‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 90 sur 139 · DÉPÔT DE REMONTE DE MORLAIX · texte numérisé non relu

DÉPÔT DE REMONTE DE MORLAIX

Le dépôt de remonte de Morlaix n'a pour circonscription d'achat que le Finistère, qui est le principal centre de production de la Bretagne, et les arrondissements les plus riches sont ceux de Morlaix et de Brest.

Dans l'arrondissement de Morlaix, on trouve des chevaux de selle, de gros trait et des carrossiers.

L'espèce de selle appartient aux doubles bidets bretons ; elle a pour caractères : taille de i",40 au plus ; tète camuse ou droite , un peu grosse inférieurement , ordinairement plaquée ; encolure droite ; garrot bas; épaules sèches ; corps arrondi, court et ramassé; membres forts; croupe arrondie; jarrets larges et bien évidés ; boulets peu fournis de crins ; pieds bien faits; robe grise ou alezane. Cette espèce se trouve au sud de la route impériale n° 12 de Paris à Brest. Espèce de L'espèce de gros trait s'élève jusqu'à 4 ",64 ; elle a la tête carrée, camuse et lourde; l'encolure épaisse et chargée de crins ; le garrot peu développé ; l'épaule droite et charnue ; le corps volumineux ; la croupe tantôt arrondie, tantôt large, avalée et séparée en deux par un sillon très-profond ; la queue forte, attachée bas et pourvue de longs crins. Les membres laissent beaucoup à désirer aux rayons inférieurs : le tendon est peu détaché ; le boulet garni de crins; le pied grand, évasé, quelquefois plat. Ces chevaux sont bais ou gris. e.p.\» L'espèce carrossière offre les caractères suivants : taille de 1 m, 56 à im, 60; tête carrée ; encolure bien proportionnée; garrot peu développé ; épaules charnues ; corps arrondi et long; croupe arrondie et légèrement double; queue attachée bas ; jambe grêle, comparée aux autres parties du corps ; boulets peu garnis de crins; pieds légèrement évasés et plats ; poil ordinairement bai, quelquefois gris pommelé, rarement alezan ou noir. Cette espèce se rencontre dans les communes de Saint-Pol-de-Léon, Plouénan, Plouzoulm, Plouescat.

Dans l'arrondissement de Brest, l'ancien cheval breton a été remplacé par un cheval qui est le fruit du croisement de la jument du pays avec les étalons anglais, anglo-normands et percherons. Ce nouveau produit est propre au trait léger, au gros trait et à la selle, suivant ses formes, sa taille, etc. Espèce Le cheval de trait léger a les caractères suivants : la taille

de gros trtit.

est de i" 54 au plus, avec de fortes proportions; la tête lourde; le front large; l'encolure courte et droite; le garrot et le rein bas ; la croupe large et double ; le tendon grêle ; les extrémités chargées de poils. Il est énergique, sobre , d'un entretien facile, et par cela même très-recherché pour le service des remontes.

Le cheval de gros trait est propre au roulage et à l'agriculture. Il a la même conformation que le précédent, avec une charpente osseuse et un système musculaire plus développés ; les membres sont fortement chargés de poils.

L'espèce carrossière est le résultat du croisement des juments du pays avec les étalons du dépôt de Langonnet. Elle a pour principaux centres les cantons de Saint-Renan, de Ploudalmézeau, de Trébahu, et est connue dans le monde hippique et le commerce sous le nom de chevaux du Conçuet. Ces chevaux ne dépassent pas im57 ; ils sont presque tous bais et n'ont pas toujours la vigueur, l'énergie et les bonnes qualités du cheval breton.

Les chevaux de selle sont de création nouvelle; ils sont issus des croisements des étalons de l'État avec la jument bretonne, déjà croisée avec ces mêmes étalons. Ceux qu'on trouve dans les environs de Saint-Renan, du Conquet, de Trébahu, ont lœ5T) au plus; les membres grêles; le tendon failli, les jarrets souvent jardés. Les meilleurs sont élevés dans les environs de Lesneven, de Landerneau, de Plabelnec.

Production et élevage en Bretagne. — La Bretagne se industrie

... 11. chevaline.

divise en cantons de production et en cantons d élevage; cette division est d'un grand avantage pour le commerce des chevaux : elle permet aux producteurs de certaines contrées de se défaire de leurs jeunes maies dès l'âge de six à dix-huit mois et de les vendre aux éleveurs bretons qui ne peuvent produire. Ceux-ci les gardent jusqu'à l'âge de deux ou trois ans, époque à laquelle ils les revendent à des marchands étrangers qui viennent s'approvisionner en Bretagne. Les

exportations annuelles sont très-considérables !. Les juments à croupe large sont achetées par les habitants du Poitou, et destinées à la production mulassière. Les plus légères vont dans le Midi pour le service des postes et des diligences. Les poulains de quinze à dix-huit mois, ceux de deux ans, les pouliches de trois ans sont acquis par les éleveurs de la Normandie, du Perche, etc.

Élevage. Le poulain, quelques jours après sa naissance, est envoyé dans les pâturages, où il reste nuit et jour. Là, il respire un air pur, se livre à ses ébats et prend un exercice qui lui est très-salutaire et le prépare à la sobriété, à la rusticité.

se»raBe. A trois mois, on le sèvre et on le nourrit alors avec du lait de vache étendu d'eau, dans lequel on met un peu de farine d'orge ou de seigle ; mais, dans la plupart des contrées, on ne le sèvre qu'à cinq ou six mois. Après le sevrage, les pouliches sont lâchées dans les champs de chaume où elles vivent ensemble ; une partie des poulains sont vendus à des habitants du pays qui ne font que l'élevage.

A un an, les pouliches restent libres dans les pâturages, tandis que les poulains, qui ne sont pas vendus, sont enfermés dans des écuries basses, et condamnés à un repos presque absolu.

Travail. Les jeunes animaux, arrivés à douze ou quinze mois, sont employés aux travaux agricoles. On les attelle à la charrette, entre deux vieux chevaux. Après le travail, les mâles rentrent à l'écurie et les pouliches sont lâchées dans les pâturages.

A deux ans , les pouliches sont livrées à la reproduction ; les poulains sont châtrés et considérés comme chevaux faits. Les uns et les autres vivent dans les prairies, le jour et la nuit, l'hiver comme l'été.

Noorritare. Les chevaux, en Bretagne, sont soumis, au printemps, à

1 On assure que les arrondissements de Brest et de Morlaix vendent tous les ans de 18,000 à 20,000 poulains de tous âges.

un régime de vert ou de demi-vert. Au mois de mars, on leur donne du foin ou de la paille mélangé avec un peu d'herbe, pour les préparer à recevoir, quelques jours plus tard, de l'orge ou du seigle vert, jusqu'au 45 juin. A cette époque, le trèfle et les vesces deviennent leur seule nourriture jusqu'au mois de novembre. De la Toussaint au mois de mars, les chevaux qui travaillent sont nourris avec des panais dout ils reçoivent trois repas par jour. Dans l'intervalle de cette distribution, on leur jette du foin et de la paille pour aider à leur nourriture. Quand ils ne sont pas employés aux travaux, les chevaux sont mis dans les pâturages pendant la journée, et n'ont des panais que matin et soir. Ce genre de nourriture leur donne de l'énergie et les engraisse promptement; mais cette énergie et cet embonpoint diminuent très-vite si on les soumet à un travail pénible. Depuis quelques années, des éleveurs donnent aussi des carottes en hiver. L'ajonc marin pilé est employé également pour nourrir les chevaux ; à la fin de l'hiver et au commencement du printemps, on le mélange avec un peu de paille hachée ou avec de l'herbe. Cette nourriture prédispose les chevaux à l'engraissement. C'est elle que les nourrisseurs bretons emploient de préférence pour préparer les chevaux à la vente; ils la suppriment graduellement pour passer ensuite à une alimentation sèche, plus nutritive, composée de farine d'orge, de panais et d'orge en grains.

Les chevaux, en Bretagne, sont rarement l'objet de soins d<j sj»n. de propreté ; on ne les étrille que pour les conduire à la foire, encore se contente-t-on de gratter le poil pour le coucher, sans débarrasser la peau de la crasse dont elle est couverte.

Les écuries sont basses, humides, mal pavées. L'air et la lumière n'y arrivent que par une porte basse et une petite fenêtre. La plupart des propriétaires y laissent entasser le fumier sous les pieds des chevaux pendant plusieurs jours.

Les maladies auxquelles les chevaux bretons sont le plus

sujets sont celles des organes respiratoires et digestifs, la fluxion périodique, les tumeurs dures et les tumeurs molles des membres.

Achat*. La Remonte achète dans le Finistère des chevaux de cavalerie légère et d'artillerie très-estimés.

SECTIOUT III

Page 1