‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 33 sur 139 · MANŒUVRES · texte numérisé non relu

MANŒUVRES

Les manœuvres sont des exercices plus pénibles que ceux auxquels les chevaux de troupe sont soumis ordinairement. Dans ces travaux, les chevaux exécutent des mouvements à toutes les allures, se livrent à des efforts musculaires considérables qui sont loin d'être sans effet sur leur

santé. Néanmoins, les constitutions fortes et vigoureuses, les sujets complètement développés et en santé les supportent assez bien, surtout quand ils ne sont pas amollis par un trop long repos à l'écurie, et qu'ils reçoivent une nourriture de bonne qualité. Par contre, les jeunes et les vieux sujets, et surtout ceux qui sont minés sourdement par des maladies chroniques, en sont souvent incommodés. Du reste, la nature du terrain de manœuvres, sa conûgu ration, ses alentours, ses dimensions, son éloignement des écuries sont autant de causes qui augmentent ou diminuent les effets inhérents au travail lui-même. Le terrain oe manœuvres le plus convenable est légère- , Choil.

r n du terrain.

ment incliné, spacieux, uniforme, non poudreux, découvert de bois, ni trop bas, ni trop élevé, éloigné des grands cours d'eau, ni trop près, ni trop distant du quartier. En s éloignant de ces conditions, il donne lieu à des accidents plus ou moins graves.

Si le terrain de manœuvres est trop incliné, les chevaux se fatiguent, en montant et en descendant; glissent davantage, et se blessent facilement avec la selle.

S'il est sablonneux, inégal, une partie de l'action musculaire se passe en pure perte ; de là fatigue et usine plus grandes et plus promptes.

Quand le sol est poudreux, le piétinement des chevaux fait soulever des nuages de poussière qui s'introduit, avec l'air, dans les voies respiratoires, se met en contact avec la conjonctive, et y occasionne des inflammations.

Le voisinage des bois attire des mouches qui tracassent les chevaux, les font se livrer à des mouvements désordonnés qui augmentent la fatigue produite par les allures.

Celui des grands cours d'eau donne lieu à des brouillards qui refroidissent les chevaux pendant le repos, après les manœuvres, et engendrent des maladies des organes respiratoires ou digestifs.

Placés sur des plateaux élevés, les terrains de manœuvres

sont battus par les vents ; situés dans les bas-fonds, ils manquent d'air et sont très-chauds, en été.

La distance qui sépare les terrains de manœuvres des écuries n'est pas sans influence. Si elle est trop grande, le temps qu'on met à faire la route, n'étant pas compris dans celui du travail, devient pour les chevaux un surcroît de fatigue. Si elle est trop petite, les animaux rentrent à 1 écurie, couverts de sueur, qu'ils conservent jusqu'au pansage, et peuvent contracter des refroidissements.

Si le terrain de manœuvres est trop étroit, les nombreuses conversions, nécessitant plus d'efforts que les marches directes, rendent le travail plus pénible.

L'heure la plus convenable de la journée, pour les manœuvres, est le matin, en été, et le milieu de la journée, dans les autres saisons.

La plupart des prescriptions hygiéniques mentionnées en parlant des promenades et des routes, trouvent leur application aux manœuvres.

SECTION V

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