PERSÉCUTION ARIENME. S. BASILE. SA MORT
essaya plus tard d'envahir TOccident. Ce fut comme un asile pour Terreur au moment où elle allait être bannie de tout l'empire.
3. Gratien et son frère Valentinien II, encore enfant, régnaient sur l'Occident. Après la mort de Valens, le sage Gratien s'empressa de rendre aux Catholiques orientaux leurs évêques, et de réprimer les hérétiques. Il confia ensuite l'Orient au brave Théodose (379), et ce fut l'acte le plus heureux de son règne.
Saint Basile ne vit que l'aurore de ces jours meilleurs. Sa vie n'avait été qu'une suite d'épreuves et de chagrins, surtout depuis son épiscopat. Par ménagement pour les Macédoniens, et dans l'espoir de les amener plus facilement au dogme catholique, il s'abstenait ordinairement de donner le nom de Dieu au Saint-Esprit, tout en défendant contre eux sa divinité. Comme plusieurs n'osaient appeler le Saint-Esprit consubstantiel et Dieu, parce qu'ils ne trouvaient pas ces expressions dans les Écritures ni dans le concile de Nicée, il suffisait aux yeux de saint Basile, pour être reçu à la communion catholique, de ne pas mettre le Saint-Esprit au rang des créatures. C'était là, selon lui, reconnaître équivalemment sa divinité. On voit ici les nuances des Catholiques dans leur conduite sur la consubstantialité du Fils se renouveler sur celle du Saint-Esprit ; mais, sur un point comme sur l'autre, il y avait accord sur le dogme lui-même, ainsi que le prouve invmciblement ]a conduite même de saint Basile. Tandis qu'il usait de cette condescendance pour les faibles, infirmtores^ comme il s'exprime lui-même, son ami Grégoire appelait hautement Dieu le Saint-Esprit. C'était un plan convenu entre eux; mais ces ménagements déplurent à plusieurs Catholiques ardents, surtout parmi les moines; ils blâmèrent publiquement saint Basile, qui se justifia par sa résistance lûagnanime à Valens et à ses préfets. Il mourut au commencement de l'année 379. Toute la terre le pleura avec son peuple, dit saint Grégoire de Nazianze, et tous les
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siècles lui ont confirmé le titre de Grand, que ses écrits et ses vertus lui firent décerner aussitôt après sa mort. Saint Basile écrivit sur les Psaumes et sur des sujets de morale, sur la vie ascétique et monastique, dont il recueillit les traditions, et à laquelle il prépara un trésor inépuisable de maximes, de règles et de principes ; il réfuta les Ariens et les Macédoniens, et écrivit plus de quatre cents lettres, qu? sont une partie précieuse de ses ouvrages, et la plus importante pour l'histoire de son temps^
4. Eustathe, évêque de Sébaste, dont l'amitié, puis les attaques furent pour saint Basile une source d'ennuis et d'amertume, vit s'élever contre lui-même et contre la hiérarchie catholique une secte dangereuse. Aérius, prêtre arien de Sébaste et directeur de l'hôpital, ami d'Eustathe^ puis jaloux de sa dignité qu'il avait copvoitée, ne se contenta pas, pour se venger, de calomnier sop évêque, mais il attaqua l'épiscopat même en enseignant l'égalité de Févêque et du prêtre. Outre cette erreur qui renversait U hiérarchie et tout le gouvernement de l'Église, Aérius niait la prière et les bonnes œuvres pour les morts, et troublait les règles du jeûne et de l'î^bstinence. Les Aériens, chassés des églises et des villes, et refoulés jusque dans les forêts et les déserts par Tindignation publique, disparurent assez promptement. Ils laissèrent si pei( de traces, qu'à peine les connaîtrions-nous sans la réfutation qu'en a faite saint Épiphane, du vivant même d' Aérius, vers l'an 376. Traitée d'innovation au quatrièipe siècle, cette première tentative du presbytérianisme ne servit qu'à montrer avec une invincible évidence combien cette erreur é^ait contraire à la tradition apostolique *.
1. Sur les écrits de saint Basile, voir les aateurs d-dessus (LIV, K), et notamment Noël Alex., sœc. 4", art. (9, avec la note deMansi, surfout pour la liturgie de ce Père, ta meilleure édition est celle de DD. Garnier et Haran, reproduite in- 4 par les fr. Gaume.
S. Sur les Aériens, outre saint Épiphane, voir Tiilem., t. ÏX, Saini BatUêt art. 39; — Noël Alex., ssec. 4*, cap. m, art. 16 ; — Pluquet, etc.
I« CONCltÈ DE CONSTANTlNOPLE. 459
5. Cependant Théodose, après avoir réduit les Goths, s'occupa Bérietiserdent de la malKëuréuse Église d'Orient. Il fit plusieurs lois contre les hérétiques et pour la foi de Nicëe, et i^emit les Catholiques en possession de leurs églises : depuis près de quarante ans, ceiix de Cotistantinople en étaient dépossédés. Saint Grégoire de Nazianîe vitit, en qualité d'administrateu^ , Ranimer cette église presque éteintCi et convertit un grand HoiUbre d'Ariens. Un premier coftcile, teîlu à Antidche (379), ayaîit été jugé insuffisant, les évêques d'Orient s'assemblèrent à Constantinople (381) au tlcimbrë de cent ciiiqliante, ayant à leur tête les grands métropolitains. Le premier acte du concile fut d'instituer saint Grégoire de Naziffiizë sur le siège de la ville impériale. PUis, venant à la doctrine, les Pèhes adoptèrent le symbole de Nicée, en y insérant quelques paroles contre les Manichéens, les Plotiniens, les Ariens, les Apollinaristes, et surtout les Macédoniens, contre lesquels ils ajoutèrent un artit3le sur la divinité du Saint-Esprit. Ils firent plusieurs canons, dont le plus remarquable est celui qui accorde à l'évêque de Constantinoplë Une pHînauté d'honneur et le second rang dans l'Église après l'évêque de Rome.
Durant la tenue du concile, saint Mélèce d'Antioche mourut, et les évêques lui donnèrent Flavien pour successeur, au lieu de reconnaître Pauhn et de terminer le schisme. Saint Grégoire, qui en fut vivement affligé^ ayant encore entendu les évêques égyptiens mut'murer contre son installation, faite avant leur arrivée, donna sa démission et se retira à Nazianze, puis dans la solitude, où il moUrut en 389. 11 écrivit beaucoup d'ouvrages, les uns en prose, surtout des Discours et des Dissertations, qui lui méritèrent le surnom de théologien et la réputation du plus éloquent des Pères; et les autres en vers, sur des sujets de piété ^ — Saint Grégoire de Nysse, qui parut avec éclat
1 . Sur les écrits de saint Grégoire de Nazianze, voir les auteurs indiqués plus haut (LlVy 5). La meilleure édition est de D. Clemencet.