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est ex Domino, ut veram philosophiam ostenderet tradi per filium^. Ce grand docteur de la science chrétienne ne s'était point trompé : tous les Pères, jusqu'à saint Augustin et depuis, n'ont fait que reproduire et développer l'exposition historique de Clément^.
Mais l'Église a fait plus : elle a élevé les Gnostiques à l'état de société parfaite; elle a fait de sa philosophie un Code, et des Gnostiques un peuple, une société éminenle au-dessus de toutes les autres, excepté elle-même, qui renferme tout éminemment. Nous voulons parler de l'état monastique, qui ne fut que préparé aux deux premiers siècles dans les Ascètes, dont nous devons parler plus loin.
7. Littérature. — Lorsqu'on jette un premier regard sur l'état des lettres grecques et latines au deuxième siècle, on est tenté de déplorer leur décadence comme une circonstance défavorable à la littérature chrétienne, dont les Pères posaient alors les fondements. Ne semble-t-il pas triste de voir les idées nouvelles, si grandes et si généreuses, réduites à ne paraître que dans un langage dégénéré? Consolons-nous cependant : les circonstances étaient alors telles que la Providence les voulait, pour relever la grandeur même de ces idées. D'une part, la pensée chrétienne, qui venait dominer sur la raison humaine, ne pouvait consentir volontiers à se revêtir d'une forme littéraire puissante, qu'elle eût empruntée au paganisme, et qui Ç" partagé avec elle les honneurs du triomphe ; le Christianisme, d'autre part, professait en toutes choses une aus- ■ière abnégation qui relevait au-dessus des formes et