‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 86 sur 139 · DEPOT DE REMONTE DE FONTENAY · texte numérisé non relu

DEPOT DE REMONTE DE FONTENAY

La circonscription d'achat de ce dépôt s'étend aux départements de la Vendée et de la Loire- Jn/érimre.

Vendée. — La Vendée produit et élève une nombreuse population chevaline, que l'on peut néanmoins réunir sous trois groupes, un pour chacune des divisions territoriales que comprend le département, savoir : les chevaux du Marais, ceux de la Plaine et ceux du Bocage.

Chevaux des marais. — Les marais vendéens sont le berceau de la race poitevine mulassière; mais cette race présente quelques différences suivant qu'on l'étudié dans les marais du midi ou dans ceux de l'ouest.

Dans les marais du sud, le cheval de gros trait domine; on y trouve aussi le cheval de trait léger et celui propre aux divers services de la cavalerie.

Le cheval de gros trait est commun, grand, lourd, lymphatique, à peau épaisse et à crins abondants; il a la tête carrée et lourde; l'encolure épaisse et rouée; le rein large; la croupe énorme et oblique; les membres forts et chargés

d'épais fanons; les jarrets larges et bien évidés; les pieds plats et larges.

Le cheval de réserve a de la taille, de la corpulence, des membres larges et ordinairement bien appuyés ; des articulations puissantes; la tête bien attachée, mais longue et lourde; l'encolure droite; le rein long; le dos ensellé; la côte courte; les membres solides, mais garnis à la partie inférieure de poils longs et abondants.

Dans les marais vendéens, les juments restent dans les Élevage, carrés toute l'année, et ni les froids de l'hiver, ni les neiges abondantes n'empêchent ce séjour. Les chevaux sont rentrés à l'écurie quand les carrés sont submergés ou couverts de neige.

Le poulain naît sur la pâture, et, après la naissance, il se trouve soumis aux mêmes conditions hygiéniques que la mère. Sans cesse au milieu des pâturages, même quand la mise-bas est précoce, il n'a, pour s'abriter des dernières rigueurs de l'hiver, que les inégalités du terrain, les levées des fossés.

Le sevrage se fait au commencement de l'hiver. Une fois sevré, le poulain est mis dans les prairies. C'est pendant les froids de ce premier hiver qu'il a le plus à souffrir des intempéries. On le voit alors couvert de boue, se coucher sur la terre humide, être souvent obligé de casser la glace avec ses pieds pour étancher sa soif, et quand la terre, couverte de neige, lui refuse la nourriture, il grelotte sur la levée d'un fossé en attendant que la prévoyance souvent tardive de l'homme, vienne pourvoir à ses besoins.

Quand arrive le printemps, le poulain d'un an prend un peu de vigueur, mais généralement il est affecté de gourmes, et est loin de se montrer ce qu'il deviendra plus tard. C'est chez le poulain de deux ans surtout que le printemps produit de bons effets. Sous l'influence de la douce température de mai, il se livre à ses ébats, au milieu des pâturages ; ses mouvements sont gracieux et élégants; ses formes harmonieuses et brillantes.

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Le cheval du Marais, élevé dans de telles conditions, est d'un tempérament lymphatique; mais, quand il sort jeune du pays, et qu'il va finir son accroissement dans les contrées voisines ou dans des départements éloignés, et qu'il est soumis à un travail léger, ainsi qu'à une nourriture convenable, son tempérament se transforme, devient sanguin et musculaire; il fait un bon service.

Cheval de Saint-Gervais. — Dans les marais de l'Ouest, vit une population chevaline, connue sous le nom de chevaux de Saint-Gervais, du nom du village où ils se vendent, à la foire du 15 juin. Ces chevaux sont élevés dans le pays qui s'étend le long de la mer, depuis Saint-Gilles-sur-Vic jusqu'à Bourgneuf-en-Retz, sur une longueur de quarante kilomètres et une largeur de dix.

caractère*. La jument de Saint-Gervais appartenait jadis à la race poitevine mulassière, et était employée à la production de la mule. Aujourd'hui, elle a plus d'élégance et de distinction ; la tête est forte, busquée et mal coiffée ; l'encolure longue, droite ou légèrement rouée ; le garrot bien sorti ; le rein droit; la croupe courte; la queue assez bien placée; la côte arrondie; l'épaule longue et oblique; les avant-bras larges; les tendons bien détachés; le jarret sec, étranglé et souvent jardé ; les membres n'ont pas les fanons abondants qu'on remarque chez les chevaux du sud; les sabots sont larges, mais ils prennent de bonnes proportions au bout d'un certain temps. Ces chevaux sont sujets aux tares molles, aux tares dures et à la fluxion périodique.

Production Les chevaux de Saint-Gervais naissent et sont élevés dans

et élevage. , , . , .

les marais jusqu au moment ou on les prépare a la vente. Leur mode d'élevage et les conditions hygiéniques dans lesquelles ils se trouvent, sont les mêmes, à peu de chose près, que dans les marais du sud.

c*ractè«.. Chevaux de la plaine. — Les chevaux de la plaine ont des formes analogues à celles des chevaux des marais ; seulement ils n'atteignent pas un aussi grand développement.

Us sont susceptibles d'entrer dans les armes de ligne et de l'artillerie-trait.

L'élevage dans la Plaine n'a pas lieu de la même manière Éie»««e. que dans le Marais. La généralité des poulinières travaillent pendant la gestation , et sont épuisées par la fatigue et une nourriture parcimonieuse. Toutes sont envoyées, en automne, dans les champs avec leurs produits, et rentrent chaque soir à l'écurie, où elles passent l'hiver. Les poulains reçoivent une nourriture plus abondante que les pouliches, dans l'espoir où l'on est de les vendre plus rapidement, et à un prix plus élevé. A douze ou quinze mois, les poulains et quelques pouliches sont vendus aux éleveurs du Marais.

Chevaux du bocage. — Dans le Bocage, les chevaux ont Espèces, rarement plus de im 46. Us sont d'un tempérament sanguin, sobres, rustiques et infatigables. On les emploie au bât et à la selle.

L'élève du cheval, dans le Bocage, se fait sur une petite Éierage. échelle et laisse beaucoup à désirer. Les juments, peu nombreuses, sont accouplées sans soins. Le poulain vit avec sa mère dans les landes ; on le soumet de bonne heure à des travaux pénibles. Le cheval travaille toute la journée, souvent sans boire ni manger; quand vient la nuit, on le lâche dans les landes ou dans les pâtis pour recommencer le lendemain à travailler. Malgré ces conditions fâcheuses, il n'est que rarement malade et rend de bons services.

Le département de la Vendée fournit des chevaux pour Achat., toutes les armes et surtout pour la cavalerie de ligne, l'artillerie-trait et la cavalerie de réserve, ainsi que des mulets.

Loire-Inférieure. — Ce département produit des chevaux Espèces, pour toutes les armes, et une petite race de chevaux landais.

Les marais de Mâchecoul, qui font suite à ceux de Saint- Gervais, élèvent des chevaux de réserve et de ligne présentant les caractères que nous avons signalés en parlant des chevaux de Saint-Gervais.

Aux environs de Nantes, et sur plusieurs autres points, on rencontre des chevaux croisés avec le pur sang anglais et propres à la cavalerie de ligne et à la cavalerie légère.

Les cantons de Savenay et de Châteaubriant élèvent une petite race éminemment sobre, rustique et supportant admirablement les fatigues. Elle rend de bons services aux habitants du pays, qui l'emploient au trait et à la selle ; mais elle est impropre à monter des cavaliers militaires. Achau. La Loire-Inférieure ne vend pas autant de chevaux à la remonte que la Vendée. Cependant elle fournit un bon contingent en chevaux de réserve, d'artillerie et de ligne. On y trouve même quelques chevaux de carrière et de cavalerie légère.

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