‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 23 sur 329 · LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

LA SAINTE VIERGE

6. Ce fiit k saint Jean que Jésus-Christ confia ce qu'il avait de plus cher, sa très-sainte Mère. S!il n est pas certain qu'elle Tait suivi à Éphèse, c'est du moins l'opinion qui se concilie le plus facilement avec les soins d'un tendre fils, que saint Jean ne manqua pas de prendre de la sainte Vierge. On est encore plus incertain sur la date que sur le lieu de son séjour et de sa mort. Ce silence de l'histoire, et l'obscurité qui en résulte sur la vie la plus parfaite qu'une simple créature ait menée ici-bas, nous montrent l'application la plus complète de ce principe fondamental de la morale évangélique, savoir, que l'humilité est la base et en même temps la mesure de toute grandeur devant Dieu : Quise humiliât exaltabitur. Nous ne connaissons de Marie que la part qu'elle a eue à l'accomplissement de l'Incarnation du Verbe et de la Rédemption du genre humain : tout le reste est demeuré inconnu sur la terre, parce que Dieu lui préparait le plus haut degré de gloire et ici-bas et dans le ciel. Cette règle, Dieu l'a constamment suivie à l'égard des hommes dans son Église. Si nous retranchons tout ce que la vanité et les vues humaines ont fait pour les immortaliser, nous ne retrouverons plus, dans leur histoire, . que les choses dont la connaissance était en quelque sorte réclamée par les intérêts de TÉglise et pour l'édification et l'instruction des fidèles. C'est d'après cette conduite de Dieu que nous pourront mieux comprendre l'obscurité qui couvre la vie des plus grands hommes du Christianisme dans les premiers sièdes, et notamment des apôtres. Les détails de leurs actions seraient sans doute très-édifiants, mais il était plus important encore de faire prévaloir dès le commence- ' ment la règle de l'humilité et lé mépris de toute gloire humaine. — Appréciée d'après cette règle et dans cet ordre d'idées, la vie de la Vierge Marie domine toutes les vies, et éclaire toutes les annales de l'Église. La gloire immense qui lui était réservée devait, pour être complète, rejc(illir' sur son corps ; mais il était dit que tout, dans cette céleste existence, sortirait des prévisions huy. aines : la résuri'ec-

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tion de ce saint corps et l'assomption de Marie en corps et en âme ont également échappé à l'histoire écrite. La tradition qui s'en est conservée est du nombre de celles qui ne devaient se développer que lentement avec les siècles ^

7. Les voyages et les travaux immenses de saint Pierre et de saint Paul appartiennent davantage au gouvernement de rÉglise et au développement de ses institutions* Nous les voyons toujours en action entre Jérusalem et Rome^ a£f berceau de l'Église et au centre de l'Empire. C'est la raison pour laquelle les Actes des apôtres^ écrits par saint Luc>

1. Pour les vieô de la sainte Vierge et des apôtres, voyez surtout les Bollan^ distes, qui ne vont que jusqa^au 1 5 octobre. — - G-odesvaf d et les bons haj^KK graphes. -^ Tiilemont, t. I. — Les actes originaux de saint André renferment des témoignages formels en faveur de la Trinité, de l'Incarnation, de la satisfaction de Jésus-Christ, de la présence réelle, et de l'immaculée conception de la sainte Vierge ; témoignages qui donnent de riniportance aa problème suivant :

PROBLâlIIZ.

La lettre des prêtres et des 'diacres d'Achaïe sur le martyre de sain( Ândt'é est' elle autheMique ?

Four la négative : les critiques protestants et beaucoup de catholiq^oes- ; TiHt'^ mont, D. Cellier, Cotelier, D. Ruinart, etc.

• Pour Vaffirmative : D. Lumper, Historia thcoîogica-cridca SS, Patrum trium priorum saeculorum, 1. 1. JD^j Àclis martyr ii sancti Ândreae, p. ÎO'Î, Voir' la table. Le savant bénédictin remarque judicieusement que les critiques coiï-traires à l'authenticité n'avaient pas vu l'exemplaire grec trouvé plus tard en Angleterre. L'ouvrage de D. Lumper est une compilation utile, mais très-diffuse, en 13 vol. in-80, où les bonnes et mauvaises pièces sont quftquefois entassées indis^ littctement. — Noël Alex., saec. 1», c. xn, art. 10,

Il y a une infinité de bons ouvrages sur tout ce qui concerne la sainte Vierge. Voy. Bibliolheca selecta, p. xxix, dans le supplément au P* Noël Alex. Le plus considérable de ces ouvrages est celui de TrombelliuSj de Vita Beatse MdrisÊf en ' 6 vol. in'-4''. Voir aussi Tillemont, t. I, et les dtandeurs âe Marie^ dn' f. (fAi^ gentan. Nous suivrons le développement de la tradition sur Vimmaculée Ccfncef-tion de la sainte Vierge. Sur l'article de son assomption en corps et en âme, voit Philippe et François Strozzî, /acq. Gaudin, et surtout Nicol. Ladvocat Billîadus, Bepetitae Vindiciae pro Assumptione B. M. K., qui défendent ce point cher aux Catholiques généralement, contre Claude Joly, âe Verbis Usuardif etc., etexœore ■plus coutre le docteur Launoi, dout on connaît 1a prédilection pour les opinioofl singulières et téméraires.

Sur saint Joseph, voir l9i Bibiiofkeca eefecki, ibiâ.^ toujours outre les BoilaU' distesi

uêrnoim ims apôtres. TkÀDïTioN. 39

mm ont coiiservé uû récit authentique et pIûs détallléf de leiff vie plibli<jtie, nofamméftt pour saint l^aul, dont saint Lac ftrt te disciple et le fidèle compagnon. Mais, avafnt de reprendre avec ce récit la suite des événements, nons achèverons le tableau des travaux apostoliques, en y ajoutant la méthode que le's apôlres suivirent dans leurs prédications : noui^ remptafttons également à saint Pierre et à sàtel PâuL ^^ Oti né peut douter qu'après avoir formulé lé Syftfbo^le de 1« M qu'ils allaient prêcher, les apôtres ne soient coiïveflfas en Éfrême temps d'une «ïéthode commune pftrar ràmo^lïcêr ,• afin d'assurei* l'unité' eh tout. Quoique saint Pierre eût la mission spéciale de prêcher auic luifs et Saait Paul aaii Gentils, néanmoins totfs lés ânti^es apôtres éHênié-èïênïéS jS* adressaient à tous, seloft lés circoftstances, et salfrs faire aucufié exception; seulement ils conservaientaux Juifs, quelque mfidèles' qu'ils se montrassent à leur técation , la prtorité et les égards dus à léilir droit d'aîtKfs$é dans là grafnde famille de Dieu. Or; ponr convaincre tes Jnif&j les» àfpôtres en appelai^fift àiix saintes Écritures, qôî lêu^' étaient parfaitement connues; ils citaient surtout léïs prophètes, qui avaient marqué si clairement tout ce qtf ils annonçaient. Ainsi le fit saint Pierre dans ses premiers discours; lé jour de îa Pentecôte et ensuite. Contre les Gentils, ils usaient ordinairement de raisonnements simples, se prévalaient de la vanité des idoles, cherchaient i ranîmeif quelques souvenirs des traditions méconnues, ef «^appuyaient au besoin de T autorité de leurs poètes et de fettrs philosophes. Saint Paul surtout nous fonmirait des ex^âfples de cette méthode.

i. A Fiôlérienr, et lorsque les apôïi*es s^ adressaient anx fidèles, ils leur expliquaient les dogmes chrétiens, surtout les rtystères de te Trîiïité, de l'Incarnation et de la Rêdéteptiôn; la nécessité de la grâce dé Jésus-Christ ê! FimmortàBïé dé.r^e; ils* insistaient sur les principes et les mtarttteé <îé h ftiôràle évangéliqué, dont ils faisaient la ï^glé de^ eôïidftfte déSi- cteétieh-^. Ê^aftà Cette éducation des

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