‹ Cours d'histoire ancienne: Introduction à l'histoire de l'Asie OccidentaleChapitre 23 sur 45 · IV. Suivant la Genèse, Japliet, dont le nom vou · texte numérisé non relu

IV. Suivant la Genèse, Japliet, dont le nom vou

lait dire extension (\), (ce qui indique dés les premiers pas que la race ainsi désignée a dû couvrir une beaucoup plus grande étendue de pays que les deux autres), Japhet, dis-je, a sept fils. La synonymie géographique de ces sept noms ne présente pas de difficultés très sérieuses. Gomer désigne positivement des peuples qu'Homère (2) a placés au nord de la Grèce et qu'il appelle Cimme'riens; entre le mot hébreu et le mot grec, on ne remarque qu'une différence très légère de transcription. Gomer est aussi le père de ces Cimbres ou. Kimri qui, s'étânt alliés aux nations Théotisques, les Teur tonsdes historiens latins et les Deutsche modernes, firent trembler un moment le monde romain; qui auparavant avaient déjà envahi la Gaule et partagé par la conquête le territoire des Celtes (3). Magog se trouve associé à Gog dans les autres livres hébreux (4). On a rapproché avec juste raison ce mot de Magog des Massagètes, lesquels sont aux Gètes ce que Magog est à Gog : ma ou massa, en tête de ces deux noms, est un mot intensitif qui désigne, ou la partie la plus puissante de la nation, ou l'ensemble de la nation elle-même. Je n'oserais affirmer que le mot de Gog fût sorti delà même source que celui de Gèle , lequel a subi une nouvelle transformation, alors qu'il a commencé à désigner les na-

(1) Gen. IX. 27.

(2) Od. A 14.-19.

(3) J'adopte ici provisoirement l'hypothèse deM. Àmédée Thierry, Histoire des Gaulois, tom. I. p. 36 et suhr. T. II. p. 33 et suiv .

(1) Ezcch. XXXVIII. 2. 18. Jpocat. XX. 20.

tiotik Gothiques* Le changement de Gùg èh Ooth ne îèHit pas difficulté che* les Égyptiëtis qui font permuter lès SotfS k et fft (1). Il eët possible q'iW permutation de cette hature ait eu HeU pou* le nom originaire du peuple de Gog , et t^lte là èonsbhiie filiale (pli ; polit* les {Sémites est devenue mi second g (rit produit l'effet d'ttti t à l'ofréille d'Uti Grec ; Si cette hypëlhèSe èiâh accueillie , flous aurions dès fcè thoment le droit d'indiquer datis ï histoire de là ftâtioti de Gog la trace d'une imtiienSë migration, puisque, des peuples qtti descendaient des montagnes de là Hâtite Â&iè , iidUJ arriVetfdnS aux Gètes, lesquels ati£ époques clas*siquès cbnffhàièrtt à la Thràee : nduS redonnai-* trions aussi là parenté des Gètes et dëê Sèylhes, et nous expliquerions par le inënie moyen coinment tes Scythes d'Europe ont pu être lirtiitropheS des Ùèies , ëti même ténips qu'à une énorme distance, îe& Massdgètês et les Scythes d'ÀSie Se touchaient. Ce ijili est indubitable Jo&!phé($l) a établie, c< constante dés Juife, eni Scythes. Oti ne peut nï que ti'à ûàè le faire, qti< 5ux excursions efàu* i:

qtfon trouve dans 5étè

rapportent à Tinvâsiôn et à la domination contemporaines, des peuples scythiques. , , . V. La synonymie &&Madai et des Medes n'est pas

lliUUll.iJ i\\ \ liUlUll I \

(1) Supra y chap. VI. §. 5.

(2) Jnp. Juil. 1.6.

( 2ÎM )

ttoiiiS Certaine J tnâiS èè qui n'a polht été bbSëtvèi c'est l'éatrême antiquité du titini de Mèdës dti Màdes appliqué à titie partie de la race japëtiquë. Un chapitre spécial de Cet ontàgë èéfa consacré à recueillir et discuter les titreà de lfc hfatibfl médl* que} il résultera, je l'espère, dé ce tràtttil là certitude que les Mèdes ne commencent pas dan* l'hii* taire à la révolte de ce peuple contré les Assyrièftl* que, même alors que cette rébellion ent lieu, la #K gnificatkmdu mot de Médie s'était plutôt restreinte qu'étendue > et qu'en consultant lés plus âriciehfc documenta, on s'aperçoit que le noni dé Mèdb s'appliquait à une confédération probàbléflîëtit bièii plus considérable. Les mêmes documenté fciifliHK sont la preuve de l'extrémé affinité de& Stythès et des Mèdeï* Fort sourent le nom dë$ tins eat itth pour éelui des autres t seulement Iddësignatioh cfè Stytfai s'applique exclusif èihèAt & dé* peuples nomades, tandW qu'au Souvenir dès Mèdes, é'a{* **chetiltè certaine idée dé fiiîté et dé cMli&ttorii Non* aurons à examiné? dan* Cétfié ècêtt&itfhai èeè ancien» Mèdes né sont pa« »jrft6nyme$ de§ Arit de la tradition zenckj àtàtimdéMàdeé, emprunt sans «toute à des croyance» féligiëtfsés qeri braient conquis une portion <kà <tepétiquè$, n'a p&è ië&i s design» plue particmliôréttiéM ééutfdei Sèythéi nomades et pasteurs tpA avaient «bàttttanné lent première vie |mur è ? enfermer dans des tilles > $ fonder des temples et prendre rang parttti les na* tions dont la viewt constante et réglée. Les propos skioa» que j'av a nc e ioi no o au raient être acceptée s par le lecteur sans discussion et sanp preuve. Si

parviens à établir solidement mon opinion, on ssera d'être surpris de trouver le nom des Mèdes ms le livre de Moïse, sept ou huit siècles avant première apparition , selon les idées ordinaires, 5 cette nation dans l'histoire.

VI. Le nom de Goget celui de M agogétant les seuls le la Bible fournisse pour désigner les nations ythiques, on pourrait croire que Moïse n'a env*sage ces nations que sous un point de vue exêmement vague , que les tribus errantes de ute espèce que renferme l'Asie orientale ont eu une dénomination qui ne s'applique en quelle sorte qu'à leur genre de vie et ne nous éclaire f aint sur la véritable origine et le caractère spécial r ï i ces peuples. Les modernes ont cru que dans les auteurs classiques le nom de Scythes était également incertain , et je dois convenir que , chez les écrivains anciens qui n'ont pas connu l'Asie, on i encontre un véritable abus de cette expression de ïeuple scythique. Ce n'est pas à dire pour cela u'Hérodete,Hippocrate, Strabon, tous les auteurs, q un mot, asiatiques eux-mêmes ou ayant pu t * équenter les nations scy thiques, aient commis une •r^mblaWe erreur. Quand Hérodote nous dit *pie tel j euple était Scythe et que tel autre ne l'était pas (4 ), w ne faut pas croire, que pour s exprimer ajnsij le * ère de l'histoire, observateur toujours si sûr et -1 judicieux, n'ait pas en à sa disposition un moyen S le disfiiiguer les Scythes des peuples étrangers à i jette race. Un rapprochement depui 9 long-temps

, "" ii i i l impu ii ni i MM M i l HH m* k i h tu i *m M i I m ■

.-(1) IWI9.41.

hasardé par Champollion nous parait jeter t grand jour sur le véritable caractère des peuph scythiques : ce savant n'a pas hésité à confondre nation puissante des Schetô ou Schetâ auxquels L Égyptiens firent une guerre acharnée pendant pli sieurs siècles, avec les Scytlies des auteurs classî ques. Nous connaissons parles monuments de l'ai? égyptien , la physionomie de ces Schetô j nous sa vons que c'était un peuple de grande taille , qui avait le néz aquilin, les yeux bleus, les cheveuv blonds ou roux , et nous comprenons maintenais la cause de la haine que les Égyptiens entretinren si long -temps contre eux, puisque nous savons qu ces peuples n'étaient autres que les descendant d'une notable portion de? Nomades Pasteurs , 'qu plusieurs siècles auparavant avaient fait la conquête de l'Egypte. Les figures des Pasteurs vaincu; par les Égyptiens se retrouvent sur un assez grand nombre de monuments (1 ) et l'identitéde ces figures avec celles des Schetô combattus par les Pharaons de la dix'huitième dynastie ne saurait être mise en doute.

D'un autre côté le nom même des Schetô n'est pas étranger aux traditions zendes que les livres de Zoroastre nous ont conservées. Le Djemschid des

(1) On rencontre souvent dans les collections d'antiquités égyptiennes des sandales sous lesquelles sont peintes des figuies , soit de nègres , soit de Scythes pasteurs. Cet usage répond à la phrase si fréquente dans les inscriptions hiéroglyphiques : Je mettrai tes ennemis sous tes sandales ; c'est le : Ponam inimicos tuos scabeUum pedum tuorum , du Psaume,

Pftrs&u fo*d»t*pi> de h première civilisation des peuples arîens, se nomme ou send Varna. Suiyan$ jppinion de M» B^gèfte Pur pouf (4), JT^w^ est lu véritable nom de Djfnrnhidt Kheforito n'est

«ptra pbRSP qu'upe ftfttfrète joinl^ à ce fiqm et dput Je $eft$ ç*£ briffant, ftiep dep^S fréqqfiSt q» BU9 ^a^ipH Se dWPSRt à #llern>éwe\me épHb&P lm- (ji^iye tirée dp §f* pippre lsngwe. Kfcfwflfi, $ou§ çptfe fprjfftp, R«pcorç J'avant^gÇ fJe «e trouygrà une di^pcç à peu prè§ égale du &«% dp$ ^utepi* da*-

«qwe? t 4w $çÂ*'q des monuments égyptiens , du fferç 4e* âges postérieurs et du (?p# de 1* Bible; pes quatre mots peuvent facilement être rapportés | fc même origine que le nom môme de IÇhehaeta* 3. Ce serait, je pense, un asses be*i* résultat, que celui qui donnerait la démonstration de l'idéalité des Sçhetâ, conquérants de l'Egypte, des Scythes d'Hérodote et des Arii de la tradition sende. Pu passage célèbre de Trogne-Fompée (2) paraît prêter upe pssez grande valeur à cette opinion ; M pssssge nous montre une inimitié invétérée entre les Scythes et les Égyptiens , ces deux peuples #yant pbaeun h prétention d-ètre les plus anciens du monde, et alléguant à l>ppui de leurs prétentions des motifs géologiques qui rappellent la querelle encore récente des Neptuniens et des Vulca^iens. Dans cette discussion les Égyptiens soutiennent l'opinion neptunienne ; ils montrent la

(1) Partie inédite du Commentaire sur le Yaçna. (Communication verbale, de l'auteur. ) (3) Ap. Justin. II. 1 et seq.

tçrre 4'&bw4 fangepse et ^cfyapj p$r degrés r les premiers fyopimes seraignj; cpux qui auraiept pu se développer sur le terrein créé par l'action la pl^s adepte 4e& raypns solaire^; les Scythes au çoptrfdrp f putjepuept la thèse vuWnienpe, prét^d^nJ q^laterpe, 4'?bord bpùl^ptp, ne s'est rsr ^jd^gu'iusensî^lefpeul, et qpe, daps ces tejpps çy L'jtçtipn du feu iptgrieup p'avait prpsque p^s perdu de sa force, le? terreips segfeptrjopapxpiit dû les premiers offrir à l^ouime ub sol a§ses $epjpéré pour les cppditiop? de spp exj*$epc e ?

L'inimitié des Scythes etdeç Égyptiens, telle qpp 1$ rappprte Trpgpe^PpippéQ, pp & Jwffnait pa? à ceg drçcpssipps #rçjnpJogjqjif3f j les Égyptiepç les premiers avaient eu rijpprudpppe dç défier le? Scy* &es ; la conquête de l'Egypte 4P* 0tre Ja §pite dfi ce dtfû, Çejte verrou e$f popfirmge par les véfiits de ftfftaéthpp et lp #oiQign$ge 4$* TOPpur meutS 4fi l'Egypte. Que si Ion 4fiPPP un peu plus dV^teosiop à cette rivalité fe$ Sçytfjp§ P* des Égyptiens j que si^ quant aux: derniers, ou se prête à admettre qu'il fautentpp4re PPP-$&PteB* en t les filg de Mifàra'jfp, p*ais epcore tpv}te la r^cp dp (Ghapi, pp sei trPP^ra pqn)pl£tepiept 4'fc<?pw4 a*ec la tradition ?en4eî et Je§ livres 4e Zoroastre, qqapd ils raeoptent tes çqpquètps dp I)jepischi4, sprvjroptà cppCr*per les récite dpM^péthop. Arf jyés ji pepqinti pu HP devra p3P $P compiler 4 ? # v Qir gppiiqpé à toute une r?ce cp qpp Trogue - Popjpép rapqntp 4'pP seul peuple; la même évidence existe de l'autre côté , et les Scythes de Trogue-Pompée pp SQnt pas autre chose que les Jopétiques de ]V|oïse, De

là pour nous , la leçon qui nous montre les peuples de Cham et ceux de Japhet préparés dès l'origine des choses à une lutte qui ne s'arrêtera qu'à l'extinction presque totale de la plus faible de ces deux races. C'est ce qui , dans la partie de cet ouvrage où ces différentes questions sont traitées , nous a décidé , indépendamment d'autres motifs dont le lecteur sera juge , à supposer que d'abord il n'y avait dans cette partie du monde que des Japé tiques et des Charnues f et que les Sémites sont un produit du mélange postérieur de ces deux races. Telle est , au moins , la conséquence où nous a conduit un travail dans lequel nous avons tâché de concilier et d'expliquer les uns par les autres les récits de Moïse, -de Zoroastre et de Manéthon. Si nous anticipons ici sur cette discussion, qui a besoin non -seulement d'être approfondie , mais encore d'être justifiée , nous n'avons d'autre but que d'indiquer d'avance quelle sera la direction de nos idées, en ce qui concerne le type et la destinée de la race japétique;

VII. J'ai déjà dit précédemment (ch. V. §. 3. ) qu'une opinion avancée par Niebuhr était de nature, si on continuait de l'admettre, à détruire de fond en comble le jugement que je porte de l'exactitude de Moïse, en ce qui concerne la race japétique. Niebuhr a prétendu que' les Scythes d'Europe dont parle Hérodote , étaient de race mongole; il a cru voir dans Hérodote (1) et dans Hippocrate % (2) la » ■ i . . i 1 1 i . i i ■ ii»

(1) IV. 59 ctseq.

(2) Deaer. qq. etloc. TLCletseq.

démonstration évidente de son opinion. Si cela était vrai; il faudrait croire que les anciens mêmes, en voyant de près les nations barbares , n'avaient eu aucun égard, pour les distinguer entre elles, à la couleur et aux traits du visage; autrement comment auraient-ils attribué le nom de Scythes, et à des Mongols et à des peuples de race japétique ? Ou si les. Scythes des histoires orientales et classiques n'étaient autres que les tribus tartares des temps modernes, d'où vient que nous ne posséderions aucun monument qui en reproduisît rimage ? Il est curieux, je dois le dire , après le ton absolu dont Niebuhr s'exprime, de recourir aux auteurs qu'il a cités , et de n'y découvrir rien qui se rapporte d'une manière exclusive à des tribus mongoles. Hérodote d'abord ne s'explique aucunement ni sur la conformation, ni sur les traits des Scythes d'Europe ; les usages qu'il en rapporte s'appliquent encore aujourd'hui à tous les nomades des Steppes du nord, à quelque race qu§ ces nomades appartiennent; la religion de Fépée, que Niebuhr dit s'être renouvelée dans les armées d'Attila et de Gengis-Khan, n'est pas étrangère aux premières croyances des Grecs (4 ) , qui certainement notaient pas des Tartares. Hippocrate à son tour,

(1) C'est ce que j'ai conclu depuis long-temps de la synonymie , chez les Latins , des mots Jugula et Orion, pour désigner une constellation. Jugula qui veut dire épée, est en grec awp, mot qui rappelle à son tour le nom d*0no*t. On sait que le catalogue des constellations antiques renferme un vaste répertoire mythologique et religieux. Voyez

dont; Je {émoigrçage su? les Sçy&es d'ÇBFPBÊ *# bien plus éfwdu q^ant aifît e^açtépef p^ifljie^ qup çelpi d'Hérodote , Hippoprçte es| ég^epaerij; muet sur la physionomie de ces peuples ; il décrit $vpc soin leur organisation lymphatique a le relâr chemspt de leurs fibres et leur fréquej*fs obésité; mais ces observations font ypir en même temps que .ces caractères extérieurs ne pésujjtenl; pas d'uap pagine particulière, mais bip» de J^ naftire du . clin^t dans lequel ces Scythes p^ssajeRj. leijr vie. Le seul t^ait qui , dans cette description , puisse nous éclairer, se rapporte au teint des Scythes (TJm*fqpe: Hjppqcrate remarque à ce sujet qvj'en r$jsop du froid rigoureux qui règne dans la Scyfhje , la couleur des hommes qui habitent pe#e contrée n'est pas blanche, mais rouge fr^) (1). pt, en effet, on remarque encore chez nous, qui ne sommes pas des Tartares, qu'un froid rjgoureux et prolongé épaissit la peau , J'enflamme et la rougit IUep, au reste, de pareil ne serait arrivé chez les Tartares, dont la peau n'est pas rouge, mais jaune. Si réellement les Scyttye§ $ Europe ayajpqt été des Mongols, comment un observateur aus^i exact qu'Hérodote n'aurait- i} pojift signalé leur face plate ', leurs -pommettes saj)fôi#es , leurs larges oreilles, leurs yeux obliques et relevés par

d'ailleurs , dans Clément d'Alexandrie ( Rrotrept. IV. 46), Mars autrefois adoré à Rome sous la figure d'une lance.

(1) Hippocr. op. cif. CIL Coray traduit ici le mot rcuppiç par basané : je crois que c'est une erreur ; L'action du froid, en altérant la blancheur de la peau , ne la rend pas basanée , mais rougèâtre.

je bwâ eaUériew? Gomment la* Scythes , qui se luttaient au service d 7 Athèue* r qui faisaient dans |a ville office 4e gendarmerie, et dont le corps-degarde «Était au milieu de la place publique, n'auraieut-ils pas été ridiculisés pour leur physicmo-* mi&, si différente de eelle des Grées ? Comment Aifetophane , qui parle M <*ei Seythes dans §e$ cor dédies (1), p^ur^iHl pa? fourni des ^rgumpnts k Jopiuion de Niebuhr ? Gojnmeut l'art grec , au$$i Jiabile à saisir Jps expressions comiques et les bizarreries de poufqrmatipu qu'à fendre la beauté humaine, ne cous aurait-il pas transplis, au milien 4e cçs pègres , 4p çe$ Pygjnées, de cps satyres chauves et c$u*us , dont Ie$ cb}JecfiQn$ de raarbre§ et de va$e§ peinte ahondpitf, quelque représenta? tion qui pAt W rapporter au type JUpngol ? Qu^n4 darçs s% description de la Scythie , Hérodote (2) §rriye aux peuples qui ne sont pas Scythes , il a grapd soin de pous représenter un peuple chauve | caiflu? , 4pftt I e ? JPWps sont développées , et qui parle une larçgqe particulière , lequel enfin n'a de ressemblance avec les Scythes que l'habit. Le polirait 4^ ces peuples ressemble beaucoup à celui des.Tarfares, mais c'est une raison.de plus pour q^on croie quelesTartarpset les Scythes n'avaient absolument rien de semblable,

VIII. Ces réflexions suffisent, je pense, pour qu'on ce§se d'adopter de confiance l'opinion de Niehuhr^

(1) Thesmophor. 10 26 et schoL ad k. h 1055. Lysistr. 452. 456.

(2) Suprà §. 6. 1.

( 300 ) sur l'identité des Mongols et des Scythes d'Europe; quant à savoir si réellement ces derniers peuples se rattachent aux Scythes de l'intérieur de l'Asie , proches parents de la nation taédique, c'est là une étude particulière qui nous occupera dans la seconde partie de cet ouvrage. Nous aurons à voir alors si l'époque de l'arrivée dés Scythes en Europe ne peut pas être déterminée d'une manière précise; si le mouvement qui a amené les Scythes Royaux au nord du Pont-Euxin n'est pas celui-là même qui a rejeté tout ou partie des Gimmériens en Europe et causé l'oppression de l'Asie par les Scythes pendant quarante années. Nous chercherons en même temps à déterminer quels éclaircissements fournit le tableau complet que nous donne Hérodote des mœurs et de la religion de ces Scythes. Peut-être, parmi les nombreux détails qui presque tous s'appliquent aux Nomades du nord sans distinction, pourrons-nous néanmoins en signaler quelques-uns qui rattachent d'une manière directe les Scy thesJloyaux à leurs frères de l'Asie. Dans cette hypothèse, l'organisation régulière et la demi -civilisation des Scythes d'Europe deviendraient pour nous la preuve que ces peuples n'étaient dépourvus ni d'une illustre origine , ni de puissants souvenirs.

Les légendes zendes nous font voir la lutte acharnée des peuples à 9 Iran et de Touran. Dans les versions musulmanes, les Iraniens sont devenus les Persans modernes*, les peuples du Touran sont les Turcs. Il n'en est point ainsiquand on dépouille ces traditions de leur couleur moderne ; on s'aperçoit

( 304 ) alors qu'entre les peuples de l'Iran , les Arii de Djemschid, et ceux de Tour, leurs perpétuels ennemis, la langue, les noms, les idées, presque tout est commun (1). De là à ce qu'on admette aussi l'identité de race, il n'y a, comme on le voit, qu'un seul pas. Nous rapprocherons donc les peuples de Touran des Scythes de l'histoire classique , de même que nous aurons confondu les Arii avec les Médes des traditions primitives; les Scythes désigneront alors toute la partie de la race qui sera demeurée fidèle à ses premières habitudes pastorales et nomades; les Mèdes ou les Arii seront pour nous ceux qui, sous la conduite de Djemschid, auront bâti les premières villes à l'aide des Divs , génies malfaisants, dont la science et la méchanceté, l'adresse et la corruption, sont des traits qui se rapportent aux peuples de Gham, selon l'idée que les Japétiques avaient dû se faire des races méri~ dionales.

Une fois engagés dans cette voie , nous suivrons loin la trace de ces Nomades , qui diminuant chaque jour de nombre , à mesure que de nouvelles tribus s'assujétissaient aux lois d'une société moins libre et plus policée, finirent par disparaître de l'Asie et ne plus laisser aucune barrière entre les purs Arii et les Mongols, jusque-là confinés dans l'extrême orient de l'Asie. A l'époque de la conquête de l'Egypte , il n'y avait dans cette partie de la race japétique que des Scythes ou des Schetâ; cependant Djemschid avait bâti des villes - ■ ■■ ■ ' - - — - - • ■ '-•■ ■ * ■■' •*■

(1) Cf t Supra ch. V. $. 3. p. 184, note 1.

et s'était instruit à l'ëcolé de* peuples méridionaux î la séparation efltrë ceutf qui s'étalât ainsi Convertis à là civilisation et CêU* qui ëilt<ëpôa£saiërit les entrave^ d*abord presque îhsefasîble, finit par m transfert* met eu uuë iukfiitië àfchârtiëej maiutes fois les Nomades firent tremblée lés Piooiê (ai 1** Zends (car telle paraît avoir ëtê la sigfiififcatibft de ce mot) (1) j nëanmoiiis la cause de la barbarie fut value»* : la civilisation se propagea de la Perse et de la Médie jusqtt'eu fiactriâue è* ttui eoufitis dé l'Inde» Les Nomades, toujours repèussés et toujours rebelles au joug de la société, eôdèretft ëufift le terrain) les uns se réfugièrent à l'Orient où lès historiens chinois UôtfS les fout Voir éftcdte aii premier siècle de notre ère {#); les àutfeg passée Mut enEurbpe, rëfottlautlës.trïbusein\mérieUtfeS et Barihates. Quand dèvà siècles 3prè$, tes rois dé Perse eurent achevé dans la Jfeetriane, d'établi* la sûreté de leurs frontières d'orient, lesScfytheS pattes en Europe lès iuqutétèretft encd*e; tel fut k motif de l'eipéditîon qui Dariuè dirigée ctftttré eux, et qui, comme o& 1e sait, tfeiut pas de suites heureuse pour cte monarque. Il était têsmè à Uti peuple d'abord méprisé ptâ les É%thès dfe mettre fin à leur dernière puissance f lèê àarmstéS sur le

(1) « Zend provient du mot Zantu » lequel n'est que » l'altération du sanscrit, Ùjantu ( ûre vivant). Dans les » textes de* 2oroâstre , Zantu désigne une ville d'une cer- *> tàine étendue , en tant tpie contenant des êtres vivants: » Communication .de M . Eugène J3urnonf. - .

(2) Klaproth, Tableaux histor. de F Mie. p. 135-

corps desquels les Scythes avaient en quelque sorte passé, s'étant multipliés à l'infini , commencèrent Contre eux une^uerte d'eitermination que cetix-ci ne purent soutenir, coupés qu'ils étaient de toute communication avec leurs frères d'Asie. Aujourd'hui toute retendue de l'ancienne Scythie européenne est occupée parles Slaves, descendants des Sartnatës: qui sait si nous ne devons pas suivre la trace des Scythes Royaux parmi leS nations germanique^ :et Scandinaves , qui certainement appartiennent à la même origine ?

IX, Je pense qu'à présent la question posée phte haut(§.lîl) sur la manière dont les Scythes repoussèrent les Cimmériens de l'Europe et les refoulèrent en Aéie, que cette question n'offrira plus les ténèbres qu'elle avait d'abord soulevées. t)iodore (1 ) affirtoe positivement que les Scythes étaient originaires de l'Arménie. Cet historien nous les montre d'abord en petit nombre sûr les bords de l'Araxe, puis am« plifiàtit peu à peu leur empire, par de là lès contrées taontagnetises du Caucase, jusqu'au Palus-Méottde et à l'embouchure du Tanàïs. L'opinion émise par Diorfore peut êlf^ prise dans Un * du OU tout à fait restreint. Ainsi de ce point, qu'à son origine la r tlère était fiottiade , et que par .

pu être désignée sous le nom de

placé que ÎJiodore assigne au t>er j

présentera Une frappante conformité avec les lieux tt'ôù Moïse fait sortir les peuples japétiques. Il est

( 304 ) possible, toutefois , que Diodore s'en tienne ici à l'histoire particulière des Scythes qui passèrent en Europe au septième siècle de notre ère, et y fondèrent l'empire dont Hérodote nous a laissé une si précieuse description •

Quoiqu'il en soit, de ce que ces Scythes, partis du Caucase , trouvèrent des Cimmériens établis au-delà du Tanaïs, il ne s'ensuit pas qu'à ce côté seul de la mer Noire se bornassent les établissements des Cimmériens : ces derniers peuples sont aux Celtes, ce que les Scythes étaient aux Cimmériens ; la parenté commune de toutes ces nations ne saurait être méconnue; leur succession présente à l'esprit l'image de flots qui se poussent les uns les autres dans la direction de l'occident, absolument comme à l'époque de ce que nous appelons l'Invasion des Barbares. La cause qui, au septième siècle avant Jésus-Cbrist, précipita les Scythes sur les Cimmériens nous est inconnue; Hérodote nous dit que les Cimmériens, chassé* de leurs demeures, se réfugièrent en Asie, et que c'est en les poursuivant que les Scythes, se trompant de route et prenant la gauche pour la droite du Caucase, tombèrent sur la Médie qu'ils ravagèrent; et en effet , pour passer de la Russie méridionale dans la Perse ou dans l'Arménie occidentale du côté d'Erzeroum, les routes ne sont rien moins que faciles à travers les défilés du Caucase t une connaissance plus exacte des lieux, fondée sur des rapports de parenté avec les peuples qui les habitaient, permit peut-être aux Cimmériens fugitifs de passer de la Crimée à laquelle ils laissèrent leur nom ,

dans la Colchide et de là sur la côte sud du Pont- Euxin. C'est ainsi qu'ils surent se mettre à l'abri du pouvoir de leurs ennemis, et ce passage en Asie des Cimmériens d'Europe ne fit sans doute que rapprocher des peuples qui avaient une origine commune. Ainsi, tandis qu'une autre portion des Cimmériens expulsés de la Russie méridionale allait porter ses destinées dans la Germanie et dans la Gaule, on vit ceux de leurs frères qui avaient pris la direction de l'Asie, traverser le territoire des Moschi et des Tibaréniens , et se répandre enfin dans les contrées qui, bien des siècles auparavant et à une époque que nous ne saurions déterminer, avaient été occupées par un premier rameau de la* race de Gomer.

X. La suite de la généalogie de Japhet dans là Genèse contient des renseignements favorables à notre opinion : Thubal, Mesechet Thiràs, sont au nombre des fils de Japhet. L'identité de Thubal et des Tibaréniens est, certaine; ce peuple occu-' pait la contrée montueuse voisine de la Colchide. Par Mesech, les interprètes s accordent à entendre les Moschi d'Hérodote ou les Mosinœces de Xénophon : ceux-ci s'étendaient depuis la limite des Tibaréniens au sud jusqu'à celle des Phrygiens sur les côtes de la mer Noire. Thiras parait désigner les peuples de la Thraee\ et Ton sait par les rapports des Grecs que les Thraces étaient originaires de FAsie-Mineure, et qu'ils avaient passé par THellespont, de la Bithynie dans le nord de la Macédoine ; on confondait même les Ihraees l. 20

( 306 ) avec tes firyg&i le* marnes que les Ptyygvn* («)♦ Si 4e o«» chefs de la race japétique, nous passons aux détails de leur généalogie, nous trouverons les Gimmamt* placés au nord et au midi des trois peuplée que nous venons de nommer; Moïse donne àGower trois fils, Aikhenafiy RifMl et Tfwgorma. Bochart ft pensé qu'à AsKhepa» répondaient les .Atcamem* nomancie» de» peuplés de la Phrygie, et cette opinion a été presque unanimement adoptée. Le» Arméniens, dans leurs histoires(2), reconnaissent Thogormcf pour l'auteur de leur race, et l'objet du commerce de Thogorma chç* les prophètes répond, en effet, aux produits de l'Arménie, thogorœa, dit Eîéqhiel (3) amenait dans les marchés de Tyr des chevaux , ' des cavaliers et des mulets; Meseeh et ThuhaJ y apportaient à leur tour des eseïaves et des rases d'airain, Ces renseignements ûftVent une confirmation, sans réplique des synonymies établies pour ces différente noms» Lodescripiion pittoresque qu'Hérodote nous donne de la navigation de i'Euphrale et de ses bateaux de cuir qni descendaient de l'Arménie, ayant chacun un îm au milieu de l'embarcation, se rapporte au témoignage d'&éduel, oeoflrmé d'ailleurs par r«xis(enoe d'un grand nombre de pâturages dans les values de l'Armé»» , pâtarage* exirémMDent favorables à l'éducation d«S chevaux et des nw-

#) Strab. Vil p. »S.

•^8) iHvs. ChcTen, triste Jnm, 1. 4f.

(3) XXyjI. 14.

lets, Les montagnes habitées par (es Tibarénieft* et les Mosinœces sont aussi celles des Çliçdybes y h&* biles k fendre Je cuivre qu'ils tiraient des mines de leur voisipage, La Çire^ssie et \$ Qéorgie, qui répondent en grande partie à ces çqrçtrées, sont encore aujourd'hui la mine d'où les harems de Çp#$tanttnople tirent leurs plqs beljies esclaves.

Le sé\d, panni le£ fils de Gorper, dpflt k'sypo* nyïpie présente mie difficulté réçlle est fiiphqt : mais il est bieji difficile, quant à ce dentier nom, de ne pas songer 3u$ Monts Riphées, appelés aussi par les Grecs Monts IfypexbQréens , et dont la. situation d'ailleurs peut être cherchée depujç l'Otyral jusqu'au Çauppsç. & quelque çhaîi)0 qw Ifl nom de Riphées 3it été réeHea>ent »|tribu§/ qj\ ne peut croire qrçe ce mot ait été j&rarçgpr à h J&q- ÇUe des peuples qijji habitaient Je iprd dii Caucase et du JPont-ÎJu#in ? aussi, pprçr flous, Riphat dé$i~ gne*t-il cette portipn des Chttmériena que lea Scyr thps trouvèrent m posseçsioft de ces contrées et qtt'^lp r^foplèrwt pwrfe plupart en Asie. U fout reH&arqoer eafprp ici ijn earâctère d« la destinée dp certains peuples japétique* : les nomade Thùbal et <te Mftëch restant ftoofiiréa à des localités assez étroites; ces nflmsne produisant pas de fi U*t ion: Capter, m contraire, s'éfefcd ss*r uneyaste contrée, et k Jionabm de ses fils indique celui de ses établisseiront*. La Gepèse eo^naîtdei Cimmériens depuis k nord du Causse jusqu'aux limites de la Médie, et depuis la mer Caspienne jusqu'à l'HeUèspHit; on pegt wrnplétsr h tableau qu'elle mxus donne de U rac^ çimi^neane, g» suivant les Cimbrci en

Germanie , en Gaule, en Italie, jusqu'au fond de notre Armorique.

XL II ne reste plus à examiner de la race de Japhet qu'une seule famille, celle que la Providence avait appelée à la destinée la plus illustre. Ce fut pour la science moderne une grande conquête, que la découverte de l'origine commune des Indiens, des Persans, des Germains et des Grecs. Il a fallu plusieurs siècles de travaux historiques et philologiques pour qu'on reconnût enfin cette grande vérité ; aujourd'hui , néanmoins , la solution du problème est plutôt indiquée qu'éclaircie. On sait, à n'en pas douter que la langue sacrée de l'Inde présente, avec les idiomes de la Perse, de la Grèce et de l'Italie ancienne , une frappante conformité : mais de ce résultat on a tiré d'abord une conséquence assez étrange et dont beaucoup de doctes esprits, je pense, n'ont pas encore reconnu le caractère erroné. Ce n'est pas, pour bien des savants, une difficulté sérieuse que de faire quitter à des colonies de Brahmanes les bords fertiles du Gange, parcourir une route pénible à travers l'Himalaya et l'Hindou-Kousch, et de là s'étendre long -temps, d'abord dans la direction du sud au septentrion^ puis dans celle de l'orient à l'occident. Selon cette hypothèse, les Indiens auraient engendré les Perses, et ceux-ci, que sais-je ? les Germains, puis les Grecs. Un autre système que notre Bàilly avait mis en crédit plaçait un Eldorado de civilisation primitive, dans une contrée désignée vaguement sous le nom de plateau central de l'Asie ; c'est de cette contrée , située au delà de la Bactriane, que les nations iu-

( 309 ) do-germaniques se seraient répandues en deux fleuves , l'un portant au Sud , l'autre se dirigeant à l'Ouest.

Aujourd'hui les progrès de la géographie ont fait connaître , à la place de ce plateau central de l'Asie, un vaste désert. Si, retranchant de l'hypothèse de Bailly ce que les faits ont démontré impossible, on s'attache à l'autre supposition de ce savant, suivant laquelle la race indo-germanique se serait répandue en deux fleuves, parcourant des routes opposées, on se voit obligé, pour trouver un point de départ réel, d'en revenir à celui que Moïse assigne à la race japétique. Les Japétiques de Moïse ne sont pas autre chose que les Caucasiens de Blumenbach; c'est dans les vallées qui s'étendent sans interruption depuis le Caucase jusqu'au Niphatès, qu'on se voit contraint de chercher le berceau de la race indo-germanique. Ou si l'on craint d'en trop préciser les limites, on peut accroître ce système de montagnes de tout celui qui se développe dans la Perse et dans Y Afganistan actuels, à l'est et au couchant du Désert Salé. L'esprit peut flotter incertain dans cet espace; mais le fait auquel j'en voulais venir pour conclusion, celui de l'identité de la race nommée japétique par Moïse et de celle que les modernes ont appelée mdo-germanique , n'en reste pas moins démontré. Quand la Genèse nous dit que MadaïetJavan furent fils d'un même père, elle ne fait qu'établir en langage oriental la proposition que les modernes ont exprimée scientifiquement, quand ils ont établi

què)e§ ]fet$léé toëdiqueSetleéGtèéààp^krtêhalièiit à une origine comttmne;

XIL Le tableau que Moïse nous donne de la race iùdo-gettnàftiqtié, ne Saurait être complet : il y manque les deùi points extrêtaes de l'extension de cette face, c'est-à-dire les Indiens et les Germains que Moïse n'a pu connaître. Mais quant aux rangs intermédiaires, le texte sacre nous fournit dés renseignements que la science de nos jours aurait été peut-être longtemps à découvrir. On ne fait que soupçonnet», encore aujourd'hui , la patenté d'une partie des Nomades de l'Asie et des tribus civilisées qui s'étaient établies dans l'Inde, dans la Perse, dans la Bactriane et dans la Médie ; et cette parenté est écrite dans la Genèse, puisque Magog, le représentant des Scythes , figure parmi les fils de Japhel. On n'aiirait su à quelle origine rattacher les Cimmériens ou Cimbres dont la langue et l'histoire presque tout entières se sont perdues : mais Moïse, qui fait de Gomer un des fils de Japhet, nous rend ainsi compte par avance de la fusion facile qui s'établit , dans un siècle voisin de notre ère, entre les Cimbres et les Germains ou Teutons. Nous remarquons, dans la population de l'Asie- Mineure, un choc et un mélange des traditions les plus diverses : et Moïse , qui ne s'explique pas sur l'origine Chamitique des Leucosyrifens de laCappadoce, (Ch. VI. §. VI. 6.) nous montre en revanche les Lydiens sémites arrivant du S. Ë., et les Phrygiens, membres de la famille cimmérienne , se répandant, par lescôtesdu Pont-Euxin, dans cette péninsule. Enfin, l'existence du groupe de peuples,

( 3« ) ddsigtié pà* les ethnographes Moderne* aaua le nom de famille 3 hmer^Iliyrkfvw ^vésentmkrwire espHt 4e nouvelles énigmes; let Thraœa lllyriens sont parétits d«â Grec», et néanmoins ne «rat pw les inerties qlie les Grec* * Moïse enepra prépare Ift solution dé ce dernier problème , en désignant ThirtUy père de* Thtaeés, comme tin frère de /». wm , père de* Grec*.

Ainsi, les plus gloriettk effort» de lu soient» moderne n'aboutiront, en définitive, qu'à accroître l'autorité du témoignage de Moïse, et quand cette science, qui opère sur les langues conservées et sut* les histoires écrites, aura épuisé se* moyens d'in* vestigatiotis , il faudra qu'on recoure encore à h Genèse, pour combler le* ladurie* qti'ôti aura dû laisser dans ce vaste travail. S'il restait encore des doutes sur l'authenticité des renseignements fournis par Moïse, relativement aux races de Serti etd* Cham qu'il a dû le mieux Connaître, fie devrions* nous pas nous sentir rassurés par la conformité de son témoignage avec celui de là science critiqué des modernes, en ce qui concerne la partie des peuples de l'antiquité sur laquelle il n'a dû avoir que des notions tout-à-fait imparfaites ?

XIII. De tout le tableau ethnographique donné par Moïse, nous n'avons plus à étudier que la postérité de Javan , père des Ioniens et des Grecs. Les Orientaux ne font pas comme les Grecs dériver les Ioniens de* Hellènes ; ils prennent le point de départ des Grecs en Asie, soit que cette idée leur paraisse plus naturelle, à eux qui sont de cette partie du monde, soit qu'en effet la légende qui représente

Ion comme petit-fils d'Hellen (i ), résulte d'une fiction postérieure à l'époque où la tribu des Hellènes, d abord limitée à un petit canton, finit par prendre un ascendant universel dans la Grèce. Le nom d'Ion peut être comparéavec celui d'un des symboles principaux de la religion babylonienne, la colombe (semit. ionak); cette ressemblance provient peut-être de ce que les Ioniens, convertis aux croyances religieuses dçs bords de l'Eupbrate, sans doute par l'influence de la colonie sémitique des Lydiens, adoptèrent en même temps pour eux-mêmes un nom tiré du culte auquel ils venaient de se soumettre ; c'est ainsi qu'on remarque que les Perses et les Mèdes ne sont pas désignés par des noms originaires de leur propre langue (2), mais par des dénominations empruntées à la langue de ceux dont ils avaient adopté la religion. Cette observation peut servir d'argument à l'appui de l'opinion que nous avons énoqcée, sur l'influence très étendue de la religion babylonienne, opinion dont les preuves seront développées dans cet ouvrage.

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