LEÇON LU
1. Durant ces négociations avec le pape Libère et les Romains, les Ariens purs ne perdaient point de temps. Ils osèrent envoyer leur deuxième formule de Sirmium aux évêques des Gaules, qui la repoussèrent avec horreur. En Orient, ils eurent plus de succès. Après la mort de Léonce d'Antioche, Eudoxe de Germanicie s'empara de son siège par le crédit des eunuques de la cour. Il accueillit avec faveur Aétius, son maître, et Eunome, et fit recevoir dans son concile la deuxième formule de Sirmium. Les chefs des Ariens modérés, Basile d'Ancyre, George de Laodicée, Eustache de Sébaste, etc., s'en émurent et condamnèrent ceux qui niaient la ressemblance en substance. De ces deux conciles d'Antioche et d'Ancyre date la division formelle des Ariens en différentes sectes, qui se réduisent à deux principales, savoir : celle des Anoméens, avo/xoe, dissemblables^ qui disaient le Fils différent du Père en tout, cévôfAoeov ; c'étaient les Aéttens et les Eunoméens ; et celle des Semi-Ariensj qui soutenaient le Fils semblable en substance et en tout, per omnia. Nous ne suivrons pas ces deux grands partis dans cette guerre d'intrigues qu'ils ne cessèrent de se faire autour de Constance, et nous arrivons de suite au trop célèbre concile de Rimini. Les Semi-Ariens avaient obtenu un concile universel contre les Anoméens ; ceux-ci obtinrent h leur tour qu'il y eût un concile en Occident, à Rimini, et l'autre en Orient, h Séleucie.
Pour la négative: Tous les auteurs cités dans les deux premiers problèmes pour l'affinnatÎTe.
Pour Vaffirmative : Cavalcanti, Vindiciaef lib. lU, dissert. H, etc. — Le chan. Corgne, Dissert, sur le pape lÀb, — Orsi, Hist, eccleê.y lib. XIV. — Ballerinus, de Primatu SS. Pontif.f cap xr. —Le P. Zaccharias, dissêrt. de Commentilio lÀberii lapsu. — Palma, f. i, cap. xuv et xlv. — M. Rohrbaeher, Ut. XXXIII, t. VI, p. 414 (l'* édit.). — C'est notre propre opinion avec la modification indiquée ci-dessus.— M. Wouters, 1. 1, p. 231, la tient au moins pour très «probable.
488 liBÇÔN Ltl< LiBâRË. A^ 859^361;
2. Quatre cents évoques se réunirent, en effet, à Rimini (359). Ils y proclamèheclt U M dé Nicée, condamnèrent les chefs de l'Arianisme, Ursace, Valens, etc., et écrivirent en ce sens à Constance par dix évêques qu'ils lui députèrent* Malheureusement ces députés $ jeûnes et inexpérimentés, furent devancés et circohvenus par les députés des Arifens, qui les traînèrent ft Nicée, en Thracej et les amehèreht enfin à signer la fbrnlule t'epoussée à Rifflitti. Dans cette formule^ la troisième de Sirmium, le Fila était dit seulement sétnbiabie au Père en toutes choéeè, sans meiitioil de la substahce^ et à Nicée, en Thrace, on ^n retrancha encore les mots en toutes ehbseSi Les Pères de Riininij afïigés d'abord de la prévarication de leurs députés^ succombèrent eux-mêmes sucoessiveiiient aux ennuis dont ik furent abreuvés, et acceptèrent le forfaiulâire; Vingt plus gétiéreux résistaient encore.' Pour en triompher, Valenà proposa plusieurs anathèmes contl'ë les blasphèfnes d' AtiuS, ce qui réjouit grandetnent les Catholiques;- maiSj au milieu de l'entraînement, il en glissa Un qui fè^fte^ma^t tout le poison de TArianisme \ et qui passa inaperçu. — Telle fat hssue déplorable du concile de Rimini, qui avait si bieii commencé *.
3. A Séleucie, le concile tle réunit que douze catholiques, parmi lesquels était saint Hilairej cent cihq Senii-' Ariens et trente-neuf Anoméens, ayant à leur tête Acace de Césàréej en Palestine. Saint Cyrille assistîi au concile^ malgré l'opposition d'Acace*. Cet illustre ëvêque avait écrit ses belles catéchèses, oU instructions pour lei§ caté* chumènes, avant de succéder à saint Maxime sur 16 siège de Jérusalem (331). L'apparition d'une croix de lumière
t. Si quia dixerit cféaturam Filiuiri Dëi, ai suiit cseterae crèdliMrse, anathcma slt. — Apud Hieron. , Dial. adv, Litcif&.t cap. xviii.
î. Sur le cdiicile de Rimlilî, ioy. Labbe, t. It, et Mansî, t. ni;Coi. iU. — Noël Alex., 4« 8œc., ca^. ni, art. j, § 23.— Tiilcmonl, t. VI,p.446 et Éiiiv.
3. Sur saint Cyrille, -voif sa tie par ses éditeurs et par Tilleinoiit, t. tnl. — Noël Alex., sœc. 4®, cap. vi, art. H,
CONCtLÎIë JiE RiMml ET i>E SÉLfeùCIE. 439
àti-dèssué dé Jérusalem honbtà le comtiieticement de son épiscopàt, durant lèqUel il eut beaucoup à souffri^. Acace était parvenu à le faire dépose!» (357), â la suite de contestations siir les droits de leurs églises, et ce fut pour cette raison qu'il prétendit l'exclure du concile de Séleucie. Saint Cyrille tenait là foi catholique ^ quoique soiis la formule des Sëttii-Ariéiis avec lesduels il se trouvait engagé, et cfertâinéînent il ft'étâit pas le seul. Le concile de SëlëUcie rétablit §àîrit Cyrille, et k discussion ^'engagea vivemeiit sUr la foi. Acace et les siens eurent beau dissimuler les blasphèmes des AhbméeUs, ils furent condamnés; mais les Sémi-Arieris iïë triômpihèrent pas longtemps. Au cdtldliâbule de Constâiitiribple (360), ils se virent cotitraints par le parti acaciën, réuni aul ArlëUs d'Occident, porteurs de la formule de Rimini, de signer cette formule. Il est vrai que, t)ar Une sorte de compensatioh, Àcâcé; Etidoxë et leur parti fUreht obligés d'anathématiser AétiUs et le Dissemôttible ; tnais Ils n'en deiueurèrerit pas inoîiîs les tnaîtres dû champ de bataille. Réunis dans un nouveau conciliabule (360), Ôs déposèrent tôUs les chefs du parti semi-arieti, et leur substituèrent des éVêdUes dévoués, entre autres EUdote, qui quitta encore Antioche pour OonStantinople. Et ce fut alors que, tualtres de toutes léS positions, ilë firent envoyer la formule dé Itittiini dans tout Tëmpire, avec brdre âui évéquës de la signer. Sous peine de déposition. Cet ordre mit tout dans îê trouble et la confusion» L'Occident èoufifrit, surtout Tltalië, mais beaucoup mdlns que FOrient, où Foin lie voyait de toutes parts que scandales, schismes et perfidies '.
1 . Thëodoret l'appelle ApottoUcae docirinss acertimuê pr^pugfMtoTf lib« 11^ cap. izvi.
2 . D. Hilar. , de Synodis, n. 63 . — - Sur les persécutions qui suivirent le concile de Rimini et le faux concile de Constantinople, voir Sozomène, lib. IV, cap. xxvi. — Yincent. Lirlii.j Comnionlt.y Htp. iv, p. 303, edit. Ëaliiz. — Tiliemont, t. Vl, art. 84 et 95, où Ton troare la pensée janséniste, noii formulée toutefois, sur le prétendu obscurcissement de TÉglise.