‹ Cours d'histoire du Canada (volume 3)Chapitre 3 sur 89 · NOTICE SUR L'AUTEUR · texte numérisé non relu

NOTICE SUR L'AUTEUR

Les amis de M. Ferland sauront gré à l'éditeur de rappeler à leur mémoire ce que fut l'auteur du Cours d'histoire du Canada. Pour se rendre à leurs désirs, il a cru devoir mettre sous leurs yeux l'intéressante notice biographique publiée dans les journaux de 1865, et qui est due à la plume élégante du Révérend M. G. E. Legarè :

c Une douleur publique accompagnait, ce matin, M. l'abbé Ferland à sa dernière demeure : le clergé avait à pleurer un de ses membres les plus illustres ; la littérature canadienne, une de ses gloires et un ferme soutien ; le pays tout entier, un des citoyens les plus éclairés et les plus dévoués. L'Université-Laval se voyait privée d'un de ses plus solides professeurs ; l'Archevêché, d'un de ses membres les plus éminents. Mais ce qui augmentait le regret de tous ceux qui composaient cette immense multitude, accourue de toutes parts pour rendre un dernier hommage à la mémoire de cet homme illustre, c'est que chacun croyait perdre en lui un tendre et sincère ami. La bonté du cœur est le premier et le plus ferme attrait que nous ayons en nous-mêmes pour gagner l'affection de nos semblables ; or, qui pourra dire le trésor de bonté que la main bienfaisante de Dieu répandit dans le cœur de notre cher et regretté défunt ?

» M. Jean-Baptiste-Antoine Ferland était né à Montréal, le 25 décembre 1805, le même jour où le Dieu Sauveur voulut paraître au milieu de nous ; sa piété trouvait un aliment dans cette heureuse coïncidence. Sa famille était originaire du Poitou, en Vendée. Parti de ce pays, aujourd'hui si riche en souvenirs historiques, son premier aîeul vint, vers le milieu du dixseptième siècle, s'établir à l'île d'Orléans. Son père Antoine Ferland, originaire de Saint-Pierre, de la même île, avait épousé une des filles de M. Lebrun de Duplessis, l'un des quatre avocats qui eurent le courage de demeurer à Québec, après la conquête, pour y défendre les droits des vaincus. Simple dans ses goûts, comme les parents dont il était issu, celui dont nous regrettons aujourd'hui la perte, voulut cependant adopter une devise qui lui rappelait son devoir d'écrivain, et qui décelait, à son insu, une des qualités principales de son talent. On voit sur son cachet une plume et une petite lame tranchante, avec ces mots pour épigraphe : Ferro lente paratur. Cet aimable jeu de mots sur son nom de famille lui redisait la patience qu'il faut apporter à son travail, pour lui donner une perfection achetée quelquefois au prix de tant de soins, de tant de minutieuses précautions. Un auteur célèbre a pu définir le génie, une longue patience : il voulait, sans doute, par cette parole, apprendre à l'écrivain la lenteur prudente qu'exige la conception d'un plan et l'exécution d'une œuvre sérieuse.

> En 1813, M. Ferland alla résider à Kingston avec sa mère ; il y demeura trois ans. C'est là qu'il se familiarisa avec la langue anglaise. Rarement estil facile de parler et d'écrire avec pureté deux langues modernes ; la connaissance que l'on acquiert de l'une est souvent au détriment de la seconde, et,

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