‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 134 sur 329 · PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE

faite pour nos frères, Tédification. C'est là un résultat naturel de la vertu éminente du Gnostique chrétien. Tout édifie dans sa vie; TÉvangile s'en exhale en quelque sorte par tous ses actes : résumant en lui-même toute la divine philosophie dont Jésus-Christ est la source et le maître, il porte nécessairement partout la bonne odeur de Jésus- Christ. Clément voit même dans cette édification une mission particulière du Gnostique, une belle magistrature, prœfectura; un enseignement formel*. Aussi mettait-il l'édification comme la troisième chose qui constituait le philosophe : d'abord la contemplation, la science; ensuite l'observation des préceptes, la vie sainte; enfin l'édification qui porte les autres à la vertu :... tertio vero bonorum virorum constitutionem^ .

Une belle couronne attend dans le ciel Une vie si belle et si pleine de mérite; et c'est là que Clément voit le dernier terme de la philosophie chrétienne et le but final du Gnostique^ qui est la glorification de Dieu dans son amour et sa possession; ce que le docte Alexandrin appelle l'héritage, hcereditas.

6. Tels sont les éléments qui constituent la philosophie chrétienne dans son ensemble complet. En les exposant, nous n'avons fait que résumer les Stromates; mais Clément s'est résumé lui-même en ramenant tous ces éléments aux grands traits, la foi, la science, la charité et la récompense : Fidei quidem cognitio dahitur ; cognitùmi autem charitas; charitati autem hœreditas^ .'

Et cette philosophie. Clément ne l'enseigne point comme sa pensée propre, un système ; il la puise dans l'Évangile ; il nous la présente comme la philosophie même de Jésus- Christ, la philosophie que Dieu nous a donnée par son Fils : Dei autem sapientiam dixit Apostolm^ doctrinam quœ

1. S(rom., lib. VU, § i, p. 830, et pas«tm. S. Ibid.^ lib. VU, § 9, p. 864.

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