‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 40 sur 139 · CHAPITRE VIII CASTRATION ET MARQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII CASTRATION ET MARQUES

Nous terminerons ces considérations sur l'hygiène du cheval de troupe par quelques détails sur l'influence de la castration et sur la marque.

Castration.

La castration a pour but de priver un animal de la faculté de se reproduire.

Cette opération se pratique , chez le cheval, à l'aide des casseaux, de la ligature, de la torsion, du bistournage , etc.

Le procédé par les casseaux est le plus usité. Il consiste à inciser les enveloppes et à comprimer le cordon testiculaire entre les deux branches d'un casseau, sorte de billot en bois, en forme de V, qu'on lie à chaque extrémité de manière à intercepter la communication entre les centres nerveux et circulatoires et le testicule, et à déterminer la mortification et la chute de ce dernier. ^La castration par les casseaux se pratique : à testicule découvert et à testicule couvert.

Par le premier procédé, on incise les bourses de manière . à mettre le testicule à découvert, et on applique les casseaux immédiatement sur le cordon testiculaire.

Par le second , l'opérateur n'incise que les premières enveloppes, et le casseau est appliqué sur le cordon testiculaire recouvert d'une partie de ses enveloppes.

On peut châtrer les chevaux dans toutes les saisons ; mais le printemps est préférable sous tous les rapports.

On peut aussi pratiquer la castration à tous les âges ; cependant les effets qu'elle produit sont bien différents suivant que les sujets sont jeunos ou vieux.

Castration En Angleterre, en Allemagne et dans quelques contrées t& mameiie. ^ |a Francey on châtre les poulains à la mamelle, c'est-àdire très -jeunes. A cette époque de la vie, la castration est à peu près sans danger pour les poulains, et les effets en sont plus prononcés qu'à toute autre. Elle modifie profondément les formes extérieures et le caractère. Les chevaux châtrés très-jeunes ont toujours la tête petite, l'encolure peu chargée de muscles , les épaules dégagées, l'avantmain élégant et léger, l'arrière-main bien développé. Es sont doux, dociies, d'un élevage facile, et leur dressage est loin de présenter les difficultés de celui des chevaux entiers. Mais il arrive souvent que les poulains châtrés à la mamelle manquent de vigueur et d'énergie, parce que leur tempérament reste mou et que leurs muscles n'ont jamais la force de contraction indispensable à des chevaux destinés à faire un service pénible, faction La castration tardive, c'est-à-dire celle qu'on pratiqua à * ïcià.1 ao* 4 ans et après, est loin d'être sans dangers : elle fait périr un grand nombre de chevaux et ne modifie plus d'une manière aussi avantageuse ni les formes extérieures ni le caractère des sujets. Alors, en effet, les changements que la puberté apporte ont eu lieu : sous l'influence des organes génitaux, les parties antérieures du corps se sont trop développées comparativement aux parties postérieures ; la force et la vigueur sont à leur apogée; le caractère est formé et présente presque toujours un cachet d'indépendance et de fierté qui rend le cheval vicieux ; la croissance est presque

complète, et le mouvement d'assimilation se ralentit. En châtrant le cheval à cet Age, l'encolure perd de son développement musculaire et s emacie, tandis que la tête reste forte et grosse ; de là un défaut de proportion désagréable à la vue et nuisible à la bonté du cheval ; la croupe reste pointue et grêle ; l'animal perd subitement une partie de sa vigueur et de son énergie, qu'il devait à la présence de ses organes génitaux, et conserve presque toujours son caractère difficile.

Un autre inconvénient de la castration tardive, c'est de permettre aux éleveurs de livrer à la reproduction des sujets indignes de ce rôle, et qui deviennent une des causes puissantes de la dégénérescence des races.

L'âge le plus convenable pour châtrer les chevaux est de ci»n»tioo i 5 à 30 mois. Alors, les parties antérieures, n'ayant pas acquis tout leur développement, restent tout aussi fine3 et élégantes que chez les poulains châtrés plus jeunes; l'arrière-main est en harmonie avec l'avant-main ; le caractère reste doux et docile; l'élevage et le dressage sont plus faciles, et les sujets ont plus de vigueur et d'énergie que ceux châtrés à la mamelle.

Marques.

Les chevaux de troupe portent deux marques : une sur la fesse gauche, l'autre sur le côté externe du sabot antérieur gauche.

Marque a la fesse. — La marque à la fesse représente les attributs de l'arme et le numéro du régiment; elle est produite par l'application d'un fer chaud.

Le marquage des chevaux n'est pas aussi facile à faire qu'on le pense généralement. Pour être indélébile, sans être suivi d'accidents, il exige une foule de précautions, et l'exécution doit en être confiée à une main exercée et intelligente.

Le cheval à marquer sera placé parallèlement et à Une Précaution» » petite distance d'un mur; le cavalier qui le tient par les p^eDdre,

rênes du licou d'abreuvoir, lui couvrira l'œil gauche pour l'empêcher de voir l'opérateur, et un aide lèvera le pied antérieur gauche.

Ces précautions suffisent pour les sujets doux et peu irritables ; tandis qu'elles sont insuffisantes pour ceux qui sont peureux, ombrageux, très-irritables. Ceux-ci exigent qu'on emploie le serre-nez, et qu'on les prive de la faculté de voir au moyen des œillères, de la capote, etc.

On donne ensuite au membre postérieur gauche la direction de la ligne d'aplomb; cette direction est indispensable, pour éviter les déviations de la marque en avant ou en arrière.

Ces précautions prises, l'opérateur choisit la région où la marque doit être appliquée. C'est un peu en avant et audessous de la saillie formée par le trochanter qu'est le point le plus convenable, parce que là, la convexité de la cuisse est moins prononcée que partout ailleurs.

Avant d'appliquer la marque, l'opérateur ne doit pas l'approcher trop près, ni la laisser trop longtemps dans cette position, sinon le cheval, aiguillon aé par le calorique, qui rayonne de la marque, fronce la peau, si la douleur est peu intense ; trépigne et rue, si elle est vive. L'application du fer rouge sur la peau doit être forte, nette, franche et de courte durée, pour que la cautérisation ne soit pas trop forte, mal circonscrite, d'un aspect désagréable à l'œil, et n'amène pas une chute de peau qui laisserait une cicatrice difforme et déshonorante pour le cheval.

Le degré de température que présente la marque n'est pas sans elTet sur le succès de l'opération. Le degré le plus convenable est accusé par la couleur rouge cerise clair. Le fer est alors assez chaud pour que son application instantanée sur la peau y produise une brûlure intense, mais pas assez pour que cette brûlure s'étende aux parties voisines et aux couches profondes du derme. L'opérateur doit s'assurer que la marque ne présente aucune impureté.

Le marquage, même le mieux fait, peut être suivi d'acci- ioeon»édents, lorsqu'on le pratique au moment des fortes chaleurs, et quand les mouches tracassent les chevaux. Alors, le prurit auquel la brûlure donne lieu les porte à se mordre, à se frotter contre les corps extérieurs; de là des plaies qui altèrent plus ou moins ta pureté de la marque. Pour éviter ces accidents , il faut appliquer légèrement le fer chaud, surtout quand on a affaire à des chevaux de sang.

On a cherché à substituer au système de marquage actuel, l'usage des caustiques, notamment la dissolution d'un mélange de potasse caustique et de chaux vive ; mais cette innovation n'a pas donné les résultats qu'on en attendait.

2° Marque au sabot. — Tous les chevaux de troupe portent un numéro matricule sur le côté externe du sabot antérieur gauche.

Le marquage au sabot se pratique à l'aide de marques, Précaution*, en fer, chauffées au rouge cerise, qu'on applique sur la corne. Pour que cette opération soit bien faite, il faut que les numéros soient appliqués à 0m,02 du bourrelet, et assez distants l'un de l'autre pour ne pas se confondre. L'opérateur doit avoir soin de ne brûler la corne que superficiellement et éviter que le calorique ne se propage au bourrelet et au tissu feuilleté.

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