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les cavaliers trouvent presque partout, consiste en un morceau de bois dur, long de 0m,25 à 0",30, terminé en pointe à l'une de ses extrémités, et à l'autre par un renflement ou tête. Au-dessous de la partie renflée, est fixée une courroie qui porte à son extrémité libre une entrave, destinée à entourer un des paturons antérieurs du cheval. L'entrave doit être en cuir blanc, souple et résistant, rembourrée en dedans et garnie d'un tourillon pour tourner dans tous les sens. Avec ce système d'attache, chaque cheval a son piquet et est attaché isolément. Atuch« La corde de bivouac a ordinairement de 12 à 15 mètres de à ia corde. i0Dgueur et Qm Q% de diamètre ; elle porte à chacune de ses
extrémités, et quelquefois au centre, un piquet en bois ou en fer, long de 0m,40 à 0",50 que l'on implante dans le sol. Pour attacher les chevaux à cette corde, les cavaliers y fixent, par un nœud coulant, l'extrémité libre de la longe de l'entrave. L'espacement des chevaux est de 1B à ln,,lf> environ.
Par ce système d'attache, les chevaux occupent moins de place, sont moins sujets à se détacher, en hiver surtout, qu'avec le précédent ; mais la corde est lourde, d'un transport difficile, surcharge le cheval qui la porte, surtout quand elle est mouillée, et une partie de l'escadron est dans l'embarras, quand le cheval reste en arrière ou vient à être tué.
Le système d'attache par le pied est préférable à tous les autres. Les chevaux se détachent rarement, ne peuvent tirer au renard, et les accidents, tels qu'écarts, compressions des paturons, efforts de tendons, auxquels il semble, à priori, devoir donner lieu, sont rares. Aussi considérons-nous, comme devant faire partie du dressage du cheval de guerre, um pratique qui consisterait à habituer les chevaux français à se laisser attacher par le paturon.
Délier. Aussitôt que les chevaux sont attachés, on s'occupe de les débrider, de déboucler le poitrail et d'enlever la croupière.
Les règlements prescrivent de desseller les chevaux en arrivant à l'étape. Cette mesure, praticable en France, où les chevaux sont logés dans des écuries à l'abri des vents, où l'on a toujours de la paille pour les bouchonner et les débarrasser de la sueur, qui couvre les parties en contact avec la selle, et où l'on peut les couvrir pour éviter les refroidissements, est irrationnelle en campagne, où les chevaux sont en plein air et où manquent les moyens de les bouchonner. L'expérience a démontré qu'en campagne, les chevaux ne doivent être dessellés que trois heures après leur arrivée au bivouac, et que jamais les blessures, produites par le harnachement, ne sont aussi fréquentes et aussi graves que quand on ne se conforme pas à cette prescription l. Les Arabes ne dessellent leurs chevaux que quand ils sont à peu près secs.
La surveillance au bivouac doit être des plus actives et Sanreiii.o«. des plus constantes; car les chevaux, rapprochés les uns des autres, et sans cesse tracassés par les mouches, le froid et les taquineries de leurs voisins, aiguillonnés par la faim ou la soif, se mordent, ruent et cherchent à se débarrasser de leurs entraves. Les gardes de bivouac ne seront pas armés, afin d'éviter les accidents auxquels un mouvement irréfléchi pourrait donner lieu ; mais ils auront à leur disposition des massues en bois, pour enfoncer les piquets qui sortent du sol.
Au bivouac, les chevaux sont exposés à toutes les intempéries. Ils reçoivent directement les vents, la pluie, la neige, la rosée, les rayons du soleil, les tracasseries des mouches; ils couchent sur la terre, sèche ou détrempée par les pluies, égale ou inégale, etc. Rien ne les protège contre ces causes si nombreuses et si puissantes de maladies, pas même la couverture que les cavaliers détournent à
1 Les mulets et les chevaux de hat doivent rester sellés plus longtemps que les chevaux de selle.
leur profit. On pourrait, sans de grandes dépenses et sans augmenter beaucoup la charge du cheval, déjà si lourde, lui donner une couverture de toile cirée, légère, qui serait d'un transport facile et les préserverait de la pluie, de la rosée, etc.
Nourriture. — L'alimentation des chevaux en campagne varie à chaque instant, et les écarts de régime sont fréquents. Tantôt l'abondance, tantôt la disette; quelquefois les aliments sont de bonne qualité , mais souvent mauvais ; tantôt les distributions sont régulières, tantôt elles sont irrégulières ; quelquefois les chevaux passent subitement du sec au vert ou du vert au sec, etc.
Ration. La ration ne se compose que de 4 kilogr. d'orge par jour et par cheval; elle est quelquefois réduite à 3 kilog., et môme à 2. Le foin et la paille sont remplacés par du vert, du dys, de l'alfa, etc., suivant les saisons et les contrées ; pour ces denrées, les animaux ne sont pas rationnés. Quand il y a disette, ils mangent peu ; quand il y a abondance, ils consomment jusqu'à satiété.
L'orge est donnée dans des musettes que l'on suspend à la tête des chevaux. Les autres fourrages sont déposés à terre ; par conséquent, fréquemment souillés par la boue, le sable, la poussière : inconvénient déplorable, mais qu'on ne peut éviter. D'autres fois ils sont emportés, en partie, par le vent.
vert. Au printemps, tous les chevaux prennent le vert. Cette nourriture, suffisante quand elle est de bonne qualité et associée à la ration d'orge complète, devient insuffisante, amène la maigreur et l'affaiblissement, si elle est de qualité médiocre et surtout si l'orge fait défaut.
Distribution. La distribution des aliments a lieu ordinairement de la manière suivante : au réveil, un tiers de l'orge; à la grande halte, un autre tiers; au pansage du soir, la dernière partie de la ration. Le vert et les fourrages secs sont donnés aussitôt après l'arrivée au bivouac, et l'abondance des repas varie
suivant la richesse des approvisionnements de chaque jour.
Lorsque les moyens de ravitaillement sont faciles, l'orge est, en général, de bonne qualité ; tandis qu'en pays ennemi et ruiné par la guerre, il n'en est plus de même. Là, on donne aux chevaux les denrées alimentaires qu'on trouve : tantôt c'est de l'orge moisie dans les silos, tantôt de l'orge que chaque cavalier moissonne en arrivant au bivouac, puis qu'il sépare de la tige, et qu'il distribue ensuite ; quelquefois on distribue du blé, du riz, du maïs, du biscuit; assez souvent, le cheval n'a pour toute nourriture qu'un peu de dys, d'alfa, de chiah, etc.
Boissons. — L'eau est souvent de mauvaise qualité ou manque. En hiver et au printemps, on en trouve partout, mais elle est souvent boueuse. En été et en automne, l'eau est rare et fréquemment altérée par des détritus organiques ou des sels qui la rendent saumatre et en altèrent plus ou moins les propriétés.
Quelle que soit la saison , les chevaux boivent deux fois par jour au plus : le matin , vers 9 ou 1 0 he jrcs, et le soir, au pansage. Quant à la quantité d'eau qu'ils prennent, elle est subordonnée aux ressources de chaque jour plutôt qu'à leur soif.
Pansage. — Le matin, après le réveil, on donne un coup de bouchon ou de brosse pour débarrasser les chevaux des impuretés dont ils se sont souillés pendant la nuit. Le soir, quelques heures après l'arrivée au bivouac, on fait un pansage plus complet.
En arrivant au pansage, le premier soin du cavalier doit être d'examiner les pieds de son cheval, et de s'assurer s'il a encore ses fers et s'il n'a pas perdu une partie de ses clous. Cette opération doit précéder toutes les autres, afin que les maréchaux aient le temps de ferrer les pieds déferrés et de mettre des clous à ceux qui en ont besoin. C'est au pansage du soir que les officiers, les vétérinaires et les sous-officiers doivent passer une revue minutieuse du harnachement et des chevaux. Le harnachement doit être l'objet d'une atten-
don incessante, eu égard au rôle important qu'il joue dans la conservation ou l'altération de la santé des chevaux. Chaque jour, il est bon de s'assurer que les selles n'ont pas cessé d'être convenables aux chevaux auxquels elles ont été affectées, et de modifier ou de changer celles qui ne le sont plus.
Une précaution qu'on doit avoir, surtout à l'époque des chaleurs, c'est de couvrir les selles pendant le jour, pour les préserver de l'action des rayons brûlants du soleil. Les selles à la hongroise seront exposées la nuit à la rosée, qui, faisant gonfler le bois de l'arçon, prévient le déplacement de la ferrure.
Tous les soirs, à l'heure du pansage, le vétérinaire doit passer la revue des chevaux , examiner surtout les régions sur lesquelles porte le harnachement, indiquer à un ouvrier sellier les modifications qu'il convient d'apporter à la selle, etc., et faire connaître au chef de corps les chevaux qui ne peuvent être montés.
RéTeii Route. — Ordinaiiement, les colonnes se mettent en route au lever du soleil ; mais les hommes et les chevaux sont réveillés longtemps auparavant. Le temps qui s'écoule du réveil au départ est consacré à donner un coup de bouchon ou de brosse, à distribuer l'orge, à seller et à charger les chevaux. Cette série d'opérations, exécutées pendant la nuit et avec précipitation, exige beaucoup d'habitude et de soins de la part des cavaliers, sinon une couverture mal pliée ou malpropre, une selle mal placée, une charge mal faite, un corps étranger placé entre les plis de la couverture, etc., donnent lieu à des blessures graves et nombreuses qui mettent les chevaux hors de service.
Une heure après le réveil, on monte à cheval et la colonne se met en marche. La cavalerie voyage seule quelquefois; mais, le plus souvent, elle fait route avec les autres armes. Dans tous les cas, elle fait l'étape au pas et ne trotte ou ne galope qu'en poursuivant l'ennemi.
Trois quarts d'heure environ après avoir quitté le bivouac, "«J*la colonne doit faire une halte de 15 minutes environ pour permettre aux chevaux d'uriner et aux hommes de se masser. Les cavaliers profiteront de ce temps d'arrêt pour vérifier la position de la selle, soulever la couverture au garrot et au rognon, rectifier la charge, ressangler les chevaux. Des haltes de cette nature se répètent ensuite d'heure en heure, et, chaque fois, un cavalier soigneux doit donner à son cheval le* soins que nous venons d'indiquer.
Après avoir parcouru la moitié de l'étape environ, on fait, Grande balte, généralement, une halte d'une heure pour permettre aux chevaux et aux hommes de se reposer et de déjeuner. Pendant le repos , les cavaliers font boire les chevaux , s'ils trouvent de l'eau, et donnent le deuxième tiers de la ration d'orge, mais sans les décharger ; ils se contentent de déboucler le poitrail et d'enlever la croupière.
On se remet ensuite en route, et si, une heure avant Fourrage», d'arriver au bivouac, on trouve la possibilité de faire du vert, ou des fourrages secs, o» du bois, les cavaliers en profitent; ils en remplissent leurs sacs et font des bottillons.
L'expérience a appris que la meilleure manière de trans- Transport porter les fourrages consiste à placer le sac sur l'encolure fourrages, et à l'y maintenir avec la main droite ; à fixer les bottillons avec les courroies de charge de chaque côté du troussequin. Les fourrages, placés dans le milieu et en arrière de la selle, portent sur le rein, le sommet de la croupe, et sont souvent la cause de maux de rognons ou d'autres blessures. 11 en est de môme des fagots de bois.
Les étapes sont de sept à huit lieues en moyenne; elles E(reu se font en six ou sept heures. Quand elles ont lieu dans la dM roDt<',,• belle saison, et que la nourriture est abondante et de bonne qualité , loin d'être nuisibles aux chevaux , elles leur procurent un exercice salutaire; aussi, observe-t-on rarement alors des maladies graves. Mais quand les expéditions ont lieu par les pluies ou les fortes chaleurs, et si la ration est
réduite à 2 ou 3 kilogr. d'orge et à un peu de dys, d'alfa, etc., elles produisent un surcroît de fatigues préjudiciables aux chevaux. Les effets en sont bien plus fâcheux encore, quand il s'agit de poursuivre l'ennemi , de faire des marches forcées de jour et de nuit, des razzias durant lesquelles les chevaux sont montés pendant 36 et même 48 heures , parcourent, à toutes les allures et dans les contrées les plus variées, des distances énormes, et ne reçoivent que quelques jointées d'orge matin et soir.
ch.rg*. La charge que le cheval porte en campagne est énorme et bien autrement considérable qu'en France, car les effets qui la composent sont plus nombreux et le cavalier a toujours, pour son usage personnel, des provisions de bouche, des effets d'habillement et de campement, des objets pris dans les razzias, etc.
Les fatigues de la guerre réunissent leurs effets à ceux de la mauvaise nourriture, des écarts de régime, des vicissitudes atmosphériques, etc., pour produire les nombreuses maladies qui déciment les chevaux en campagne. Et cependant, chose digne de remarque, les maladies graves se déclarent rarement pendant les expéditions. C'est quelque temps après la rentrée à la garnison, et lorsque le repos a succédé aux fatigues, la nourriture de bonne qualité et convenablement distribuée aux aliments de qualité médiocre ou mauvaise, les distributions régulières aux écarts de régime, le séjour dans les écuries à la vie au grand air, etc., qu'on voit apparaître la morve, le farcin, la phthisie, l'hydrothorax, les affections intestinales chroniques qui font périr bon nombre de sujets qui avaient résisté aux causes de destruction survenues pendant la guerre.
Hygiène Pour atténuer les effets des causes précitées, il faut, en eip éditions, rentrant en garnison, soumettre les chevaux à de fréquentes promenades, ne pas craindre de les faire manœuvrer, leur donner des bains d'air toutes les fois que le temps le permet, etc. ; leur nourriture doit être de bonne qualité, mais il faut
éviter de la rendre trop abondante et trop excitante. Les pansages bien faits et les bains, dans la saison, sont très-salutaires.