LEÇON VI. SAINT PIERRE. AN 34 ET SUIV
enfants de l'Église, ils suivaient une méthode graduée, dont on trouve des traces sensibles dans saint Paul écrivant aux Corinthiens. Nous la verrons, dès le deuxième siècle, convertie en loi de discipline, celle du secret, et former l'institution du cathéchuménat. Un caractère plus fondamental et plus visible de la méthode apostolique était d'être traditionnelle. Les apôtres enseignaient tout de vive •^ voix, comme Jésus-Christ, et ils formaient des hommes pour transmettre de même leur enseignement : saint Paul le recommande formellement a Timothée. Les apôtres ou leurs disciples écrivirent,* il est vrai, les Évangiles, les Actes, des Épîtres et l'Apocalypse, qui n'est qu'une grande et mystérieuse "prophétie; mais ils ne le firent que par l'inspiration du Saint-Esprit, et en apparence ce ne fut que par occasion et comme accidentellement. La plupart de ces écrits ne s'adressaient qu'à une seule Église, quelquefois à une seule personne; ils ne traitent souvent que d'une * question, d'un fait local comme point principal, ainsi que nous le voyons dans plusieurs épîtres de saint Paul et de saint Jean. Enfin rien ne montre d'abord que ces écrits fussent destinés à toutes les Églises et à tous les siècles, comme ils l'étaient en effet, et cela pour des raisons pro-^ fondes et divines. La seule que nous ayons à signaler ici, c'est que, la méthode traditionnelle devant subsister tou- . jours, il fallait que les livres divins ne parussent point y . déroger. Aussi l'enseignement oral demeurait constamment le même après comme avant l'apparition d'un évangile ou d'une épître. Les apôtres et leurs disciples continuaient d'instruire de vive voix sur tous les points, dont plusieurs n'étaient pas écrits. Ils avouent, en effet, en plus d'un, endroit, comme nous le vovons dans saint Paul et dans saint Jean, qu'ils passent beaucoup de choses pour les traiter seulement de vive voix, ore ad os. Ces choses, qui concernaient l'Église, et que les écrivairfs sacrés , conduits par l'inspiration divine, n'osaient confier à Técritùre, devaient être quelques points de doctrine ou autres sur lesquels une