CHAPITRE IV HARNACHEMENT
Dans son acception la plus générale, le mot harnache- Définition, ment indique les objets que l'on peut fixer sur le cheval pour le dresser, l'employer aux services auxquels il est destiné, l'attacher à l'écurie, le préserver des influences atmosphériques et des attaques des insectes.
L'étude de cette partie de l'Hygiène du cheval de troupe importance, est une des plus importantes pour l'homme de guerre. Autant, en effet, un harnachement bien confectionné, léger, bien entretenu, bien approprié à la conformation du cheval, contribue à le conserver en santé ; autant des conditions contraires sont fécondes à produire des blessures et à faire naître des troubles fonctionnels qui amènent la fatigue et l'usure, et mettent le cheval hors de service pour un temps plus ou moins long, et quelquefois même pour toujours.
Les modèles de harnachement existant actuellement dans l'armée sont très-nombreux. Il n'entre pas dans le plan de ce Cours de les décrire tous ; nous nous bornerons à donner la description du modèle de 1854, qui est réglementaire dans la cavalerie.
Le harnachement complet du cheval de guerre comprend 1 :
1 Pour éviter des répétitions et rendre le texte plus facile à comprendre, nous croyons utile de donner la définition de quelques expressions techniques, qui seront employées fréquemment dans ce chapitre. Ces expressions sont celles de : boucle, dé, anneau, crampon, rivure. chape, enchapure, passant fixe, passant coulant, feutre, blanchet, boucleteau contre-sanglon, jonc, brédissure, passe.
La boucle est un instrument de métal, rond ou carré, composé du corps de la boucle et d'un ardillon. La partie du corps de la boucle qui est recouverte d'un rouleau se nomme sommier. Il y a deux espèces de boucles : les boucles simples, telles sont celles que nous venons de définir; les boucles à barre, qui portent au milieu du cadre une traverse ; exemple : les boucles porte-étrivières.
Le dé diffère de la boucle par l'absence d'ardillon.
L'anneau est un cadre de métal, rond ou carré.
Le crampon est un morceau de fer, en forme d'anneau, qui se fixe daus l'arçon et donne attache à des courroies.
La rivure est l'extrémité d'une tige de fer épanouie qui fixe la ferrure.
La contre-rivure est la plaque de fer ou de tôle sur laquelle se fixe la rivure.
La chape est une lame de métal, repliée sur elle-même, qui tient entre ses plis une boucle ou un dé, qu'elle fixe à l'arçon.
L'enchapure diffère de la chape en ce qu'elle est en cuir au lieu d'être en métal.
Le passant fixe est un anneau de cuir, fixé à une pièce de cuir par une enchapure, qui sert à maintenir deux parties de cuir l'une contre l'autre.
Le passant coulant diffère du précédent en ce qu'il est coulant.
Le feutre est une pièce de cuir destinée à atténuer le contact d'une boucle.
Le blanchet est une pièce de cuir cousue sur une autre pièce de cuir pour lui donner plus de solidité et de force.
Le boucleteau est une courroie fixe par une de ses extrémités et libre pir l'autre, qui porte une boucle. Le boucleteau du licou d'écurie diffère des autres en ce qu'il n'est pas fixe.
Le contre-sanglon est une courroie de cuir fixe par une de ses extrémités, libre par l'autre, et portant, de distance en distance, des trous qui reçoivent l'ardillon d'une boucle dans laquelle il s'engage.
Le jonc est une lisière de cuir qui dissimule une couture renversée.
La brédissure est une couture faite avec une lauière de cuir.
La passe est une gaine en cuir dans laquelle glisse une courroie, etc.
1° Le bridon d'abreuvoir;
2° Le licou d'écurie;
3° Le licou de parade ;
4° La bride ;
5° La selle ;
ti° La couverture ;
7° La scbabraque ;
8* Le surfaix de charge et le surfaix d'écurie; 9° Le bissac.
1 o Du Bridon d'abreuvoir (fig. 224e).
(Fig M4» )
Le bridon d'abreuvoir est en cuir de Hongrie. Il se compose : 1° de deux montants B, qui se réunissent, en haut, par une boucle C, et se bifurquent pour former la sous-gorge D ; ils sont maintenus par le frontal A.
2° Des rênes F, ayant, chacune, à son extrémité une double olive O, ce qui permet de les faire glisser à volonté dans les anneaux.
3o Du mors G, qui se compose de deux canons a, articulés ensemble par une charnière , nommée pli b.
Chaque canon est percé à son extrémité libre d'un trou, qui reçoit un anneau c à oreilles rf, auquel le montant est fixé par une couture, et qui donne passage aux rênes. Les oreilles d empêchent les anneaux du mors de pénétrer dans la bouche du cheval, lorsque le cavalier exerce une traction plus forte sur une rêne que sur l'autre.
Le bridon d'abreuvoir remplace le licou d'écurie dans UMge8>
quelques circonstances, et la bride pour conduire les chevaux toutes les fois qu'on les sort pour toute autre chose que le travail, et pour donner aux jeunes chevaux et aux hommes la première leçon, incont*. Le bridon peut être la cause, directe ou indirecte, d'acci-
nient*.
dents. Un cavalier brutal, donnant des saccades, produit, sur les barres, des contusions qui les rendent douloureuses, occasionnent des plaies qui finissent par en altérer la sensibilité, et quelquefois même par rendre le cheval impropre au service de la selle.
Un cavalier inexpérimenté ou insouciant, en attachant le cheval par une seule rêne de bridon , convertit celui-ci en nœud coulant; alors, si le cheval tire au renard, le mors comprime la langue au point de la couper en partie et même en totalité ; cette compression agit aussi sur les barres et la barbe qu'elle blesse. Le meilleur système d'attache, avec le bridon, consiste à passer les rênes dans un anneau ou derrière un des barreaux du râtelier, et à les y fixer au moyen d'un nœud à rosette, ou bien à les ramener du côté gauche de la tête, et à engager la sous-gorge dans le pli qu'elles font à leur milieu ; si le cheval tire au renard, on n'a qu'à déboucler la sous-gorge.
Souvent les cavaliers, tenant le bridon par le dessus de tête, les rênes repliées, s'en servent pour faire appuyer le cheval, en le frappant sur la cuisse ou sur la croupe : ces coups occasionnent des contusions, qui amènent des dépôts purulents difficiles à guérir.
En [route, le bridon flottant sur le flanc y occasionne souvent des dépilations, des écorchures sans danger, mais faisant souffrir l'animal, et désagréables à la vue.
Lorsque les montants du bridon sont trop courts, le mors presse d'une manière douloureuse la commissure des lèvres, d'une part, et la nuque, de l'autre. S'ils sont trop longs, le cheval chasse de sa bouche, avec la langue, le mors, qui, n'étant plus convenablement fixé, peut s'en échapper.
2o Du Licou d'écurie (fig. 225«).
Le licou d'écurie est la (Fi9- composition,
partie du harnachement avec laquelle on attache le cheval à l'écurie, il est en cuir de Hongrie, et se compose de plusieurs parties réunies par des anneaux et des coutures. Ces parties sont :
1° Le dessus de tête A, qui boucle de chaque côté avec les montants ;
2° Le frontal B, présentant à chacune de ses extrémités une anse dans laquelle glisse le montant ;
3° Les deux petits montants C, qui se fixent, en haut, audessus de tête par une boucle, et s'enchapent, en bas, aux anneaux carrés J , qui les relient au dessus de nez et à la sous-barbe :
4° Le dessus de nez II, qui s'enchape avec les anneaux carrés ; il est soutenu, en avant, par deux petits supports en diagonale G, et présente, dans son milieu, un anneau destiné à recevoir la longe de jour ;
5° La sous-barbe I, en deux parties, réunies par un anneau en fer placé vers le milieu de l'auge ; cet anneau reçoit le boucleteau K ;
6° Le collier E, qui sert de sous-gorge, s'unit au dessus de tête par une ganse F, et empêche le cheval de se délicoter ;
7° L'alliance D ; elle réunit le collier à l'anneau carré du milieu ;
8° Le boucleteau K, qui donne attache à la chaîne. Le licou d'écurie sert à attacher les chevaux à l'écu ne* Usages. En raison du temps, très-long, pendant lequel il est en
contact avec le cheval, le licou d'écurie peut donner lieu à des accidents nombreux.
Le mauvais état des cuirs, leur dureté et surtout les produits de sécrétion de la peau accumulés sur la partie des cuirs en contact avec cette membrane, forment un enduit qui l'irrite et amène une démangeaison portant le cheval à se gratter la tête contre les corps environnants; de là des chutes de poils, des excoriations d'autant plus difficiles à guérir, et laissant des cicatrices d'autant plus apparentes que la plaie est plus voisine des os. Le mal de taupe en est quelquefois aussi le résultat. On prévient ces accidents en lavant le licou ou en râclant, de temps en temps, les parties qui reposent sur la peau, et en les rendant souples avec des corps gras.
La malpropreté des cuirs, leur dureté et leur mauvais état, en causant le prurit, peuvent être la cause indirecte d'un écart de l'articulation coxo-fémorale. Cet accident se produit lorsque le cheval, se grattant la tête avec un des pieds postérieurs, l'engage sous une des parties du licou, et que, pour le dégager, il se livre à de violents efforts.
La chaîne du licou peut donner lieu à une enchevêtrure et même à un effort articulaire, si le cheval engage un de ses membres antérieurs entre la tringle et la chaîne d'attache. Ces accidents sont moins fréquents aujourd'hui qu'avec l'ancien système d'attache.
Les chevaux non habitués à être attachés avec le licou, ceux qui, par suite d'une organisation spéciale, n'en supportent que difficilement le contact, les sujets peureux ou effrayés tirent souvent au renard. Or, cette action peut produire sur la nuque une compression qui finit par donner lieu au mal de taupe, ou, si la longe casse, à une chute souvent très-grave.
La sous-gorge peut aussi être la cause d'accidents : trop serrée, elle s'oppose au libre passage de l'air, gêne la circulation et la respiration ; trop lAche, elle permet au cheval
de se délicoter, par conséquent, d'errer dans les écuries et de recevoir ou de donner des coups de pieds, etc.
Si le dessus de nez et la sous-barbe sont trop serrés, ils s'opposent au libre mouvement des mâchoires, et la pression que le dessus de nez exerce sur le chanfrein, fait naître des durillons qui gênent le cheval, sont désagréables à la vue, peuvent donner lieu à un abcès, à une plaie suppurante, qui le rendent indisponible pour longtemps. Cet accident se produit surtout quand on a l'habitude de blanchir ou de cirer le licou.
3o Du Licou de parade (tig. 226«).
(Fig. 2Î6«.) Licou de parade el Blet.
Le licou de parade est en cuir noir, et se compose Td'un dessus de tête bifurqué A : la bifurcation antérieure s'unit aux montants, et la postérieure forme sous-gorge C ;
2° Des montants D, qui s'unissent , intérieurement , au dessus de nez et à la sousbarbe au moyen d'un anneau, et portent, chacun, un passant pour recevoir la clavette ;
3° Du dessus de nez E et de la $ous-barbe< F, unis ensemble au moyen d'un anneau carré dans lequel passe la clavette ; ils font l'office de muserolle;
4° D'un frontal B, ayant à ses extrémités une gatne dan laquelle passent le dessus de tête et la sous-gorge ;
5*° D'une alliance g, qui unit la sous-gorge à la sousbarbe ;
6° D'une longe P, qui se fixe par un porte-longe à un anneau placé au point de jonction de la sous-barbe et de l'alliance.
Le licou de parade n'est à la tête des chevaux que quand ils sont bridés. On reconnaît qu'il est bien ajusté, quand le dessus de nez est à 2 ou 3 centimètres au-dessous de l'épine maxillaire ; que la sous-barbe *ne gêne pas les mouvements de la mâchoire inférieure ; que la sous-gorge est assez lâche pour laisser passer le doigt entre elle et la gorge.
4o De la Bride (fig. 227«).
Définition.
Composition.
(Fig. 227«.)
La bride est un ensemble de pièces de cuir, réunies par des coutures et des boucles, et destinées à soutenir le mors, auquel sont appendues les rênes.
Elle se compose de la têtière, des rênes, du mors et du filet.
1° Têtière. — La têtière ou la monture sert principalement de point d'attache au mors. Elle comprend :
1° Le dessus de tête A, bande de cuir plus large que toutes les autres pièces de la monture, reposant sur la nuque et se divisant à chacune de ses extrémités en deux parties : l'une antérieure, reçoit le montant, l'autre postérieure, la sous-gorge. A la têtière est fixée une gourmette B, destinée à remplacer, au besoin, celle du mors, et maintenue en place à l'aide d'une ganse et de deux petites chapes en cuir;
2° Le frontal C ceint le front et empêche le dessus de tète de glisser sur la nuque. A chacune de ses extrémités, il présente une gatne dans laquelle glissent les divisions du dessus de tête. Sur les côtés, tant à droite qu'à gauche, est rivé un fleuron, en cuivre, destiné à recevoir le numéro de la bride ;
3° La sous-gorge H porte à chacune de ses extrémités une boucle enchapée où se fixe la branche postérieure de la têtière. Elle maintient en place le dessus de tête et l'empêche de passer par-dessus les oreilles ;
4° Les montants g sont placés le long des joues, un de chaque côté ; ils sont garnis, supérieurement, d'une boucle et de deux passants, en cuir, pour recevoir la division antérieure de la têtière, et, inférieurement, d'une boucle et d'un passant pour recevoir le porte-mors;
5° Les porte-mors I, sont de petites courroies, cousues aux montants par une de leurs extrémités, ets'adaptant, par l'autre, à une boucle dont le montant est garni, après avoir passé par l'œil de la branche du mors qu'ils soutiennent.
2° Rênes. — Les rênes sont deux longues courroies en cuir, servant à transmettre au mors l'action produite par la main. Elles se composent : des rênes proprement dites R; des porte-rênes P, qui les fixent aux anneaux du mors; d'un passant coulant X ; d'un bouton fixe Y ; du fouet Z, qui permet de porter la main au troussequin de la selle sans lâcher les rênes.
3° Mors (fig. 228e). — Le mors est un appareil de pièces de fer solidement fixées entre elles; il agit sur les barres et sur la barbe, leur imprime une sensation qui, par le dressage, est devenue l'expression des volontés du cavalier.
Le mors se compose de parties principales : l'embouchure, les branches et la gourmette, et' de parties secondaires : les fonceaux, les anneaux, l'esse, le crochet, la barrette et les bossettes.
1° Uembouchttre A réunit les deux branches et se place Embouchure
Liberté de langue.
dans la bouche du cheval. Elle se divise en canons y talons et liberté de langue.
Les canons b sont les pièces arrondies qui touchent aux branches. Ils agissent sur les barres et assujettissent le cheval à l'obéissance, de
concert avec la gourmette.
La liberté de langue d est la courbure qui sépare les talons et sert à loger la langue.
Les talons c sont placés entre les canons et la liberté de langue.
Branche*. 2° Au nombre de deux, l'une à droite, l'autre à gauche, et entièrement semblables, les branches B servent à faire agir l'embouchure et la gourmette. Elles présentent dans leur milieu le banquet, et se divisent en partie supérieure et en partie inférieure.
Le banquet g est une mortaise, qui donne passage à l'extrémité libre des canons; il a dans son milieu une tige, appelée broche du banquet t, qui le sépare en deux parties. La région du banquet qui entoure les canons a reçu le nom d'arc du banquet n.
La partie supérieure, ou le haut de la branche, est aplatie, et se termine par un anneau V elliptique donnant passage au porte-mors. Au-dessous de cet anneau existe un petit trou arrondi, nommé œil de perdrix f, qui reçoit, à gauche, le crochet de la gourmette, et, à droite, l'esse.
La partie inférieure, ou le bas de la branche, disposée en S, se termine par un tenon, arrondi, percé d'un trou dans lequel se meut l'anneau du porte-rênes E. Un peu au-dessus de ce tenon est un œil qui donne passage à la barrette.
3° La gourmette G est une petite chaîne en acier, formée Gourmette, de mailles et de maillons. Les mailles x plus ou moins grosses, aplaties et contournées, occupent le centre et agissent sur la barbe. Les maillons v sont placés aux extrémités, un à droite, pour attacher la gourmette à l'esse ; deux à gauche, pour permettre d'allonger ou de raccourcir cette chaînette. Au milieu de la gourmette est un quatrième maillon, v, servant de support à la fausse gourmette.
La gourmette pose sur la barbe, y produit un effet semblable à celui du mors sur les barres et concourt à maintenir le mors dans la bouche.
4° Les fonceaux D forment les contre-rivures qui fixent l'embouchure aux branches.
5° Les anneaux E sont reçus dans le tenon de la partie inférieure de la branche ; ils donnent passage au porte-rênes.
6° L'esse h traverse l'œil de perdrix, de l'extrémité supérieure de la branche droite ; elle donne attache à la gourmette.
7° Le crochet m passe dans l'œil de perdrix de la branche gauche et sert à y fixer la gourmette.
8° La barrette F est une tige de fer, cintrée en contrebas, située à l'extrémité inférieure des branches, qu'elle éloigne et empêche de se rapprocher.
9° Les bossettes W sont des ornements en cuivre, fixés au dessus des fonceaux ; elles sont timbrées, en relief, des attributs de l'arme et du numéro du régiment.
Les mors de bride, actuellement en usage dans l'armée, ont les branches d'une longueur uniforme et les canons d'un diamètre égal. Leur appropriation à la bouche du cheval ne dépend plus, en conséquence, que de la longueur des canons et de la disposition de la liberté de langue !.
1 Le mors de bride agit sur la boache du cheval par un levier du deuxième genre : in puissance est à l'extrémité inférieure des branches, représentée par les rênes ,1e point d'appui à l'anneau du porte-mors, et la résistance à l'endroit où le canon appuie sur les barres. Mais,
Filet (fig. 229«).
compoiition. Le filet se compose du mors, des anneaux, des clavettes et des rênes.
Le mors M est formé de deux canons a, plus minces que ceux du bridon, unis par une articulation, nommée brisure b.
quoique agissant toujours de la même manière, le mors est loin d'avoir, dans tous les cas, le même degré de puissance. Son action Tarie suivant plusieurs circonstances dépendant : 1° de la longueur et de la direction de la partie inférieure des branches; 2° de la longueur de leur partie supérieure; 3° de la forme et du diamètre des canons; 4° de la longueur et de la hauteur de la liberté de langue ; 5° de la conformation et du degré de tension de la gourmette.
La longueur, plus ou moins grande, de la partie inférieure des branches est une des conditions qui influent le plus sur la puissance du mors. Ce fait est mathématique et n'a pas besoin d'explication, quand on sait que cette partie représente le bras de levier de la puissance. Plus, en effet, ce bras de levier est long, plus son action est grande, et vicê vtrsâ.
La direction que suit la partie inférieure de la branche contribue ausbi à rendre le mors plus ou moins dur. Dans les mors ordinaires, une verticale passant par le centre du banquet, partage le tenon du bout de la branche en deux parties égales. Or, si la ligne tombe plus en arrière , le mors est dit à branche» hardies; si, au contraire, elle tombe plus en avant, il est dit à branches flasques. Le mors à branches hardies est dur parce que l'arc de cercle décrit par la partie inférieure est très-étendu. Pour des raisons inverses, le mors à branches flasques est doux.
La longueur de la partie supérieure de la branche et surtout le diamètre de sou anneau terminal, relativement à la largeur du porte-mors, contribuent aussi à modifier l'action du mors. Plus cette p rtie est courte et plus son anneau est grand, plus facilement elle cède aux mouvements de la partie inférieure, et, par conséquent, moins l'effet du canon se fait sentir sur les barres. De plus, cette partie étant le levier qui fait agir la gourmette, il est évident que plus la distance, qui s'étend du banquet au point où la gourmette se fixe, est grande, plus son action est énergique, et réciproquement.
Le volume des canons et leur forme influent considérablement sur
Les anneaux c s'engagent dans un œil pratiqué à l'extrémité libre des canons ; ils reçoivent les clavettes et les rênes. Leur diamètre est calculé de manière à empêcher le mors de sortir de la bouche du cheval, quand le cavalier exerce une traction plus forte sur une rêne que sur l'autre.
Les clavettes d servent à fixer le mors au licou de parade, et s'engagent dans les anneaux qui unissent le dessus de nez à la sousbarbe, et dans les passants fixes que les montants présentent à leur partie inférieure.
Les rênes P sont repliées du côté gauche V pour qu'on puisse les allonger et les raccourcir à volonté.
Signes auxquels on reconnaît qu'une bride est bien ajustée. — Telles sont les différentes pièces dont la bride
l'effet du mors. Si les canons sont arrondis, gros, courts et creux, le mors est doux ; s'ils sont petits, pleins et anguleux, il est dur.
La liberté de langue, ayant pour effet de donner passage plus ou moins librement îk la langue du cheval, il est évident que plus elle est grande, plus facilement et plus c mplétement le mors fait son appuisur les barres, et, par conséquent, plus son action est puissante.
La gourmette joint ses effets à ceux du mors et coutribue à en augmenter ou a en diminuer la puissance ; celle qui est à mailles étroites et très-conveies, n'exerçant son action que sur une partie peu étendue de la barbe, a évidemment un effet très-intense, tandis que celle à mailles larges et aplaties ne produit qu'une sensation légère. Enfin, le degré de tension qu'on donne a cette chaînette en modifie aussi l'action ; plus il est grand, plus le mors est puissant, et réciproquement, il 15
se compose ; voyons maintenant quels sont les signes auxquels on reconnaît qu'elle est bien ajustée. On reconnaît qu'une bride est bien ajustée : i° lorsque les montants longent les joues, et que leurs boucles supérieures arrivent en arrière, et au niveau de l'articulation de la mâchoire inférieure ; 2° que la sous-gorge est assez lâche pour qu'on puisse facilement passer le doigt entre elle et la gorge ; 3° que les montants du licou longent, en arrière, ceux de la bride, et que leurs boucles arrivent à O0,O2 ou 0"03 de celles de la bride ; 4° que les boucles du montant de la bride et du licou, et celles de la sous-gorge forment un triangle (patte d'oie) ; 5° que le dessus de nez et la sous-barbe permettent à la mâchoire inférieure de jouer librement; 6° que le mors de bride repose sur le milieu des barres, et celui de filet un peu au-dessus du précédent ; 7° que la gourmette poss sur son plat et n'exerce sur la barbe qu'une pression douce.
Inconvénients de la bride. — Comme toutes les autres pièces du harnachement, la bride peut donner lieu à des accidents. Si les cuirs sont durs et malpropres, ils occasionnent des démangeaisons qui portent le cheval à se gratter ; de là des dépilations, des plaies plus ou moins graves.
Une sous-gorge trop serrée gêne la respiration et la circulation, peut faire corner le cheval et produire môme l'asphyxie.
Une sous-barbe et un dessus de nez trop serrés s'opposent à la liberté des mouvements des mâchoires, et produisent un sentiment pénible dont on peut se faire une idée par l'empressement que le cheval met à se frotter contre les corps environnants et par les bâillements répétés auxquels il se livre dès qu'il est débridé.
Une gourmette trop étroite et trop serrée peut donner lieu à des plaies de la barbe.
Mais c'est surtout dans l'action du mors que se trouvent les principaux motifs de souffrance. Lorsqu'il ne convient
pas à la bouche du cheval, le mors cause des douleurs qui le portent à s'encapuchonner, à battre à la main, à porter au vent, etc., attitudes qui nuisent à la libre exécution des phénomènes locomoteurs et fatiguent le cheval. Le mors, entre des mains dures et brutales, produit souvent des blessures aux lèvres, à la langue et surtout aux barres. Ces plaies augmentent ou diminuent la sensibilité de ces régions , les rendent dures, calleuses, ulcéreuses, en occasionnent la carie et mettent le cheval hors d'état de faire un bon service, ou tout au moins le rendent dangereux pour le cavalier.
60 De la Selle
La selle est le siège sur lequel s'assied le cavalier; elle sert au transport de ses armes, de ses effets et de ses vivres, ainsi qu'à celui de la nourriture du cheval.
La selle se divise en deux parties : le corps de selle et les accessoires.
Do CORPS DE SELLE.
— Le corps de selle sert d'intermédiaire entre le cavalier et le cheval, les met en rapport l'un avec l'autre et reçoit les accessoires.
Il se compose de /* arçon, du siège y de t enveloppe du troussequin, des quartiers, des fauxquartiers, des contre sanglons des sangles et de quelques pièces accessoires.
(Fig. Î30«j.
1 Le modèle de 1854 a été légèrement modifié en 1860, par le Comité de la cavalerie; nous indiquerons en quoi consistent ces modifications qui, du reste, ne portent que sur l'arçon.
Arçon (fig. 230" et 231e). — L'arçon est la charpente en bois qui donne à la selle sa rigidité et sa forme. Il doit être en bois résistant et léger : léger, afin d'augmenter le moins possible la charge du cheval ; résistant , pour bien retenir les clous nombreux qui maintiennent les pièces diverses qui y sont fixées. De toutes les essences de bois, celle de hêtre est la meilleure, parce qu'elle réunit au plus haut degré les conditions prescrites.
DiTition. L'arçon se compose de pièces en bois et d'une ferrure.
1° Pièces en bois. — Les pièces en bois sont : F arcade, le troussequin et les bandes.
Arcade L'arcade est la partie de l'arçon qui s'élève en voûte audessus du garrot, pour le préserver de tout contact. Elle est composée de deux pièces, disposées en forme de V renversé, assemblées par un trait de Jupiter, et consolidées au moyen de deux bandes de fer placées, l'une au-dessus b (fig. 230e) {bande de collet), l'autre au-dessous de la partie centrale B (fig. 231e) {bande de garrot). L'arcade de devant est unie aux bandes par un assemblage à plat et collé.
L'arcade sert de base, par sa partie supérieure, au pommeau, et forme, par sa partie inférieure, une voûte nommée liberté de garrot, parce qu'elle protège le garrot du cheval. Le milieu de cette voûte se nomme collet L (fig. 23r). Elle porte en avant un dé dans lequel passe la courroie de manteau Tronoequin. Le troussequin T (fig. 230e) est la partie qui domine l'arçon postérieurement ; il empêche le cavalier de se porter trop en arrière et sert à l'arrimage de la charge. Le troussequin est composé d'une pièce, unie aux bandes par un assemblage à plat, collé et consolidé par les équerres. Il présente, inférieurement, une voûte , nommée liberté de rognon V (fig. 234e), dont le centre porte le nom de pontet, et, en arrière, des crampons, au nombre de deux aux selles de cavalerie de ligne, et de trois à celles de cavalerie de réserve.
1 Dans le modèle modifié, en 1860, la liberté de garrot est plus étroite de 0m003 à la partie inférieure, que dans le modèle primitif.
Les selles de cavalerie légère et de cavalerie de ligne portent une palette P. La palette est un prolongement arrondi qui domine le troussequin, et présente, dans son centre, une mortaise, donnant passage à la courroie de porte-manteau, lequel, dans ce genre de selle, ne peut prendre un point d'appui sur les bandes. La palette est unie au troussequin par un assemblage à queue d'hironde. Les selles de cavalerie de réserve n'ont pas de palette parce que leurs bandes se prolongent assez en arrière pour servir de support au porte-manteau.
Au nombre de deux, l'une à droite, l'autre à gauche, Btnde§. et en tout semblables, les bandes B sont deux pièces de bois, longitudinales, reliant l'arcade au troussequin; elles laissent entre elles un espace libre qui loge et protège l'épine dorsale.
La face supérieure ( Fi9> e- )
des bandes est plane et s'unit, en avant, à l'arcade et, en ar- a rière, au troussequin. Elle donne attache aux dés des
sangles et aux crampons. Leur face inférieure (fig. 231e) est conformée de manière à présenter une disposition inverse à celle du dos du cheval !. Elle est recouverte d'une peau en cuir de vache, mi-tannée, que l'on applique après que l'arçon a été ferré, et qui protège les bandes, leur donne plus de fixité et en rend le contact plus doux K
On distingue dans les bandes quatre régions, savoir (fig. 231e) :
1 La disposition que présentent les bandes à leur face inférieure se donne au moyen d'un instrument appelé gabarit.
» On appelle bandes sèches, celles qui n'ont pas de rembourrage inférieurement, et bandes à panneaux, celles qui sont rembourrées, exemples : les selles d'officiers, celles d'artillerie, etc.
Les mamelles M, qui embrassent le garrot ; La liberté des côtesX, comprenant la partie la plus étroite des bandes;
Les épanouissements E, ou la partie la plus large ; Les prolongements C, qui dépassent le troussequin *. Union des pièces en bois. — Les bois de l'arçon sont assemblés à plat, et unis au moyen de colle forte, puis ils sont l'objet de deux opérations : la nervure et l'entoilage, qui leur donnent de la solidité et de la résistance.
Nerture. La nervure consiste à recouvrir légèrement l'arçon d'une couche mince dune sorte de charpie, faite avec les tendons des animaux, réduits en filaments très-minces. Cette charpie, préalablement trempée dans de la colle forte, est ensuite placée en travers des fibres du bois.
Emoiitg*. On appelle entoiler un arçon, l'envelopper d'une toile de fil clair, imprégnée de colle. Cette opération se fait après la nervure et se complète par l'application d'une couche de colle d'os.
2° Ferrure. — Il existe dans la composition de l'arçon différentes pièces en fer, dont les unes servent à affermir les bois et les autres à fixer les accessoires de la selle; de là leur division en pièces de soutien et en pièces accessoires.
1° Les premières sont : la bande de garrot, la bande de collet et les éçuerres.
B„nde La bande de collet b (fig. 230') embrasse le dessus de je coiiet. i'arca(je qu'elle affermit. Elle sert aussi de contre-rivure à
la bande de garrot.
Bande La bande de garrot B (fig. 234e), placée sous la voûte de ae g^rot. i»arca(je) s'oppose à son écartement et consolide l'union de
l'arcade avec les bandes.
Équerre». Les équerres V (fig. 230#), dont le nom indique la forme,
1 Dans le modèle modifié en 1860, les bandes sont plus écartées en arrière de 0*05 que dans le modèle primitif.
sont situées sur le prolongement des bandes et en arrière du troussequin,pour l'empêcher de se fracturer !.
2° Les parties accessoires de la ferrure comprennent : les porte-étrivières, les dés, les crampons, les boutons de crou- >pière et le sommier.
Les porte-étrivières , dont le nom indique les usages, Portes'élèvent au-dessus des bandes. On distingue dans chaque trm porte-étrivière : le patin y partie rivée sur l'arçon ; la tigey qui surmonte le patin; le sommier , qui reçoit le rouleau, et Yoreille, œil où vient se fixer la courroie de pistolet. Dans le modèle modifié en 4860, le porte-étrivière E (fig. 230*) se compose d'un dé ovale, en fer et enchapé.
Les dés a (fig. 230e) donnent passage, soit aux contre-san- m*, glons des sangles ou des sacoches, soit aux courroies de manteau ; de là leur distinction en dés de sangles et en dés de sacoches. Les premiers, au nombre de trois de chaque côté, sont fixés au milieu du bord inférieur et externe de chaque bande. Les seconds, au nombre de deux, sont placés, l'un, sur la face supérieure et en avant de chaque bande, et l'autre, en avant de l'arcade de devant
Les crampons X (fig. 230') sont situés les uns sur la face crampon., supérieure des bandes, les autres en arrière du troussequin. Ceux-ci donnent attache aux courroies de charge.
Les boutons de croupière U (fig. 230e) traversent les équer- Bouton» res et les prolongements de l'arçon; ils servent à fixer les de orooplèM' branches de la croupière, les porte-étriers et les poches à fer.
Le sommier est placé dans la mortaise de la palette; il facilite le redoublement de la courroie de charge lorsqu'il est utile de soulever fortement le porte-manteau. , Division des arçons. — Quoiqu'établis d'après le même principe (principe des selles à la Rochefort), les arçons ne sont pas tous d'une ressemblance parfaite; ils diffèrent par la
* Dans le modèle modifié en 1860, l'équerre est surmontée d'un croissant.
courbe plus ou moins prononcée que les bandes décrivent d'avant en arrière (ensellement) , par l'écartement des bandes dans leur longueur totale ou partielle, par le plus ou le moins de saillie des mamelles. De là leur division en six classes ou pointures, correspondant aux \ariétés principales que prosente le des des chevaux.
1" Pointure. — L'ensellement est peu sensible ; par contre, l'inclinaison des bandes du bord interne au bord externe est grande; la liberté de rognon et de garrot est étroite et élevée.
2e Pointure. — Elle diffère de la précédente par plus d'écartement de la liberté de rognon et un peu moins d'inclinaison de la partie postérieure des bandes, du bord interne au bord externe ; les mamelles sont un peu plus saillantes.
3e Pointure. — L'ensellement est plus grand et la liberté de garrot plus large et moins élevée ; les mamelles et. les épanouissements sont plus convexes, l'inclinaison des bandes du bord interne au bord externe est aussi prononcée que dans la pointure n° 2.
4e Pointure. — Elle diffère de la précédente par l'inclinaison moins grande des bandes d'un bord à l'autre , par ses mamelles plus saillantes, par son épanouissement plus marqué.
5€ Pointure. — Les caractères de cette pointure sont : ensellement plus grand, inclinaison peu prononcée du bord externe au bord interne des bandes, mamelles très-fortes.
6e Pointure. — Même conformation que dans le n° 5, mais à un degré plus prononcé.
Siège. — Le siège de la selle est la partie sur laquelle s'assied le cavalier ; il comprend : le faux-siége, la matelassure et F enveloppe du siège,
1° Le faux-siége sert de base au siège ; il se compose : de deux sangles de fil, fortement tendues, disposées en croix et s'étendant de l'arcade au troussequin auxquels elles sont
clouées ; de deux sangles de même tissu, appelées traverses , qui se fixent au moyen de clous , à droite et à gauche des bandes de l'arçon, l'une à côté de l'autre et plus en avant qu'en arrière ; d'une pièce de toile de treillis, recouvrant les parties précitées et clouée au pourtour de l'arçon.
2* La matel assure est formée d'un rembourrage, placé Mttd entre deux toiles de fil, clouées aux bandes, au troussequin et à l'arcade ; elle est destinée à rendre le contact du siège plus doux et à lui donner plus de force.
(Pig. 230*.)
en cuir jaune, qui recouvre la matelassure.
Extérieurement (fig. 232'), on distingue au siège : le passage des cuisses, dont le nom indique la position ; les mamelles M, qui bornent le siège en arrière et au-dessus du troussequin ; le col C, ou partie la plus étroite ; Yensellement A, ou la ligne plus ou moins concave que le siège décrit du pommeau au troussequin.
Quartiers Q. — L'un à droite, l'autre à gauche, les quartiers sont deux larges pièces de cuir jaune, qui s'interposent entre les jambes du cavalier et le cheval, et couvrent les chapes, ainsi que l'attache des sangles. Ils sont unis à l'enveloppe du siège par une couture à jonc, et ûxés aux bandes par deux courroies appelées tirants.
faux -quartiers. — Placés au-dessous des quartiers, les faux-quartiers sont deux pièces de cuir jaune, qui préservent le cheval du contact de la boucle des sangles.
Enveloppe du troussequin G. — Le troussequin est recouvert par une pièce de cuir jaune et orné, à son bord supérieur, d'une garniture en cuivre, nommée contour H, qui le garantit des chocs et des frottements.
Contre-sanglons des sangles C. (fig. 230e). — Au nombre de quatre de chaque côté, et fixés à l'arçon au moyen de dés, les contre- sanglons des sangles reçoivent les boucles des sangles; l'antérieur est double, pour parer à une rupture.
Indépendamment des objets désignés ci-dessus, les selles de cavalerie de réserve portent un pontet en tôle, recouvert de cuir, qui s'étend des prolongements de l'arçon à la palette ; celles de cavalerie légère, un anneau enchapé, pour supporter la botte du mousqueton ; celles des dragons, une boucle à barre, pour soutenir le porte-crosse.
Accessoires de la selle. — On entend par accessoires de la selle toutes les parties qui n'entrent pas dans la composition du corps de selle ; ce sont : les sangles, le poitrail, la croupière, les étrivières, les sacoches, les poches à fer, les trousse-étriers > la lanière de pistolet et les courroies.
1° Les sangles S (fig. 230e) sont des bandes larges de tissu de fil, portant à chaque extrémité un boucleteau en cuir. Elles se composent de deux corps de sangle, dont un, bifurqué A, se fixe aux deux contre-sanglons extrêmes; l'autre, unique, reçoit le contre-sanglon du milieu.
Les sangles affermissent la selle sur le dos du cheval. 2° Le poitrail (fig. 232") consiste en un appareil de cour-
roies, passant en avant du poitrail, d'où lui vient son nom. Il est formé : du cœur de poitrail U, plaque ronde de cuir, recouverte d'un ornement en cuivre et présentant une gaine dans laquelle glisse la traverse ; de la fausse martingale X, qui se fixe par une de ses extrémités au cœur de poitrail, tandis que l'autre présente un œillet, dans lequel on engage les sangles; d une traverse V, qui glisse dans la gatne du cœur de poitrail et se termine à ses extrémités par une boucle; de deux contre- sang Ions, qui partent des bandes et se bouclent à la traverse. Le poitrail agit sur les bandes et les sangles qu'il empêche de se porter en arrière.
3* La croupière se compose de la fourche, du corps de croupière et du citleron. La fourche Z est Ja partie antérieure; elle se fixe, en avant, par ses branches Œ, aux boutons de croupière, et présente, en arrière, une boucle enchapée et une mortaise pour l'attache du corps de croupière. Le corps de croupière R boucle, en avant, avec la fourche, et présente, en arrière, une bifurcation, appelée fourchetteQ, qui boucle avec le culeron. Le culeron 0 est un cylindre en cuir, creux et rembourré; il forme une anse dans laquelle on engage la queue.
La croupière est une espèce de régulateur qui marque le point où la selle doit se porter en avant.
4° Les étrivières D, destinées à supporter les étriers, sont Etrifièret. formées d'une bande de cuir repliée sur elle-même. Une des extrémités porte une boucle double, et l'autre est disposée en contre-sanglon. La boucle doit toujours se trouver auprès du porte-étrivière, pour ne pas blesser la cuisse du cavalier.
5° Les étriers N sont en fer poli, et se composent de la Etricr». grille L, sur laquelle repose le pied ; des montants K, qui supportent la grille ; de Y œil J, dans lequel passe l'étrivière.
Ils servent à engager le pied du cavalier pour monter à cheval, à supporter le poids de la jambe et à faciliter divers mouvements.
sacoche*. 6° Les sacoches S sont deux poches en vache , situées, une de chaque côté et en dehors de l'arcade. Elles sont réunies au moyen d'une bande de cuir, nommée chapelet, et se composent : du dessus, qui donne la capacité ; du fond, qui les ferme inférieurement. La sacoche droite contient le conducteur de hache, dans lequel s'engage le manche de la hache, et le porte-tranchant de hache, qui sert à loger la lame de cet instrument. La sacoche gauche renferme la fonte F, dans laquelle se place le pistolet. Les deux sacoches sont fixées à la selle au moyen de boucleteaux et de contresanglons.
Les sacoches sont destinées à contenir les effets de pansage et de propreté,Ja chaussure du cavalier, la hache et la fonte. Puchrsa fers. 7° Les poches à fer P, au nombre de deux , une à droite , l'autre à gauche, sont fixées aux boutons de croupière; elles se composent d'un dessus, d'un dessous, d'un soufflet et d'un recouvrement. '
Les poches à fer peuvent contenir chacune deux fers et leurs clous.
8° Les trousse-étriers T sont des courroies fixées sur le môme point que les poches à fer et terminées par une boucle.
Ils servent à relever les étriers, quand le cavalier n'est pas en selle, à suspendre en route la corde à fourrage et le bridon d'abreuvoir, et à fermer les poches à fer. Lanière de 9° La lanière de pistolet est une bande de cuir souple, qui pi«toiet ^ ^ ^ seg extrémités à la selle, du côté opposé à la fonte; tandis que l'autre s'engage dans l'anneau décalotte du pistolet.
courroie.. 40° Les courroies sont de deux sortes : celles de portemanteau, et de besace qui passent dans les crampons du troussequin et servent à fixer le porte-manteau et la besace; les courroies de manteau a qui maintiennent le manteau sur les sacoches et sur le pommeau de la selle.
Indépendamment des accessoires précités, on trouve annexé : aux selles de cavalerie de réserve, une cartouchière,
dont le nom indique les usages; dans l'arme des lanciers, une botte de lance, destinée à porter la lance ; aux selles de dragons, un porte-crosse, qui sert de transport au fusil, quand il n'est pas à la grenadière; enfin aux selles de hussards, la botte de mousqueton, qui facilite le transport du mousqueton, quand il n'est pas au crochet.
Conditions d'une bonne selle. — Telles sont les différentes parties dont la selle se compose; voyons maintenant quelles sont les conditions que doit présenter une selle pour être bonne et de longue durée, et les inconvénients qu'elle peut entraîner, quand elle est défectueuse ou mal ajustée.
La selle est la partie du harnachement qui a le plus d'influence sur la santé du cheval. Une bonne selle n'empêche pas le cheval de faire un bon service et contribue peu à le fatiguer et à l'user; tandis qu'une mauvaise selle est féconde à faire naître des blessures dont le moindre inconvénient est de mettre le cheval hors de service pendant un temps plus ou moins long, et peut même occasionner la réforme ou la mort du sujet qui en est affecté.
Or, une selle, pour être bonne, doit présenter un ensemble de conditions que Ton est loin de rencontrer dans celles en service. Elle doit être solide, légère, simple, composée de bonnes matières, et surtout s'adapter parfaitement à la conformation du dos du cheval auquel elle est destinée.
La solidité est une des conditions principales de la selle. On comprend, en effet, qu'un objet qui doit être constamment entre les mains d'hommes en général peu soigneux et peu soucieux des objets qui appartiennent à l'Etat, et qui est appelé à être exposé, en campagne surtout, aux vicissitudes atmosphériques, ne peut être de longue durée qu'à la condition d'offrir une très-grande solidité.
La légèreté est une condition essentielle de la selle. Pour peu que l'on connaisse le poids énorme dont le cheval de cavalerie ou d'artillerie est chargé, en route et en campagne
surtout, on comprend facilement tous les avantages de cette condition.
La simplicité dans toutes les parties qui la composent est aussi une condition essentielle de la selle. Cette simplicité doit être telle que le cavalier puisse facilement retenir le nom des pièces dont elle se compose, et s'apercevoir, de prime abord, si l'une d'elles vient à manquer; que le sellier, le bourrelier, l'ouvrier en bois ou en fer le moins habile puisse facilement, en campagne, réparer ou modifier les parties qui sont du ressort de chacun d'eux.
Une selle ne peut offrir de bonnes conditions de durée qu'autant que les pièces en bois, en fer, en cuir, etc., sont de très-bonne qualité. Et comment en serait-il autrement pour un objet sans cesse exposé à la pluie, au soleil, au vent, et confié à des hommes peu soigneux et qu'aucun intérêt puissant ne porte à sa conservation?
Toutes les conditions qui précèdent seraient sans valeur, si la selle n'était pas bien ajustée, c'est-à-dire si elle ne convenait pas parfaitement à la conformation du dos du cheval. Or, pour être bien ajustée, la selle doit présenter plusieurs conditions que nous allons énumérer.
Une des plus essentielles, c'est que les bandes portent également par toute leur étendue, à l'exception des bords qui doivent être distants du corps du cheval d'un travers de doigt, pour que le poids du cavalier soit réparti sur une surface aussi grande que possible, et afin d'éviter tout vacillement latéral. Or, ce résultat ne peut être obtenu qu'autant qu'on a fait un choix judicieux des pointures d'arçons, d'après la conformation du cheval.
Pour les chevaux à dos de mulet et de carpe, pour tous ceux dont le garrot est tranchant, étroit et fortement incliné du plan médian vers les côtés, il faut employer la pointure n° i .
Pour les chevaux dont le garrot est conformé comme cidessus, mais dont le dos est plus développé et moins incliné latéralement, la pointure n° 2 convient.
La pointure n° 3 s'adapte aux dos et aux garrots bien conformés et moyennement développés.
La pointure n° 4 est destinée aux chevaux qui présentent la môme conformation, mais avec plus de développement.
Aux chevaux légèrement ensellés, il faut donner la pointure n° 8.
Pour les chevaux fortement ensellés, dont le dos est trèslarge, c'est la pointure n° 6 qu'il faut choisir
La liberté de garrot et celle de rognon auront assez de largeur et de hauteur pour ne pas exercer de pression sur les régions qu'elles doivent respecter.
La selle doit être horizontalement placée, sans plonger en avant et sans exécuter de vacillement latéral.
Les mamelles doivent être distantes des épaules de trois travers de doigt au plus.
Le poitrail portera au-dessus de la pointe des épaules de manière à n'en pas gêner les mouvements; il ne sera pas trop tendu pour attirer la selle en avant.
La croupière ne devra pas être trop tendue, pour éviter des blessures à la queue et la ruade.
Les sangles auront assez de longueur pour boucler au milieu des contre-sanglons.
La couverture sera pliée en huit et ne dépassera les bandes, en arrière, que de 0" 04 dans la cavalerie de réserve, et de 0œ 1 4 dans les autres armes.
La charge doit être répartie le plus régulièrement possible sur le devant et sur le derrière de la selle , de manière à ne surcharger ni l'avant- main, ni l'arrière-main ; elle ne doit pas ballotter, n'être nulle part en contact avec le cheval, et permettre de baisser suffisamment la main de la bride.
1 Avec la selle du modèle de IP54, modifiée en 1860, et celle du modèle de 1862 qui n'admettent que trois pointures, il sera plu? difficile de bien seller toute espèce de chevaux.
Inconvénients de la selle. — Mais la selle réunit rarement cet ensemble de conditions. Il arrive souvent :
1° Que les pointures ne sont pas en rapport avec la conformation du dos du cheval ;
2° Que la liberté de garrot est trop lâche ou trop étroite ;
3° Que la liberté de rognon est trop étroite ou trop large ;
4° Que la selle est placée trop en avant ou trop en arrière ;
5° Que le poitrail est trop serré ou trop lâche ;
6° Que la croupière est trop courte ou trop longue ;
7° Que les sangles sont trop serrées ou trop lâches ;
8° Que l'avant ou l'arri ère-main est surchargé;
9° Que les accessoires de la selle, une partie de la charge, etc., portent sur des régions qui doivent être respectées. Pointures Toutes les fois qu'on n'a pas fait choix d'une pointure convenable, les bandes, ne représentant pas exactement la disposition inverse du dos du cheval et ne portant pas par toute leur étendue, exercent une compression trop forte sur certains points et trop faible sur d'autres; de là des cors, des plaies, des phlegmons, etc., sur les parties trop fortement comprimées. Des panneaux mal rembourrés, inégaux, peuvent donner lieu aux mêmes accidents. Liberté de Si la liberté de garrot est trop grande, la selle comprime le sommet du garrot, et son frottement peut y déterminer des blessures, notamment le mal de garrot (voir au livre des Maladies, tome II); si, au contraire, la liberté de garrot est trop étroite, le même effet a lieu, sur les parties latérales, par suite de la compression des mamelles. Liberté de Les mêmes accidents se produisent au rein, si la liberté de rognon présente les mêmes défauts que celle de garrot, portion. La position de la selle peut contribuer aussi à blesser le cheval et surtout à en gêner les mouvements. Placée trop en avant, la selle surcharge Tavant-main, fait buter et forger le cheval , occasionne des chutes et amène le mal de garrot ; située trop en arrière, elle fatigue le rein et l'arrière-main, ralentit les allures, expose aux blessures du rein.
Si le poitrail est trop serré, tout en gênant les mouvements p»«tr«ii. des épaules, il peut en blesser les pointes. S'il est trop lâche, il permet à la selle de se porter trop en arrière, surtout dans les montées, et de surcharger l'arrièrc-main. Une fausse martingale couverte de boue peut blesser l'ars.
Des sangles trop serrées ou placées trop en arrière gênent s*ngi«. la respiration et la circulation , ralentissent les allures et peuvent même être la cause d'accidents graves. Des sangles trop lâches permettent à la selle d'exécuter des vccillements incessants, d'où résultent des blessures. Si les sangles sont dures ou recouvertes de corps étrangers , si elles ne sont pas bien jointes, si elles font des plis, si le cavalier, par une négligence impardonnable, a engagé l'étrivière entre le corps du cheval et les sangles , elles peuvent occasionner des cors, des contusions, des plaies.
La croupière peut être trop lâche ou trop serrée. Dans le croupière, premier cas, elle permet à la selle de se porter trop en avant, surtout dans les descentes; dans le second, elle exerce une traction trop forte sur le tronçon de la queue et peut le blesser. Un culeron mal uni ou malpropre, des boucles mal placées peuvent produire des plaies dans les régions où ils portent.
La charge doit être régulièrement répartie sur le devant chwgc. et sur le derrière de la selle, sinon il en résulte une surcharge de lavant-main, ou de l'arrière-main, qui nuit à la liberté des mouvements et peut donner lieu à des accidents. Elle doit être bien faite, pour ne pas exercer de frottement sur les régions du corps qui doivent être respectées. Le cavalier, en se portant trop en avant ou trop en arrière, en vacillant, dérange le harnachement qui devient alors cause de blessures.
Nous terminerons cette énumération des accidents auxquels la selle peut donner lieu en disant : 1° que beaucoup de chevaux faisant le gros dos au moment où on les sangle, après quelques instants de marche, les sangles deviennent n 16
trop lâches et les chevaux demandent à être resanglés; qu'une selle bien ajustée à une certaine époque peut ne l'être plus après un certain temps, par suite des changements survenus dans l'état d'embonpoint du cheval ou de l'usure de la couverture, et donner lieu à des accidents. Cette particularité nous indique qu'il est bon de revoir l'ajustement du harnachement au bout de quelques jours de marche.
7° De la couverture. .
euget. La couverture est en laine; elle a pour but principal de servir d'intermédiaire entre la selle et le cheval , et d'adoucir le contact des arçons à bandes sèches. Par les temps humides et froids, on s'en sert aussi pour couvrir le cheval qui va à la forge, à la promenade, à l'abreuvoir. En campagne, les cavaliers en font usage, pendant la nuit, pour se préserver du froid et de l'humidité.
inronvé- La couverture a aussi ses inconvénients. Vieille et râpée,
nient*.
elle ne forme plus un coussinet assez mou , assez élastique pour protéger la peau contre des compressions trop fortes ; de là des blessures. Ces effets sont plus intenses et plus prompts à se montrer, lorsqu'elle a été raccommodée et présente des coutures saillantes ou qu'elle n'est pas parfaitement ployée et forme des plis. Le même effet a lieu lorsque des pierres, de la terre, des grains, etc., se placent entre ses plis. Pour tous ces motifs, on a conseillé de la remplacer par un feutre.
8» De la schabraque.
La schabraque est en peau de mouton, doublée d'une forte toile. Elle est destinée à recouvrir la selle et la charge, quand elles sont sur le dos du cheval.
La schabraque se compose du devant, qui couvre le manteau et les sacoches, et du derrière, qui protège les flancs du cheval et sert d'objet de parade. Ces deux parties sont réunies au moyen de courroies en X.
On distingue, au-devant de la schabraque, la calotte, pièce de peau de mouton qui en forme le sommet; la portière, ouverture pratiquée dans la calotte , pour permettre de saisir le pistolet; les genouillères, pièces de cuir qui garantissent le pantalon du frottement; les courroies, destinées à fixer la schabraque sur la selle.
Le derrière de la schabraque comprend les entre-jambes, pièces de cuir dont le nom indique la position, et destinées à supporter le frottement du sabre; les pointes, placées à la partie inférieure et postérieure, qui portent les ornements.
9° Des surfaix.
Il existe deux surfaix : le surfaix de couverture et le surfaix de selle.
Celui-ci est en cuir jaune et se compose d'un corps , d'un c<m>po»ition. contre-sanglon, d'une boucle enchapée et d'un passant fixe. Il a pour usage de maintenir les quartiers et la schabraque, et de servir d'auxiliaire aux sangles.
Le surfaix de couverture est en tissu de fil; il maintient la * couverte sur le dos du cheval à l'écurie, et se compose des mômes pièces que le précédent.
Le surfaix donne lieu souvent à des blessures sur l'épine dorsale, lorsqu'on n'a pas la précaution de le faire matelasser, ou, à défaut de matelassure, de placer, de chaque côté de la colonne vertébrale, un bouchon de foin ou de paille qui l'empêche d'exercer une pression trop forte.
10° Du bissac.
Le bissac est en toile à voile ; il sert au transport des vivres du cavalier et du cheval.