DÉPÔT DE REMONTE DE GUINGAMP
Le dépôt de remonte de Guingamp a pour circonscription d'achat les Côtes-du-Nord, rille-et- Vilaine et le Morbihan qui font partie de notre ancienne province de Bretagne, une de nos meilleures contrées de production de chevaux. La Bretagne n'avait autrefois que deux races, l'une de trait, l'autre de selle, dont nous allons tout d'abord faire connaître les caractères, parce qu'elles y existent encore aujourd'hui.
EspèMde L'ancien cheval de trait était élevé dans toute la province, surtout dans la partie qui forme actuellement le département du Finistère. Il se distinguait de nos autres races de trait, par la conformation de sa tête el de sa croupe. La tête était carrée, courte, camuse, expressive, aux ganaches fortes, aux yeux grands; la croupe courte, avalée, présentait, de chaque côté, à son origine, un développement musculeux en arc de cercle qui s'étendait de la hanche au plan médian. Ces chevaux avaient l'encolure courte; le corps
volumineux ; le garrot bas ; le poitrail large ; la côte ronde ; les membres peu en rapport avec le volume de leur corps et chargés de crins ; les sabots larges et plats ; la charpente forte et les muscles puissants. Ils étaient d'un tempérament sanguin et supportaient facilement les fatigues, les privations et les intempéries. Ces qualités précieuses les faisaient estimer et rechercher de toute la France pour le roulage, les messageries, les travaux agricoles et l'artillerie.
L'espèce de selle, appelée race bidette, était élevée dans e*p*« d*
les contrées montagneuses et les landes de la Bretagne. Elle ressemblait à la race de trait, par sa tête et sa croupe; avait l'encolure courte et rouée; le garrot bien sorti; le rein court et droit ; la queue bien attachée ; les membres secs et peu chargés de crins ; les jarrets larges, mais souvent clos ; sa taille ne dépassait pas 4",o0; son manteau était gris pommelé et plus souvent alezan doré.
Ces deux types existent encore aujourd'hui, mais ils ne sont plus dans toute leur pureté. Par suite des croisements qu'ils ont subis avec les chevaux anglais, percherons, etc., ils se sont modifiés et ont perdu une partie de leurs caractères. On trouve à présent, en Bretagne, des chevaux de gros trait, de trait léger, de selle, et les meilleurs che\aux d'artillerie. Ces chevaux ont partout un air de famille, mais ils varient, tant par leurs caractères extérieurs que par leurs qualités, suivant les départements.
Côtes-dc-Nord. — La population chevaline des Côtes-du- Nord peut être réunie sous trois chefs : chevaux du littoral, chevaux des montagnes, chevaux de l'intérieur.
Les chevaux du littoral se trouvent dans l'arrondisse- ^chevaux ment de Lan n ion et une partie de ceux de Saint-Brieuc et de Dinan. Ils appartiennent à la race de trait, plus ou moins lourde, suivant la contrée qu'ils habitent. Ces chevaux rendent de bons services à l'industrie, à l'agriculture, mais ils sont trop lourds et trop communs pour l'armée.
Les chevaux de la montagne, élevés dans les environs de r.beT«« ■ 34
»ugoe **um£amP et de Loudéac sont connus sous le nom de chevaux de Corlay et de Loudéac.
Les chevaux de Corlay ou de la Cornouaille, désignés sous le nom de doubles bidets bretons, diffèrent essentiellement de ceux du littoral. Ils sont d'espèce légère, sauf quelques rares exceptions, et conviennent parfaitement à l'artillerie et à la cavalerie légère. Ce sont eux qui alimentent le dépôt de remonte de Guingamp. Ces chevaux ont les caractères
(Fig. ÎS7«.) Cheval breton d'arlillerie-trait.
suivants : ils sont sous poil bai ou isabelle; de 1",50 au plus ; légers, très-rustiques et propres aux allures rapides, qu'ils soutiennent parfaitement; doués de beaucoup de force et de \itesse. Leurs formes sont sèches ; leur tète est fine et remplie d'expression; leur encolure légère et droite; leur épaule sèche et longue; leur garrot sec, sans être élevé; leur poitrine ample; leur croupe quelquefois saillante et avalée ; leurs membres souvent grêles, mais secs et nerveux ;
leurs pieds petits, bien faits, solides. A Rostrenen, on trouve la même race qu'à Corlay, mais beaucoup moins nombreuse; tandis que les anciens bidets y existent en plus grande quantité.
L'espèce chevaline de Loudéac est à peu près la même qu'à Corlay et à Rostrenen, mais telle qu'elle était, il y a soixante ans, et plus. Elle est dégénérée, faute de bien élever, soigner, nourrir les juments et leurs produits. La taille de ces chevaux dépasse rarement 1",30. Ils sont généralement sous poil foncé et de formes peu gracieuses ; ils ont les jarrets clos, larges, secs; les pieds bas. On les emploie au bât, ou on les attelle avec des bœufs ; quelquefois ils sont montés par un ou deux hommes qui les mènent au pas relevé ou à l'amble, allures auxquelles ils franchissent de grandes distances sans manger.
Entre le littoral et les montagnes, on élève une espèce ch^m
de l'intérieur
équine qui ne saurait être comparée aux précédentes.
La masse des chevaux de cette contrée est bien au dessous de ceux que nous avons étudiés précédemment. Ils sont communs à l'excès, courts et petits. La Remonte n'y trouve pas la moindre ressource.
Morbihan et Ille-et-Vilainb. — Ces deux départements produisent et élèvent des chevaux qui ont, à peu de chose près, les mêmes caractères que ceux des Côtes-du-Nord.
Le dépôt de remonte de Ou ingain p fournit à l'armée bon Achat», nombre de chevaux d'artillerie, quelques chevaux de cavalerie de ligne; mais, parmi les départements qu'il explore, celui des Côtes-du-Nord est le plus riche et livre les meilleurs.