimètres, qui envoie son menu, par le couloir I, dans le wagon J. Le refus est admis sur la grille K. de 70 millimètres. La sorte inférieure à 70 millimètres est purgée, par la grille L, de ses fines qui se rendent, sur la glissière M, au récipient N. Le refus. est

déversé par la courroie de chargement 0» dans le wagon P. Quant à la catégorie supérieure à 70 millimètres, elle parvient, le long du couloir Q, jusqu'au volet R, qui la retient, sll est relevé, ou, après son rabattement, la déverse dans la caisse S. On charge ainsi le wagon T.

La figure 913 montre également cette caisse en S', après son repliement. Cette trémie est en efTet lélescopique, c'est-à-dire munie de rallonges qui permettent d'atteindre exactement le plan de chargement, au fur et à mesure qu'il s'élève, de manière à y dévei'ser le charbon sans chute brisante. On la laisse, en outre, constamment pleine, et l'on arrive ainsi à manœuvrer, sans déchets importants, les combustibles les plus friables.

Le régime normal qne nous venons de décrire peut être modifié; les quatre véhicules recevant des produits conditionnés d'une manière différente.

Le wagon F, au lieu d'admettre tout ce qui est inférieur à 10 millimètres, par suite du passage à travers la grille D, ne reçoit plus que du 5 millimètres, trié par la grille à secousses U, si Ton renverse à gauche le volet V.

Le wagon J contient alors les fines comprises entre 5 et 10 millimètres, et les combine avec le déversement du couloir I, pour reconstituer des charbons composés. On y peut même adjoindre les poussières inférieures à 5 millimètres, en renversant à gauche ie volet W. On peut également isoler ces produits de ceux de la grille H, en recouvrant celle-ci d'une tôle pleine, pour la transformer en un simple couloir. On y recompose, au contraire, du menu de chaudière^ en mettant le crible H à 40 millimètres ; ou du charbon industriel^ en l'écartant à 70; ou encore du tout-venant, en supprimant complètement cette grille H. On obtiendra, de même, en dirigeant les fines vers F, du grenu de 10 à 40 ou à 70 millimètres, en mettant la grille à ce degré d'écartemerit ; ou enfin, par son enlèvement, du tout-venant criblé. On aura simplement du tout-venant amélioré, si l'on ne dirige en F que les poussières inférieures à 5 millimètres.

Le wagon P n'admet que le gailletin de 40 à 70, tamisé par la grille L.

ORGANISATION DTN ATELIER. 1007

Le wagon T reçoit du télescope S : soit la gailleterie forte^ qui a été refusée sur la grille de 70 ; soit la gailleterie ordinaire^ si Ton recouvre la grille B d'une tôle pleine, pour se tenir à 40 millimètres ; soit du tout-venant criblée en obturant de même la grille H, tout en dirigeant les fines vers F.

1505 — Houillères de Decazeville{^). — I. Truge mécanique DBS Paletrets. — Dans cet atelier, une distance verticale de 5 mètres seulement sépare le plan des rails de la Compagnie d'Orléans et celui des deux culbuteurs A (fig. 915, 916, 917). Ces derniers effectuent leur révolution sur quatre galets B, et sont munis de freins, qui permettent d'effectuer doucement le déversement du combustible. Au-dessous de chacun de ces appareils, se trouve une tôle perforée C inclinée de 32 7©^ dont les trous, de 80 millimètres, sont séparés par des intervalles de 20 millimètres. Chaque grille reçoit, de la came D, 15 secousses par minute, et peut cribler, en 10 heures, 120 tonnes. Le refus, appelé gros grêle, est reçu par une table sans fin en tôle E, animée d'une vitesse de 0",04. Des trieuses placées des deux côtés n'y laissent que le charbon irréprochable. A l'extrémité, celui-ci tombe sur le couloir F, où (les femmes en surveillent encore la qualité. Ce couloir mobile sert à effectuer le chargement dans les wagons de la Compagnie d'Orléans.

Les matières qui ont traversé les trous de 80 millimètres tombent dans la trémie G, au bas de laquelle une vanne H s'ouvre, à des intervalles réguliers, au moyen de leviers mus par l'arbre de couche, pour déverser son contenu sur une chaîne sans fin I, formée de godets en tôle, qui remontent ces matières jusqu'au trommel J, tournant à raison de 9 révolutions par minute. Cet appareil, muni d'une hélice intérieure en tôle, fait cinq catégories : 1" le grêle, refus d'une maille carrée de 45 millimètres ; 2* le petit grêle à laver, retenu par la maille carrée de 25 millimètres; 5* les grosses noisettes, refusées par les trous de 18 mil-

(^) Renseignements dus & Tobligeance de M. Petitjcan. -^ Voir également CHM, 1885, 61.

limt-tres; 4° ics i>elite s HO(«p//e«, supérieures à 13 millimètres:

5° ie petit menu, ou poussier.

Chaque grosseur tombe séparément dans les brouettes K, ou dans des wagonnets desservis par les trémies L. Le menu se déver*e

Lnii|ue de Deuteville (coupe par I'.

Fin. 916. — Triago im^canique ilc Dcciieville (eu

Fig. 917, — Triage mécanique ilc Decaiprille (•'k'tation lal^rieun'j.

sur le couloir M, aboutissant a une fosse N, pratiquée dans le sol. Une chaîne k godets le i-emontc à des wagonnets, qui le conduisent aux lavoirs.

L'atelier est desservi par une locomobilc de 20 cbevaus, qui acliuniie, outre le criblage, deux groupes de lavoirs, destinés à traiter

ORGANISATION DTN ATELIEI?. 1009

séparément le petit grêle et le menu. Chacune de ces sortes est lavée dans deux bacs successifs à piston.

II. Triage méganique de Lagaze. — Pour cet atelier, Ton disposait d'une dénivellation de 7",30. Il se compose de 12 grilles qui exécutent, par minute, 15 oscillations de 0'",iO d'amplitude horizontale. Elles sont formées de tôles perforées de 80 millimètres. Le charbon, reçu dans une trémie au sortir du culbuteur, est déversé successivement sur la grille, et s'avance, en se criblant, jusqu'à un couloir, le long duquel deux files de trieuses séparent les pierres, qui sont rejetées, et le charbon cru, qui passe à un concasseur Cbapitel et Loiseau f). Une chaîne à godets en relève les fragments, repassés sur une grille oscillante. Un trommel classificateur reçoit les produits du klaubage, et donne, comme aux Paleyrets, cinq catégories. Chaque grille peut passer 150 tonnes de bon charbon, ou 120 tonnes de combustible de pureté inférieure.

160B — Houillères de Bascoup (*). — Les charbonnages de Mariemont et de Bascoup (Centre du Hainaut) possèdent trois grands ateliers de préparation mécanique. Nous parlerons spécialement ici de rinstallation du n*' 5 de Bascoup, qui est la plus récente et la plus perfectionnée (fig. 918, 919).

Une halle de 4r> mètres sur 28, complètement construite en fer, comprend trois étages. Le plancher supérieur, qui sert pour le roulage au niveau de la recette, présente une certaine inclinaison vers le puits, afin que les wagons vides puissent y retourner seuls. L'étage intermédiaire est horizontal, et consacré aux manutentions. Le niveau inférieur porte les voies ferrées, qui se raccordent aux gares de Trazegnies et de Bascoup-Ghapelle. L'atelier est symétrique. Chacune de ses moitiés comprend deux groupes d'appareils, dont l'un classe en cinq sortes, et l'autre en deux seulement.

Au sortir du puits, les wagonnets sont remontés sur les rampes qui conduisent aux appareils, à l'aide de chaînes sans fin, tendues

(•) Voy. p. 843, noie i.

{*) Renseiffnemenls dus à l'obligeance de M. Guinolle. — Mathcl [CHM, 1881, 20). — Buli. min., 3% II, 466. — Hev. univ. d, m., 2«, XVIH, 531.

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