‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 87 sur 139 · DÉPÔT DE REMONTE DE SAINT-MAIXENT · texte numérisé non relu

DÉPÔT DE REMONTE DE SAINT-MAIXENT

Ce dépôt a pour circonscription d'achat l'ancien Poitou, formé des départements des Deux-Sèvres et de la Vienne.

Deux-Sèvres. — Situé au centre du Poitou, le département des Deux-Sèvres, est divisé en trois régions : la Plaine, le Marais et la Gâtirie ou le Bocage, caractèn». Chevaux de la plaine. — La Plaine se livre à l'élève de la mule et du cheval. Pour la procréation de ce dernier, on choisit les poulinières qui, ayant été livrées au baudet pendant deux ou trois mois, n'ont pas retenu , ou les plus belles, celles dont on veut obtenir race pour en conserver une bonne souche. Les sujets qu'on estime le plus sont ceux qui sont gros, épais, matériels ; à tête longue, carrée et mal coiffée ; dont l'encolure est bien musclée ; le flanc large ; la croupe longue et double; les membres forts et empAtés; les paturons courts garnis de fanons épais et descendant jusqu'à terre; les pieds larges et plats; les châtaignes fortes. nrgi*ne. La nourriture des juments varie suivant les saisons. Au printemps, on les nourrit avec du foin et de la paille, ou bien on les met dans des prés arides où elles ne trouvent qu'une noiuriture parcimonieuse. En été, après la récolte

des céréales, on les lâche dans les champs, où elles restent jusqu'en novembre. En hiver, on les rentre à l'écurie, où elles reçoivent des balles et des glumes de céréales, de la paille d'orge et de froment, auxquelles on ajoute un cinquième de foin, matin et soir, avant de les conduire à une mare, dont l'eau est altérée par des sucs de fumiers placés auprès.

Le commerce des poulains est considérable. Le poulain E«p°ruuoiu. d'un an est vendu aux éleveurs de la Saintonge, du Marais, de la Gâtine. La pouliche reste dans la ferme, et on la fait saillir à deux ans. Si elle est trouvée trop faible, on la vend à d'autres éleveurs, qui lui font faire un ou deux poulains avant de la livrer à la Remonte.

Les éleveurs de la Plaine achètent souvent, en février, des ^jjjjj*pouliches de deux ans, prises dans les marais, près de Niort, et dans ceux de Vendée. Ils achètent aussi des juments bretonnes, qui, eu égard à leur sobriété naturelle, se trouvent bien de la nourriture parcimonieuse qui leur est offerte et y prospèrent.

Chevaux de la Gatine. — La Gâtine ou le Bocage, si- caractères, tuée sur la rive gauche de la Sèvre nantaise, produit des chevaux de même nature que ceux de la Plaine, mais meilleurs ; et, comme dans la Plaine, les juments sont livrées au cheval ou au baudet. Les juments et leurs produits sont beaux, toujours en bon éjat, grands, étoffés, forts de membres, à tête carrée et bien attachée; à encolure rouée; à poitrine ample; au bassin large; ils ont de bonnes allures.

L'industrie principale de la Gâtine n'est pas la production du cheval, c'est l'élevage. Ici, se trouvent réunis, à l'âge , de dix-huit mois à deux ans, presque tous les chevaux de la Plaine et ceux qui, achetés à neuf mois, dans le Marais, reviennent à deux ans, y parfaire leur constitution. Ces émigrations produisent sur le cheval poitevin les meilleurs résultats. Le poulain de bonne souche, qui quitte la Plaine, après le sevrage, et va dans le Marais, prend, par l'effet de

la nourriture riche et abondante de ces contrées, de la taille, du développement, mais une grande propension au tempérament lymphatique ; son ventre devient volumineux et sa tête énorme ; quelque temps après, ce même animal, passant dans la Gâtine, éprouve une transformation favorable. Sous l'influence des pâturages toniques, d'un air vif et pur, d'une bonne gymnastique, ses muscles, ses os, son tissu cellulaire se condensent; sa tête perd son empâtement; son encolure sort ; son rein se redresse ; ses poils deviennent lisses et moins longs ; ses pieds se resserrent. Éieras*. Dans la Gâtine, les poulains vivent en liberté dans des enclos ; mais on les rentre, le soir, à l'écurie, jusqu'au mois de mai. A partir de cette époque, jusqu'à la fin d'octobre, ils restent constamment en liberté, dans de gras pâturages. Lors des fortes chaleurs, on les change de clos, au moins deux fois dans la journée, à cause du tarissement fréquent des abreuvoirs.

Au mois de novembre, on les enferme dans des écuries basses, chaudes, privés d'air et de lumière; on les nourrit abondamment, avec des aliments très-nutritifs, ce qui les engraisse promptement. Ainsi préparés, ces poulains sont vendus aux foires de Saint-Maixent, aux marchands du Berry et de la Beauce. Ceux des fermiers qui se livrent à l'élève du cheval d'arme, achètent des poulains maigres et les font châtrer de dix-huit mois à trois ans. Ils les font pâturer presque toute l'année, et ne les rentrent qu'un ou deux mois à l'écurie où ils sont préparés pour la vente.

Les chevaux que la Gâtine fournit à l'armée sont propres à la selle ou au trait léger. Les chevaux de selle réunissent les conditions exigées pour la cavalerie légère et celle de ligne : ils ont la tête carrée, de beaux yeux, l'encolure bien sortie, le garrot élevé, le rein court et droit, la croupe un peu courte et ronde, la queue assez bien attachée. Les membres offrent une belle conformation et une belle direction , mais les jarrets ne sont pas toujours exempts de tares.

Ces chevaux sont sobres, vigoureux, rustiques, et font généralement un bon service.

Chevaux des marais. — Les marais des Deux-Sèvres sont moins importants que ceux de Vendée , et n'offrent qu'un intérêt médiocre au point de vue de la production chevaline.

La Remonte achète dans les Deux-Sèvres des chevaux d'of- Ach.ts. ficiers et de troupe pour toutes les armes, de bons mulets et surtout des chevaux de réserve et d'artillerie.

Vienne. — La Vienne produit et élève les mômes espèces K«Ptce.. équinesque les Deux-Sèvres; mais elles sont moins nombreuses et moins belles. Dans la Plaine, elle a des juments mulassières, pour faire des mulets et des chevaux de trait ; dans les autres contrées, elle se livre de préférence à la production du cheval de selle.

Dans la Vienne, les chevaux paissent dans les pâturages ttenge. entravés des membres antérieurs. Après la récolte des moissons, on les envoie dans les bois, où ils passent la journée. Le soir, on les rentre à l'écurie, excepté dans les fortes chaleurs, où ils restent dehors le jour et la nuit. Jamais ils ne boivent à l'écurie, toujours à la mare ou à la rivière, quatre fois en été, deux fois en hiver. On leur donne rarement du foin pur. Les juments sont logées, avec leur suite , dans des écuries qui laissent beaucoup à désirer.

Les poulains les plus lourds et les plus* communs sont vendus pour la Gâtine; les plus légers sont châtrés de bonne heure, restent dans le pays et font, plus tard, des chevaux de cavalerie.

La Vienne vend à la Remonte un nombre moins considé- Achat., rable de chevaux que les Deux-Sèvres.

Page 1