‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 120 sur 329 · EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

EUCHARISTIE

TEucharistie à leur manière dans leur propre assemblée. Or saint Irénée leur en fit un reproche comme d'une flagrante contradiction : Ergo aut sententiam mutent^ aut ahstineant offerendo quœ prœdicta sunt ; tandis que la croyance catholique à la réalité du corps du Christ était, à ses yeux, seule en harmonie avec l'Eucharistie, qui confirmait à son tour cette croyance : Nostra autem est consonans sententia Eucharistiœ, et Euckaristia rursus confirmât sententiam nostram^. Si le sens figuré eût été la croyance commune, il eût fallu tourner l'argument en sens inverse, et ne voir d'inconséquence que dans la conduite des Catholiques. Cette croyance néanmoins était si peu commune, que les Gnostiques, qu'elle eût tirés du plus grand embarras, n'y songèrent même pas. — Le docte Père, pressant le même argument et avec plus d'insistance sur le sacrifice, revient en plusieurs endroits sur le même dogme, notamment lorsqu'il prouve la résurrection de notre corps par la raison qu'il est nourri du sang et du corps de Jésus- Christ, et qu'il est devenu ainsi un de ses membres, et comme un même corps : Quœ {caro) sanguine et corpore Christi nutritur, et membrum ejus est^.

Nous nous contenterons d'indiquer saint Justin, qui a précédé saint Irénée, et qui le premier a décrit la liturgie chrétienne*. Dans Clément d'Alexandrie, nous ne trouvons guère que sa réserve ordinaire et son allégorisme, qui avait, il faut en convenir, un beau champ dans le mystère adorable de l'Eucharistie. Aussi les ministres Albertin et Claude ne manquèrent pas de voir dans l'auteur des Stromates un partisan de leur sens figuré, oubliant que les

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