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ART. I. — DES ÉTABLISSEMENTS HIPPIQUES

fo Haras.

Les haras sont des établissements dans lesquels on entre- nénoition. tient, pour la reproduction, des étalons, des juments et leurs produits.

Dans ces établissements, les chevaux sont, tantôt hors ,,iYi<ion. de la surveillance de l'homme et se propagent sans sa participation, tantôt ils ne se passent de ses soins et de la nourriture qu'il leur donne que pendant une partie de Tannée, tantôt ils sont complètement sous sa main et se propagent par ses soins; de là, leur division en haras sauvages, demi-sauvages et domestiques.

Haras sauvages. — Les haras sauvages sont ceux dans Définition, lesquels les chevaux, les juments et leurs produits vivent pele-mêle, dans d'immenses terrains incultes, exposés constamment aux influences atmosphériques, sans recevoir ni

nourriture ni soins de la part de leurs propriétaires. Les accouplements ont lieu sans la participation de l'homme, et la loi du plus fort préside seule au choix des reproducteurs. Dans ces haras, les chevaux trouvent, au printemps et en été, une nourriture partout abondante et de bonne qualité; tandis qu'en hiver, pour ne pas périr de faim, ils grattent la neige et cassent la glace avec les pieds, afin de mettre à découvert les lichens et les quelques plantes qui résistent aux rigueurs de la saison .

ueoioù on II n'y a plus aujourd'hui, en Europe, de haras sauvages e« tronte. ^e ckez quelques peuples du Nord, et encore le nombre et l'étendue en diminuent à mesure que la population humaine s'accroît et que l'agriculture fait des progrès. Les principaux haras sauvages sont en Amérique, où ils se sont formés postérieurement à l'arrivée des Espagnols, cheram Les chevaux des haras sauvages sont sobres, rustiques , qon?M«nt?r supportent parfaitement les fatigues et les privations ; mais ils sont indociles , difficiles à dresser , de taille peu élevée et souvent entachés de vices de caractère, de conformation ou d'aplombs qui, bien certainement, n'existeraient pas si un appareilleraent judicieux avait présidé aux accouplements.

Haras demi-sauvages. — Dans les haras demi -sauvages, les animaux ne vivent en liberté, ne se passent des soins de l'homme et de la nourriture aux râteliers que pendant une partie de l'année. En hiver, on les rentre dans des écuries, où ils trouvent, sous des hangars disposés à cet effet, un abri, de la paille ou du foin. On y exclut de la reproduction tous les mâles qui ne sont pas aptes à donner de bons produits. Ce concours de circonstances fait qu'on obtient des sujets plus grands et supérieurs à ceux que donnent les haras sauvages. i..e.u o» on H existe de grands haras demi-sauvages chez certaines i« won™. pUissances ^u nord de l'Europe, notamment en Russie. En France, les chevaux de la Camargue, ceux des marais de Saint-Gervais et de Rochefort, des Landes, de la Corse, sont élevés à l'état demi-sauvage.

Les chevaux des haras demi-sauvages ont plus de taille, chenui

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sont moins communs, moins souvent entachés de vices de muent, conformation et de caractère, et aussi sobres et rustiques que les précédents. Habitués à vivre loin de l'homme, ils le craignent; aussi, quand ils arrivent dans les rangs de l'armée, sont-ils difficiles à dresser, ombrageux et peureux; mais, une fois acclimatés, ils se font remarquer par leur sobriété, leur rusticité et leur résistance aux fatigues.

Haras domestiques. — Dans les haras domestiques, les animaux sont sous la surveillance de l'homme, au pâturage comme à l'écurie. Les étalons y sont nourris à l'écurie; les juments, dans la belle saison, passent une partie de la journée à la prairie avec leurs poulains.

Ces établissements sont partout plus répandus que les Lie» <>□ « précédents, et, chez beaucoup de nations, il ne peut en ,estroote exister d'autres, dans l'état actuel de l'agriculture et de la division des terres.

Bourgelat a tracé des règles relatives à l'assiette d'un ha- Choix des ras. Il veut des prairies en plaine et très- fertiles, pour les terraiD8juments poulinières; des prairies à mi-coteau et même montagneuses, pour les produits de différents âges, pour les étalons, etc. Très-bonnes en principe, ces règles ne sont plus applicables depuis que la propriété est si divisée et d'un si grand rapport dans les contrées qui conviennent le mieux à la production chevaline. L'État lui-même n'a, en France, aucun domaine réunissant les conditions exigées par le célèbre fondateur des Écoles vétérinaires. L'Algérie seule pourrait les fournir. Là, en effet, il existe de vastes terrains de configurations diverses, de fertilité variable et éminemment propres à l'assiette d'un haras.

Mais, si les conditions précitées ne sont pas indispensables, il faut qu'un haras ait des prairies assez vastes et assez bien placées pour recevoir : les unes, les juments en état de gestation ; les autres, celles qui sont suitées; d'autres, pour les juments qui n'ont pas retenu. Il doit avoir

Haras de* particuliers,

aussi des parcours et des prairies pour les produits de chaque sexe et de chaque âge, etc., des parcours pour les promenades des poulains en dressage et des étalons, etc., etc. Quant à l'étendue des terrains, elle sera subordonnée à leur fertilité, à la nature du sol, au genre de chevaux que Ton veut produire et à l'importance de l'établissement. On doit y trouver tous les objets nécessaires à l'éducation et au dressage des chevaux, suivant le genre de service auquel on les destine. Haras En France, les haras domestiques sont peu nombreux.

de l'Ftnt «,

L'Etat n'a plus qu'un établissement de ce genre : celui de l'École de cavalerie. Et parmi les particuliers, quelques riches propriétaires seulement entretiennent des chevaux et des juments, destinés principalement à la production du cheval de course.

But Les haras ont pour but, tantôt de produire des chevaux de* Hara». jeg services (haras de production) ; tantôt de

s'occuper du perfectionnement des races (haras de perfectionnement) ; tantôt de résoudre certaines questions relatives à la reproduction (haras d'études).

2° Dépôts d'étalons.

Les dépôts d'étalons sont des établissements dans lesquels l'État entretient un certain nombre de chevaux entiers pour faire la monte des juments des particuliers. L'administration des haras en compte vingt-quatre en France, et celle de la guerre, trois en Algérie.

Les dépôts d'étalons ont été créés pour fournir des pères de choix aux éleveurs, non-seulement des contrées au centre desquelles ils sont placés, mais encore à ceux de la plupart des contrées de production. Au commencement de la monte, une partie des chevaux de chaque dépôt sont envoyés dans les stations qui en dépendent, et y restent jusqu'à la fin de cette saison. Le nombre et la nature de ces étalons varient selon l'étendue de la circonscription de la station, et les femelles qu'ils sont appelés à servir.

Définition.

But.

Le choix des étalons à détacher dans les stations doit être l'objet d'un soin particulier et basé sur la connaissance parfaite, non-seulement des juments, mais encore du climat, de la nature du sol, des ressources agricoles, du mode d'élevage et des habitudes des éleveurs du pays. On ne perdra pas de vue que, si un père, bien choisi, peut améliorer les chevaux d'une contrée, un étalon qui ne convient pas peut avoir des conséquences fâcheuses, et apporter le trouble et la dégénérescence dans les chevaux d'une contrée. Les étalons ne doivent être envoyés dans la même station que pendant trois ou quatre années de suite : au-delà de cette époque, il est bon de les changer, pour éviter les effets de la consanguinité.

Algérie. — Chaque province de l'Algérie a un dépôt d'étalons : le dépôt de la province d'Alger est à Blidah; celui de la province d'Oran, à Mostaganem; celui de la province de Constantine, à Lalélick, près de Bône.

Le dépôt d'étalons de la province d Alger se compose de chevaux algériens, tunisiens, syriens, et de baudets. Pendant la saison de la monte, ces animaux sont détachés dans les stations d'Aumale, de Médéah, de Milianah, d'Orléansville, etc.

Le plus important des trois, le dépôt de Mostaganem, eut pendant 44 ans (de 1841 à 1856), des juments, provenant de tous les points de l'Algérie, et qui devaient fournir des produits destinés à remonter les dépôts des trois provinces. Malheureusement, les résultats n'ont pas été aussi avantageux qu'on l'espérait, et la jumenterie a été supprimée en 1855. Depuis lors, Mostaganem n'est qu'un dépôt d'étalons, qui compte des chevaux de Syrie, de Tunis, d'Algérie et des baudets, que l'on détache pendant la monte dans les stations deZamourah, de Thiaret, de Sidi-bel-Abbès , d'Aïn-Thémouchent, deTlemcen, de Nemours, d'Oran, etc.

Le dépôt de la province de Constantine est à Lalélick, dans les environs de Bône. Son personnel est le même que celui des autres dépôts, et pendant la saison de la

monte, il dessert les stations de Constantine, de Sétif, de Batna, de Biskra, de Guelma.

3° Etalons des départements.

Définition. Le nombre des reproducteurs de l'État étant insuffisant, plusieurs départements achètent, à leurs frais, des étalons qu'ils mettent à la disposition des propriétaires. Ces chevaux sont placés en subsistance chez des éleveurs, qui les font saillir moyennant une rétribution, variable suivant les contrées.

4<> Etalons approuvés.

Définition. On appelle ainsi des étalons jugés aptes à faire la monte par l'Administration des Haras. Ces chevaux appartiennent à des particuliers qui, pour les livrer à la reproduction, reçoivent une prime annuelle*.

Les étalons approuvés sont appelés à venir eu aide aux étalons de l'État, dans les endroits où ceux-ci sont insuffisants, et à les remplacer dans ceux où ils manquent.

5° Etalons autorisés.

Définition. Les étalons autorisés sont ceux qui ont été reconnus propres à la reproduction par une commission hippique, nommée par le préfet du département. Par cela même qu'ils ont été reçus par de3 hommes spéciaux, ces chevaux sont recherchés par les éleveurs; aussi les membres de ces commissions ne sauraient se montrer trop sévères dans leur choix ; ils ne doi-

1 A partir du 1er janvier 1863, le tarif des primes aux étalons approuvés a été Gxé comme il suit :

Pour un étalon de pur sang de B00 à 1800 fr. id. de demi-sang de 400 a 1000 id. de trait de 300 à 800

Toutefois pour les étalons d'un prix élevé et d'un mérite exceptionnel, les primes indiquées au paragraphe précédent peuvent atteindre les quotités suivantes :

Pour un étalon de pur sang 3000 fr.

id. de demi-sang 1500

id. de trait 800

vent pas oublier que l'introduction d'un mauvais reproducteur dans un pays peut avoir les plus fâcheuses conséquences. Les propriétaires des étalons autorisés abusent souvent des facultés génératrices de ces animaux. Pour réaliser des bénéfices aussi avantageux que possible, ils leur font saillir, dans la même matinée, trois et même quatre juments. Or, l'abus du coït les rend souvent improductifs.

6° Etalons routeurs.

Dans beaucoup de départements, des propriétaires entretiennent à leurs frais des étalons, qu'ils conduisent de village en village, de ferme en ferme, pour faire la monte. Les étalons rouleurs , ne se recommandent par aucun titre positif ; souvent même , ils sont couverts de tares qu'ils transmettent à leurs produits. Ces étalons font jusqu'à quatre et cinq saillies dans la même matinée ; aussi sontils souvent inféconds. Dans l'intérêt de l'amélioration chevaline, tout autant que dans celui des propriétaires, l'État devrait prohiber cette classe de reproducteurs.

7° Etalons des tribus.

Les étalons de l'Etat ayant été reconnus insuffisants pour rendre à l'Algérie son ancienne prospérité chevaline, M. le maréchal Randon a eu l'heureuse idée d'appeler les tribus à prendre part à cette œuvre importante, en créant les étalons des tribus. Ces chevaux sont achetés aux frais des tribus et restent leur propriété; mais leur acceptation, comme étalons, est confiée aux commandants des dépôts, qui statuent aussi sur leur réforme.

Les étalons des tribus, dans chaque cercle, sont réunis, pendant la saison hors monte, au chef-lieu, ou tout autre centre d'autorité, et constituent un petit dépôt dont l'effectif est déterminé au prorata des besoins locaux, et établi à raison de 200 juments par étalon. Pendant la saison de la monte, les étalons des tribus fonctionnent, d'après les ordres du H 26

commandant de la subdivision , au chef-lieu du cercle, ou au centre des tribus auxquelles ils appartiennent. Dans tous les cas, la saillie est gratuite et se fait sous la direction d'un des officiers ou des sous-officiers français, attachés au service des Haras. Les Officiers des bureaux arabes sont simplement chargés de régler les droits des indigènes aux saillies. Les étalons des tribus sont nourris aux frais de l'État, et sont pansés par des cavaliers de remonte.

Art. II. — Encouragements donnés a l'industrie chevaline.

1° Courses.

origines. Les courses sont des épreuves auxquelles on soumet les chevaux pour juger de leur vitesse. Elles datent de la plus haute antiquité : les Egyptiens, les Grecs, les Romains donnaient, les jours de grandes fêtes, pour amuser le peuple, des courses en char, auxquelles prenaient part la noblesse, les princes, les rois eux-mêmes. Elles ont été fort en honneur chez les Arabes, qui connaissaient parfaitement l'art d'y préparer les chevaux.

Les courses modernes ont pris naissance en Angleterre, on ne sait pas au juste en quelle année ; mais l'histoire nous apprend que sous Henri U (1154-83), elles existaient déjà ; qu'Edouard III et Henri IV s'en occupèrent sérieusement ; que Jacques Ier créa celles de New-Market,de Creyden, d'Enfield-Chase (1603-25); que Charles II (1660-85) les protégea beaucoup.

Dans le principe, les courses n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui. Alors, pas de système d'entraînement, pas d'hippodromes, pas de prix énormes ; elles n'étaient ni un jeu, ni une spéculation. En quittant leurs travaux, les chevaux entraient en lice, couraient sur des terrains accidentés, portaient de 70 à 80 kilog., et parcouraient de 6 à 7 kilomètres. Le prix consistait en une cravache ou en une son-

nette d'or ou d'argent ; et, après la course, les vainqueurs et les vaincus reprenaient leurs travaux. En 1770, époque à laquelle Éclipse brillait sur les hippodromes, les courses étaient encore de 6 kilomètres , et le poids imposé aux coureurs considérable (77 kilogr.); mais déjà la mode des paris était grande et les prix très-élevés, puisque ce célèbre coureur gagna, en dix-sept mois, 625,000 fr. à son maître. Aujourd'hui, les cou rses son t très-répan d ues en A ngleterre , et chaque villeason hippodrome. Les plus renommées sont celles de New- Market, de Duncaster, d'Epsom, de Liverpool, d'York, etc.

Les courses ont eu lieu, en France, de temps immémorial1, mais celles de vitesse, imitées des Anglais, n'ont été introduites que dans le milieu du siècle dernier. En 1754, un Anglais fît le trajet de Fontainebleau à Paris en 1 heure 48 minutes. Les courses qui eurent lieu sous le ministre Bertin (en 1776), dans la plaine des Sablons, sont restées célèbres. On cite particulièrement celles de Fontainebleau, en 1777, où 40 chevaux furent engagés. Mais les courses ne furent régulièrement établies et encouragées par l'État qu'à partir du 31 août 1805.

Les courses ont de chauds partisans et de nombreux ennemis.

Les partisans des courses font observer, avec raison, que Avantage* la conformation extérieure n'est pas toujours un indice certain des qualités des chevaux, et que des essais sont nécessaires pour les mettre en évidence. Or, les courses sont le meilleur, le seul moyen capable de faire apprécier la valeur des chevaux auxquels on demande de 1 énergie et une grande vitesse. Ces luttes, vives et sérieuses, sont la pierre de touche de la force, de la valeur du cheval, qui les subit sans atteinte pour sa conformation, ou qui en éprouve des

1 Les Bretons et les Auvergnats couraient les jours de foire et de fête, bien longtemps avant que les courses a la manière anglaise fussent introduites en France.

altérations plus ou moins profondes. Elles offrent une voie sûre d'appréciation de la vigueur et de la bonne organisation des chevaux; elles nous mettent à même de distinguer les sujets d'élite de tous ceux qu'on doit exclure des Haras. La vitesse seule de la course démontre la noblesse de l'origine des poulains, et l'étendue de leurs facultés; on ne doit admettre comme étalons que les chevaux qui ont fait preuve de vitesse.

Les succès de l'hippodrome sont un indice certain d'une organisation forte et d'un bon tempérament ; ils supposent une poitrine ample, des membres solides et des muscles puissants.

Les courses ont beaucoup contribué à faire naître l'amour du cheval et à entretenir une grande émulation parmi les hommes qui s'en occupent. Elles ont été la principale cause de l'introduction du pur sang arabe, et en grande partie de la création du pur sang anglais. C'est en vue des courses que de riches personnages ont fait des dépenses considérables pour la production chevaline.

Personne, que nous sachions, du moins, ne conteste l'utilité des courses. Tout le monde reconnaît qu'elles ont puissamment contribué à donner à l'Angleterre cette race de chevaux dont elle est si fière et que toutes les autres nations lui envient. Mais beaucoup d'hippclogues blâment les courses telles qu'elles se pratiquent aujourd'hui. « Si, dit M. Richard, les épreuves étaient sérieuses, si l'entraînement, considéré comme gymnastique, n'avait pour but que de développer l'organisme, pour former des producteurs à éprouver par des courses de fond; si on excluait de l'hippodrome tout individu qui n'a pas les qualités que l'on doit toujours exiger d'un reproducteur, nous serions partisan des courses: nous ne voyons pas d'autre moyen de juger de la valeur des sujets qui réunissent d'ailleurs de bonnes conditions de conformation. Mais que fait-on? Quel est le but? H s'agit d'abord de gagner le prix. C'est là la première condition du coureur, nous pouvons dire même presque Tunique. Que

lui importe l'amélioration des races, s'il perd toujours? Que lui fait aussi leur dégénérescence, s'il gagne? Le joueur songe-t-il à autre chose qu'à gagner? Eh bien ! Qu'a-t-on fait pour gagner? On a tout sacrifié à la vitesse; rien au fond, rien à la puissance de la constitution. On a pris parmi les chevaux de sang les coursiers les plus rapides; on a haussé leur taille le plus possible, ou plutôt on a allongé leurs jambes, pour qu'ils pussent embrasser plus d'espace à chaque bond ; *on a élevé la croupe ; on a donné beaucoup d'obliquité à l'épaule; on a allongé tous les muscles locomoteurs, sans s'occuper de les grossir, de leur donner de l'étoffe et de la puissance; on a cherché, en un mot, à disposer toute la machine pour une grande vitesse de quelques minutes. C'est un tour de force de la science des Anglais, rien n'est plus vrai ; mais il en est résulté qu'un très bon cheval peut être battu par un grand échassier, chargé d'un poids léger, sur un terrain choisi et préparé à l'avance. Le vaincu , qui peut être d'un sang tout aussi distingué, et construit en force, et non en vitesse d'un instant, aurait toujours distancé son vainqueur dans une course sérieuse ; mais, pour une épreuve de quatre minutes et quelques secondes, il était trop près de terre ; ses reins et son dos étaient trop courts ; sa croupe n'était pas assez élevée, relativement à son garrot; ses membres postérieurs, trop courts, mais bien musclés, favorisaient moins la vitesse ; ils ne s'engageaient pas assez en avant des pistes des membres antérieurs, comme ceux des lièvres, par exemple, etc. D'autre part, l'entraînement de ce cheval avait été moins bien dirigé, pour l'épreuve exclusive d'un ou deux tours d'hippodrome, que celui de son concurrent, quoiqu'il eût été mieux compris pour une longue résistance (Loco citato, p. 371). »

On reproche aux courses d'être la cause fréquente d'accidents graves. Il n'est pas rare, en effet, de voir des chevaux s'abattre sur les hippodromes, se briser la tête, avoir des ruptures mortelles de vaisseaux et du cœur , se fracturer

un membre, contracter des refroidissements, etc. L'entraînement auquel les poulains sont soumis, dès l'Age de deux ans, étant au-dessus de leurs forces, ayant lieu avant que les os, les articulations aient acquis assez de solidité, il en résulte des tares osseuses des membres qui se transmettent par voie de génération.

On leur reproche aussi d'avoir puissamment concouru à la disparition de nos bonnes vieilles races de la Navarre, de l'Auvergne et du Limousin , et d'avoir contribué à produire les mauvais chevaux que ces trois provinces fournissent à l'armée depuis une trenta;ne d'années.

On dit, avec raison, que les succès de l'hippodrome ne sont pas toujours un sûr garant des qualités des étalons ; car on a vu souvent des coureurs de second ordre donner de très-bons produits, tandis que des coureurs de premier mérite n'ont engendré que de médiocres chevaux. Résumé. En résumé, en les examinant sans idée préconçue et avec impartialité , on peut dire que telles qu'elles se pratiquent de nos jours , les courses méritent la plupart des reproches qu'on leur adresse , mais qu'elles pourraient rendre de grands services, contribuer puissamment à nous donner de bons chevaux de guerre et à améliorer nos races, si l'on augmentait les distances à parcourir et le poids à porter, si on n'admettait que des chevaux faits. DiTi«on. On distingue plusieurs espèces de courses : des courses plates, des courses de fond, des courses de haies, des courses avec saut de barrières, des courses au clocher, des courses au trot, des courses en char.

cou™. Les courses de vitesse, ou courses plates, sont les plus réfute». pandues# Créées en 1805, elles sont devenues plus importantes sous la Restauration, et, depuis 1830, elles ont pris une extension de plus en plus considérable. Elles sont actuellement régies par l'arrêté ministériel du 15 mars 1842. C'est à cette variété que s'adresse ce que nous venons de dire sur les avantages et les inconvénients des courses.

Depuis longtemps, les hippologues s'accordent à sidérer les courses de fond comme devant puissamment concourir à produire les améliorations que réclame notre espèce chevaline. Pour ces courses, on ne devrait admettre que des chevaux de cinq ans faits, exempts de tares et de maladies héréditaires ; les distances à parcourir devraient être de 10 à 12 kilomètres et le poids de 70 kilog.

Les courses de haies imposent au coureur l'obligation de conrw» franchir un certain nombre d'obstacles, formés par des bar- de hêlt% rières en planches, des murs en pierres, des claies de bruyère ou de branches de saule, s'élevant à lm ou à lm,30, afin que le cheval ait quelqu 'effort à faire pour les franchir. Les obstacles doivent être fixés assez solidement pour ne pas tomber si le cheval les touche du poitrail , mais non assez pour lui résister et le blesser, s'il les heurte ou s'il tombe dessus.

Les steeple-chases, ou courses au clocher, sont des courses stocPu>de 4 à 6 kilomètres, en rase campagne, pendant lesquelles les ch"e' chevaux franchissent tous les obstacles qu'ils rencontrent : haies, fossés, murs, rivières, etc. Ils dénotent, chez les chevaux qui les supportent bien, une grande puissance musculaire et beaucoup de fond ; mais ils sont souvent suivis d'accidents graves pour le cheval et pour le coureur.

Les courses au trot sont très-anciennes, mais n'ont été Coow. a introduites, en France, qu'en 1833. Depuis lors, plusieurs ,rwt villes en ont fondé. Ces luttes sont les moyens les plus sûrs de s'assurer de l'énergie et de la vigueur des chevaux de demi-sang. Elles ont l'approbation de plusieurs sociétés savantes, de beaucoup d'bippologues et d'éleveurs de mérite, qui les considèrent, avec raison, comme propres à favoriser l'amélioration de nos races équines carrossières. La préparation qu'elles exigent procure aux chevaux un exercice utile qui favorise le développement de l'appareil locomoteur, et la libre exécution des fonctions, sans jamais être suivi de ces accidents graves qu'on observe si souvent chez les chevaux préparés pour les courses de vitesse.

Courts Dans quelques départements, où on se livre à la production du cheval de trait léger , on a créé des courses en char. Cette institution ne peut avoir que de très-bons résultats au point de vue de l'élevage et de l'éducation. Elle portera les éleveurs a dresser les chevaux dès le jeune Age, ce qui les rendra plus doux, plus maniables, surtout si on exige que les concurrents aient à vaincre des difficultés.

Courses en Algérie. — Les premières courses algériennes ont eu lieu à Mostaganem, en 1847; mais elles n'ont été reconnues et réglementées par l'État, qu'en 1855. Depuis lors , elles se renouvellent tous les ans, dans le mois de septembre, à Alger, à Constantine, à Oran ou à Mostaganem.

Elles se divisent en courses de vitesse et en courses de fond.

Les courses de vitesse ont lieu : 1° entre européens ; 2° entre indigènes. Les concurrents, pour les courses entre indigènes, sont classés ainsi qu'il suit : 1° Les aghas ; 2° les caïds; 3° les chefs de grandes tentes; 4° les Arabes de petite tente.

Les courses algériennes, à l'exception de quelques légères différences, inhérentes à la localité et aux coureurs, sont établies d'après les mêmes bases qu'en France, et les articles de l'arrêté ministériel du 17 février 1853, concernant les courses de chevaux, en France, leur sont applicables.

Le concours aux courses de fond est ouvert aux habitants de la province, de toutes les classes et de toutes les nations. Tout cheval entier et jument de toutes races et de tous pays, ayant 5 ans révolus, soni admis. La distance à parcourir est de 28 à 30 kilomètres, et le temps fixé pour la parcourir est de 1 heure.

Les courses, celles de fond surtout, ont été accueillies avec joie par les Arabes, qui, de tous les points de chaque province, s'empressent de s'y rendre et d'y prendre part ; aussi, nous ne doutons pas qu'elles ne soient appelées à rendre, dans l'avenir, des services importants.

£° Prix et primes.

Les prix sont des récompenses accordées à ceux qui ont le mieux rempli les conditions d'un programme connu d'avance. Ces encouragements sont fondés par l'État, par les administrations locales, par des sociétés savantes, etc. ; ils sont toujours donnés en nombre déterminé.

Les primes diffèrent des prix en ce que les membres du jury, chargés de les distribuer, peuvent en modifier le nombre et la valeur indiqués par le programme, suivant les circonstances. Dans la plupart des départements d'élevage, on distribue, tous les ans, un certain nombre de primes, et on les considère comme plus efficaces que les prix.

Il existe, en Algérie, trois espèces de primes : des primes de cercle, des primes de subdivision, des primes de division.

Les primes de cercle sont accordées aux poulains et aux pouliches de deux ans qui donnent les plus belles espérances, et promettent de faire les meilleurs reproducteurs ou les meilleurs chevaux de guerre.

Les poulains et les pouliches primés, dans chaque cercle, concourent pour obtenir des primes de subdivision ; et les animaux primés dans les subdivisions, concourent pour des primes de division.

De tous les moyens d'encouragement, les primes sont ceux qui ont le plus frappé l'intelligence des indigènes et les ont le plus séduits, parce que l'effet en est plus immédiat que celui des courses et qu'elles ont, sur celles-ci, l'avantage de permettre aux Arabes de toutes les classes d'y prendre part.

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