‹ Cours d'exploitation des minesChapitre 86 sur 131 · Oî · texte numérisé non relu

Oî

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Bull

Soc

calolle pleine. Le second est formé d'un cylindre de tôle, qui prolonge le verre et se trouve fermé, à la partie supérieure, par un disque de toile métallique. Ici encore, le treillis intérieur est à mailles larges, et le second à mailles serrées.

En haut, comme en bas, les tamis extérieurs de toile fuie constituent la véritable préservation; les toiles intérieures, moins

épaisses, ne jouent qu'un râle de préparation, en refroidissant la flamme et brisant sa furc<' vive en cas d'explosion.

Ce modèle présentant encore une ceilaim' sensibilité en cas d'oscillations prononcées, M. Fumât en a imaginé un second, danslequd la partie supérieure de la lampe est entouriv d'une cuirasse métallique, percée, sur les deui tiers environ de sa hauteur à partir du bas H . , ■ ^ sur la moitié de sa circonférence, d'un grand

^^^ "WU iio"^bi^ d^ ^l'ous de 5 millimètres de diamèliv,

prolongés intérieurement par de petits tubes d'une longueur égale. En outre, à la base do cet organe, les orifices d'entrée d'air sont en>^ loppés par un conduit circulaire, qui est relie à l'intérieur de la cuirasse au moven dune gaine latérale, masquant un tiers de la surface du verre. L'air enti'e par les trous inférieurs de l'armure métallique, et descend à travers la gaine avant de pénétrer autour de la mèche; il remonte ensuite dans les tamis. La lampe résiste bien aux mouvements d'oscillation; car la force centrifuge agit à la fois sur la colonne d'air frais ainsi que sur celle de> gaz brûlés, sans que les conditions du tirajrt* soient modifiées. De même les coups de vent exercent une action simultanée sur les deux courants. Le prix de cet appareil est de 14 francs environ.

Un troisième type (fig. 791, 792) a encore été proposé pu M. Funiat pour réaliser plus de légèreté, avec la même sécurité.

Pig. 791 el 792.

Lampe Fumât (coupe

et plan).

Les deux cheminées intérieures y sont remplacées par un tube unique en tole, qui, sur 15 millimètres de hauteur, présente une zone en toile métallique pour la sortie des produits de la combustion. Ce treillis n a que 100 mailles au centimètre carré. Le type Gray est établi d'après des principes analogues (\).

LAMPI9TESIE

flSS^ — Chaque ouvrier a sa lampe, qui porte son numéro. Elle lui est i^emise par les lampistes pleine, allumée, et fermée à clef ('). Il a le droit de la refuser si elle lui parait suspecte, et d'en appeler à la décision du maitre-mineur. A partir de son acceptation, il en devient responsable. Si elle est trouvée ouverte entre ses mains, il sera considéré comme l'auteur de cette contravention. Les lampistes doivent constater que la lampe leur est rendue fermée. Lorsqu'elle porte des traces de détérioration, ou de tentative d'ouverture, ils ont le devoir d'en faire la déclaration.

Les tamis sont périodiquement nettoyés (') avec des lessives alcalines, des essoreuses et des brosses mécaniques, pour raviver les surfaces métalliques des fils, et par suite leur conductibilité protectrice, rétablir les pores qui ont été fermés par l'encrassement, au détriment de la clarté, et supprimer les poussières, ainsi que 1 huile adhérente, qui pourraient s'enflammer et déterminer un coup wm^™ ™n™ to«r-i|?**i«^

de feu. On commence pour cela fj^. 795. NottoyaKo des tamis,

par enfiler le tamis sur le mandrin A (fig. 795), afin que la brosse B, dans sa rotation, le nettoie à Texlérieur. Ensuite on le relire, et on l'enfile sur la brosse C,

\ Bull, min., Ty% III, 581.

(' En Angleterre, cependant, on admet souvent que l'ouvrier emporte la partie supérieure de sa lampe, pour la nettoyer.

Nettoyage des lampes, Revue technique, 25 août 1890, 137.

7tO ÂÉRAGE.

en le maintenant à la main, pour le nettoyer à rinlérieur Ci. L'ancien procédé de la calcination au rouge doit être rejelé, comme fatiguant inutilement les toiles. Il est bon de procéder de temps en temps à une vérification spéciale des tamis, en vue de s'assurer si la diminution de diamètre, que les fils subissent à la longue, n'a pas atteint un degré dangereux.

Un examen journalier permet de constater s'il n'y a pas de lils coupés, ni de déchirure capable de laisser passer la flamme. Une seule maille brisée fera rebuter le tamis.

M. Boussingault a imaginé une méthode de contrôle direct, qui mérite d'être signalée à Tattention. Elle est aujourd'hui employa' sur plusieurs houillères anglaises, au moyen de Tapparcil Embijton('). On place la lampe allumée au milieu d'un cylindi'e. dans lequel on admet de la vapeur de pétrole. Si, par suite d'anvice inaperçu, l'appareil est capable de déterminer une explosion, il la provoquera immédiatement, dans des conditions panuesetpeu dangereuses, au lieu d'amener une catastrophe souterraine.

M. Lechicn applique cette idée d'une autre manière (^). Le système qu'il propose est un simple tube métallique, raccordé par un robinet et un tuyau de caoutchouc avec une prise de gaz. A son autre extrémité, il est recourbé en forme de virgule circulaire, percée de trous sur sa face interne. On environne de cette spiraliN comme d'une ceinture, le tamis de la lampe allumée, et, en donnant du gaz avec le robinet, on détermine une eflluve qui s'enflammera si la lampe est défectueuse, et allumera tous ces petits becs de gaz. Si, au contraire, l'appareil Mueseler est en bon étal, il s'éteindra dans ces conditions.

1298 — Jamais une lampe allumée ne doit rester dansleehantier, lors même que les hommes ne l'abandonnent que d'une manière momentanée. Le grisou pourrait y affluer en leur absence, faire rougir le tamis, et déterminer l'explosion sous l'influcmv d'un courant d'air.

(«) Parent, Bull, min., 1«, UI, 97.

. («) 7M, Angleterre, 260,

(3) llalon de la Goupillière, Bulletin de la Société d'encouragement, 5*, VU, 587. - Pmnior, Ibidem^ 4', I, 229.

fXUIRAGE. 7 M

La lampe forme d'elle-même, par son absence de la lampislerie. le signe maU^'iel du séjour de l'ouvrier dans le fond. Un service de contrôle doit permettre de se rendre compte, à chaque instant, du personnel descendu, tant au point de vue de la discipline que pour le cas d'un accident. Je citerai, comme exemple, l'organisation (jui a été établie par M. Joseph Lévy.

Dans ce système, chaque lampe porte un numéro d'ordre, à la fois sur le réservoir et sur l'une des pièces de la cheminée qui en peut être détachée. Le môme numéro se trouve frappé sur une fiche métallique, et figure en outre sur un tableau fixé au mur A portant des crochets de suspension. A chaque ouvrier est affecté un de ces numéros, consigné, avec le plus grand soin, sur un registre spécial. Indépendamment de ces lampes et fiches personnelles mimérotées^ il en existe une série impersonnelle a/pAabëlique, destinée à remplacer les premières, quand elles sont à réparer. Celles-ci sont, en temps ordinaire, accrochées à leur place, sur un tableau spécial ; mais lorsqu'un ouvrier se trouve sans lampe, on lui en remet une de la seconde série, en accrochant, à son numéro, la fiche alphabétique, et reportant sa fiche numérotée au crochet alphabétique. De celte manière, les fiches du tableau normal indiquent avec certitude la descente des hommes: tandis que le système ordinaire de la simple absence de la lampe exige, en raison de la possibilité d'une mise en réparation, des complications ultérieures qui prennent du temps, et sont sujettes à erreur, dans le trouble d'un sauvelage.

Les mines à feu nu, dans les(|uelles le grisou n'a jamais été aperçu, n'en doivent pas moins posséder quelques lampes de sûreté, que l'on maintient en état de service, afin de ne pas se trouver désarmé devant une apparition imprévue.

i299 — Postes de rallumage. — Des lampistes spéciaux sont placés dans l'intérieur des travaux pour effectuer le rallumage('). Chaque chantier expédie, de temps en temps, par un gamin, ses

(') Ce service se complique parfois beaucoup. Aux mines de TA^ïrappetOn estime qu'il peut y avoir journellement 150 extinctions, pour 750 ouvriers. Celle proportion varie du i^ste suivant le système des lanïpos; d'après M. Janet

71^2 AËRAGE.

lampes éteintes jusqu'à la cabine du lampiste (*), que Ton installe dans l'air pur en la rapprochant, autant qu'il est nécessaire, du point d'entrée. Ce préposé les rouvre avec la clef dont il est sonl dépositaire, et les rallume à un feu nu, ou à une lampe de sûreté qu'il ouvre de môme.

Quelquefois, au lieu d'un employé spécial, on installe seulement une clef, suspendue à une chaînette fixe, à la disposition de chacun, mais le premier mode est iniiniment préférable.

Le lampiste du rallumage a en réserve un certain nombre de lampes, destinées à remplacer celles qui lui seraient apportées avec quelque détérioration, ou dont le tamis serait impi^né d'huile. 11 prend note des ouvriers auxquels il les délivre.

Pour les cas où 1 on peut redouter des dégagements instantanés, sans avoir cependant tout à fait renoncé à Tinstallation d'un poste intérieur de rallumage, MM. Gérard et Lechien ont proposé mie modification destinée à en améliorer les conditions de sécurité. Au lieu d'un feu nu, qui amènerait fatalement l'explosion, à l'aiTivée imprévue d'une effluve grisouteuse ; ou d'une lampe de sùi-elê. qu'il serait trop long de dévisser et de revisser entre chaque rallumage, de telle sorte que le lampiste ne manquerait pas de la laisser souvent ouverte; ces constructeurs disposent un appareil ayant la forme d'une lampe Muesclorque l'on aurait sciée à la base, au-dessus du récipient. Toute la partie supérieure s'enlève d'un seul morceau, et repose sur le culot au moyen d'un joint de sable. La manœuvre est donc instantanée» et l'appareil consene constamment les caractères d'une lampe de sûreté, en dehors du tenip très court, pendant lequel on le décoiffe pour prendre du feufl

Annale», 8', XVI, 500) les extinctions atteignent, pour diverses mines du ba>sin d" Valcnciennos :

Avec les lampes Davy 10 à 20 %

— Boty 20à30»

— Marsaut 30 à 40 »

— Mueseler 50 à 60 »

Elles sont plus fréquentes dans les veines minces que dans les couches ép3ij'=<'>dans les dressants que dans les plaleures. — Goffin, Rallumage des lampes de sùif!'" <lans les mines, liev. univ. d. min.^ 3*, XVIII, 59

'') Appelée en Belgique cnterie.

{*; Ilaton de la Goupillièrc, liulL Soc. d'enc, 3% XI, 270.

CSMISOl'HÉTMIE

i300 — La teneur en grisou de Tatmosphère des mines est, comme nous Tavons dit (N"" 1155), la principale donnée sur laquelle on doit se baser pour régler, dans les mines grisouteuses, le volume des courants d'air et leur répartition entre les divers circuits. Il importe donc de pouvoir être facilement renseigné sur la proportion de ce gaz qui existe dans les galeries et chantiers. Pour la sécurité du personnel, il est nécessaire que les surveillants et les ouvriers eux-mêmes puissent fréquemment procéder à cet examen.

Ces mesures sont effectuées à laide d'appareils gi^isoumëtriques. Les uns sont portatifs; on les transporte à travers les travaux, et ils fournissent instantanément la teneur de Pair dans les divers emplacements. C'est à l'aide do ces appareils que les surveillants spéciaux procèdent dans leurs tournées, soit tous les jours, soit à intervalles plus éloignés, à la recherche du grisou. Les autres sont des appareils de laboratoire, destinés à eflectuer l'analyse précise d échantillons d'air prélevés dans les travaux. Les deux systèmes, lorsqu'ils sont employés simultanément, permettent un contrôle et des vérifications fort utiles (*).

Nous consacrerons ce premier paragraphe aux grisoumètres portatifs.

i30i — Allongement des flammes. — L'étude de la flamme des lampes constitue le moyen le plus ancien, le plus généralement employé, et encore aujourd'hui le plus sûr pour la recherche du grisou dans les chantiers.

Les indices que peut fournir l'observation de la flamme lorsqu'elle se trouve dans une atmosphère formée, non plus d'air pur,

('i M. Chcsneau a présenté au 2* Congrès international de chimie appliquée, tenu à Paris en 1896, un méinoiœ très complet sur lanalyse de l'air des mines {Comptes rendus du Congrès^ t. HI), dans lequel il a étudié avec détails les divers grisoumètres, portatifs ou de laboratoire, dont il est question dans ce qui suit.

1\\ AÉR.\GE.

mais d'un mélange crair et de grisou, sont au nombre de deux : l** allongement delà flamme; 2" apparition d'une auréole au-dessus de celle-ci. La description de ces eflels révélateurs a été faite avin: le plus grand soin par MM. Mallard et Le Chalelier(').

La dilatation de la flamme est due à ce que, d'une pari, le grisou exige, pour sa combustion, une quantité d'air spéciale, en sus do celle qui correspond à Hiuile dans le régime ordinaire: et quVu même temps, sa présence au sein de l'atmosphère en abaisse la teneur en oxygène. 11 faut donc, d'après ce double motif, une plus grande surface d*oxydation.

Pour des expériences de laboratoire, avec une teneur de 0.3.j\ de grisou dans le mélange, l'allongement est très faible (*) . A 0,75 " ,. il est de 1 à 2 millimètres. A 1,5 7o« iJ atteint 5 ou 4 millimètres. Enfin l'allongement est de 10 millimètres à 5 Vo» cl de 20 à 4 %.

Mais, dans la pratique des travaux souterrains, ce principe ne donne pas de résultats aussi nets. L'agrandissement de la flamme, d'une appréciation difficile lorsqu'il est faible, peut résullerdu mauvais réglage de la mèche, ou d'un échauffement de la lampe.

M. l'ingénieur en chef des Mines Chesneau a cherché à rendre ces indications plus exactes et plus visibles, en remplaçanl l'huile par Talcool ('). Mais il a reconnu que l'indicateur de grisou établi sur ce principe était très sensible aux variations de température, et qu'il ne saurait convenir que pour être placé à poste fixo en un point de la mine où la température reste uniforme. In échaufl^ement de iO degrés environ produit, en eflet, sur celle lampe le même résultat qu'une teneur en grisou de 2 7o fallongt'ment de la flamme de 45 millimètres).

130!^ — Auréoles, — La présence du grisou se manifeste aussi dans les lampes de sûreté par une auréole de couleur bleuâtre, q»i s'allonge en forme de cône au-dessus de la flamme. Celle lueur provient de la combustion du grisou qui s'efl'ectue, en raison do

(') Annales, 7', XIX, 195.

(*) Ces expériences ont ôiv faites avec une lampe I)a\7, dont la flamme avait i' millimrtres de hauteur dans l'air pur.

(•^j Chesneau, The dcleclion and measuremeni of firedamp in mines, Congi'ès •!« Clncajîo, 1895.

Ér,LAIRAGK. 715

la chaleur fournio par le corps de la flamme, dans son voÎNinagc immédiat; tanl que la teneur de l'atmosphère ambiante reste inférieure à 67o* c'est-à-dire insuffisante pour permettre une combuslion proprement dite, capable de se propager d'elle-même an sein (le la masse.

La 2one lumineuse est d'autant plus étendue que la proportion (le grisou augmente, oh que la flamme fournit ellc-m('>rae plus de chaleur ('). Les auréoles sont donc plus grandes quand on laisse la lampe dans son état ordinaire, mais l'éclat de lu lumière les l'end alors très difficilement perceptibles. On facilite leur observation en faimnl petit feu. c'est-à-dire en baissant la mèche jusqu'à ce que l'on n'ait plus qu'une petite flamme bleue non éclairante. Avec une lampe Mueseler, par exemple, l'auréole apparait alors avec une hauteur de 6 à 7 millimètres, dès que la proportion de

Fig. Ï91. Fiit. 7X.

grisou est de 0,02. A 0,03, elle atteint 7 à 8 millimètres (lîg. 704). Pour 0,04 elle affleure la base du cùne. Dès 0.05 elle s'engage dans la cheminée. Au voisinage de 0,06 elle s'évase, de manière à embrasser la base du cône (lig. 79.'>). Au delà, le feu s'éteint plus uu moins nettement, et avec certains tournoiements.

1303 — Bien que ces moyens d'appiéciation soient moins aisés au milieu des chantiers souterrains que dons le lal»oratoire, ils permettent cependant d'y reconnaître la présence du grisou, quand

(') Aiinali: S; IV, 353. Ml,

la teneur n'est pas inférieure à 0,05. On arrive même, avec de Thabitude et du soin, à déceler la proportion de 0,02.

Malheureusement, la présence d'une certaine quantité d'acide carbonique peut masquer les indications (^) et induire ainsi en erreur.

En second lieu, il existé au plafond une zone de O'^tSO environ de hauteur, dans laquelle les lampes pénètrent difficilement, surtout celles que l'on ne peut incliner; et c'est justement la partie la plus inquiétante, en raison de la faible densité du gaz.

Enfin, Ton ne doit jamais perdre de vue que les teneurs en grisou, dont l'appareil est impuissant à rendre compte, sont tellement rapprochées de celles qui exposent à un danger imminent, qu'une cause souvent légère peut faire passer, en peu de temps, de h sécurité à une catastrophe.

En somme, la lampe de sûreté ordinaire fournit des indications utiles à tous les ouvriers qui en sont porteurs ; mais il est nécessaire de pouvoir mettre à la disposition des surveillants un grisoumètre plus sensible, puisque l'on exige souvent que le retour d'air d'aucun chantier ne tienne jamais plus de 1/2 7o de grisou.

f304 — Indicateurs à écran, — Certains moyens ont été proposés en vue de faciliter les observations.

M. Sleavenson a conseillé (') d'adapter h la lampe un verre bleu de cobalt, pour modifier l'aspect de la flamme; mais cette adjonction a été reconnue plus nuisible qu'utile.

MM. Mallard et Le Chatclicr ont repris, en l'améliorant, une idée (le M. Delon, qui consiste à masquer la flamme de Thuile, au moyen d'un écran interposé entre elle et l'œil de l'observateur \*). Ce< ingénieurs ont ajouté un second écran, à l'arrière de la flamme, pour empêcher l'illumination des objets situés au delà, et b réflexions qui en sont les conséquences. M. Cosscl-Dubrulle a com-

{») CnM, 1877, décembre, 7, Gontliier.

(*) Pièces anncjrves aux procès-verbaux de la Commission du grisou, 2* fasc.Oî^ — Écho lies mines, 1877, 524. — Transact. A'£/, XXV[, lo5.

[^) Pièces annexées aux procùs-verbaui de la Commission du grisou, 1" fasc.M. '''«■ — Annales, 7«, XfX, 200. — CliM, 1879, 109. 209. — Journal des mines, 1879. 2i5.- Comples rendus de IWcadêmie ries sciences, LXXVIH, 749.

piété cet ensemble par radjonction d'une enveloppe métallique

noircie, appliquée contre la courbure de la partie postérieure du

verre {fig. 796, 797), de manière à mettre l'auréole bleue dans tout

son reliefC).

On a encore proposé (') d'installer des

lampes fiies, destinées à être examinées au

spectroscope, par des agents

spéciaux appelés chercheurs de

yaz.

Les lampes à pétrole, par

exemple les types Wolf ou Thor-

neburry, donnent des auréoles

plus développées que celles qui emploient l'huile. Mais leurs indications manquent de précision, en raison de Tinlluence qu'exercent sur elles les variations de température et de composition de l'atmosphère.

On a également cherché il employer la finmme de l'hydrogène pour obtenir des indications plus nettes. Dés 1881, -MM. Mallard et Le Chatelier ont proposé d'alimenter avec ce gaz une lampe (;risoumétrique (')• La flamme, devenue par là beaucoup moins éclaii-anle, éteint moins la visibilité de l'auréole bleue, que l'on apprécie, en outre, à l'aide d'une loupe. On arrive ainsi, dans le laboratoire, à discerner une teneur de 1/i %■ ^^'^ 1^ complication de cet appareil l'a fait abandonner par ses auteurs, pour le système à écran.

M. Clowes a repris celte idée en 1892 {*)■ Il adapte !) une lampe de sûreté ordinaire un petit réservoir contenant de l'hydrogène comprimé à 1 00 atmosphères, et muni d'un tube de dégagement à robinet qui aboutît près de la mèche. On allume l'hydrogène, puis

{■] m. Hallanl el Le Chatelier ont r&ligA un Ubieaiii indiquant avec délaiis le;' <)i>erses ippuencM qui correspondent A des teneurs graduées, Piècet annexée», etc., î- fue., 103.

C; BUnchet, CRM, 167G, mai. 31,

I?) Piècei annexées, etc.. 1' raie, 150 ; S* fasc. 08.

I*) Proceedinyï of Ifu Royal Society, LU. — La Nature, 21 juin 1803. — OfHte ekil, XXVIII, 71. — Bail. Soe. d'eue. 4-, VIH. 93 ; X, 561.

718 AËRAGt:.

on éteint la mèche pour procéder à une observation. On la rallume ensuite avant de fermer le robinet. Mais la chute progressive de la pression dans le réservoir présente Tinconvcnienlde modifier incessanunent la longueur de la flamme de l'hydrogène.. Son réglage est en outre incertain, lorsque Ton veut, en un point des travaux, effectuer une mesure grisoumétrique.

f 305 — Lampe Pieler, — De meilleurs résultats ont été obtenus en substituant à la flamme de l'huile ou du pétrole celle de Talcool, qui donne des auréoles beaucoup plus grandes. On obtient ainsi des lampes non éclairantes.

Ce principe, indiqué d'abord par MM. Mallard et Le Chatelien'i, a été réalisé par le système Pieler ('), qui est fréquemment employé en Allemagne et en Autriche, et qui Ta été aussi pendant quelques années dans le nord de la France.

Au début, c'était une simple lampe Davy, alimentée à l'alcool et munie d'un seul tamis. Le réservoir, plein d'ouate, était rempli d'alcool sans aucun excès, de manière à éviter Técoulcmenl du liquide en cas de renversement. Mais la Commission autrichienne du grisou (^) et la Commission française (*) ont montré que, dans ces conditions, l'appareil était très dangereux au sein des courants grisoulcux. L'adjonction d'une cuirasse, percée d'ouverluivs en haut et en bas, comme celle de la lampe Marsaut, et munie, pour les constatations, d'une fenêtre à volet, ne suflit pas àfaiiv disparaître celte cause de danger. On obtient plus de sécurité en superposant deux tamis sous celte armature, comme l'a fait M. Dinoire aux mines de Lens. Mais l'observation des auréoles devient alors difficile, à travers ce double treillis (^).

La lampe Pieler fournit des indications appréciables à partir de 0,25 ou 0,50 7oî "^^'s elle présente un sérieux inconvénient dans

(•) Annales. 7", XIX, 205.

(«) BùlL min., 3-, I, 299. — Rev. univ. rf. m., ï% XY, 140. — Habets. Rapport sur l'Exposition d'hygiène et de uauvetage de Berlin,

(5) Annales, 0-, I, 254.

(*; Annales, {i^, I, 47 ; U, 205.

[^i L'appareil primitif n un seul treillis pèse 900 grammes, et coûte 17 francs. A\cf deux tamis et une cuirasse, son poids s'élève à 1720 grammes.

ia pratique. Lorsqu'elle s'est ('cliaulTée au milieu d'uu air ti't'S grisoutcux, elle continue, durant un temps assez long, à donner des auréoles ti'op allongées, et ne reprend parfois qu'au bout de plus d'une demiheure la hauteur normale pour laquelle on Tavait réglée dans l'air pur.

fSAA — Lampe Chegiieau. — M. Chesneau, ingénieur en chef des Mines, a réalisé, en 1$9*2, une himpe grïsoumétriquc h alcool, qui ne donne plus prise aux mêmes critiques, et roiirnil des indications beaucoup plus nettes et plus uniformes que le système l'ieler, tout en présentant, soït au repos, soit dans les courants d'air, une sécurité équivalente à celle des lampes de si\i"cté les plus perfectionnées (').

Ce remarquable appareil se compose f%. 7981 d'un réservoir à alcool R. en laitun, que l'on remplit par rorifice B; (l'un cylindre plein en tùleC; et d'un lainis Tf en toile de fer de 196 mailles au centiini'tre carré, dont le collet inférieur forme, avec le cylindre C, un nna cachant la Hamme et dépassant fii;. v.».

le porte-mèche de 57 millimètres. Le " ' (coui«!"i.i'(iTair:|! ""'''" tamis est enveloppé d'une cuirasse en

li'ile ÂA, dans laquelle est pratiquée, pour l'observation des auréoles, une longue fenêtre rectangulaire FF, fermée par une lame de raica. Le joint de cette cuirasse et du cylindre C est hermétique.

;'t Owsiieaj. Annaln. 0". II. 303; III. Ti09. — i:n.V. I8«3. 1*: IK93, Tt. — Tram- M. amtric, min., auilt iKl)j (cungrèa de Cliic.ngii). — Comiilri rendus du i° congrbt •ittmttlional de chimie appliquée, tenu i Paris cil ISUG, t. III. — La -Salure. ïl-inotc, N'IOtV, p. 53.

7î20 AÉRAGE

La partie inférieure de la feuille de mica se voile parfois d'une buée, surtout au début de Talluinage; on évite cet obscurcissement à Taide du cylindre mobile DD qui recouvre le bas de la cuirasse, mais qui porte une ouverture destinée à élre amenée en face de la fenêtre au moment de faire une observation.

L'air pénètre dans la lampe au-dessus du réservoir, en traversant une couronne EE à double tamis, protégée par une gaine ht percée de trous. Ceux de ces derniers qui se trouvent sur le pourtour de la lampe peuvent être fermés dans les forts courants d'air. Les gaz brûlés sortent par des ouvertures pratiquées en haut delà cuirasse. L'appareil s'éteint dès qu'on le i^nverse, ce qui rend inutile le remplissage du réservoir avec de l'ouate, comme dans le système Pieler.

Il pèse 1450 grammes, et consomme i5 grammes d'alcool par heure. Le liquide employé, dont la composition doit être uniforme pour que les observations restent comparables, marque 92 degrés et demi de l'alcoomètre de Gay-Lussac, à la température de 15 degrés centigrades. L'inventeur a considérablement augmenté la netteté des auréoles, en additionnant ce liquide de chlorure cuivrique. ou plutôt, pour produire moins d'altérations, d'un mélange d'azotate de cuivre et de bichlorure d'éthylène, ou liqueur des Hollandais (*). La formule à laquelle il s'est arrêté est la suivante :

Alcool méthylique à^92^5 i litre.

Azotate de cuivre cristallisé 1 gramme.

Liqueur des Hollandais 1 —

f 307 — M. Ghesneau a rédigé une instruction (*), qui indique avec précision les précautions à observer pour l'usage de son grisoumètre. Le réglage initial de la flamme dans l'air pur demande notamment à être fait avec beaucoup de soin. Après avoir laissé la lampe allumée s'échaufl'er pendant 20 à 30 minutes, avec une flamme un peu plus haute que l'écran, on la règle dans robscurilé, à l'abri de tout courant d'air, en abaissant la mèche jusqu'à fain*

(M Ghesneau, CHM, 1894, 22.

{*) Cliesneau, Annales, D*. lU» 532.

Eclairage. n\

disparaître exactement derrière le collet du tamis la pointe verte qui forme rextrémité de la flamme» rendue éclairante par la présence du sel de cuivre. Il subsiste encore d'ailleurs au-dessus de 1 écran une lueur grisâtre, longue de 20 à 25 millimètres.

Pour procéder à un dosage dans un air grisouteux, on ouvre les orifices extérieurs qui entourent la couronne EE ; puis on place Tceil au niveau de la pointe supérieure du cap lumineux qui se forme au-dessus de la flamme. Cette auréole est constituée par un cône bleu verdâtre, toujours surmonté d'une lueur gris pâle. Elle est visible à partir de 0,1 7# et devient nette au delà de 0,5 7o- La hauteur du cône au-dessus de Técran est de 23 millimètres pour une teneur en grisou de 0,5 7o' àe 35 à 1 Vo» de 47 h 1,5 7^. Elle atteint le sommet du tamis lorsque Tair contient 3 7o ^^ grisou. Dès la teneur de 2 7o» ^^ flamme jaune bordée de vert de l'alcool apparaît au bas de l'auréole; elle s'allonge dans des mélanges plus grisouteux; sa hauteur visible est de 25 millimètres à 3 7o* La lampe s'éteint enfin pour une proportion de gaz égale à 5,75 7o*

Cet appareil, qui donne surtout des résultats très précis entre 0,3 et 3 7o de grisou, est maintenant usité dans toutes les mines grisauteuses de France. Il n'est influencé d'une manière sensible, ni par l'élévation de température des mélanges grisouteux, ni par la présence dans l'atmosphère de quelques centièmes diacide carbonique; en pareil cas les auréoles deviennent seulement un peu moins nettes. De nombreuses comparaisons, efl'ectuées entre les indications fournies par la lampe Chesneau et les données résultant d'analyses de laboratoire, ont montré l'exactitude des renseignements fournis par ce grisoumètre, dans les conditions les plus diverses (*).

1308 — Grisoumètres portatifs divers. — En dehors des lampes grisoumétriques, bien des systèmes ont été imaginés dans le but de permettre une appréciation de la teneur en grisou de l'air des mines.

M. Coquillion a proposé deux appareils, dont l'un reste des-

l') U prix de la lampe Chesneau est de 55 fi^ancs.

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