M. R. PI. CLV1I — IX
des peuples, paraît être le premier de ceux qui, après la restauration de l'Egypte, sous la dix-huitième dynastie, portèrent jusque dans l'Asie leurs armes conquérantes. Ainsi, on trouvait le moyen, tout en exprimant une idée religieuse, de rappeler les entreprises qui venaient d'accroître le domaine de la science égyptienne. Le même tableau est répété, avec des variantes, dans le tombeau du dernier de ces conquérants égyptiens , Rhamsès Meiamoun. Ceu* de ces princes qui suivirent, continuèrent, par habitude, de faire représenter dans leurs' tombeaux les portraits des races éloignées , bien que , sous leur règne , les Égyptiens eussent cessé de prétendre à de grandes eritreprises militaires. Si Ton admet la donnée, non de Josèphe, mais de Manéthon (4), sur l'époque de l'expulsion des Hébreux de l'Egypte, on reconnaîtra que l'âgé de Moïse se trouve placé précisément entre les deux règnes où les plus importantes de ces peintures furent exécutées, celui du prétendu Menephthah I er et celui de Rhamsès Meiamoun. Quand bien même on s'arrêterait à un autre calcul pour 1 époque de la Sortie d'Egypte (2), la date n'en pourrait être, en aucun cas, assez éloignée de
(1) Adv. Jpion. I. 26. Cf. Wiseman, Horœ Syriacœ , tome I. p. 264.
(2) Des travaux récents m'ont amené à penser que l'Exode avait eu lieu peu d'années avant le règne de Menephthah I e1 ; les preuves de cette opinion seront développées dans la partie de cet ouvrage qui sera consacrée à l'histoire d'Egypte.
celle du règne de Menephthah pour qu'on cessât d'admettre -la contemporanéké presque complète de la composition du chapitre X jde la Genèse et de l'exécution de9 figures ethnographiques dans là Vallée des Rois,
XV.C^estdoncun pointd'étude fort curieux que la comparaison des idées qui ont présidé à l'exécution dessculptures dans les tombeaux de Biban-el-Mo-? louk, avec les intentions que nous devons supposer à Moïse dans la composition de ses généalogies ethnographiques. Evidemment, les Égyptiens ne se sont pas préoccupés, comme lé prophète hébreu, de k pensée de ramener les principales races humaines à une origine commune. Le tombeau de Menephthah l fr renferme quatre types différents.* Le premier est celui des Égyptiens que conduit , comme pasteur, le dieu Horus (4). On voit ensuite paraître un peuple beaucoup plus blanc que les Égyptiens, dont les yeux sont plus clairs, les cheveux encore noirs et la barbe d'un roux foncé : ce peuple doit être d'origine sémitique. Ceux qui les suivent sont des Nègres; puis viennent des hommes très blancs , de haute taille , dont les yeux bleus , la barbe blonde et les cheveux cendrés indiquent certainement des Japétiques. On peut croire que les Égyptiens n'ont eu d'autre intention que d'ipdiquer toutes les variétés humaines qui leur étaient connues : les Nègres à leur gauche et dans le midi de l'Afrique ; les Sémites à leur droite, et
(1) Belzoni , pi. VI; Rosellini, M. R. n° CLV.
au nord de la vallée du Nil; les tribus japétiquet enfin, distantes de l'Egypte et reléguées sur le* montagnes de l'Asie intérieure.
. Quant aux noms que les Égyptiens appliquent ici aux peuples étrangers, on ne saurait en tirer aucun parti; les Nègres s'appellent Nahasou, les Sémites ISamou, les JapétiqueS Tamhau (1). Ces noms ne sont évidemment pas ceux de nations particulière^ ; car les Namou du tombeau deRhainsès Meiamoun diffèrent, non seulement par le costume, mai g encore par les caractères extérieurs, des Namou du tombeau de Menephthah 1 er . Le même nom est appliqué, dans celui d'un autre Rhamsés, à un troisième peuple encore plus différent des deux premiers (2), Kou6 avons de même trois types très divers pour les Tamhou dans les tombes de Menephthah Lr, dq Rhamsés Meiamoun et d'un quatrième Pharaon.
D'après cette observation , on doit croire que les noms de $amou f de Tarnlwu et de Nahasouvût dû être pris dans un sens générique, et que, par ce* expressions , les Égyptiens ont voulu désigner lq situation de ces différents peuples plutôt que leur ^ origine.
Il est vrai , quant à ce dernier point , que les mots qui dans la langue égyptienne expriment le nord et le midi, le levant et le couchant, n'offrent point d'analogie avec les noms des peuple* qu'on lit dans les tombeaux des rois. On se voit donc obligé de supposer que ces dénominations se
(1) Champollion , Lettres d'Egypte, p. 249.
(2) V. néanmoins la noU 2 , p. 244.
rapportent aux idées que les Égyptiens attachaient à la nature des différentes nations. Seulement il est permis de croire que ce peuple n'avait pas une perception bien nelte des caractères de race qui unissaient ou séparaient les nations étrangères, et que souvent il appliquait à dés hommes d'origines près* que opposées les mêmes dénominations génériques.
Quelle que soit au reste l'opinion qu'on adopté à cet égard, on ne sait si les dénominations usitées dans les tombeaux des rois étaient tirées de la langue égyptienne /ou empruntées à quelque idiome étranger. Dans la première hypothèse , on pourrait soupçonner que ces noms étaient conçus dans l'intention d'exprimer quelque particularité propre aux principales familles de l'espèce humaine, en considérant surtout ces particularités selon la manière dont les Égyptiens devaient êire affectés par lai vue de ces peuples ou par les rapports qu'ils avaient avec eux. Ainsi , ISahasou pourrait vouloir dire ou le peuple remuant, à cause des révoltes des Nègres et de leurs fréquentes excursions sur le territoire de l'Egypte, ou ceu£ qui portent des colliers (1) : ce qui; rappellerait un des traits distinctifs du costume des Nègres sur les monuments égyjptiens. Le$ Naràou seraient les peuples de la grande ûe (2) , c'est-à-dire de celle
- ■ ' ■ ' ' ' ' ■ l • * • • - ■ ' ' ' ; ' ■ ' ii ■
(1) HE£,CE excilare y ou fJMC morale; dans ce dernier cas , lis indiquerait le pronom démonstratif pluriel.
(2) lt&& magnuj; ÀXOtZ insuU*
qui s'étend entre le Tigre et l'Euphrate, de la Mésopotamie. Les Tamhou pourraient être interprétés par les endurcis, les rebelles (1) : idée bien en rapport avec le caractère indomptable de la race japétique, et la haine que les Égyptiens avaient conservée contre leurs anciens maîtres , les Scythes Pasteurs.
On remarque , dans la manière dont ces différents noms sont transcrits, quelque chose de l'usage, propre aux Chinois, daltacher une idée, soit descriptive, soit morale , aux caractères dont ils font usage pour reproduire les noms propres étranger». Ainsi , dans le nom des JYahasou, les hiérogrammates égyptiens ont fait entrer la figure d'une espèce à'àigle huppé dont le plumage d'un noir de jais répond à la couleur des Nègres. Dana une dés transcriptions du nom des JVamou , on ■ i . ■! » i i i ■ i n' i ii . * .
(1) TO** bbturare, claudere. Si, comme je le crois, on dort lire Tammehou et non Tamhou (Cf. Rosellitd , J|/, R. n° CLVI, lignes 31 et 32 , et l'inscription du n° CL1X }, ce nom a pu désigner en égyptien une multitude soulevée
(«TCHtt, surgcre , et AMD?., , plehitudo). On verra plus
bas , §. XVIII- 3. que l'Ot final de ces difterents mots doit être considéré comme la désinence plurielle de la langue égyptienne. J'ose à peine dire que la lecture ît du caractère qui commence le mot de Namou résulte de l'emploi d'un caractère symbolique, que Champollion a considéré comme répondant au mot I\2»&, magnus, mais dont l'équivalent dans la langue parlée , pourrait tout aussi bien être CB^ pulcher , magnificus : au lieu de Nam , devrions -nons lire ici le nom même de Se m ?
rmarque le caractère symbolique grand, ehraff port avec la grande tle du Tigre et de l'Euphrate, habitée par les Sémites ; une autre manière d'écrire le même mot, présente le caractère qui, chez les Égyptiens , répond à Fhostis des Latins t à la fois ennemi et étranger (1). Une des lettres intermédiaires du mot Tamhouestune corde tordue emblème de l'idée de plénitude, (**.££, * n égyptien); •et peut-être, par le choix de ce symbole, auquel il* tout néanmoins donné une valeur toute alphabétique, les Égyptiens ont-ils touIu rappeler une idée Voisine de celle qu'exprime en hébreu le nom de Japhet : plénitude, et extension veulent également dire un peuple immense et qui a couvert de ses tribus dévastes contrées. Au reste, je ne veux pas insister plus que de raison 'sur des remarques conjecturales auxquelles l'état des èonnaissances égyptiennes ne permet pas de donner encore une autorité suffisante.
XVI. Quand on s'occupera de la question grave de savoir jusqu'à quelle limite les Égyptiens ont porté leurs conquêtes en Asie, il sera intéressant de mettro les différentes figures des Namou et des Tamhou , des Sémitiques et des Japétiques, en rapport avec la date des rois dans les tombeaux desquels se rencontrent ces représentations. Ainsi, l'hypogée du plus ancien de ces Pharaons, Me~ ftephthah I or , nous montre les Namou (2) sous les traits d'un peuple encore simple et presque sau-
(1) Chaiftpollion JGramm. ég. § 196, p. 138.
(2) Belzoni, pi. VII. Rosellini, M. R. n«CLV.
rage , vivant nu , à l'exception d'une courte jupe de diverses couleurs qui s'étend depuis la ceinture jusqu'aux genoux. Une espèce de bandeau ou de diadème en laine blanche rétient les cheveux et se noue derrière la ttke. La disposition striée et échiquetée des dessins de la petite jupe , ainsi que les longues franges qui la décorent à la partie inférieure et à la ceinture , rappellent le goût d'ornements encore appliqué dans l'Asie sémi* tique au tissage du coton et de la laine. Ces hommes sont évidemment de simples patres, et la luxe des villes leur est encore étranger. Leurs che-* veux noirs et leur barbe d'un rouge foncé les caractérisent presque comme des Juifs } leur nez aqitilin et leurs longs yeux fendus en amande fournissent encore à ce rapprochement des éléments curieux. Si ce ne sont pas là des Juifs, ce sont au moins des Arabes iec ta nid es ou des Ismaé» lites que les conquérantségyptiensont dûrencon-* trer sur leur route, pour ainsi dire à leur entrée sur le territoire de l'Asie.
Dans un des tombeaux postérieurs , nous ren-* controns des Namou (1) évidemment plus sep* tentrionaux ; leur barbe beaucoup plus claire les éloigne tout à fait du type des Chamites ; le caractère du profil est le même que celui des Namou de l'hypogée de Menephthah 1 er ; ils portent comme ceux-ci un diadème, mais de pourpre ; leurs che** veux, dont on n'aperçoit pas la couleur, sont entièrement enveloppés par une étoffe blanche à pois
i w mr»
(l)Rosellini, ifi CLVII.
bleus; une longue tunique d'un jaune clair forme leur vêtement de dessous ; par-dessus est une espèce de manteau que serre une ceinture ,. manteau presque semblable d'ailleurs à Tampeckomunigcçc, à liseré d'un jaune d'or, et présentant l'alternative d'un bleu d'azur et d'un rouge de pourpre parsemé de taches bleues. Ces Namou doivent être considérés comme des habitants de la Mésopotamie, des Chaldéens peut-être, et Ton s'étonne pçu de les trouver plus près, par la richesse naissante du costume, des habitudes de la civilisation; on comprend l'analogie qui existe entre leurs vêtements et ceux des Mèdes ou Babyloniens (1 ).
Après avoir traversé le territoire de çe& Namou mésopotamiens , les Égyptiens semblent avoir pénétré dans une contrée dont les habitants étaient à la fois moins civilisés et plus efléminés que les populations précédentes. Les Namou du troisième tombeau (2), ont une petite jupe comme ceux de l'hypogée de Menephthah I er ; leur manteau qui tombe perpendiculairement et parait être de cuir, est attaché sur leur épaule gauche et laisse la droite entièrement découverte. Ces hommes ont les cheveux noirs, le nez aquilin et le menton rasé ; une partie de leurs cheveux est nattée sur la tempe, à la manière de l'Harpocrate égyptien : ce qui dénote peut-être une intention religieuse. Aucun terme de comparaison ne nous est fourni pour
(1) Cf. Ker Porter, Traveh. tome I. pi. 37.
(2)RoseWni,n CLYUf.
l'appréciation de ces singulières figures. S'il était permis de hasarder une conjecture, on pourrait penser aux Élamites* peuple effectivement d'une civilisation très inférieure à la babylonienne, et que les Pharaons ont dû rencontrer sur leur Toute, s'il est vrai qu'ils aient dirigé quelque expédition dans le midi de la Perside,
XVII. 1. Où Menephthah a-t-il rencontré les Japétiques dont nous voyons le portrait dans son tombeau (1) ? Le costume de ces hommes indique une vie tout à fait sauvage ; ils n'ont pour tout vêtement qu'un manteau dont la coupe est tout à fait semblable à celle du manteau des Namouy décrits en dernier lieu : la pose en est la jnême > si ce n'est que l'épaule droite est recouverte et qu'une ceinture le. fixe au milieu du corps, La peau, probablement de bœuf, qui ferme la matière de ces manteaux, est ornée de dessins grossiers qui figurent de larges tâches comme celles d'une panthère , ou le mélange des anneaux de l'once avec les zébrures du tigre. Des plumes, qui paraissent d'autruche, ornent la tête de ces sauvages; à leur tempe on remarque une natte semblable à celle qui distinguait les précédents Namou; de larges tatouages sont incrustas sur leurs bras, leurs cuisses et leurs jambes. Mais ce qui, au piemier abord, semble étrange, c'est de re- # Connaître parmi ces tatouages un symbole vénéré par les Égyptiens , le signe qui , dans l'écriture
(1) Belzoni, pi. IX. Rosellini , n° CLVI.
hiéroglyphique, est dôltiné à exprimer la nota de là déesse Neith(4).
Comment expliquer ces différentes ptrticula* rites? Doù vient que des peuples dont la patrie originaire est le centre de l'Asie, portent des plumes d'autruche sur leur tête? Qui a pu transmettre à ces sauvages des symboles religieux, tels que la lr*$$e d Harpocraiesi la navette de Neith? Ont-ils emprunté ces symboles à la religion égyptienne, ou bien les mêmes objets, les mêmes usages figuraient-ils déjà , avec une intention analogue, dans d'autres religions? Comme on le pense bien, ee n'est pas ici le lieu de traiter des questions, à propos desquelles il faudrait agiter les problèmes les plus difficiles de l'ethnographie et de l'histoire des reli« gions. Une seule chose est certaine, c'est que les sauvages ici représentés ne sont pis de% Européens, comme Champollion a paru le dire; ou plutôt , il faut entendre l'assertion de ce savant avec la res* triction qu'il y a mise ; c'est»à-dirë, que nous.de* vous voir dabs ce tableau la race devenue plus tard européenne, avant qu'elle eût quitté l'Asie, son berceau et son point de départ*
Quelle que soit d'ailleurs l'origine de ces peuples , il est évident qu'ils n'habitent déjà plus les contrées originaires de leur race. Les symboles re~ - ligieux qui les distinguent pourraient bien, il est vrai , avoir pénétré jusque dans leurs montagnes; mais le costume léger qu'ils portent ne convient
(1) Champollion, Précis du système lùérogl. Tabl. Gen. • 107.
pointa une contrée feeptejitrionale, quelque endtfri eis qu'on suppose Ces hommes aux intempérie* de Vair. D'un autre côte , la préparation tout à fait grossière de la peau qui les revêt, défend qu'on songe à une nation déjà habituée à recevoir des olv jets de luxe par le commerce. Il est donc absolu^ ment nécessaire que les plumés d autruche dont leur* têtes sont ornées aient été conquises à la chasse , sur le lieu même de leur séjour.
Des lieux où ces oiseaux ont pu vivre , ceux qui se présentent naturellement à notre esprit sont la Mésopotamie méridionale, où, suivant le témon gnage de Xénophon ( 1 ) , lés autruches n'étaient pas rares, et le Haut Nil, où elles abondent encore* La Mésopotamie se trouvant plus voisine de la patrie originaire des Japétiques que l'Ethiopie africaine , il semble qu'on ne pourrait hésiter à assigner pour patrie aux TumJwu du tombeau de Menephthah I r , la contrée déserte située entre le Tigre et l'Euphratej mais d'autres monument* nous fournissent des inductions différentes. On voit par une peinture d'un tombeau de Thèbes § publiée par M. Hoskins (4) que les Pharaons , prédécesseurs de Menephthah P r , ont eu pour tributaires, des Scïwidbu Scythes au midi de l'Egypte, dans l'Ethiopie : ces Schetâ offrent , quant à la physionomie, la plus grande ressemblance avec les Tarn* hou de l'Hypogée de Menephthah. Le costume de ceux-ci se retrouve dans un bas-relief du grand
[l)jinab.I. 5, 2 et 3.
(2) Travels in Ethiopia , p. 33B.
hypogée d'Ibsamboul ,(i) , où l'on voit le conquérant Rhamsès frappant et foulant aux pieds des chefs barbares, de race probablement sémitique; si ce n'est qu'ici les cuirs sont mieu^ préparés et décorés d'ornements moins grossiers , ce qui indiqué un progrès de civilisation; Menephthah I er a dû, cqpime ses prédécesseurs , faire la guerre en Ethiopie; il Ta portée certainement dans l'Asie, et l'on ne peut guère douter qu'il ne se soit avancé jusqu'à l'Ëuphrate. Le monument que nous analysons ne portant d'ailleurs aucune indication précise, on n'a aucune raison de se décider ni pour le Nil, ni pour FEuphrate. Quelle que soit l'opinion qu'on embrasse à ce sujet , on demeure convaincu de la prodigieuse dissémination des peuples scythiques , à l'époque qui suivit leur expulsion définitive de l'Egypte.
2; Un fait qui paraît certain d'ailleurs, c'est que le nom deTàmhou n'a point été réservé par les Égyptiens aux nations dont l'origine étaitscythique^dans le troisième des tombeaux cités (2), nous voyons paraître sotis ce nom un nouveau peuple auquel il semble impossible qu'on dénie le nom d'Assyrien. Le costume de ce peuple qui consiste en un riche et çmple manteau , roulé plusieurs fois autour du corps, serré par une ceinture, couvrant les épaules et descendant jusqu'à la cheville, se retrouve presque identiquement sur les cylindres. L -étoffe de ces
(1) Cbampollion; Mon. de ?Ég. et de la Nubie, pi. XVII. Rosellini , M. R. n° LXXXHI.
(2) Rosellim , n* CLYni.
manteaux est de côuleor verte, d'un tissu qui paraît moelleux et brodé en blanc , noir et rouge. Une espèce de calotte de même étoffe couvre le sommet de la tète; un diadème blanc, à liserés rouges, retient cette coiffure ; la place et la disposition de cette bandelette sont exactement les mêmes que pour les Namou des Hypogées de Menephthah I er et de Rhamsès Meiamoun. La barbe de ces hommes est noire et pointue ; la couleur de leur peau, d'un brun tirant au jaune. Leur chevelure touffue et d'un noir foncé est disposée sur la nuque comme celle de nos prêtres catholiques : ce qui rappelle la coiffure des Perses sqr les basreliefs de Tchihil-Minar (1). Enfin, ces hommes se distinguent par un nez aquilin proéminent, . dont l'artiste égyptien a évidemment exagéré la saillie. Ce profil, d'ailleurs, est celui qu'on remarque sur presque tous les portraits des souverains guerriers de l'Asie, depuis la figure d'un roi assyrien inconnu sculptée sur lès rochers auprès de Beirout , en Syrie ( 2 ) , jusqu'aux monnaies des princes Àrsacides et Sassanides.
Le nom de Tàmhou donné à ces hommes , et qu'ailleurs on trouve appliqué à des Japé tiques, cette saillie du nez qui est le caractère constant de la race héroïque de J'Àsie , tout cela favoriserait l'opinion de Gœrres (3), qui rattache directement
les Assyriens à la souche Indo-germanique. Nous
(1) Ker Porter , Travels, tome I. pi. 33 et 37.
(2) Landseer , Sabœan researchcs continuée , n 9 IX, 1835.
(3) Hcldenbuch von Iran , Einleit. p. VI.
( 334 ) continuons nçantaoin* de penser <jue la Bible eat précise et digue de foi, quand elle donne aux Assy* riens une origine sémitique. La couleur des cheveux et le teint des figures reproduites dans le dernier, tombeau ne conviennent pas à des Ja~ pétiques purs; ce sont là des caractères propres à la rade de Cham« Dhin autre Coté, ces Tamhou ont les yeux manifestement Meus : les traits des Ja pétiques et des Chamites semblent donc se corn fondre dans la même physionomie. Or, le caractère mixte des Sémites est un des faits que nous cher* çberons à établir solidement dans le cours de cet ouvrage. (1)$idonc lefc Se mitea a 8$ y rien 8 ont parti-» cipé de la race japé tique, par un côté de leur ori-r gine, il n'est pas étonnant que les Égyptiens sesoîent trompés sur leur compte , d'autant plus que F As-* syrie était située au nord de l'Egypte et dans le wisinage des nations japétiques (2;.
3, Nous rencontrons encore dans un autre Hypo* gée de la vallée des rois, d'autres Tamhou (3); mats ceux-ci sont complètement Scythe» dephysionozme, de couleur et de costume. Leur manteau, peut-être d'une étoffe foulée au Heu de cuir r est orné de zones horizontales alternativement vertes et couleur
r (2) Je trouva à côté 4 e ces Assyrien^ , dçftgfie* eomrof Tamhou sur la planche de M. Rosellini, une colonne d'hiéroglyphes contenant le nom des Namou : à quelles figures appartient cette inscription? c'est te que le texte de M. Rosellitii nous expliquera sans doute.
(3)Rosellini,n°ÇUX.
de brique. Au lieu de la natte d'Harpoerate que le* Tamhou plus sauvages de l'Hypogée de Menephthah portaient tressée avec leurs propres cheveux, ils ont une coiffure de diverses couleurs dont l'imitation artificielle de cette natte forme la partie essentielle. Ces peuples , pour l'état de la civilisation, répondent à peu près aux Sémites vaincus en Afrique par le Rhamsès, auteur de l'Hypogée d'Ip* samboul,
XVIII. 1 * Les figures dont nous venons de donner F analyse nous ont servi d'un éclaircissement pré* eieuxàl'intelligencedu texte de la Genèse, sans que les peuples représentés dans les tombeaux des rois % Taient été avec autant de développement et suivant les mêmes idées que dans le livre de Moïse. L'avantage inappréciable de pouvoir ajouter le témoignage direct des yeux à celui de l'esprit donne à ces productions de l'art égyptien un intérêt ai) moins égal à celui que produisent les paroles de la Bible. Mais les secours que fournissent les monu* ments égyptiens pour l'intelligence de la question qui nous occupe , ne se bornent pas aujt témoignages , pour ainsi dire vivants ,, de la sculpture peinte, dans les tombeaux des rois de la di^huitiéme dynastie; ce n f est pas le tout que de contrôler Moïse avec des figures contemporaines ; les peintures des hypogées de Béni ~ Hassan (1) nous font remonter dans l'histoire des races humaines quelques siècles au-delà de Moïse. Les Namou ou Sémites se retrouvent ainsi dans un tombeau décoré
(1) Rosellini , M. Jt. pi. XXVI et auiv.
(336) sous la dix - septième ou même sous la seizième dynastie, et les détails avec lesquels ils sont reproduits ajoutent encore au prix qu'on ne peut s'empêcher d'attacher à une peinture d une date aussi reculée.
2.- Champollion (i ) s'est inépris à la première vue sur l'intention et l'époque de la peinture dont je vais parler et qui se trouve déjà publiée dans l'ouvrage de M. Rosellini. Il a cru que les Égyptiens avaient eu l'intention de représenter des Grecs du neuvième siècle avant notre ère; ces hommes néanmoins sont des Sémites et non des Grecs. Des Grecs pourraient se trouver, à là rigueur, sur des monuments du neuvième siècle avant Jésus*Ghrist; mais ils ne sauraient en aucun cas figurer dans une scène antérieure d'un millier d'années. On comprendra bientôt ce qui a pu tromper Champollion , alors qu'il n'avait point encore apprécié correctement la date des tombeaux de Beni-Hassan. J'expliquerai ici , en peu de mots , ce qui a causé cette erreur chronologique réparée par les travaux postérieurs de ce savant, mais dont la trace se trouve encore dans ses premières lettres écrites d'Egypte.
On remarque dans le canon de la vingt-deuxième dynastie égyptienne le nom d'un roi qui se lit Osorchon sur les inscriptions hiéroglyphiques (2), mais que les copistes de Manéthon transcrivent
(l)i*M-t*<fj£jr.'p.76.
(2) Rosellini , Af. R* tome II.
pi 135.
par erreur sous la forme (T Osorthon (1 ) . Eusèbe reproduit une seconde fois le nom d' Osorthon dans la vingt-troisième dynastie (2) et, à la place correspondante, Jules r Africain écrit Osorcho (3)» Cette erreur des copistes de Man&hon avait fait croire à Champollion qu'il avait existé en Egypte, dans le même siècle , deux rois dont l'un s'appelait Osor* chon et l'autre Osorthon (4) , et comme des monuments assez nombreux, entre autres une précieuse statuette de cornaline du Musée du Louvre, offrait un nom royal qui se lisait très clairement, sauf la lettre initiale . . .sortasen, Champollion avait conclu 4e celte lecture que le premier signe., dont la valeur ne lui était pas connue, devait être un O et qu'un des Osortasen des monuments répondait à X Osorthon des listes de Manéthon (5). La. vérité maintenant connue est que la leçon Osorthon doit être mise entièrement sur le compte des copistes, et que les deux rois de la vingt-deuxième et de la vingt-troisième dynastie ont porté tous deux le nom d'Osorchon. Champollion avait déjà très bien lu , dès 1 824 (6) , le nom d'Osorchon, fils et successeur de Sesonchis , de la XXII e dynastie : trois ans après, la Notice des monuments égyptiens du Musée
(1) Ap. S/ne. Chronogr. p. P. 73 , D. et 74 D.
(3) Page 74. A.
(4) V. supra , ch. VI. § 5. Ce que nous avons dit de la confusion, chez les Egyptiens, des sons k et th.
(5) Lettres d Egypte , p. 75.
(6) Deuxième lettre à M. de B laças, p. 122.
Charles X{\ ), rangea YÔsôHàseh, ûôtit te Louvre possédait une statttè en cdrnslline , pàriiii les *ois de la XVII e dyriàstie. Cette flpiiiidft qtii se rapproche de la vérité ttë êë pré&entà pa& éttHS doute à H mémoire de Champolïfem, lortqttè ti^ltant pour là première fais lesgrcftlefcdeiteifi-Hâ&an, i\ ytr&ttvà. tes nom» et préfroms dé sôii Osprtasm > rièfcôfcipà* gnésdecktxdëtrois antres Soûterstifis de la même époque. II pensa aa contraire > dafcs la précipitation de sa correspondance, au prétend» Osorihdn de k tiiigt - troisième dynastie ; et tes tombeaux qu'il aurait dû assigner à une époque très réeu* We , lui parurent l'ouvrage d'un siècle rapproché de celui pendant lequel les Grecs eurent pour la première fois accès eh Égjrpte.
Il est vrai qu'alors Champollion, admettant en-» core l'Opinion que les Pharaons de la dix-septtèmë dynastie avaient dû être refoulés eii Nubie par les Pasteurs (2), iie pouvait croire que le nom d'tm prince de cette famille eut pu être rétracé dans des tombeaux de l'Egypte moyenne, à peu dedisiancedti Delta. Toutes ces causes réunies l'entraînèrent dans une grave erreur chronologique, qu'ob trouve expressément réparée dans les travaux de M, Rose!- Uni (3), écho fidèle des dernières opinions de Champollion. L'érudit toscan semble néanmoins n'avoir pas connu les scrupules que parait avoir éprouvés Champollion , quant à la lecture Osortasen , du
■ t i ■ ... - ■ .ii -,, • ,, ; . . ; . i .
(2) Cf. Deuxième lettre à M. de Blàcàs, p. t46 et suiv. {3) M. R. tome I,*p. 167 et suir.
Aôttt àë deux des sotâftérainrf dé Bfeni-Mbfeàh. Brt effet, M. ïtosèîlmi reproduit safnS héSifîatiôri ditii ifetiîHtéscètiottiâ'OjortétJen, et néanmoins Champoil ion, dans sa Grammaire posthutrie(f ),st maritjttè â'u fcAntâ y Hilërtb^ioti le signe inWïâï aôfÇûel îi ardît afSSîgtfé d'abord là Valeur d'à, ifnStjuéWwié i cansfc de te comparaison ficteuéè établie 1 éhtfë r.xoMasen et Osorthàri* $èus lisons, dans les 1 li£tè£ <te FAfriéatëa (2) qufe te sitfiéihé roi de 1* froîsiêïtté èynaStie s'appelah Tosettasis; le second ffifince A* te iftêaïeî famille ctvsrft riom ToÉàrtfoûà. tt tfèét peut-être pâS téméraire de èroiré que Fé$>PhaÉràonS de la dk-scptièmé dynastie avaient dtit&ptë le nom du premier de ceS anciens monârtjtres' r fcwîs croyons' donc devoir substituer le nom de? Tvéortasen à cehri &Osûttasen.
3. Je dèîs dire maintenant dans quelle êirccrrï^ étance et avec quelle intention Se présentent les? prétendus Grecs de l'hypogée de B&m-HaSSatï. Le tôfiàbèafû que décorent ceaf pëiiWctfes est consacré à un très riche égyptien du noi* de ïièvôihpH é€ qtte les» GréèS auraient appelé jfyevùphis. Lés Séè-* àeà nombreuses 1 dont lés parois aux foiftbéàusont oftiées ont pôttt objet de donner une idée êe i te puissance de ce éhef égyptien , du nô&bite ê& ses esclaves et de l'étendue de ses domaines. Parmi tous ces détails, on a rappelé le souvenir d'une visite que Nevophis avait reçue pendant sa vie. Des individus qui portent le titre de gardiens ou sur-
(1) Tableau des hiéroglyphes phonétiques, n° 40.
(2) Ap. Sync. Chronogr. p. 86, C.
veillants des Nom ou Namou (1) , lui amenèrent trente-sept individus de cette nation , qu'on voit sur le monument rendant une espèce d'hommage au chef égyptien.
Ces surveillants des Namou appartenaient-ils à la maison de Névophis ? Celui-ci possédait- il , dans un district éloigné , des domaines exploités par une population esclave et étrangère , et at-on voulu rappeler, par la peinture qui nous occupe, que, dans une circonstance solennelle, oa avait envoyé au maître une députation de ces vassaux étrangers ? ou bien les officiers chargés de veiller à la garde des populations soumises aurontils amené dans THeptanomidc une nombreuse famille de ces étrangers dont les traits , le costume et le bagage auront excité dans ces lieux unétonuement long-temps gravé dans la mémoire des habitants ? Le monument et les inscriptions qui l'accompagnent ne fournissent aucun éclaircissement à ces difficultés; on ne sait même pas précisément de quel lieu viennent les Namou et les officiers qui les conduisent; l'inscription placée en tête de la scène peut se lire ainsi : Troupe venant du nome (ou district) du stibium (poudre dantimoine> en arabe, cohol)(2), c'est-à-dire, de l'en-
(1) [m ]pOÎUJ*T (pOO**UJ 9 curam gerere ) H [itt] It&~U.. La désinence 0*tf ajoutée aux mêmes noms dans les tombeaux des rois , doit être considérée comme le signe du pluriel.
(2) Obftl ( C °P*. *TO mullitudo) [e»]«KO^
droitde TÉgypteoù Ton fabriquait ce cosmétique en* core en usage che2 les Arabes de l'Egypte. Le chef de la bande est un égyptien qui porte le titre de Scribe royal (ce qui tendrait à faire croire qu'en effet les Namou étaient complètement étrangers à Névo~ phis) . Ce scribe s'appelle Nepherotp ou Néphéritès; il est suivi d'un autre officier du nom de Rotheï. On voit commencer ensuite la série des Namou en tète desquels se présente un homme vêtu d'une tunique assez riche, qui tient à la main une espèce de pedum et conduit en lesse une gazelle -antilope. Cet individu , évidemment le plus important des Namou, se courbe en avant et paraît saluer lé chef égyptien ; il est suivi d'un de ses compagnons qui conduit aussi une gazelle et dont le costume, infiniment plus simple, rappelle celui des Namou de l'hypogée de Menephthah I er . L'inscription qu'on lit au-dessus de la tête de ces deux hommes peut se traduire ainsi: DesNam 9 au nombre de trente-sept, viennent vers lui (Névophis)du pays de Hyk (1) j
ÎTTE (pro E&eA£)Ett) [tKJ^CITOJ **. [tTiJcTTKJU.. Ce dernier mot a pour déterminatif particulier un œil avec une ligne noire au-dessous', les femmes arabes se servent encore de la poudre d'antimoine pour teindre en noir le bord de leurs paupières. Cf. Champ, gr. egypt. p. 90> note 1.
(i) [K*v]ttKcnc Hq (copt. i^poq) [ta*e] fl*A* Xz [e&oAîden tu ]kw [ H]2-*k.
J'ai eu recours , pour ces transcriptions en lettres coptes , à l'expérience de M. le docteur Dujardin, dont la critique philologique fait autorité en pareille matière.
dfrQft Jo^èphe ( 1 ) HyksQf , on nous perjpetft* peut-être de traduire : /?*? Ai terr* de* Pattwrb l* £#teiaace d#ç 4eux inftcrip&Ht* ique je wm» de traduire r&jdte duo te*te de quatre lignes, écrit sur. we tablette que présente à Név.ophi^ wyant le scribe Népbéritiès ; on y voit de (dus que fies Pasteurs furent amenés à Névophis , Van§ d'un roi que M* Roaeèlim a placé dans la |&** teptoèipe dynastie (2) et qui est le second eu date dep Qsortasen ojj Tosartasen connus jusqu'à eç jour.
4, Les deux Nom ou Plusieurs sont suivis déplu? «çursde leurs compagnons, disposée dans des groupes d'un elet pittoresque. Viennent d'abord quatre hommes dans la force de la Jf unespe j ils ont comme les précédents, les cheveux noirs/le nez aqujliq très pronopeé, le teint et la peau d*un hrun clair j leur barbe noire descend en pointe sous le menton comme celle des rabbins actuels. Leur vêtement consiste, comme celui du chef de la bande, en une tunique ou chemise sans manches, mais moins rjphe. J}efif d'entre eu* portent la tijniq^e blanche, le§ ^utres Font ornée de bajules perpendiculaires i$ a}tçy#atfyen*ent blanc^ps et rôq&eq, priées de bku. Leurs chaussures $ont des sandale, leurs afr mes des bâtons noueux ou easse-téle (3), npe lance
(1) 4<fr. Jpivn. F. H.
($ M. R. tome I* p, 4, n° 93.
il) Champollion (Gr. %ypt. p. 138. § 186) avait désigné comme un cassc-téte ou. une massue , ai mq primitive
e( un bouclier; suspendu^ derrière l'épaule p*p wt pqrqzçti}ium. pu fc>ut cas , la rpute a cjà être l<m~ gue f et Ton a pris dfcs précautions pour la parn courir $an$ trop de fatfgue : vn âne suit ce groupe de quatre Pasteurs ; il pst chargé de p&quets 0a bçllpts donj; Jps envelpppps pont rppges et tylanphes, orqées $% grecques fyleijes; pi> voit se boiser pair ^pssps, les çoriies qu j servent à fixer ces ballots sur la $ elle de l'âne ; enfin du milieu des paquets s'élève ui> instrument de fnusiqpe fiché debout entre les deux c^rges , ef )p$ t&es 4p.dpux eufanM*, trop jeupe^ s^ns doute pour pypir pu supporter une lpngue rpute. Il fapt crqjrp que la curiosité. d^8 Égyptifns £tait surtout e^pifée par la prééminence $if| nez chas cçs Pa$teur6j effectivement, «p caractère du visage est accusé chez leç enfants d'wie mariière au moins aussi énergique que chez le$ hommes. L'artiste égyptien voulant exprimer prç qupi la physionomie des I^amofi tliftpjait principalement c|e ce}|e des Égyptipns, est tombé fan* une exagération de dessin qui phe* pn mpderne, trahjrait une intention de caricature.
Le groupe suivant, composé de quatre femmes»
«tes peuplée barbares, le signe qui aqrt de déterminatif aux »oi|t§ prqpre* 4es individus étrangla l'Egypte. W* Sfrkyolini (Camp, de Rhqmsès-k'Granft^ p. 14 et fW.) a cru voir dans cet objet un poteau auquel on attachait les captif s pour les fustiger : mais voici que sur notre monument, le cassetête pjacé dans )a nptaiq dupa>Uur 4^ vient, dajis. Hitfçription r le détçrminat{f à\L jjoui des Jltm, L'explj cation Je ce signe , donnée par ÇJiampqllipn 1 W îflpuVG ains^i justifiée.
e&i précédé par un enfant qui tient à la main une espèce de javelot; ces femmes ont pour vêtement une tunique ou chemise absolument semblable à celle des hommes ; laissant de même découverte l'épaule "droite et descendant un peu plus bas , presque jusqu'à la cheville. Ces tuniques à fond rouge ou blanc sont ornées avec plus dé recherche que celles des hommes qui précèdent ; mais l'étoffe en parait moins fine et moins bien tissée que l'habillement du personnage qui marche en tête de la troupe. La disposition des ornements en test variée, et on remarque entre autres le dessin d'une triple grecque, rouge et azur. La chaussure de ces femmes consiste en un brodequin de couleur brune qui monte jusqu'à la cheville ; leurs cheveux sont répandus en boucles épaisses sur leurs épaules, et une sphendonè blanche les rattache.
5. L'analogie du costume de ces femmes avec celui qu'on remarque sur les peintures des plus anciens vases grecs (1) avait frappé Champollîon , et l'on voit par sa correspondance, que c'était là une des raisons qui Pavaient déterminé à reconnaître dans cette troupe, des Grecs de l'Asie Mineure. Mais b plus ancien costume des femmes grecques a été la tunique phénicienne ; les vaisseaux de Sidon en transportaient sur toutes les côtes de la Grèce , et le nom même, qui chez les Grecs désigne
(1) Cf. les figures de femmes sur des vases grecs d'an* cien style , particulièrement sur le fameux vase , ouvrage de Talides } Lamu , Fasi Etruschi, Tav. III, n° 1*
( 345 ) la tunique, yfaèv, est oriental (1). D'ailleurs, on a vu précédemment (ch. VI.§ XIV. 3.) que les premiers produits de l'art grec avaient dû être calqués sardes ouvrages phéniciens. Si donc les femmes de notre peinture portent des tuniques de couleur variée et collées contre le corps, ce n'est pas une raison pour qu'on assigne à ces vêtements une origine grecque; on devra, au contraire, les reconnaître comme provenant d'un pays voisin de la fabrique sidonietine. Un autre âne et deux hommes armés ferment la marche; l'âne a, comme celui qui précède, sa charge fixée par des cordes et, de plus, un instrument de musique et une lance posés horizontalement sur la selle. L'un de ceux qui le conduisent a le carquois sur l'épaule, Tare à la main gauche et une massue ou casse-tête dans la droite. Son vêtement qui nes'étend que depuis la ceinture jusqu'au genou est comme celui de son compagnon, blanc, à raies et franges rouges. Celui-ci, portant à l'épaule un objet incertain qui paraît être un bouclier, tieut en marchant une cithare grecque de la plus belle forme ; cette cithare , qui rappelle celle qu'on voit aux mains d'Apollon, est placée horizontalement contre le corps du musicien ; de la main qui la supporte, il paraît préluder avec les doigts; l'autre main tient un plectrum aussi exactement conforme à ceux des monuments grecs que la cithare elle - même. Cette circonstance avait aussi fixé l'attention de Chain pollion ; mais il en est de la .cithare comme des tuniques ; dans l'art et dans
(I) Gesenius, hx. Hebr. S. V. n:H3
l'industrie, las G*ec$ , dominés §#r l'exemple da là civilisation orientale , n'avaient rien »Y$iiïé; If monument que nous examinons ne fait donc q»ç confirmer, dune manière indubitable, l'opinion qu'on peut 6e faire de la transmission aux fores; des instruments de musique eq usage chez les Phé^ niojens.
6. Quand nous exposerons l'histoire primitive da l'Egypte, nous reviendrons en détail suc cette pré* cieuse peinture ; nous verrons alors quel parti on peut en tirer pour l'éclaircissement de l'histoire des Pasteurs et des Hébreux en Egypte; si, par exemple, le rapprochement de ces Sémites Pasteurs avec les Pasteurs de race scythique ., que présentent d'autres peintures , ne pourrait pas expliquer la double origine des conquérants de l'Egypte, reprér sentes , tantôt pomme des Scythes > et tantôt comme des Arabes ou des Phéniciens. Ce qui nous importe aujouttPHui , c'est d# remonter par l'étude 4e ces monuments, yéritablement iconographiques, jusqu'à l'époque où les Hébreux étaient en possession d'une partie du sol dp l'Egypte. Et , en effet , nous rencontronsnci les conformités les plus frap*pantes avec les récits de la Genèse. Ces Égyptiens, chargés du soin des Namou, comme le dit l'inscription analysée plus haut , ne sont-ils pas les .mêmes que les iniendans des ouvrages établis sur Israël pour l'accabler de fardeau® (1 ) ? Les Sémites de la peinture de Béni-Hassan, conduits par les Égyptiens, paraissent réduits à cet état d'ilo-
(l)Exod. I. 11.
( W ) terne qui çifwuM^}BL4wmè& des Hébreux cq Egypte : rin$cpiptio$ JjNéçogJyrr pjuqup \e$ désigpp commp captifs ( 1 ) ; p#f* il e# ^ftf^mèoje^ pour les égyptiens, dp Routes lp$ pp? pplajions soijmisef v Darçs fàrpajité, $# les ypft prç pos&essjpn de lejur pépulp pt i^éme de lenrs armes | te#r iparpfre }i^re ej; tronqnifle au SQp 4p s instr^T jne^tç 4Jp£gnp jtput* i^ée dp viplej^çp. Il nep pj&f pa* 4e inpme quand 4P? ppsppniers ftifs à J$ glierr/e, U4s par }a gflrge ejt p?r lçç £ou4e$, pqjtf par traiaé? f. h suite 4 es Pfur^pQ^ Y^ipqueurs. JLe pç#pl<e #ijqupl çettp troupp appartient pst dçnp ftpr mis an* Égyptien^ mais, pppunjepqe icft$te fHraUT gère, on ip Jaisseçp posse^sioji 4e sp s ps^ges et 4? son industrie. C'psf un yas$al q^i yit $pus la wv* yçftljtiicç du jpaitre et produit pQHr $pn pojppfpj eft i)A ?not, *>'e$t l'imagp parfaitement exacte 4e l* sir iu^tipp 4^S Hébreux pesant kur Mjflup Pft ÊgY ptej J'pn comprend qu 'Me pareille sujétion ait ptç apcpptée p^r ceux qui la subissaient, et qu'il $if fallu k k ft>i§> pu grand acprpissement de pppBla T tipft ph#z lps Hotçs v eitun redoublement de $g vérité xlela part 4e? maîtres, pour que ce contrat du si*? zerain et du vassal fijt enfin rompu.
pp tout ceci nous pouvons eqneïwre, sans prainte detrq taxés 4e témérité , qm le peuple dpnt pfiHf avpBS \t portrait spp$ te$ yp.iw e§t, ci uoih iepenplf
(î) On remarque en effet , une figure agenouillée, liée par les bras et les jambes, place'e comme second déterminatif après les caractères phonétiques qui se lisent Nani. Rosellini, M. R. n°XXVL
hébreu pendant son séjour en Egypte , au moins tine tribu sémitique comme les Hébreux , dont la conformation , le costume, la manière de vivre, et sans doute la langue, étaient semblables. On voit que le récit de Moïse est parfaitement exact, quand il nous montre les Hébreux formant une nation à part au milieu des Égyptiens , et habitant avec leurs troupeaux la terre de Gessen , comme ils avaient habité précédemment les vallées de la Palestine. Il n'y a pas jusqu'à la tunique dont tous les individus de cette troupe , hommes et femmes , sont vêtus , qui ne puisse servir à trancher une question long-temps débattue entre les modernes, sur ce qu'il faut entendre par la tunique dont Jacob avait fait présent à Joseph, l'enfant de prédilection de sa vieillesse (1). Les Septante traduisent par xfoov rcotxtXoçj tunique de diverses couleurs, l'expression hébraïque qui veut dire au propre une tunique composée de lisières ou de pièces en forme de rubans (2). Le vêtement du chef de la troupe des Namou réunit ces detfx caractères ; il se distingue par la variété des couleurs et paraît se composer de bandes horizontales, cousues ensemble comme les pièces d'un tissu de sparterie. Ces rubans de diverses couleurs, dont on composait ainsi les vêtements les plus recherchés , rappellent les lacinïœ Babyionicœ , que , suivant le témoignage de Pausanias , les femmes grecques
(1) Gènes. XXXVII, 3.
(2) Cf. Rosenmûller , Schol. ad. h. L
suspendaient en eoù-voto à la figure cTHygie dans le temple de Titane , près jjle Sicyone ( 1 ). C'est ainsi que les détails du tableau tendent à confirmer l'opinion que nous nous sommes faite de son ca«< ractère général, et à prouver de plus en plus l'exactitude dé l'assertion que nous avons émise précédemment (ch. IV. §. XVI), quand nous avons dit que les monuments égyptiens pouvaient être allégués comme des témoins irrécusables à l'appui de l'authenticité des récits de Moïse (2).
(2) J'ai déjà cite ( § XVII. 1. ) un nouveau document , important pour l'histoire ethnographique, et qui a été publié dans les Voyages de M. Hoskins en Ethiopie ( Londres, 1835 , in-4° p. 228 et suiv. ). C'est une grande composition peinte sur cinq lignes ou registres, dans un tombeau de Thebes , probablement dédié à un intendant du roi Thoutmosis III (le cinquième monarque de la XVIII e dynastie), et représentant les tributs de toute nature payés à l'Egypte par les nations soumises alors à l'empire des Pharaons. Le règne de Thoutmosis III nous paraît devoir être placé à peu près à égale distance de l'expulsion définitive des Pasteurs et de l'Exode : le document que nous venons de citer sert donc à lier les renseignements contemporains de la XVI e dynastie avec ceux qui se rapportent à ia fin de la XVIII e . Vers le temps de Thoutmosis III, les Pharaons qui s'étaient réfugiés pendant plusieurs générations en Ethiopie, paraissent n'avoir étendu leur domination que sur le Haut Nil ; aussi ces nations représentées dans le tombeau publié par M. Hoskins , paraissent-elles toutes appartenir aux contrées éthiopiennes : on y distingue 1° des Nègres; 2° des Mulâtres, ou populations mélangées; 3° des Kouschites de Méroë, de race blanche, remarquables par la richesse des étoffes qui forment leur
' (356) %V&. ÏA fteffi&e tocftis stfàit testait» defc diflfc. *efccè de* racket dû fc$n*I>M de» «fctîortS principes qiri *8 rattachaient à chacune<TellH: tes lôowtitriettts égfpdietid-Tïtfftéi ôva foie connaître kg caraetèws disttaGtifë de ces races; et la comparaison que âtoos pouvons *ft faire eficforè maintenant &*ec l'i trima- Alité ritaute , ctaifirtae 1 exactitude des darnes fournie* pteir tes hypogées de là TbébaScte *t de rHeptattoraidej Quand or* veut de iras joare se faire l'idée d'un put» Germain , c'est-à-dire ., d'uni individu de race japétique, non modifié par le séjour du midi et par les mélanges avec Jes autres races , on ne peut en tracer un poptrait qui.différe dans le moindre détail de celui d'un des Tarnhou du tombeau de Menephtbah I er * Les Juifs répandus
tètetnent et léar chaussure , et là magnificence dés objet* manufacturés qu'ils apportent en Egypte; 4° d'âutréS Éthiopiens , vêtus plus simplement, sans doute des habitants de la Kfubie; 5" enfin des Scphes. Ceux-ci, maigre* leur séjour au-delà du tropique , ont conservé leur teint clair , leurs y eût bleus , leur barbe et leur cheveux *oux. Leur vêtement, sans doute apporte de l'Asie, se rapproche de celui des Assyriens, tes animaux qu'ils conduisent, un ours jaune, pareil à celui qu'on voit sut la mosaïqàede Palêstrine, et tm éléphant qui paraît de l'espèce africaine, éloignent la pensée de chercher en Asie Ta patrie de ces Scythes. On peut ; du reste, les considérer comme tm peuple indépendant, et Ton doit rejeter la conjecture dé M. Hos&ins, qui voit dans* ces Scythes dés esclaves deë Éthiopiens de Mérôë. Au reste, si les dessins de M. Hoskins paraissent exacts , les inscriptions hiéroglyphiques sont mal traitées, et le parti qfci'oir peut en tirer se réduit à fort petf de chose.
dans l'Europe septentrionale ; malgré leur long séjour sous une latitude freide, ressemblent à *'y méprendre aux j\ 7 anwu de Théhes et de Belû-HaSsdn ; lefe Arabes Bédouins , qui virent sur le môme sol que leurs ancêtres, se rapprochent enqore plus, j'il est possible, du type retrace dans les hypogées pharaonlquei. Je ne pafrle pas des Nègres de l'Afrique qui n'ont pas varié depuis tant de siècles. La seule lactine qui paraisse exister dans la nature vivante est celle des Égyptiens ou des Ch a mi tes en général; et sans rappeler les Maltais dont je parlais précédemment (ch. VI, ad calcem) y je puis affirmer, comme témoin oculaire , que ried iïe rappelle mieui l'ancien typé égyptien que les Barabras de la Nubie ou les Arabes Ababdeh qui habitent le désert voisin. Ces individus, qui nous retracent un mélange des peuples de Sem et de Cham (ch. VI, § XV.), sont au même état qu'une portion de l'ancienne population de l'Egypte, dans laquelle des infiltrations sémitiques avaient eu certainement M tu. J'ajouterai , quant aux peuple* de la vallée du Nil, quel'influencte de la race n'esl pas uniquement prépondérante dans leur conformation; la nature tout à fait exceptionnelle au milieu de laquelle vivent ces peuples ihfltfé sur leurs formes et leurs mouvements, et Ton s'étonne quel-t quefois de rencontrer, £armiles Arabes du Delta, des individus qui semblent moulés sur dés statue* égyptiennes.
XX. La comparaison que nous potivoris ainsi établir entre les trois principales races de l'ancien rtiotide ; quant à leur composition et quant à leurs caraO*
(352) tères spécifiques, nous fournit des éléments de certitude qui rentrent ^ans les données ordinaires des sciences exactes. Les deux racés distinctes et opposées de caractère sont celles de Japhet et de Cham, les plus anciennes du monde , comme dit Trogue-Pompée (§ VI. 2. ).Larace de Ghana est petite et hrune; elle habite au midi et est née, suivant ses propres traditions, du limon fécondant déposé par les grands fleuves. Elle a le front plus déprimé que la japétique, la ligne du nez légèrement creuse, les pommettes saillantes, les lèvres épaisses, mais sans difformité. La race japétique est d'une taille haute et élancée ; ses membres ne sont point charnus, mais fortement musclés; son front est saillant, son nez droit et le plus souvent aquilin, ses lèvres minces, l'ovale de son visage long et pointu par le bas; le bleu d'azur des yeux, la blancheur de la peau, la couleur rousse ou blonde des cheveux et de la barbe complètent le contraste de cette race avec celle de Cham. Entre elles deux et à une distance, pour ainsi dire, égale, vient se placer la race de Sem. Les traits et la taille du Sémite sont égaux à ceux du fils de Japhet; sa vigueur musculaire n'est pas moins remarquable. Nous avons vu par le témoignage des monuments égyptiens que les yeux bleus et la barbe rousse n'étaient point inconnus chez les anciens Sémites. Les différences même que nous avons remarquées dans la manière dont cette race est représentée nous montre qu'elle n'a point été uniforme, et que, si quelques-uns se rapprochaient davantage des Chamites , d'autres pouvaient être considérés comme de purs Japétiques, influencés seulement par
les climats méridionaux. Tout, en un mot, dans ce premier examen , nous ramène à la conjecture que nous avons déjà émise sur l'origine des Sémites (§ VI. 2.) : nous regardons comme postérieure la date de la formation de cette race; nous l'attribuons au mélange des fils de Japhet avec ceux de Cham, et nous ne perdons pas l'espérance de produire plus tard de? témoignages authentiques qui puissent donner historiquement quelque valeur à une hypothèse, d'abord fondée sur des inductions physiologiques et morales.
XXI. Quand on a, en histoire naturelle, déterminé les caractères physiques d'une espèce, on s'occupe de ses habitudes, de ses mœurs, on tâche de dé* terminer le degré de son intelligence, et pour cette seconde étude , on a soin de mettre les actes extérieurs en rapport avec la conformation: Cette loi, d'une évidence absolue en ce qui concerne les animaux, ne doit- elle pas aussi s'appliquera l'homme ? Est-ce un blasphème contre celui qui, en nous donnant la raison , nous a départi une étincelle de son essence divine, que de croire, même dans l'homme, à la connexion intime du physique et du moral ? Personne plus que nous n'est convaincu de la puissance inhérente à la volonté humaine ; ce que l'homme a d'action possible contre sa propre organisation ne saurait être mesuré par le compas des sciences positives. En dehors et audelà des calculs physiologiques, est tout un monde de forces inconnues. Toutefois , la certitude fatale qu'il existe entre les diverses intelligences une inégalité inhérente à leur nature, est un fait aussi l. 23
démontré à la oon science, q«e la puissance presque infinie de la volonté* 8i l'inégalité existe entre les individus , elle n est pas moins évidente entre le» familles et entre les peuples j. eb repentant aiati du particulier an général, on arrive aux grandes divisions de l'espèce humaine, et les degrés de l'aptitude des races se produisent sons un aspeet qui se laisse guère d'incertitude dans les esprits observateurs. A Diéti ne plaise, néanmoins, que j'érige ici cette pensée en axvôme, et que, partant de là , je m'habitue à torturer les faite pour leur donner «me signification favorable à mon système 1 Avant d'avoir allégué les preuves , il est défendu de poser tes eoàclusiorîs : mais quand la plupart des esprits, et parmi eux les mieux doués, flottent dians un océan d'incertitude, cehri qui aura indiqué à Favance une carrière à explorer , ne pourra être accusé d'imprudence où de présomption.
^ La route où je vais m'engager ïne parait donc tracée par les résultats de notre premier travail ; il s'agit maintenant de savoir si les races humaines ont des qualités morales et intellectuelles distinctes comme leurs qualités physiques ; dans quelle mesure et dans quelle proportion ces qualités de Tâme peuvent s*altérer ou s^accroître; si, de même que le mélange de deux races a produit des types nouveaux, ce mélangç n*a pas aussi amené des combinaisons morales intermédiaires. Vont trouver li cette recherche un point de départ solide , il nous faudra comparer les récits qui se rapportent à tous les peuples , bien connus
maintenant pour appartenir à une seule jet même «toe. Moite apprendrons par là si d'une telle universalité dépendent dé certains faits , d* certaine* lois qui ne se retrouvent et n* «appliquent plue au-delà, qui sont comme le patrimoine de chaque raee, et servent à la faire Reconnaître dans toute Ja durée des siècles , aus*i clairement que par les traits qui composent son type physique. Cette étude .ainsi poussée dans diverses voies ne sera pas stérile; elle nous révélera en même temps l'existence d'un principe dont l'application se mofftre constante 4aas tous les lieux et dans tous les pays , je veux «dires la promptitude et la sûreté du développement, *e produisant en raison inverse du degré de culture accessible à chaque race. Les sciences natu*relles ont reconnu depuis longtemps une loi analogue dans le développement physique des espéees: la pke forte et la plus complète en naissant, celle qui croit le plus rapidement et acquiert le plu$tèt tentes ses facultés, est aussi celle à laquelle la nature -a départi l'existence la pfass courte. Ceux qui ont pu étudier de près les tribus sauvages, ont toujours été émerveillés de ce que les facultés de ces honv -mes ont d'aebevédans la limite de leur application; et même une philosophie erronée s'est autorisée de ces observations , pour en tirer des arguments contre sxtae société, d autant plus imparfaite qu'elle parait appelé* à un développement indéfini
Nous ne nous laisserons point aller à ces illusions d'un raisonnement étroit; l'histoire mieux étudiée mus fera voir aussi plus clair dans les desseins de
la Providence, et ce rapport de la rapidité du développement avec ses limites absolues, deviendra, pour notre esprit, la loi de compensation qui rétablit en fin de compte l'égalité de la destinée humaine. Nous n'aurons point , d'ailleurs , à nous occuper des problèmes les plu 6 embarrassants que présentent les inégalités d'aptitude chez les différentes races : celles dont la capacité est la plus limitée ne tiennent point de place dans nos recherches. XXII. Les trois races que nous verrons surgir tour-à-tour,*t se transmettre Tune à l'autre l'héritage de la civilisation, ont entre elles des rapports certains d'organisation morale ; non seulement ce sont des hommes qui les composent, mais encore ils «ont de race blanche. Nous pouvons comparer ces races entre elles, à trois arbres d'une même espèce dont l'un a une floraison hâtive, des fruits presque aussitôt mûrs que formés, mais aussi, des fleurs qui disparaissent au premier jour, des fruits qui se corrompent et tombent en mûrissant; les deux autres, plus lents à s'épanouir, portent un fruit d'abord d'une saveur âpre,et q;?i ne s'adoucit qu'à Tarrière-saison, mais qui se conserve aussi long- temps qu'il a été lent à se produire. Si haut que nous remontions dans les souvenirs humains, l'homme le plus limité dans sa destinée morale est celui qui le plus tôt revêt les apparences de la civilisation. Ce n'est point Abel, c'est Caïn qui créa les arts et fonda la première ville; la race de Cham eut des remparts, des temples, des palais, bien des siècles avant que le nomade japétique eût pensé qu'il pouvait y avoir pour lui une autre existence que la vie des
pasteurs. Dans les traditions zendes, quand Djemschid veut bâtir une ville, il est obligé d 1 'emprunter l'industrie des mauvais génies. La race à laquelle appartient Djemschid n'a pas le privilège d'accomplir à elle seule sa destinée ; et le marteau du Chamite est aussi nécessaire à l'établissement d'une société perfectible, que l'instinct du Japéti-* que ver» les hautes conceptions morales.
La civilisation deCham.envisagée dans sa nudité, nousapparaîtracommeunmonstre,auquelnotre raison chrétienne refuserait presque de croire; et, néanmoins, si, perdant la couche des traditions sqr lesquelles nous avons établi notre ordre social, nous reconnaissons ce que nous avons emprunté aux Juifs, aux Grecs, aux Romains, et ce que ces différents peuples avaient reçu de Babylone, de la Phénicie, de l'Egypte, en un mot du monde des Chamites : nous reconnaîtrons qu'il n'est, pour ainsi dire, aucune de nos idées, de nos lois, de nos croyances, de nos pratiques qui n'ait sa racine dans ce vieux monde , à jamais aboli. Notre oeuvre à nous , celle que nos devanciers ont presque accomplie, c'est un travail incessant de purification des éléments qui nous ont été transmis; mais il était hors de la puissance de l'esprit humain d'arriver du premier coup à ces conceptions élevées; l'idée que les leçons des siècles nous ont rendue la plus familière n'a pu être d'abord conçue que sous la forme d'un matérialisme brutal. Dans cette tradition successive des conquêtes de l'intelligence, chaque nouvel héritier a mieux valu que son auteur, parce que toute la valeur même de son auteur
( 3te )
lui t terri de point de départ. Ce qui eut vrai dss générations* Test aussi des siècles j oe qui Test des peuples, ne Test pas noms des races; il a été dans la destinée humaine qu* les derniers venus, soit individus, soit peuples , soit races , se mon* tressent dédaigneusement ingrats, souvent cruels, envers les prédécesseurs qui leur avaient frayé la route : c'est ce qui a fait dire à un grand phi* loaophe de nos jours que, suivant la loi de la Providence, T initié déçoit être le meuHfiet de îimtia» teur.
XXIIL Je viens d'indiquer la vttie philosophique dan* laquelle j' a vai* l'intention die ^s'engager, Nier aujourd'hui les résultats de la physiologie, ce serait se refuser à l'évidence; orôire, avec quelques-uns, que les progrès de cette science conduisent en histoire à reconnaître, pour toute loi, une aveugle fatalité, c'est prononcer un blasphème centre Dieu et contre la science. Ne nous imaginons pas non plus, que la connaissance de la conciliation définitive des lois physiques et des nécessités morales de la société puisse être obtenue sans persévérance et par le seul élan d'une âme ardente vers l'éternelle térité. La synthèse , improvisée quelquefois par les plus grands génies, ne montre jamais la vérité qu'entremêlée des plus graves erreurs; elle provoque l'examen, excite Tat* tention,mais il ne lui est pas donné de convaincre; la production des preuves, le travail qui consiste à tailler, comme un diamant brut, cette vérité confuse , et à la dépouiller dès souillures de Fécorce, Sont du ressort de l'analyse. C'est dans cette der-
nière voie que je vais entrer de nouveau ; j'ai déjà parcouru péniblement moi - même la carrière que je veux montrer à mon lecteur. Arrivé, non pas au but , sans doute , mais assez avant peutêtre pour l'entrevoir , j*ai tâché d'allumer un premier flambeau qui guidât les esprits au milieu des ténèbres épaisses de l'histoire primitive; et revenu au point de départ ,■ je m'apprête à recommencer plus sérieusement, en compagnie de mou lecteur, un voyage dans lequel j'ai l'espérance dç ne m'èUrc pas toujours égaré.
Maintenant le terrain est mesuré, l'homme et ses différentes variétés occupent des places qui nous sont connues ; après l'espace , il nous faut interroger le temps } il faut savoir si des données rigoureuses de certitude çhron<j4ogique pourront nous conduire à travers les phases <jta l'huma^Héf hes mathématiciens produisent leurs théorèmes, indépendamment de l'application qu'eux ou d'autres en pourront faire : l'éttfde de la chronologie positive occupe une place analogue dans ïe programme des sciences historiques. Le compte et la comparaison des années sont le tissu sur lequel doit se développer la broderie de l'histoire ; ce n'est qu'après avoir fixé d'une manière certaine les bases de la chronologie , qu'il nous Sera permis de nous enquérir des hommes , de leurs caractères, de leurs actions et de la portée des événements.