ÉCLAIRCISSEMENT
SUa LES CARTES GÉOGRAPHIQUES.
Les deux cartes jointes à ce volume ont été dressées dans Fintention d'aider à saisir promptement Phypothèse sur laquelle repose mon explication du chapitre X de la Genèse. Jusqu'à ce jour, et dans les ouvrages les plus accrédités, on avait fait rayonner, dans trois directions opposées, les générations de peuples émanés de Noë , et l'on s'était peu inquiété de la question de savoir si ces différentes races avaient pu se succéder sur les mêmes lieux ; on n'avait point cherché si, parmi les nations mentionnées par Moïse , il ne s'en trouvait pas qui pussent prétendre à une antériorité de formation et d'établissement. Ces droits établis pour quelques-unes dans les chapitres Y — VII qui précèdent, servetit de base à la nomenclature delà première carte , celle qui présente la distribution des peuples sur la partie sans doute la plus anciennement peuplée du globe, avant les migrations sémitiques. Afin de mieux faire comprendre au lecteur la position réelle des noms géographiques rapportés par l'auteur 7 cle la Genèse, on a reproduit en lettres grises les divisions les plus importantes de la nomenclature usuelle. Ces divisions , ainsi que les noms des principaux fleuves et montagnes indiqués aussi conformément au vocabulaire classique, forment pour ainsi dire le fond qui fait ressortir la véritable portée des renseignements fournis par Moïse. Dans cette carte, la race de Sem se trouve réduite à on seul nom, et n'occupe encore qu'un point entre les espaces occupés originairement par les races de Japhet et de Cbam (ch. V. §. XIII ; cf. ibid. §. XII, ch. VII, §. XII,
. 2 et XVII, 2). la race de Cham est la seule que nous trouvions complètement délimitée dans ce premier aperçu : c'est aussi celle qui a fondé la première civilisation (ch. * VI, §. XIV, I. ). La couleur verte indique les limites de la race de Kousch , tant en Asie qu'en Afrique ( ch. VI; §. VI , 4. ) , les limites de cette race sont indécises au. sud de la presqu'île de Meroë et à l'orient du golfe Persique , dans la direction de l'Inde. Au nord, j'ai compris, par conjecture , dans là air conscription de Kousch , les Leucosjri de la Cappadoce , que nous avons attribués à la race de Cbam , bien que Moïse n'en ait pas parlé ( cb. VI, §. VI. 6, ch. VII. §. XII. J. Des travaux récents et que j'ai exposés dans le second semestre de mon cours de cette année ( 1836- 1837 ) m'ont confirmé dans l'opinion qu'à une époque très reculée, probablement après le grand déluge de la Genèse, les Chamites s'étaient répandus encore plus loin vers le nord. Les limites extrêmes de ce débordement des Chamites sont indiqués par delà le domaine de la race de Japhet ( qui eut bientôt repris et repeuplé les lieux désolés par le cataclysme ) ; c'est à cette pensée du moins que se rapportent les indications qu'on trouvera sur la carte , de la prétendue colonie égyptienne de la Colchide , dont parle Hérodote , et des Chamites de l'Hyrcanie dans le sud de la mer Caspienne.
La couleur orange sépare la race de Mitsraitn des Kouschites à l'est et au sud, et des peuples de Pkut au couchant Chanaan se distingue par la couleur jaune clair. J'ai dû indiquer séparément le premier séjour des Chananéens aux bords du Golfe Persique et leurs établissements définitifs sur la Méditerranée (ch. VI, §. XII). Des distinctions équivalentes n'ont pu être établies entre les différents peuples d'origine japétique. Une délimitation rigoureuse entre Magog et Modal paraît contraire à l'histoire (ch. VII, §. V et VTÏI. ). Madal se trouve seulement plus rapprochée du centre de la civilisation babylonienne, et Magog i plus reculé vers les solitudes centrales de l'Asie* Gomer n'a qu'une situation très incertaine au nord de l'Asie mineure. Les autres fils de Japhet, Javan , Thubal et Me- L. 24
MfftoA ne jouent encore aucun rôle dans l'histoire. En revan- -che , nous plaçons Kasd ( . omis par Moïse dans la généalogie de Japhet ) auprès àeSem, à cause de la parenté originaire qui parait avoir uni les ChaUéens et lès Sémites ( du V, §. XII. ). On s'étonnera peu d'ailleurs de ne pas ren#pntrer sur cette carte un certain nombre de noms dont la position est par trop incertaine. Dans cette ignorance, nous avions mieux aimé omettre tout-à-fait des noms d'ailleurs sans valeur historique , que de surcharger notre carte d'hypothèses dénuées de tout fondement.
La seconde carte, calquée sur la première, quant aux données principales , a pour objet cle faire voir les modifications apportées dans la distribution des peuples , par les migrations successives des Sémites (ch. V, §. XIII et XIV.) Cette carte ne fait pas voir l'état dans lequel se trouvait l'Asie occidentale, quand les Sémites eurent anéanti ou absorbé les Ghamites de l'Asie, à l'exception d'une lisière étroite entre le Liban et le Nil (ch. VI, §. III et IV ) : elle indique, au contraire , la marche des Sémites, au milieu des peuples de Gham , encore en possession de leur vaste territoire. Une invasion semblable avait répandu , à une époque encore plus ancienne, les hordes des Scythes Japétiquessurks contrées occupées par les Ghamites : c'est là un fait que je crois être parvenu à démontrer dans mon cours de cette année. Mais ces antiques migrations n'ont laissé aucune trace dans la Géographie de Moïse , et celle des Egyptiens , quand on pourra l'étudier avec fruit, pourra seule fournir des indications précises à ce sujet (cf. ch. VII, §. XVH, S. XVIII , 6, note 2 de la p. 559 ).
La ligne orange indique la marche A*E\am.4ssur et Arfhaxad ne paraissent pas s'être assez éloignés du berceau de la race, pour qu'on ait cru nécessaire d'indiquer par une ligne particulière la^direction qu'ils ont suivie : la marche des Kasdim ou Chaldéens , est parallèle à celle des Assyriens et des Elamttes. Arum précède Heberfsox la ligne jaune ; mais il s'arrête au nord de Chanaan : Beèer descend jusqu'e«Egypte.Lal%neiwrïtf appartientjàkmigraion de Loud. La grande ligne bifurquée rouge montre l'ex-
tension considérable qu'ont eue les colonies à!Ieclan. Sur cette carte , la nomenclature est beaucoup plus étendue que sur la première : U généalogie de Japhet occupe toutes les places que la tradition mosaïque ou même les interpolations postérieures (ch. VII, §. I, 2, et XIII , 5) lui ont assignées. Mais des incertitudes subsistent encore sur certains . noms des familles à!Aram, de Kousch et de Chanaan, et nous ayons observé, à l'égard de ces noms , le principe de réserve que n«*f noua étions impofé , en faisant dresser l'autre carte.