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CHAPITRE XLIII

AMENAGEMENT DU COURANT

BIOYEIVS D'EXÉCUTION

tlBIS — Pointes cCaérage. — Si le courant était abandonné à lui-même, il s^ouvrirait un lit, par la voie qui comporterait le moins de résistance, depuis le point d'entrée jusqu'à Torifice de sortie. En dehors de ce parcours, toute la masse resterait à l'cUt stagnant. Il est donc nécessaire de s'altacher h diriger ce courant de proche en proche, en disposant, sur les points où plusieurs directions s'offriraient à lui, des obstacles capables de l'obliger à prendre celle que l'on a en vue.

Les moyens que l'on peut employer à cet effet se rattachent à trois catégories : les portes, les cloisons ou barrages, les tuyaux ou canars.

Les portes d'aerage servent à interrompre le courant d'air, sur des points qu'il doit cependant rester possible de laisser traverser par les hommes et les trains. Autrefois elles étaient établies avec beaucoup de négligence, et souvent composées d'une simple ioWc tendue sur un châssis joignant fort mal la paroi. Cet état de choses constituerait aujourd'hui une faute sans excuse (*). On doit, au

(*) L'usage des toiles mobiles, goudronnées ou non, qui est inadmissible pour une installation fixe, peut souvent rendre de précieux services loi*squ'il s'agit, soit de dinger le courant aux fronts de taille, de manière qu'il lèche la paroi en suivant raTanceroeni. soit de modifier momentanément la distribution du courant d'air pour purger un chanthT infesté de mauvais gaz.

contraire, s^attacher à soigner cette installai ion. Il ne faut pas se dissimuler d'ailleurs que malgré toutes les précautions, ces organes n'en resteront pas moins une cause de déperdition â travers les joints, surtout par-dessous en raison de la hauteur des rails. On doit donc disposer les travaux de manière à restreindre autant que possible le nombre des portes nécessaires à la ventilation (*)•

Certaines d'entre elles sont munies de guichets, que le maître mineur ouvre plus ou moins pour brider l'air, c'est-à-dire pour en régler la répartition. Le porion ou les chefs de poste conservent la clef du guichet, afin d'empêcher que son ouverture ne vienne à êlre modifiée. On ne doit pas se dissimuler l'inconvénient des anfractuosités inévitables que laissent derrière elles les portes à guichets. Il convient, d'après cela, de les établir autant que possible à rentrée du quartier, dans l'air pur, et non à la sortie, au milieu de Tair vicié. Sans cela, les remous qui tournoient sur place au fond des angles, risqueraient de se charger progressivenaent de grisou et d'atteindre la proportion explosible.

En outre, avec cette seconde disposition, si un dégagement important venait à se produire, la difficulté qu'il éprouverait à passer par le guichet, pourrait le faire refluer en arrière jusqu'à Taccrochage, où il occasionnerait un désastre si ce dernier était éclairé à feu nu. Ajoutons, d'après le même ordre d'idées, que ces porte» seront mieux placées dans la voie de roulage, qui est fréquentée et soumise à une surveillance plus sérieuse, que dans la galerie de retour d'air, ou il convient précisément de ne pas faire circuler inutilement des lampes. On doit enfin établir les guichets aussi haut que possible, afin de ne pas laisser de grisou en couronne.-

Les portes les plus importantes sont gardées par des portiers. Cependant cet usage est négligé en Angleterre. On emploie pour cet office soit des gamins, soit des ouvriers hors d'âge; mais il

(*) C'est un usage trop fréquent en Angleterre de séparer par une simple porte l'entrée des principaux courants et leur sortie. Cette disposition a causé un très gi'ave accident, le 5 septembre 1889, dans la houillère dé Nauricewood ^Ecosse). Un incendie insigniGant de quelques bois et toiles dans le retour d'air a brûlé une porte ipû le séparait de l'entrée d'air. Les gaz irrespirables ont ainsi parcouru tous les ti*a- Taux, asphyxiant 65 ouvriers, sur 65 qui se trouvaient au fond (Aguillon,- Annales, 8^ XVn, 548).

Ô40 â£RAGE.

convient de préférer ces derniers, qui présentent de plus gi'andes garanties d'attention et d'expérience. En Tabsence d'une surveillance éiroite, les enfants se rendent plus difficilement compte de rimportance de cette mission, en apparence si insignifiante* et des dangers que pourrait entraîner leur négligence.

Les portes sont, le plus souvent, manœuvrées par les hommes qui passent. Quelques-unes cependant sont battantes, et même a doubles battants, lorsque la galerie est à double voie. Chacun des deux vantaux s'ouvre alors dans le sens de la circulation afleciée à la voie correspondante. On a quelquefois disposé, sur les châssis, des bandes de caoutchouc qui reçoivent la pression de la porte battante, et assurent une fermeture plus étanche.

Toute porte, momentanément sans emploi, doit être enlevée de ses gonds, afin de bien marquer cette circonstance. Sans cela, chacun aurait le devoir de la considérer comme ouverte par mégardc, et de la refermer avec soin.

On doit recommander remploi des portes doubles y qui laissent entre elles un espace égal au développement des plus longs trains. Ces derniers s'y engageront comme dans un sas, de manière que la communication ne cosse jamais d'être interceptée. Les portes solidaires ou enclenchées sont tellement disposées, que l'ouverture de chacune d'elles entraine nécessairement la fermeture de sa conjuguée (*).

1188 — Crossings. — Dans les conditions ordinaires des méthodes françaises, on dispose, pour Taménagemcnt des mines, de Tespacc .géométrique à trois dimensions, et l'on n'est pas embarrassé en général pour faire passer, à différents niveaux, les branches du courant qui se recoupent en projection horizontale, de manière à leur éviter toute rencontre. Mais, en Angleterre, la plupart des couches sont en plateures et de moyenne épaisseur, de telle sorte que tout le réseau des voies de communication y reste concentré, sans en sortir. Lors donc que la projection horizontale

(*) Maiodicr, Note sui* un système de fermeture de portes conjuguées, CRM, <8%t 157. — Botton, Note sur un appareil d'enclenchement automatique pour portes de mines conjuguées, CHM, 1897, 53.

AHÉNAGEXENT DU COl'RANT. 541

présente un croisement, H faut, en ce point, faire sortir l'une des deux galtirics des épontes du gite [iig. 745, 744], pour qu'elle puisse, malgré tous les inconvénients qu'entraîne ce dispositif, passer en col de cygne par-dessus l'autre, et redescendre plus loin

dans la veine. Une telle combinaison porte le nom de croggin/j. On choisit toujours, quand il faut ainsi courber l'une des voies, la moins importante des deux.

Il est absolument essentiel de laisser alors à Ja voilte, ou à l'estau de roche qui sépare les deux galeries superposées, une épaisseur plus quo sufGsantc pour ne pouvoir être crevée par un coup de feu. In tel accident, dont il y a des exemptes, est de nature à entraîner des conséquences désastreuses. En effet, lorsque la communication devient libre, le courant prend de lui-même la voie la plus courte, en plongeant dans une stagnation complète toute la boucle que le Crossing avait précisément pour but de lui faire parcourir, avant de le ramener sur le même point.

1164 — Canars. — Lorsqu'il faut conduire l'air au fond d'une galerie eu cul-de-sae, trop longue pour que l'on puisse compter uniquement sur la diffusion, on emploie de gros tuyaux on tôle ou en zinc ('). assemblés au moyen d'emboîtements (*). et lûtes avec du suif. Leur diamètre est en général de O^tSO à (fM'^ (')■ On les

') Od les établit souvenl en Me gilvinisée. On en a construil en l<Me ilr zinc ondulée, pour atigmenter leur solidité; ou en carton bitumé, pour les rendre léi^eis et peu coûleui.

(') ADu de restreindre les inconvénienis des pertes d'air par les joints, il cnnrient que chaque tronçon soit emboîté i rintêricur de celui qui le suit dans le $ens du courant i l'iatérieur du canar.

(■\ On a même proposé, pourdes points dangerciu, de leur donner un calibre suffisant

542 AËRAGE.

pose dans les angles dièdres do la galerie, à terre ou au plafond. Pour les sections muraillées, on a imaginé des tuyaux elliptiques, ^ui se logent convenableihent au cintre de la voûte, où ils rasent sur des travei*ses encastrées dans la maçonnerie. Quand la section doit être plus importante, on a recours à des caisses de bois de 0",55 sur 0°*,60 dont les rallonges à emboitement présentent environ 3 mètres de longueur. Ce$ divers organes, très répandus en Belgique, sont à peu près sans exemple en Angleterre.

Divers moyens peuvent être mis en œuvre pour forcer lair à circuler dans les canars. Envisageons une galerie en cul*de-sac A branchée au point P sur une voie B parcourue par le courant. Ou peut d'abord barrer la galerie B en aval de P à Taide d'une perle, en encastrant dans son châssis le tuyau qui va déboucher au fond de A. L'air gagne Textrémité du cul-de-sac en passant par la galerie, et revient par la conduite; son mouvement étant détermina par la dépression de Taérage général, on dit alors que le canar est aspirant. Il devient soufflant, au contraire, si la porle où commence le tuyau est disposée dans la galerie B en amont du point P (*). Dans ce dernier cas, Tair s'écliappe du canar avec une certaine vitesse au fond du cul-de-sac, et vient balayer plus complètement le front de taille (').

L'introduction de ces portes constitue une cause d'infériorité pour remploi des canars, le régime intérieur de la galerie se trouvant troublé par leurs fréquentes ouvertures. En outre ces système^ présentent l'inconvénient d'occasionner au courant général une perte de charge sensible. Ils sont d'ailleurs souvent insuffisants pour fournir au front de taille d'un travers-bancs la quantité d'air nécessaire. On leur substitue avantageusement l'emploi d'un {Xîlit ventilateur portatif (N° 1189), en général soufflant, que l'on adapte a l'extrémité du canar, vers l'entrée de la galerie en cul-de-sac.

pour que les mineurs puissent y passer en rampant, s'il survient un éboulemeat qui Ips eiiiprisoiiiie.

(*) Cette disposition locale est indépendante du système aspirant ou soufflant adopté pour le ventilateur de la mine (n* 1184).

(*) Le règlement belge du fi8 avril 1884 exige l'emploi des canars soufflants pour raéiogc des iravers-bancs, dans les mines à dégagements instantanés.

1166 — Cloisons. — Au lieu de canars, dont le débit est i-estreint sous peine de produire à leur sortie une vitesse exagérée de 1 air, on préfère souvent les galandages, c'est-à-dire des cloisons régnant sur toute la hauteur de la galerie^ dont elles partagent la section en deux travées très inégales. La plus petite porte le nom de carnet d'aérage. Celte cloison peut également être horizontale (T. I, iig. 186, 187). En surélevant la galerie, on y établit un plancher qui supporte la voie ferrée. Le retour d'air s'effectue pardessous, et le mouvement est quelquefois facilité par celui de Teau qui s'écoule dans ce caniveau. Ces galandages se font en planches, dont les joints sont recouverts d'un lut argileux. On les établit aussi en briques. Certaines galeries anglaises ou allemandes sont cloisonnées par de simples toiles goudronnées (^).

Lorsque deux voies d'air viennent au-devant Tune de l'autre, et doivent réunir leurs contingents dans un branchement perpendiculaire (fig. 745), encourt ^^ ^^ag^^i^s^:^^^^' le risque de voir le plus -^^^^^^^^^-^^"^^^^^ ^;-.>s^^^\.^^'

faible des deux courants refoulé par le plus fort. On prévient celte difficulté en établissant, dans l'axe du Ironc commun, une courte cloison qui brise à la fois les deux vitesses et les infléchit cote à cùle.

On trouve un exemple remarquable de cloison dans celle qui divise longitudinalement, en deux parties, les puits de mine servant à la fois pour l'entrée et la sortie du courant. On donne alors le nom de goyot au comparlimenl utilisé pour le retour d'air. Ces galandages doivent être exécutés avec un soin tout particulier, et constamment surveillés. Malgré ces précautions, ils sont presque toujours l'origine de déperditions importantes. La Commission prussienne du grisou a trouvé, pour 28 puits de ce genre, une moyenne de 31 Vq de perte.

Fig. 7i5,— Courants d'air convergente (plan).

?] PÂ, Angieterre, 125; AUemague, 158.

544 ÀÉRA6£.

1166 — Barrages et remblais. — Les barrages sont ile^ ouvrages plus solides et plus épais, destinés non à Taérage d'une galerie unique en cul-de-sac, mais à la séparation de deux galerie> voisines sur une partie de leur parcours, et traversées par des cou rants distincts.

Us oiïrent plus de résistance à un coup de feu que les cloisons. Les plus importants sont construits en maçonnerie épaisse, ou en argile pilonnée. Souvent on se contente d'un massif de remblai, on ayant soin de le serrer autant que possible.

Nous avons vu un exemple de ce dispositif dans la constitution de l'artère double qui forme la base d'opération de la méthode des grandes tailles (*). Mais ce moyen est parfois insuffisant pour assurer l'assainissement du chantier dans les travaux préparatoires de ce genre. On doit alors, comme nous l'avons vu à roccasion des méthodes anglaises (*), conduire parallèlement deux galeries jumelles, séparées par un massif de houille d'une épaisseur suffisante au point de vue de la sécurité, sans toutefois y apporter une exagération qui se traduirait par une augmentation inutile de la longueur des traverses d'aérage. La partie de l'avancement qui précède la dernière recoupe, restée seule ouverte au passage du courant, sera ordinairement ventilée par diffusion; mais, si le danger l'exige, on l'aère au moyen d'un galandage mobile, qui suit les progrès du percement, et que Ton démonte pour le reporter en avant, au moment où l'on vient de percer une nouvelle traverse et de fermer la précédente (').

II67 — La déperdition de l'air le long du parcours ne présente pas seulement une grande importance lorsqu'il s'agit de séparer nettement les courants de deux galeries voisines. La même

(*) T. I, p. 450. — Du Souicli, Pièces annexées, etc., 4* fasc, p. 89.

(') Un principe analogue a été suivi i Ronchamp, dans le fonçage de puits juineaui séparés par un court massif. On conduit alors les deux avancements du même train. et on les relie, à diverses hauteurs, par des traverses horizontales, afin que l'air puisse descendre par l'un des puits et remonter par l'autre. On obtient ainsi un aérage bieti plus satisfaisant que dans les conditions oixlinaires, où les suintements de rhumidité engouffrent le long des parois une gaine d'air extérieur, qui remonte en colonne centrale (n« 1252).

AMÉNAGEMENT DU GOURANT. 545

question se pose pour la plupart des voies. L'air filtre à travers les régions déjà exploitées pour abréger son parcours et aller rejoindre, parfois à grande distance, une galerie de retour d*air.

S'il est impossible d'éviter ces pertes d'une manière absolue à rintérieur des travaux souterrains, il faut au moins s'efforcer de les restreindre (*). Les moyens d'exécution dont on dispose à cet eflet consistent d'abord dans la disposition soignée des remblais le long des galeries d'aérage. Le choix des matériaux employés '^xerce une influence directe sur l'étanchéité des massifs ainsi Tormés. L'étude des résultats fournis par les jaugeages anémoméiriques permet souvent de savoir dans quelle section se produisent (les fuites importantes. On peut alors calfeutrer les parois à l'aide d'argile, ou même de mortier. Quelquefois enfin il y aura intérêt, pour supprimer toute déperdition sur un parcours déterminé, à maçonner la galerie dans cette travée.

M. rinspecteur général des Mines Tournaire a recommandé (*) la disposition suivante, en vue d'éviter les pertes en route au milieu des remblais, ou par les fuites des portes. Elle consiste à pratiquer, au sommet de Tétage exploité dans une couche inclinée, une galerie costresse destinée à jouer spécialement le rôle de retour d'air, d d'une manière distincte de la voie de senice des remblais de cet «*tage. On peut la mettre en plein massif, ainsi que cette dernière, '^i la puissance le permet pour toutes les deux, ou sinon la placer dans une couche voisine, ou même au rocher. Ces deux ouvrages ^e prêteront un mutuel secours pour leur aérage, durant la période de percement. Plus tard, pendant le développement normal du dépilage, le courant, après avoir parcouru les chantiers de Tétage «'n question, reviendra par ce chemin d'air spécial, en laissant la voiede roulage dans ses relations ordinaires avec le déhouillement.

,V Des jaugeages efleclués au poiU de l'Agrappe ont montré que la dUTérence CDlrc îc volume qui panient aux tailles et celui que l'on mesure au pied du puits, atteint l(^ 56 centièmes de ce dernier. En Angleterre, on observe des pertes encore plus considérables. Les énormes volumes que l'on cite souvent comme des modèles ne "ii>lituent souvent, en raison des conditions de la méthode, qu'une simple appaf^^nce recouvrant une réelle disette d'air dans beaucoup de chantiers. Ixî longwall y 'in-îiitue, à cet égai-d, le type d'exploitation le plus satisfaisant, en forçant l'air à passer '« plus près possible des fronts de taille.

* Procès-verbaux des séances de la Commission du prison, p. 84.

n. Xi

546 AËRAGE.

Le retour d'air se trouvera dès lors en plein massif, sans parois de remblais ni portes mobiles. Il transmettra donc, de la part du ventilateur aspirant placé sur le puits de sortie, un appel plus puissant et plus direct sur les fronts de taille vers lesquels on dirige le courant par le pied de Tétage.

1168 — Portes et obturateurs de sûreté. — En dehors des moyens que Ton utilise dans les travaux souterrains pour guider normalement le courant d'air, et le maintenir sur le parcours qu'on lui a choisi, il nous reste à signaler des dispositifs de sûretidont le rôle est tout différent, et qui ne figurent pas dans les circonstances ordinaires. Ils ont pour but exclusif, soit de limiter la propagation d'un coup de grisou, soit de rétablir autant que possible, après une explosion, les conditions normales de laérage. Ce sont des portes qui, généralement ouvertes, se fermeront d ellesmêmes au moment d'un coup de feu.

Dans cet ordre d'idées, on a d'abord la ressource de disposer, à côté des portes importantes, une cloison très légère, suspendue au plafond autour d'une charnière perpendiculaire à Taxe de la galerie, et soutenue horizontalement par un piquet qui présente peu de stabilité. La porte ordinaire venant à être emportée par un coup de feu, il en sera évidemment de même de ce piquet, La cloison retombera dès lors par son poids, et, n'ayant plus à subir que des oscillations de moins en moins violentes, pourra échapper à la destruction et rester enfin suspendue verticalement, en rétablissant la fermeture.

M. Verpilleux a introduit un système spécial de portes (*) destinées à diminuer l'importance des ravages du coup de grisou, en le circonscrivant près du point où il a pris naissance, et lerapêchanl de se propager jusqu'à d'autres quartiers. Deux battants massifs et très solidement établis, en bois ou en fer, sont disposés à une faible distance l'un de Tautre. Ils s'ouvrent en deux sens opposés; mais des ressorts, ou des contrepoids, les tiennent plaqués contre la paroi, tout en laissant une faible prise au courant d'air, afin de

(*) Annales, 6-, XH, 505, Verpilleux. — Bull, min., i", IX, 465. — CM, 18K jiiiii, 51.

AMÉNAGEMENT DU GOURANT. 517

les solliciter à se fermer lorsque celui-ci acquerra une énergie suffisante. Dans ces conditions, de quelque côté que provienne Texplosion, Tune de ces deux portes obéira et s'appliquera sur son cadre, en interceptant le passage et arrêtant la propagation de l'action destructive. La condensation de la vapeur d'eau et le refi-oidissement des flammes provoquant une rétraction de l'atmosphère, cette porte se rouvrira, et la seconde, qui se trouvera sollicitée en sens contraire, viendra battre à son tour sur son cadre, en entravant également une partie de la violence du choc en retour. Dans la pratique, ces portes ont été presque toujours arrachées de leurs gonds, faussées ou brisées. Même alors cependant, elles ont quelquefois rempli leur office; mais, dans d'autres cas, elles ont laissé passer le feu.

On a proposé aussi des portes d'un genre tout différent (*). Elles sont formées de toiles métalliques tendues sur un châssis, et i-estent ouvertes, en temps ordinaire, afin que le courant d'air puisse passer sans éprouver de résistance. On estime, en effet, qu'un tel obstacle réduirait, sans cela, le débit de 40 7o- L'explosion les ferme, par le déplacement de la colonne d'air qui précède la flamme. Ces portes, n'opposant pas un obstacle absolu, comme celles du système Verpilleux, subiront un moindre effort, et courront de moindres chances de destruction. On a expérimenté deux ou trois toiles superposées, avec 800 mètres cubes de mélange explosif. Elles ont semblé arrêter eflicacement l'incandescence; car des capsules pleines de poudre ou de fulmicoton, placées du côté opposé, n'ont pas été enflammées.

M. Clermont a encore proposé, dans le même but, un autre genre de portes de sûreté. L'objet qu'il se propose est de laisser passer d'abord, sans lui opposer d'obstacle, la bouffée irrésistible qui précède le feu, et se trouve déplacée, comme une avant-garde, par la dilatation de la masse embrasée. La porte ne doit se plaquer qu'aux approches de cette dernière, afin de lui barrer le passage. A cet eflet on dispose, à une distance suffisante en amont, une capsule qui saute dès l'arrivée de la flamme. Elle déclenche, par son explo-

(•) Bull, mût., 2*, Vn, 191. — CHM, 1878, 187. — Malhet, Étude sur le grisou, 106.

548 AËRAGt.

sion, un ressort, qui actionne une longue tringle, et par son înlertnédiaire, la porte elle-même, établie dans les conditions qui onl été déjà expliquées ci-dessus (N° H02). Cette idée est iogénicuw. mais on peut redouter bien des obstacles pour l'exécution.

On rencontre, dans certaines exploitations anglaises ('), des portts préparées de manière à obéir immédîalement, au moment où l'on rentre dans les travaux pour le sauvetage, el à prendrealors la place deccllesqui auront été détruites. Elles consistent (fig. 746) en deux vantaux dissimulés dans l'épaisseur de la maco^n^ Fig. Tifi. - Portes de sûreW. '''^' ^'''' ^* "** P*^ donner prise au

coup de feu. Des ressorts tendent à les en taire saillir, de manière qu'ils décrivent chacun un angle droit, en venant fermer une moitié dp. la largeur de la galerie. Mais un loquet les maintient en place. 11 suflit donc aux sauveteurs de presser sur ce dernier, pour que la manœuvre s'accomplisse en lin instant.

11S9 — A côté de ces portes de sûreté, nous citerons un procédé qui, étudié d'abord par la Commission du grisou, a été ensuite expérimenté par la Commission des substances explosives, en vue de l'installation éventuelle (si elle vient à être autorisée). de dépôts souterrains de dynamite ('). Ce dispositif pourrait peulêtre également,' en ce qui concerne les coups de feu, se substituer aux portes du type Verpilleus.'

Afin de s'opposer efficacement, en cas d'explosion d'une dynamitière souterraine, à la projection dans les travaux des gaz délétères, et à la propagation de l'onde de compression qui produirail des ravages considérables, M. Vieille a recommandé l'emploi d'un tam])on T de sûreté (fig. 747), obturant la galerie d'accès direct du

(') PA. AngIPleiTC, 113.

(*) Rtpport de H. Vieille à la Commissian des substances eiplosives, Ànaala. ^. W- M, — Rapport <le M. I^oiii à la CoininissiDn du grisou. Annalet, 9*, W.

dépôt, et destiné à être lancé contre un siège rétréci P, de manière à interrompre toute communication avec la mine ('). Une galerie G, deux fois coudée, contournerait l'obstacle, pour permettre la circulation du personnel en temps ordinaire. Ce tampon T consiste en un cylindre de l^^^SO de diamètre, sur une longueur

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D^namitiéro

Fig. 747.

Projet de dynainitière souterraine, avec tampon de sûreté (figure schématique).

égale, formé de rondelles de carton et de bois injectées de créosote et clouées ensemble. Le bout de galerie cylindrique susceptible d être parcouru par cet organe, serait constitué par un monolithe de béton BB, comprenant également le siège P, et renforcé en ce point par une ossature métallique (').

I*! On admet qu'une obturation de quelques secondes suffirait pour réduire la pression dans une proportion considérable, par suite du refroidissement des gaz et de leur infiltration dans les fissures du terrain.

i'I !ious croyons intéressant de signaler, bien que la question soit encore à Tétude, les autres résultats principaux auxquels a été conduite la Commission du grisou, au sujet des régies A proposer pour l'installation des dynamiliéres souterraines.

Elle a indiqué la nécessité de disposer la galerie d'accès à angle droit, d'une part sur

§2 FaiNCIPES «ENÉBAUX làE L

1170 — Subdivision du courant. — L'aménagement général du courant dans Tintérieur de la mine doit être l'objet d'une étude attentive.

Parmi les principes fondamentaux qui président au choix de la disposition d^cnsemble, quelques-uns s'étendent à toutes les exploitations, bien que leur application doive être encore plus stricte dans les travaux grisouteux. D'autres sont spéciaux aux mines à grisou. Nous nous occuperons en ce moment des premiers, en réservant les autres pour le paragraphe suivant.

1171 — Énonçons en premier lieu la règle de la subdivision du courant (^).

Il importe en principe de ne laisser en dehors du courant d'air aucun chantier, ni aucune galerie de roulage. On peut, il est vrai. dans les mines exemptes de grisou, aérer par diffusion certains bouts de galeries en percement, ou des chantiers peu importants,

le dépôt lui-même, d'aati*e part sur une voie AA, paraUèle à un retcur d'air auquel on la relierait par deux travées également rectangulaires. Chaque tronçon de galerie s^

rait d'ailleurs prolongé par un cul-de-sac de 2 mètres. «, <, $^ , dans le sens du

mouvement de projection. Ces coudes et ces culs-de-sacs ont pour effet d'affaiblir considérablement la force d'expansion des gaz.

La Commission a insisté en outre sur l'obligation de réduire au minimum la dentilf ^de chargement dans le dépôt, afin de restreindre autant que possible la pressioQ due à une explosion (t. I, p. 191). Les caisses seraient placées les unes à la suite des autres dans une large galerie, sans jamais se trouver superposées. Le rapport du poids de l'explosif (en kilogrammes) au volume de cette galerie (en litres) ne devrait jamus

dépasser j^.

liO dépôt devrait d'ailleurs être installé près d'un puits de sortie de l'air. Il serait aéré par un canar, qui, à la traversée du siège P, se trouverait remplacé par une gaine en toile, afin de ne pas compromettre l'obturation en cas d'explosion. Toutes les manipulations s'efiectueraient dans une chambre C éloignée du dépôt. Celui^i serait placé à une dislance suffisante des puits et galeries de la mine, ainsi que de U surface, pour que les effets directs de l'explosion ne puissent s'y faire sentir (Vieille. Annales, 9«, XI, 91. — Ledoux, Rapport ii la Commission du grisou. Ibidem, 189^!

{*) Introduit en 1760 par Spedding.

lorsque passe à faible distance un courant capable d'agir par entraînement, pour renouveler Tair de ces ateliers. Mais, malgré cette exception, Ton voit à quel développement démesuré Ton se trouverait presque toujours conduit, si Ton voulait qu'un même circuit parcourût successivement tous les chantiers de la mine. La dépression motrice nécessaire pour obtenir un tel résultat atteindrait souvent une valeur irréalisable.

Le remède à cette difficulté se trouve dans la division de Taéragc en plusieurs circuits partiels. On trouve, en effet, un avantage considérable à fractionner le courant en plusieurs bras, à partir du pied du puits d'entrée, ou du moins de l'extrémité du traversbancs, au lieu de le conduire le long d'un lit unique, dans toutes les parties de la mine les unes après les autres.

Repi*enons, en effet, la formule (6, p. 516):

et imaginons par exemple que l'on divise le trajet total / en n segments égaux, dont chacun aura pour longueur /'=: — » et sera

parcouru distinctement par le débit ç' = — . La dépression h\ qui correspond à ce nouvel état de choses, aura de même pour valeur :

JL' — ^P Vn't ^P ¥ ^ * .

elle décroit donc en raison inverse du cube du nombre de dérivations. Elle sera 8, 27, 64,.... fois moindre, si l'on a fractionné la circulation en 2, 5, 4,.... courants partiels (*).

L'avantage de réduire la force motrice dans une proportion aussi considérable n'est pas le seul, et Ion en peut ajouter d'autres plus essentiels encore. Il est évidemment préférable, en effet, qu'une

'}] Dans la couche Hutton^ à EppletoD, on a poussé la subdivision jusqu'à neuf dérivations. En revanche, à Ryhope, on rencontre un courant d'air de 9 kilomètres de développement [PA, Angleterre, 230 et i32).

îib^ AËRAGE.

masse d'air, une fois contaminée, soit conduite au jour, ou tout au moins au collecteur général, par la voie la plus directe et sans parcourir d'autres chantiers au lieu d'être promenée successivement dans tous les ateliers, en passant sur toutes les lampes.

Un èboulement, qui arrêterait toute la ventilation, si elle élait à courant unique, ne provoque, avec la subdivision, qu'une perturbation beaucoup plus circonscrite.

Ce principe permet encore, en apportant de légères variation> dans la distribution rcspociive du débit total entre les diverst's sections, de venir en aide à l'assainissement de la région qui, pour un moment, inspirera plus de préoccupations qu'à l'ordinaire, avant d'en venir à faire varier le total de l'aérage, ce qui reslerail la seule ressource avec un courant unique.

Les moyens matériels employés pour réaliser cette division établiront entre les quartiers une séparation qui, bien que précaire assurément, ne sera cependant pas tout à fait sans valeur conliv des coups de feu d'importance modérée. Ceux-ci pourront donc être plus limités dans leurs ravages, et les opérations du sauvetage sur le théâtre de l'accident se trouveront facilitées par la consenation des régions voisines et de leur personnel.

L'idéal de l'application du principe qui nous occupe, serait que chaque quartier eût sa circulation spéciale, avec une entrée et une sortie distincte au jour, de manière à présenter, pour ainsi dia\ dans la mine, plusieurs mines distinctes. Mais ce desideratum ne pourra presque jamais être obtenu, si ce n'est lorsque la division du gîte en couches distinctes apportera, sous ce rapport, des facilités spéciales. Lorsque, au contraire, comme c'est le cas le plus fréquent, tous les courants se réunissent finalement dans un m^nie collecteur d'ensemble, il importe du moins de les écarter autant que possible les uns des autres, et de disposer chacun d'eux en particulier de manière qu'il ne puisse être interverti par une explosion. Mais ceci môme est parfois difficile à réaliser avec certitude. Des barrages solides (N° H 66), des portes Verpilleux, ou des tampons de sûreté (N° H68), pourront alors rendre des services pour obtenir une sécurité plus ou moins complète.

11 convient, en terminant, de faire observer qu'à côté d'aussi

AHÉNAGEMENT DU COURANT. 553

nombreux avantages» la division du courant présente un inconvénient. Il peut arriver, enefiet, que des causes accidentelles arrêtent ou ralentissent une de ses branches» sans que Ton en soit averti dans tout Tensemble des travaux» comme cela serait au contraire inévitable avec le courant unique (*). Mais le remède à ce défaut se trouvera dans une surveillance attentive.

11 7S — Élargissement des retours d'air. — Nous avons signalé iN"^ 1146 et 1151) Tutilité d'augmenter les dimensions des galeries afin d améliorer les conditions de Taérage. 11 convient d ajouter à ce principe général que la section oflerte au courant devrait théoriquement aller toujours en croissant» pour conserver la vitesse que Ton a jugée convenable (*).

L'air tend en effet, par son introduction dans la profondeur» à s'échauffer, et par suite à se dilater. En outre il se charge de vapeur d'eau et de gaz délétères» double influence qui tend, comme la première, à diminuer sa densité.

11 faut donc insister sur la nécessité des grands retours d'air. Cette vérité est fréquemment méconnue» d'après des raisons d'économie de percement et d'entretien fort mal entendues» qui peuvent devenir fatales. On a même été quelquefois directement à contre* sens de cette règle» en établissant les maillages sur des sections nilrécies par rapport au calibre général des voies de service.

Il est également utile de laisser dans ces galeries une voie ferrée, pour y faciliter les réparations et les sauvetages. Les ingénieurs devront se faire une obligation personnelle de visiter périodiquement cette partie des travaux» afin de s'assurer de son état» souvent trop négligé.

1178 — Aérage diagonal. — . M. Murguc a conseillé de placer de préférence» lorsque rien ne s'y oppose, les puits d'entrée et de sortie aux deux points les plus éloignés du réseau de travaux» en vue d'en faire parcourir l'ensemble au moyen d'un trajet moins

(') De VauXf Annales des travaux publics de Belgique^ XX, 153. i^) Si cette vitesse était appelée à Yarier, eUe devrait plutôt tendre à diminuer progi'essivement, puisque la composition de Tair devient de plus en plus redoutable.

554 AÉRÂGE.

compliqué que lorsqu'il faut ramener Tair presque au point de départ. On obtient ainsi une diminution des résistances, et de la déperdition en route. Ce système, dit aérage diagonal^ est celui qui éloigne le plus les retours d'air des entrées, qui évite le mieux les renversements de courants à la suite des explosions, et qui facilite autant que possible le rétablissement de la ventilation normale après une perturbation.

Ces avantages évidents méritent d'être pris en sérieuse considération ; et Ton en devra profiter toutes les fois que le permetti^a la disposition générale de Texploitation. Toutefois il peut y avoir à compter avec des convenances opposées. Il est clair, par exemple, qu au début d'une exploitation, les deux ouvertures ne sauraient être placées à la distance extrême qu'elle embrassera plus tard. En outre, les puits jumeaux présentent des avantages qui en ont beaucoup répandu l'emploi.

En Angleterre, il est de pratique à peu près constante de mettre les puits d'entrée et de sortie tellement près l'un de l'autre, que, par rapport à l'immense étendue du champ d'exploitation, reflet en peut être considéré comme l'équivalent d'un puits unique, cloisonné en compartiments. Et cependant, les conditions d'exploitation de la plupart de ces houillères sont de nature à porter au maximum les inconvénients de ce système de circulation, car ou se trouve en présence des immenses vides du goaf{% avec les ressources les plus imparfaites pour guider le courant, et le forcer de passer au front de taille (N** 1137). De là l'énorme déchet qui s'opère en route, et l'écart que l'on observe (p. 545, note 1) entre la quantité injectée dans le puits et le volume directement utile.

A coté du principe de l'aérage diagonal, il convient d*en signaler un autre, qui concourt comme lui à la stabilité des distributions, et qui trouve son application dans les champs d'exploitation desservis par plusieurs puits, en nombre supérieur à trois. Si l'on dispose par exemple de quatre orifices, il est préférable de ne pas en consacrer deux à l'entrée de l'air et deux à sa sortie. On doit craindre en effet que, de cette manière, l'aérage ne devienne

(») Tome I, p. 502.

indécis dans certains quartiers, en présence des attractions inverses qui le sollicitent. Il vaut mieux n'avoir qu'un seul puits de sortie de l'air avec plusieurs orifices d'entrée, ou inversement (*).

.%MtNA«ElllENT Btl COVBANT BANS LES MINES «BISOIITEVSES

1174 — Circulation ascensionnelle. — Les mines à grisou devant être organisées au point de vue de Taérage dans des conditions aussi parfaites que possible, tous les principes précédemment exposés Y seront appliqués d'une manière plus rigoureuse encore que pour les autres exploitations. Mais il convient en outre d'y obser>er quelques règles spéciales.

La première est celle de la circulation ascensionnelle. Elle consiste en ce que Ton doit faire arriver le courant d'air par l'accrochage le plus profond, et le développer ensuite de manière qu'il aille toujours en montant, en n'admettant, autant que possible, aucun parcours de haut en bas, ou à rabat-vent {*). On en peut donner les motifs suivants.

Toutes les influences que subit l'air, dans son parcours à travers les travaux, tendent à diminuer sa densité, d'une part en l'échauffant (N* H72), d'autre part en le mélangeant avec un gai aussi léger que le grisou. Le fluide ainsi dilaté aura donc une prédispositiou naturelle à s'élever, lorsqu'il aura ressenti ces influences, et Ion doit chercher à se la donner pour auxiliaire, et non comme un obstacle. Cette précaution prend surtout de l'importance le long des fronts de taille, où le grisou se dégage à l'état de pureté, avec une tendance marquée à monter, qu'il convient de favoriser pour éliminer le plus rapidement possible un hôte aussi dangereux.

Cependant cet énoncé doit être entendu avec mesure, et non

(*) Râteau, CRM, 1802. 69.

0 En Belgique, on distingue l'aéragc descendant et l'aérage à rabat-vent. La première de ces dénominations se rapporte à une ventilation qui, d'abord ascendante le loDg du front de taille, se trouve ensuite obligée de redescendre, au lieu de s'échapper par un maillage supérieur. Dans le système à rabat-vent, le courant suit en descendant le front de taille.

550 AËRAGE.

comme un précepte absolu qu'il faille suivre aveuglement. Il pcul. par exemple, devenir exceptionnellement utile de renverser le cou rant établi, pour combattre les feux en les attaquant successivement de tous les côtés, et toujours avec Tair au dos; ou encore. pour dégeler en hiver le puits d'extraction, lorsque les clichage^ et les guidonnages sont encombrés de glaçons.

Toutefois le principe de la circulation ascensionnelle, trop méconnu en Angleterre, et au contraire devenu réglementaire en Belgique (*), doit être conservé comme une règle normale par Texploitant, afin de se donner comme ressource, surtout en cas d'arrêt inattendu de la machine, la tendance ascendante spontanée qui contribuera à entretenir pendant quelque temps le mouvement (N* 1233). II offre également l'avantage de placer les câbles d'extraction dans de meilleures conditions de conservation, par leur situation au milieu de l'air pur. Il en est de même pour l'hygiène des moulineurs aux recettes, et des routeurs dans la voie de fond. Les lampes, toujours agitées, de ces derniers présenteront également moins de dangers qu'au sein du retour d'air.

On doit, dans tous les cas, tenir absolument la main à ce que le courant n'ait plus jamais à redescendre, dès qu'il a passé sur un point grisouteux. Sans cela, en raison des défauts d'homogénéité que peut présenter le mélange de l'air avec le gaz, celui-ci risquerait de rester en cloche, au point maximum du parcours.

Il va sans dire que, dans ces énoncés, on ne considère pas comme une descente la simple pente du roulage libre sur rails.

Si des dérogations deviennent inévitables, elles seront surveillées de la manière la plus attentive. L'air doit alors monter par la taille, surtout quand elle est disposée en mainlenages, et redescendre ensuite par une voie rectiligne, inclinée en pente douce de 10 degrés au maximum (N^ H90).

(^) Ia* règlement belge du 28 avril 1884, qui a classé les exploitations k grisou eu trois catégories (mines peu giisouteuses, mines grisouteuses, et mines à dégagemenL< instantanés), interdit dans toutes l'aérage à rabat-vent le long des fronts de taille. Il pi^scrit l'aérage ascensionnel dans celles des deux dernières catégories, enlTorinulaat cette règle de la manière suivante : « Les travaux en veine, autres que ceux de prépsration et de reconnaissance ^ seront disposés de manière à ne pas forcer à dcscendrf un air plus ou moins chargé de gaz inflammables, v (Art. 52.)

Si un quartier, tracé d'après une méthode quelconque, admet un point maximum en cul-de-sac, il convient de le dégager aussitôt que possible par un chemin d*air partant de ce point et aboutissant à un étage supérieur, ou au jour. La section de ce maillage recevra une importance proportionnée à celle du district qu'il dessert. Parfois un coup de sonde de gros calibre peut suffire, comme pour un réavalement sous-stot. II serait alors dangereux, en fonçant le puits de bas en haut à travers un massif grisouteux, de faire redescendre le courant à travers un compartiment spécial (*).

1175 — Anfractuosités^ travaux en cul-de-sac. — Il est nécessaii'e d apporter un soin tout particulier à éviter autant que possible toutes les anfractuosités, dans lesquelles les masses gazeuses se logeraient à Tétat stagnant, ou dans un état de giration lente échappant à la circulation générale. Le grisou pourrait, dans ces conditions, s'y accumuler jusqu'à la proportion explosible. Cette ivgle s'applique aussi bien aux chantiers d'abatage qu'aux galeries.

On ne remédierait nullement à cet état de choses en forçant la ventilation. Le courant» ainsi stimulé, ne ferait que passer avec plus de vitesse devant la masse stagnante, qu'il attaquerait à peine. La configuration des travaux, en grand aussi bien qu'en détail, permet seule d'atteindre le résultat.

La production accidentelle des cloches doit être surveillée avec le plus grand soin, et ces cavités comblées sans retard.

Le mode employé pour le revêtement des galeries présente, sous ce rapport, un grand intérêt. Les boisages, par l'importance de leur équarrissage, donnent lieu à des rentrants très marqués. En outre les incessantes réparations dont ils sont l'objet tendent à faire jouer le plafond et à le fendillçr, en y créant des nids de grisou d'où il est impossible d'extraire le gaz. Le soutènement en fer diminue beaucoup cet inconvénient. Lors môme que l'on réduit remploi du métal aux cadres mixtes, formés de montants en bois

(\< Pour un motif analog^ue, les planchers de séparation, que l'on établit dans les puits pour les échelles (N' 931), seront à claire- voies, afin qu'ils n'aient pas pour elFet ^e maintenir dans la stagnation des masses d'air, susceptibles de devenir explosives.

558 ÂÉRAGE.

et de chapeaux en rails, on réalise ainsi un progrès notable^ car c'est au faite que se trouve la région la plus critique. La maçonnerie lisse fournit à cet égard la meilleure solution.

1176 — L'air doit être conduit de manière à lécher les fronts de taille, qui sont le siège des plus abondants dégagements de grisou. Cette obligation s'impose en particulier pour les travaux en cul-de-sac, tels que les travers-bancs et les galeries de traçage qui, pânéInBÉ dans des massifs vierges, sont plus exposés aui dégagements gazeux. L'aérage par diffio^on, admissible pour les mines exemptes de grisou, doit être ici complètement proscrit. Nous avons indiqué déjà les moyens de conduire l'air an fend de ces travaux, par canars ou galandages. Mais il importe d'insister sur les services que peuvent rendre en pareil cas les petits ventilateurs portatifs (N» H 89); en particulier ceux qui sont mus par l'air comprimé, et dont il est fait un fréquent usage dans certaines exploitations, à Blanzy par exemple.

Ce système présente l'avantage de ne pas augmenter la résistance du courant général de ventilation, et de permettre l'envoi delà quantité d'air désirable au chantier qu'il y a lieu d'assainir, quelle que soit la distance aux puits d'entrée et de sortie du courant.

Ces appareils peuvent même être utilisés pour forcer l'aérage de tailles auxquelles la ventilation générale fournirait, à elle seule, un volume d'air trop restreint.

L'air comprimé est l'un des plus utiles auxiliaires du mineur dans l'aérage des mines grisouleuses. En dehors de son emploi pour la mise en marche de ventilateurs, on peut y avoir recours en faisant écouler directement dans les travaux le fluide que renferment les conduites. Ce système, médiocre au point de vue du rendement, rend de grands services en des cas spéciaui^. Si l'on veut par exemple revenir au chantier d'un travers-bancs en percement aussitôt après le sautage des coups de mine, il suffira d'ou\Tir pendant deux ou trois minutes le robinet d'air pour dissiper les fumées. On peut enfin faire usage d'injecteurs Kœrting adaptés à la conduite d'air comprimé (N** 1250)

11*77 — Améncigement des travaux au point de vue de Vaérage. — La méthode d'exploitation elle-même doit, dans les mines grisouteuses, être discutée au point de vue de la ventilation. Sans reprendre ici pas à pas la série des subdivisions qui ont rempli la quatrième partie de ce Cours, nous passerons cependant en revue les lignes principales d'un tel examen (*).

Les tracés à gradins renversés, et particulièrement les maintenages, qui présentent des angles rentrants multiples, sont dangereux, en raison des nids de grisou formés par ces angles, au fond desquels il est impossible de conduire le courant. Dans tous les cas, l'aérage doit être alors essentiellement aseomonnel, et serrer les fronts de taille, d'aussi près qu'il est possible, sans risquer cependant d'exagérer la valevr de la vitesse.

Les méthodes de grandes tailles présentent, au point de vue de la conduite de l'air, un certain avantage sur celles de massifs courts. En revanche* ces dernières tendent à écraser les piliers et à faciliter la sortie du gaz. Cette propriété constitue un avantage, lorsque Ton cherche avec raison à préparer progressivement l'assainissement du massif, pour diminuer les torrents de grisou qui se produisent au moment de Tabatage.

11 sera préférable, dans ces méthodes, de disposer les fronts de laille en inclinaison, car ils seront ainsi plus vivement léchés par le courant, avec tendance spontanée du grisou à monter et à quitter son point d'émergence. Les méthodes montantes seront proscrites des gisements gazeux, attendu que le grisou stationnerait alors aux fronts de taille, placés en direction. 11 y augmenterait les mauvaises chances par son séjour au milieu des lampes et des coups de mine.

Avec la méthode des chambres, on doit interdire absolument, dans les houillères grisouteuses, l'emploi des ouvrages en remonte

(*) A. Gurlt, Ueber den Abbau Grubengasfuhrender Steinkohlenflolze {Gluckauf, Esseo, 1880, N» 45). — A Gurlt. Die Verhûlung von Explosionen schlagender Wetter in SUinkohtenbergwerken, Bonn, 1880. — Hassiaclier. Die Steinkohlenbergwerke Preussens nach der verschiedcnen Art ihrer Wetlerfuhrung [Zeitachrift BUS, XXX, 181). — Die WeUerfûhrung auf den Slcinkohlenbergwerken [Ibidem, XXXI, 85, 136, 144). — . Brabant. Annale» deê Irav. publ. de Belgique, XLII. — CHM, 1885, 133. — F. Wodiczka. Vaérage de sûreté, Leipzig, 1885. — Ra\eaud, CHM, 1892, 161.

5()0 ' AËRAGË.

comme base du système d'exploitation. Si, exceptionnellement, un percement montant a été reconnu indispensable pour Taménagement-général de la mine, l'exploitant s'y entourera d'un système de précautions tout spécial, en conduisant le courant exactement jusqu'à l'avancement au moyen d'un galandage, surveillant slrictement Tétat de l'atmosphère au point de vue des lampes, et interdisant autant que possible l'emploi des explosifs. Les postes doivent se succéder les outils en main^ atin qu'il n'y ait aucune interruption dans la surveillance; on éloignera autant que possible de ce point périlleux les chantiers d'exploitation courante.

L'usage des méthodes de remblayage doit être considéré comme formant la règle générale des exploitations grisouteuses. Nous avons déjà montré leur utilité pour supprimer les vides des vieux travaux, qui constituent d'énormes réservoirs de grisou prêts à se déverser dans la circulation. Les remblais ne rendent pas moins de services pour assurer la -conduite de l'air suivant le parcours choisi, et en diminuer les déperditions, de même que pour maintenir le courant au contact des fronts au fur et à mesure de l'avancement.

1178 — Aérage des vieux travaux. — Malheureusement beaucoup de mines gi^isouteuses ont été, ou sont encore exploitées san> remblais, ou bien avec des remblais incomplets. En outre, par suite du tassement des matériaux employés, on n'arrive souvent qu'à diminuer les vides des vieux travaux, sans qu'il soit possible de les supprimer définitivement. Cette difficulté se rencontre surtout avec les toits résistants; elle disparait lorsque la charge donne assez énergiquemcnt pour serrer complètement des remblais argileux.

Au point de vue du principe à suivre pour la ventilation de ces vides, on se trouve en présence de deux tendances opposées, qui ont chacune leurs partisans.

En général, on s'attache à isoler le plus possible les quartieis abandonnés. De cette manière, on ne leur envoie aucune dérivation du courant d'air, et, en même temps, on se trouve défendu contre leurs émanations.

AMÉNAGEMENT DU GOURANT. 561

Certains praticiens (^)tau contraire, ont affirmé rutilité du drainage des vietix travaux. Dans le bassin de Mons, on a exécuté des purges systématiques en obligeant, par la fermetura des portes, ia totalité de la ventilation à filtrer à travers les régions déjà exploitt'^, pour en extraire des torrents de mauvais air (').

M. Soulary (') a coordonnétoute une méthode d'exploitation basée sur ce principe. Il ménage des conduits en pierres sèches au milieu du remblayage, au moment où Ton comble les anciennes voies de communication. Les massifs de remblai y déverseront librement leur gaz, dont Fauteur assure l'évacuation au dehors au moyen de dispositifs, variables suivant les cas, et dont la description détaillée ne saurait trouver place ici. Mais on a élevé contre cette proposition une objection d'une grande force. D'après la difficulté que Ton éprouve, dans les conditions ordinaires, à maintenir au milieu des remblais des galeries surveillées et entretenues, il y a lieu de penser que les drains ainsi abandonnés s'oblitéreraient rapidement. Or il suffirait d'un seul point sur lequel la charge viendrait à donner, en écrasant le canal, pour condamner complètement le fonctionnement de toute une artère, quelle qu*en fût la longueur. Le système perdrait alors son efficacité; l'on n'en serait pas même averti, et Ton se trouverait placé par là dans des conditions pires, sans doute, que le mode ordinaire.

1179 — Quand on croit utile de maintenir une diffusion modérée du courant à travers des quartiers abandonnés, en vue de les assainir dans une certaine mesure, il importe du moins de ne pas perdre de vue la distinction suivante. Si la charge doit comprimer les remblais au bout d'un court délai, en n'y laissant que des vides très réduits, qui opposent de grandes résistances au mouvement des gaz, le mieux sera incontestablement de les isoler absolument à l'aide de barrages étanchcs. Si, au contraire, des vides importants doivent rester ouverts presque indéfiniment,

(') Voisin (Annales. ?•, IV). — Coince. Mémoire sur sa mission en Angleten*e, p. 25. - Dunn. Trailé d'exploiUlion. — Zeiischrift BHS, XX, Nonne ; XXIY, 73, Schondorf. ;-j PA, Belgique, 68.

'^) Annales, 7% XI, 241

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