MO^'ENS DIVERS DEXTRACTION
ou bien lorsque Ton monte dans les tailles les remblais amenés par une voie de fond (*).
Dans ces diverses circonstances, on pourrait avoir recours, pour elTeciuer l'ascension, à la force de Thomme comme avec les treuils à bras, ou à celle des chevaux (T. I, p. 877). Mais il est plus avantageux, lorsque l'on peut disposer sur place de la force motrice nëcessaire, de faire usage de treuils mécaniques. Ces demiers servent également à mettre en mouvement les divers systèmes de tractions mécaniques que nous avons décrits (T. I, chap. XXVIII). Un treuil de mine doit être un appareil robuste et de forme aussi ramassée que possible, afin d'occuper peu de place et de pouvoir supporter sans avarie les mouvements du terrain. Le moteur qu'il comporte actionne un ou deux tambours, généralement par Tinter^ médiaire d'engrenages. Le démarrage doit être facile et rapide, aussi bien dans la marche avant que pour la marche arrière. La manœu- ^Te de ces appareils doit en outre être simple, afin de ne pas exiger pour leur conduite des mécaniciens de profession. Ils sont munis de freins puissants, que l'ouvrier commande à l'aide d'une pédale. Ils répondent en somme à un but analogue à celui des véritables machines d'extraction ; mais ils se distinguent de ces dernières en ce qu'on ne leur demande qu'un effort considérablement plus réduit, et en ce que la vitesse d'enroulement des câbles, en général voisine de i mètre par seconde, dépasse rarement 2 mètres.
Les plus employés sont les treuils à air comprimé, car un grand nombre de mines sont actuellement outillées pour l'emploi de ce fluide. Il en existe de nombreux types (*). Nous citerons, par exemple, celui de BuUy-Grenay (fig. 618 et 619) dans lequel deux cylindres inclinés» couplés à 90 degrés, et à détente variable, reçoivent l'air au moyen d'une double came, de manière à pouvoir marcher dans les deux sens (*). Les mines de Liévin emploient un treuil de 14 chevaux à deux cylindres, pesant 1 600 kilog. (diamètre des pistons : 0"»16; course : 0",16), lequel, placé en tête des plans
{«) T. I, p. 545, note î.
n Bull, min., 3\ VI, 813. — Génie civil, XI, 3,
[') La Compagnie houillère de Béihune à CExpoêition univer§elle, Paris, in-4*, i878, pi. V.
incliaés, élève les remblais à la hauteur des tailles, et sert également à la descente des charbons en engageant le Trein, après enlèvement des pignons moteurs. Son axe est vertical, et reçoit, suivant les besoins, tantôt un tambour simple ou double, tantôt une poulie Champigny.
MM. Sautter et Lemonnicr ont proposé un treuil à air, muni d'un frein, qui se met cnjprise de lui-même au delà d'une certaine allure.
Hg. 818. — Treuil i >ir comprimé de Bully-Grcnsy (coupe IransverMle).
A Lens, on fait usa^e de treuils à deux cylindres oscillants, du type compound ; le volume du grand cylindre étant égal à deux fois et demie celui du petit. La détente s'accompagne d'une injection d'eau (').
81T — Treuil hydraulique. — On trouve souvent dans les mines des chutes d'eau peu abondantes qu'il est possible d'utiliser pour actionner des treuils hydrauliques.
[') Buil. mm., y, la, 38».
MOYENS DIVERS D'EÏTRACTKW. S5&
H. Pinetle a construit daos ce but un appareil à quati-e cylindres accouplés deux k deux.
On emploie plus fréquemment de petites turbines doubles,, à aubages opposés ; la manœuvre d'une vanne sufût pour renverser le mouvement. Aux charbonnages de Fresncs-Midi, on remonte ainsi dans une descenderie 200 berlines en 12 heures, gràce^ b une cbule d'eau de 60 mètres donnant 5 litres par seconde. A )loDtrainbert, une chute de 50 mètres, débitant 8 litres, élevait
Fig. AI9. — Treuil k air comprimé de BuIlT-Greiui (él^vilion et coupe).
sur une pente de 50 degrés, à ta vitesse de 1 mètre par seconde. UD wagonnet de 900 kilogrammes de remblais, provenant d'un élige en préparation.
M8 — Treuil électrique. — Les appareils électriques se recommandent par la facilité avec laquelle on les déplace, et par leurfpeu de poids. Il imporle de les choisir de manière qu'ils puissent démarrer facilement dans toutes les positions, et qu'ils ne s'irrttent pas lorsque l'efTort à exercer vient à dépasser ses limites
normales. A ce point de vue, on rejettera l'emploi des courants alternatifs monophasiques; et Ton n'aura recours qu'aux courants biphasés ou polyphasés, ou aux courants continus.
La question du changement de marche doit également être étudiée d'une manière toute spéciale. Plusieurs solutions se présentent à cet égard (').
Un premier moyen consiste à faire tourner toujours dans le même sens la dynamo réceptrice. Un embrayage est disposé de manière que les engrenages retardateurs actionnent l'arbre des tambours tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. C'est ce système qui a été appliqué par M. de Bovet aux mines d'or de Faria (Brésil). La réceptrice, faisant 650 tours par minute, actionne un arbre dont le sens de rotation est constant, et qui transmet son mouvement au tambour soit par deux, soit par trois roues dentées. Le levier d'embrayage, dont la position moyenne correspond à Tarrèti commande en outi*e un rhéostat, qui introduit progressivement des résistances dans le circuit lorsque le machiniste débraye. On évKc ainsi que les dynamos ne s'emballent pendant les arrêts. Ce treuil extrait, par un puits vertical, une benne de 450 kilogrammes de minerai, à la vitesse de 1 mètre par seconde (*)•
Au lieu de ce changement de marche purement mécanique, on peut également agir sur la réceptrice elle-même, par exemple en la munissant de deux paires de balais. Suivant que l'on met en prise l'un ou l'autre groupe pour amener le courant .dans l'induit, la rotation change de sens. Un rhéostat puissant entre en action pendant la durée du déplacement de ces organes.
Une autre solution, également électrique, mais n'entraiinant aucune manœuvre des balais, consiste à intercaler un commutateur, complété bien entendu par un rhéostat, sur la prise de courant qui alimente l'induit de la réceptrice. Le courant inducteur est constant, et la polarité des électro-aimants ne varie pas. Mais, suivant la position du commutateur, le courant arrive à rinduit
(*) Le problème étant le même (fae dans les tramways électriques, Ja plopirt des solutions appliquées à ces véhicules poun*aient s'adapter aux treuils de mines.
(•) BuU. min., 3*, III, 1353. ^Méin, de la Soc. dez Ingénieurs inviU y septembre 1800. — Lum. éleei,, XLIIi 17.