A£RAGE
. Cepeniiant, même avec cette précaution, on a \u la mine de la Plomterie (Liège) noyée à travers un simple coup de sonde àe ■iO mètres de long et C.OS? de diamètre, d'où rinstniment avail été rejeté sur les mineurs, ^ans que ceux-ci eussent pu réussira éUncher l'orifice. L'épuisement et la rentrée dans les travauinc durèrentpas moins de sept ans, avant que l'on fût en éut de reprendre l'exploitation. On peut juger.
par cet exemple, de rimporlance des précautions qu'il faut prendre pour percer aux eaiixf).
Lorsque les divers indices dont nous avons parlé permetlenl de croire que l'on approche d'un bain, on établit sur le front de taille un robuste revêtcmenl. au moyen d'un boisage forlemenl T\f. BIS ei 816. élançonué, principalement aulouf
Coup» de tonde i l'ivancemiml. .
du point où l.on compte enecluer le percement. On élargit l'entrée du trou de sonde, de manière à y assujettir solidement un tuyau, muni d'un robinet. On a soin de le contreventer, afm qu'il ne puisse être chassé hors de son logement. On recommence alors, avec prudence, à pousser en awnt le forage.
. Au moment du percement, on voit souvent le jet d'eau chasser la sonde avec violence, des irruptions de grisou et d'acide carbonique éteindre les lampes, une pression considérable ébranler tout le système, jusqu'à ce qu'un régime plus tranquille s'établisse, que le bain s'épuise, et arrive à ne plus donner que sa nourrilwe normale. Quelquefois tout le front de taille cède à la fois. On doit donc avoir soin de ne tenter cette opération qu'avec le nombre slriclement nécessaire d'hommes éprouvés, après avoir fait sortir le personnel et les chevaux, et rendu les gâteries absolument libres, en les éclairant par quelques feux fixes, afin de ménager, pour le
(■) Sur UD upt«ge d'eau thermale i l'aide d'un malËriel de sondage (Uur, i 1881. 197).
ACCroENTS DIVERS. 805
poste qui reste à ravancement) une retraite aussi facile et aussi rapide que possible.
1367 — On prépare également à loisir, dans les mines mena^* l'ées, des serrements que l'on puisse opposer rapidement à des invasions subites.
Je citerai comme exemple le filon très aquifèrc de Pontpéan, qui a été rouvert géologiquement, avec minéralisation de galène et blende argentifères, au milieu d'une ancienne fracture, effectuée dans le terrain silurien et injectée à l'origine par une roche diori* tique. Le défaut de solidité de cette matière rend impossible, là plupart du temps, d'établir avec sécurité le réseau des voies de communication dans le filon même. On pratique donc, aux différents niveaux, des costresses dans le rocher. De courtes recoupes viennent, de distance en distance, tâter le filon, et des serrements sont préparés dans ces galeries, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut (N^ 953).
Des précautions semblables sont prises aux charbonnages de Gréasque, à cause des dangers que présentent les mouilièrcs (N" 946, note 3), et les sources abondantes qu'elles fournissent..
1368 — Sauvetage. — Lorsque l'accident est accompli, on dirige le sauvetage, d'après l'inspection des plans, vers les points marima,où Ton peut espérer que l'air se soit comprimé en cloche, sous la pression des eaux, de manière à empêcher celles-ci d'y pénétrer, en permettant à ces cavités de servir de refuge aux hommes qui auront pu les atteindre.
On prête l'oreille, avec la plus grande attention, et dans un silence absolu, pour discerner le rappel des mineurs ^ c'est-à-dire les coups que les prisonniers frappent contre la roche.
Si l'on est assez heureux pour joindre une de ces cloches par une galerie, un bure, ou une dcscenderie, on ne doit pas l'aborder sans précautions. Si on la crève directement, en même temps que Tair s'échappera, l'eau montera, et noiera les hommes avant qu'on ait pu les retirer. La force de la débâcle de cette atmosphère comprimée risque également dé briser les ouvriers contre les parois.
8M • AËRAGIv.
On peut, pour rcl instant critique, chercher à consitlucr un sas à air, analogue à celui qui permet dV^lablir les communications dans la méthode Triger('), en se servant pour cela de cloison» munies de portes.
On a essayé, comme lorsqu'un homme est pris dans un éboulemcnl, d'envoyer aux ouvriers emprisonnés des liquides alimentaires, à l'aide de trous de sonde, et de tubes à robinets ('). Les exemples ijui ont été cités plus haut (Y 15fi5}, en montrant pendant quel laps de temps peut résister l'organisme humain, disent assci haut combien ['on doit apporter de persévérance et d'énei^c dans la conduite de tels sauvetages. Les conditions y sont, du reste, meilleures pour tes prisonniers, en présence de l'eau, qu'avec les ébouicments. La soif est, en effet, encore plus destructive que la faim, et provoque bienldl une fiùvre dévorante.
f869 — J'indiquerai, comme exemple de l'application de ces principes généraux, le sauvetage de Tyncwidd, qui a été elTectuÉ par M. l'inspecteur royal William Galloway.
Le 11 avril 1877, la mine de Tyncwidd (Clamorgan) fut inondée
Fi)i. 8tT. — Coup d'eau de Tynewidd.
par la rencontre de vieux travaux ('). La figure 817 i-eprêsenle If théâtre de l'accident. La ligne blanche qui la traverse de gauche à droite, marque la trace d'une faille qui a rejeté l'amonl-pendage h 27 mètres de profondeur. Les vieux travaux A, B, étaient pleins
;■) Tome I. p. *10.
' Cl l'pwaril iProrerdingi of Ike Soulh Wala InifiluU of Eiigiiieeri, X, n- 5) (>] ÀHHelei, 7-, \IV, 63. — Saufage. — t'/tJf. 1887. seplembre, 9.
ACQDENTS DIVERS. 807
d'eau. L'ouvrage CD, imprudemment poussé de ce côté, les creva en D. L'eau envahit tout le quartier, et prit, en raison du plongement de la couche, son niveau tel qu'il est figuré en BC.
Quatorze hommes manquaient à l'appel. Les coups frappés par quelques-uns d'entre eux furent entendus, et révélèrent leur présence dans les montages C, E, où l'air s'était comprimé en cloche. Un petit boyau fut percé pour déboucher en C. La violence de la débâcle de l'air fut telle, au moment où l'on creva la paroi pour retirer les hommes, que l'un d'eux fut brisé contre la roche. Quatre autres furent sauvés, le niveau de l'eau n'ayant pas monté jusqu'à eux, au moment de la décompression.
En môme temps, on fonçait un bure pour atteindre la cloche E ; mais Fair qu'elle renfermait filtra à travers les fissures, et les ouvriers qu'elle renfermait furent noyés avant que l'on pût les joindre.
D'après l'inspection des plans, M. Galloway pensa que le montage F avait pu, lui-même, former un réservoir d'air comprimé, et donner abri à des mineurs. En prêtant attentivement l'oreille en C, il se convainquit effectivement que des coups étaient frappés dans cette direction. Il frappa de son côté, et reçut une réponse. Le doute n'étant plus possible, on se mit à l'œuvre pour atteindre le point F par une galerie, et en môme temps l'on poussa l'épuisement le plus activement possible, afin de baisser le plan d'eau. On atteignit, au bout de sept jours, cinq mineurs emprisonnés dans ce montage, et Ion put les retirer vivants, grâce à l'abaissement du niveau, sans toutefois que le sas à air, que l'on avait tenté d'établir, eût pu fonctionner.
1370 — Reprise des mines noyées. — La mine de Maries (Pasde-Calais) a perdu successivement deux de ses puits, par Teffondrement de leurs cuvelages(*). Le second accident, arrivé le 2 mai 1866, fut attribué aux vides considérables créés dans le terrain, pendant le fonçagc de Tavaleresse, en raison de l'affouillement produit par les eaux que l'on extrayait au moyen des pompes. Ces vides avaient été simplement remplis de fascines. Un
C] Gléptn, ÉlabliBsement des puits dans les terrains ébouleux et aquifères, iii-4^.
cadre de cuvelage, après avoir menacé ruine, céda malgré tous les efforts* Des torrents d'eau entrèrent dans le puits, qui acheva bientôt de s^écrouler en entraînant les machines et les construclion$ établies sur ses bords.
Le désastre était irréparable, et Ton s'est borné à ouvrir une nouvelle exploitation, sur une autre partie de la concession. Cependant un projet a été formulé sommairement pour Tépoque, plus ou moins reculée, où Ton jugerait à propos de revenir dans ces parages ('). Il consisterait à déhouiller d'abord tout le reste de la concession, en dehors de la partie inondée, dont on possède les plans, et en se gardant contre elle par des investisons suffisants. A ce moment, on reviendrait au-dessous de cette région, à 500 mètres par exemple de la surface, et Ton exploiterait à partir de là au moyen d'une méthode descendante, en remblayant le mieux possible afin d'éviter les mouvements, et s'cnfonçant jusqu'à la limite de profondeur que permettront, pour cette époque, les progrès de l'art des mines. Alors seulement, on remonterait du niveau de 500 vers celui de 175, où se trouve l'inondation, en déhouillant avec prudence, et s'arrètant aux premières inquiétudes.
On n'a pas jugé admissible de chercher à rentrer directement dans le quartier inondé, en y établissant des serrements, puisque la communication reste ouverte avec les niveaux aquifères, à travers un large passage rempli de bois, de pièces métalliques do machines, et de pans de maçonnerie.
18 Vf — Cependant une tentative du même genre, placée à la vérité dans des conditions moins désavantageuses, -a été accomplie avec un plein succès par M. Reumaux,à Douvrin (Pas-de-Calais). Ce travail mérite d'être considéré comme l'un des plus beaux modèles que puisse présenter l'art des mines, en fait d'opérations difficiles et ponctuellement réalisées, d'après les prévisions les plus habilement combinées. J'entrerai donc, à cet égard, dans quelques détails circonstanciés (*).
(') CaHon, Mémoire à présenter aux ingénieurs consuUés, etc. (autographié). (*) Reumaux, Bulletin de la Société industrielle du Is'ord de la France, 1884, 3* trimestre, 297.
ACCIDENTS WVEnS.
Un puits de 240 mètres existait sur la concession de Douvrin. Pour profiter de cette profondeur, tout en déplaçant la recherche d'une cinquantaine de mètres dans le sens horizontal, on ouvrit une galerie et un beurtia de 70 mètres de hauteur, lequel rencontra le calcaire carbonifère à ce niveau. Ce point essentiel une fois constaté, l'on amorça une recoupe destinée à rejoindre la verticale du puits, et à compléter ce dernier par un foncement sous stot. La traversée d'une faille donna, le 5 août 1880, une venue d'eau de 150 mèti-es cubes en 2i heures, devant laquelle on battit en retraite, et qui coula, sans modilication sensible , pendant 21 mois. Des moyens suffisants d'épuisement ayant été installés, on put battre les eaux, et reprendre le percement de la galerie, en se faisant précéder de cinq coups de sonde de 6 mètres de longueur. Bientôt un coup d'eau irrésistible se produisit, à la suite de l'explosion d'un coup de mine. On réussit à sauver les hommes, mais les chevaux furent noyés. Rien ne pouvait faire présager cette catastro-
AËRAGE.
phe. Pendant le percement, le liquide arrivait sans aucun sifilemenl de nature à indiquer une grande pression. On doit croire qu il était tamisé par un bouchon filtrant, qui détruisait sa tension, et qui aura cédé sous Tébranlement du coup de mine. Au m&rae moment. une baisse sensible se produisait, à 6 kilomètres de là, dans un puits noyé de la concession de Meurchin. Les eaux s*élevèrent, à Douvrin, jusqu'à 6 mètres de la surface du sol. Un essai d'épuisement, à raison de 8000 mètres cubes en 24 heures, ne réussit qu'à baisser leur niveau de 10 mètres, et il en aurait fallu 300. La lutte était donc impossible.
M. Reumaux conçut dès lors la pensée hardie de percer un trou de sonde au-dessus du beurtia (fig. 818, 819), d'y passer des
charges de dynamite et des conducteurs électriques, pour en détruire rcncombrement, et de descendre ensuite, à Tétat fluide, tous les éléments d'une plate-cuve, destinée à fermer ce bure, en supprimant la communication de la mine avec la faille aquifère par l'intermédiaire de la galerie, sauf à épuiser ensuite la quantité d'eau limitée qui se trouTerait accumulée dans les travaux. Ce programme futrigoureusement exécuté de la manière suivante.
Le centre du beurtia fut déterminé, à la surface, avec la plus minutieuse exactitude, pour permettre de se glisser entre les obstacles, bien connus, qui se trouvaient accumulés dans ce faux puits. Le sondage, de 0°',31 de diamètre, fut tube à 100 mètres de profondeur, en vue de l'isoler des niveaux de la craie. La base du tubage portait une boite à mousse. On l'immergea dans un lit de mortier au ciment, et le joint devint tellement étanchc, qu'après que Ton eût détruit, à l'aide du trépan, la masse de mortier de l'intérieur, on dut ensuite verser de l'eau dans le trou de sonde, pour en faci-
Figr. 819.
lx>up d'eau de Douvrin (coupe borizontale).
liter le forage. Un ressort fut disposé à Tavance sur la tige, afin de prévenir sa rupture, au moment où le trépan percerait la voûte du bure, et v tomberait dans le vide. On déboucha en effet au milieu de cette cavité, et Ton s'occupa dès lors d'y préparer remplacement de la plate-cuve.
Les renseignements que Ton possédait permirent de choisir, en connaissance de cause, le niveau de son installation (entre 293 et 504 mètres), de manière à trouver une roche sûre comme solidité et étanchéité, en conservant en même temps, au-dessous, un réceptacle suffisant pour loger tous les débris de son nettoyage. Il fallait en effet déshabiller le puits de sa maçonnerie grossière, incapable de tenir les eaux; et le débarrasser en outre des paliers de fonte, sommiers en bois, échelles de fer, qui l'encombraient; et surtout des divers tuyaux de descente d'eau, d*élévatioa des pompes, d'aérage direct et rétrograde, d'air comprimé, qui eussent formé de libres passages pour l'inondation. Neuf charges de dynamite-gomme, de 10 à 40 kilogrammes, furent employées à cette destruction. On ébranla le muraillement à distance, afin de ne pas disloquer la roche derrière lui. Au contraire, on coupa net, au contact, les organes métalliques. On se servit, à cet effet, d'outils à empreintes disposés avec une grande ingéniosité, de renseignements fournis par les anciens plans, et d'essais de comparaison exécutés à la surface sur des objets similaires. On put reconnaître finalement que la place était parfaitement dégagée, sauf le maintien des quatre câbles-guides. Les couper au pied eût été s'exposer à les voir se tordre en lire-bouchon, en entravant toutes les opérations. Les abattre à partir de la surface eût occasionné des ébranlements fâcheux. On résolut de les conserver, avec la confiance, qu'une fois empâtés dans la masse de la platecuve, ils n'occasionneraient aucune fuite.
On s'occupa enfin de couler, à travers le trou de sonde de 0"*,51 de diamètre les matériaux de la plate-cuve, à l'aide d'engins habilement combinés, que nous ne saurions décrire ici. Cet ouvrage fut constitué de la manière suivante, à partir de la base.
8f2 AÉRAGE.
jo l>n,20 de dièves plastiques en bouillie claire, afin d^empâter Ie>
débris chaotiques des démolitions ; 2** O'",o0 de ciment de Portland en bouillie épaisse, pour constituer
une assiette d^une certaine fermeté; 5° l'",iO de dièves à grain fin, destinées à pénétrer, sous la pression,
dans toutes les fissures avoisinanles; A"^ 3'",35 de ciment pur, pour former un nouveau plafond d'une
grande solidité; 50 5m^25 j^ béton composé de 4 parties de ciment de Portland,
2 parties de sable de rivière^ 6 de gravier fin ; 6® 4»", 85 de béton constitué des mêmes éléments, en proportions un
peu différentes; 7« 0",60 de ciment pur, pour conclure.
Au-dessus de cette plaleKîuve proprenaent dite, on enlassa une masse importante de béton plus maigre, destinée à procurer, non pas i'étanchéité pour son propre compte, mais une adhérence supplémentaire, en vue de soulager celle de l'ouvrage principal, fie bétonnage fut terminé le 6 janvier 1883.
Lorsque Ton put croire que la prise était complète, on commença Tépuisement (N* 1060). Cette opération se poursuivit avec des alternatives inquiétantes, dont on n'eut la clef que plus lard. Par intervalles, on extrayait des quantités d'eau importantes, sans que le niveau baissât. On en devait conclure que la plate-cuve se laissait traverser. Pour s'en assurer, M. Reumaux descendit un moulinel de Woltmann, dont des conducteurs électriques effectuaient le comptage à la surface. 11 put constater ainsi qu'aucune venue ne se manifestait au fond. Plus haut, au contraire, le moulinet indiquait un courant, qui provenait de la détente progressive de Tair, comprimé par l'inondation dans les cloches supérieures des travaux.
Ultérieurement, on put craindre la formation d'une sous-prcssion capable de rompre en dessous les cuvettes de béton, encore peu solides. Pour conjurer ce danger, on perça des trous dans le cuvelage, afin d'y faire entrer les eaux de la craie supérieure, et de rétablir le niveau piézométrique. Après différentes alternatives, la mine se trouva enfin dénoyée, et l'on put alors constater sur plac^ que la plate-cuve était rigoureusement étanche.
En dehors du talent qui a présidé à l'organisation et à l'exécution de ce travail, on ne saurait omettre cette occasion d'insister sur l'importance capitale, pour une exploitation soutei-raine, d'avoir ses plans tenus h jour avec tm ordre parrait, et de posséder une abondante collection de documents bien classés. Sans le secours de tous les renseignements de détails que renfermaient les archives de la Compagnie de Lens, il eât été impossible d'espérer une pareille réussite.
187X — Scaphandre. -^ On peut rattacher à cet ordre de considérations l'emploi du scaphandre, dans tes travaux à elTectuer sous l'eauC). Son origine remonte à Klingert(1797). Perfectionné par Sièle (1829), Cabirol (1857), Denayrouze (1867), et simplifié par M. H.
Fayol (fig. 820). il rend aujourd'hui de réels services pour les réparations de pompes noyées , de cuvelages Chaudron, etc. La suppression du casque permet de plonger nu, ou avec un vêtement imperméable. On ajoute
au tube aérophoi-e une corn- Fig. m - sc.|,h»„dmr.
munication téléphonique, afin de maintenir le plongeur en relation constante avec l'extérieur.
(') Travail par ploniteun aji mines do linc de Schari; {OEilerreicMiehe Zeiltkrift, XÏIV. 314). — Hiver. Emploi Ju scaphandre dans une mine novée {Bull. min.. S*, IX. 84Î). — Fineuse, Emploi du scaptisndi-e [Amiateida iravaux publia de Belgique, XWU, 183). — Eclecom, Emploi du plongejr Denayrouio (Rett. un», d. m., i", U, Oî). —. Appareil plongeur Denayrouze. Paiis, 1S7i, p. 17. — Buisson, Appareil Rouquairol-Denayrouie [Bull, miii., ï", IX, 8W). — Grand-Eui-y, Applitation de l'appareil Rouquairol-Denayrouie ifiu^/. min.. S*, 11. 139). — Pelle^rrini, Emploi iHouteponi del'ippareil Rouquairol-Denayrouie [Bull. min-, i'.U.blb; Ul, 173). — Nouvelles apjdtcatàonsde rappareilplongeur(Buf/. tni'n., S*, II.&7J). — Réparalionà lapompedupuils Thibaut [Un. «nit. d. m.. 1-, XXXll, Î50). — Bull. mm,. 1-. X, 585, Deny; V, II, ^. Cbtuatelle; î; II, 7S3, De Place. — Des aérophorea. par A. et L. DenaTroiue, Puii, I87S, p. 8».
Dans ic bassin de Westphalie, des scaphandriers Yolontaires sont exercés à la manœuvre de cet appareil, à Toccasion de laquelle on leur donne une haute paye ('). Aux mines de houille de Bjuf (Suède), on a utilisé des plongeurs pour le fonçage d'un puits à niveau plein par le procédé de la trousse coupante (*).
Quant aux moyens d'éclairage sous Teau, on possède la lampe Cabirol, la lampe au pétrole RouquairoUDenayrouze, celle de M. Fayol, et la lampe du Temple. Lorsque leau est très trouble, ces ressources demeurent insuffisantes» MM. Barnett et Poster ont proposé, pour ce cas, un système d'éclairage k la lumière Drummond, et MM. Henilhe et Davis celui de la lumière électrique(^ qui est le procédé le plus usité aujourd'hui.
1873 — Étude du phénomène. — L'acide carbonique, dont nous avons signalé la présence dans certaines mines de charbon ou de minerais métalliques (N* 1070), se trouve parfois emprisonné au milieu des massifs de houille sous une pression considérable. Ce phénomène, connu à Brassac sous le nom de la pousse, a pour effet de gonfler les fronts de taille, ou môme d'y déterminer de véritables explosions.
Les dégagements instantanés d'acide carbonique (*) qui se produisent parfois dans ces conditions ont les plus grandes analogies avec ceux qui sont dus au grisou. Le gaz occupe, sous une pression très élevée, un espace limité; et les circonstances des accidents survenus permettent de conclure que les régions où il se trouve ainsi condensé sont entourées de zones étanches, à Tintérieur desquelles la tension est énorme. Dès que la croûte protectrice, par suite
' (*) Happort do l'assesseur des mines Tilmann pour le district de Bocfaum.
(*'i Noixienstrom, Hev. univ.d. wi,, 3«, XXV, i. — Génie civil, XXV, 361. , p) Les Mondes, XLV, 529.
. (*) Lange, Dégagcmonts d'acide carbonique aux mines de Rochebelle, Bull, «*«,*'. \I, 1141. — CRM, 1887, 243, 265; 1893, 37. — Hev. univ. d. m., 3\ I, 178.
ArXIDENTS DIVERS. 815
de ravanccment des travaux d^abatage, devient trop faible pour résister à la pression interne, le front de taille est projeté, et une masse parfois colossale de gaz se répand dans les galeries.
Le principal danger résultant de semblables explosions est Tas* phyxie; et c'est ainsi que périssent presque toujours les victimes de ces accidents. L'acide carbonique est en effet plus asphyxiant que le grisou. Les hommes peuvent en outre être atteints par les projections, ou même ensevelis sous des amas de charbon. Leur fuite devient d'autant plus difficile, que le premier effet du dégagement gazeux est d'éteindre toutes les lampes.
Ces explosions se produisent surtout dans les parties des couches affectées par des accidents, au voisinage des failles, au milieu des régions où la veine est serrée et irrégulière.
18*741 — C'est aux mines de Rochebelle (Gard), dans les exploi* tations desservies par le puits Fontanes, que ces dégagements d'acide carbonique se sont manifestés jusqu'à présent avec le plus de violence.
Le 28 juillet 1879, un accident de ce genre y a coûté la vie à trois hommes. La galerie aboutissant au chantier fut remblayée sur plus de 5 mètres de longueur. Vingt-cinq tonnes de charbon avaient été projetées. On constata qu'elles provenaient d'une cavité, dont l'ouverture ne présentait que 0",50 sur 0",25 et qui aurait été à peine comblée par la houille retrouvée dans la galerie. Aucune poche purement gazeuse n'existait donc probablement à cet endroit (*).
Le 25 avril 1885 eut lieu, dans cette même fosse, le dégagement instantané le plus intense qu'on ait eu à enregistrer jusqu'à ce jour pour Tacide carbonique. A l'avancement d'un travers-bancs situé au niveau de 300 mètres, une équipe d'ouvriers avait préparé 5 coups de mines dans le charbon; le gaz sortait de ces trous avec une telle abondance qu'il résistait môme à renfoncement des cartouches. Les ouvriers, redoutant un dégagement violent, se firent remonter par la cage dès que ces mines furent allumées. Après avoir entendu le bruit des coups, ils sentirent dans le puits
(«) De Castelnau, AnnaUs, 7-, XVIIT, 174. — CRM. 1879. 242, 265, 288; 1880, 46, i50. — Bull. Soc. (ttnc.y 3% VII, i42. — Delesse, Complet rendue, M novembre 187U.
816 AËRAGE.
des chasses d'air qui soulevaient leur cage. On constata, quelques minutes après, que Tacide carbonique remplissait tout le puits jusqu'à 25 mètres de la recette du jour. Cinq ouvriers, travaillant dans les étages supérieurs, furent asphyxiés.
Les constatations faites après l'accident ont montré quelle formidable importance avait acquis ce dégagement. Le travers-bancs du niveau de 300 était comblé de houille grenue jusqu'à 117 mètres du front de taille, et les projections s'étaient étendues jusqu'à 136 mètres. Une masse de 405 tonnes de charbon avait été ainsi lancée dans cette galerie. On évalua au chiflre minimum de 16600 mètres cubes le volume du gaz qui s'était instantanément dégagé d'une profonde cavité, que Ton retrouva dans le chantier f).
Le dernier accident grave survenu au puits Fontanes, le 2 juin 1896, n'a pas atteint des proportions aussi colossales au point de vue de l'importance du dégagement, mais le nombre des victimes a été beaucoup plus considérable : 24 hommes ont été asphpiés.
L'explosion s'est produite à l'avancement d'une galerie de niteau à l'étage de 125 mètres, tandis que toutes les précédentes avaient eu lieu aux étages inférieurs. Elle parait avoir été provoquée par le tir de coups de mine, dans une région voisine d'une faille, où la couche était serrée et coupée par de nombreux filets de schiste charbonneux. Les matières projetées furent encore en quantité considérable : 143 tonnes de charbon et 156 tonnes de schistes. Mais le volume des gaz dégagés ne semble pas avoir dépassé 1500 mètres cubes.
1875 — Mesures préventives. — Les dégagements instantanée d'acide carbonique sont souvent annoncés par des phénomènes préliminaires, qui peuvent avertir le mineur du danger. On constate par exemple une pression du gaz dans les trous de mine, comme lors de l'accident du 25 avril 1885. L^acide carbonique, qui dans ces exploitations sort des pores de la houille de la même manière que le grisou, s'en dégage alors avec plus d'abondance; la surface du charbon manifeste des décrépitations; ou bien l'on entend
. (*) De Castelnau, Atmalea, 8% XI, 87.
(les détonations sourdes à rinlérieur du massif. On a enfin conslaté fréquemment qu'à l'approche des régions explosives, la houille, précédemment dure, devenait friable. Mais ces accidents peuvent aussi se produire sans aucun avertissement préventif.
Les mesures à prendre pour éviter les conséquences graves de telles explosions (*) ne diffèrent pas de celles que nous avons indiquées à propos des dégagements instantanés de grisou (N° H 26). .
On fait précéder les fronts par des trous de sondes, de 5 à 5 mètres de longueur. Bien que ces percements ne soient pas d'une efficacité absolue, ils peuvent cependant fournir d'utiles indications, surtout si Ton a soin d'observer, à Taide d'un manomètre, la pression du gaz dans le forage.
Les quartiers où de tels accidents sont h craindre, doivent être aérés par des courants spéciaux, entièrement distincts, jusqu'à Torifice de sortie, des autres circuits de la mine. L'air est conduit jusqu'aux fronts de taille par des cloisons, canars, ou tuyaux, ainsi que nous l'avons dit pour le grisou (N^* 1151). On sait quoi précieux auxiliaire fournit en pareil cas une canalisation d'air comprimé.
On supprime tout abatage par le pic, et Ton n'avance qu'à l'aide d'explosifs. Leur emploi se recommande d'autant mieux ici que l'on ne se trouve pas en présence d'un gaz inflammable.
L'une des mesures le plus sûrement efficaces consiste à n'allumer les coups de mine que lorsque tous les ouvriers ont quitté l'intérieur. On lire alors par l'électricité, à l'aide d'un appareil placé au jour.
On peut également procéder au sautage, après avoir mis les ouvriers en sûreté dans une région des travaux séparée du quartier dangereux par des portes solides et étanches. Il est nécessaire qu'ils se placent en dehors du courant d'air spécial dont nous avons parlé, afin que celui-ci permette au gaz de gagner le jour sans danger pour le personnel.
Au puits Fontanes, on a en outre installé un système complet d'appareils électriques et téléphoniques, permettant de communiquer tant du fond au jour qu'inversement (').
;M AnnaUs, 8-, XI, 109.
{*i Annales, 8«, XI, 111.