CRITS DE S. CHRYS. DÉCADENCE DU PAGANISME, ETC
contre les hérétiques et sur des points pratiques de la vie chrétienne, et beaucoup de lettres. Saint Ghrysostome est avant tout moraliste. Aucun Père n'a présenté la morale de rÉvangile avec autant de sublimité et de grandeur. En le lisant, on sent le génie, inspiré par Tidée chrétienne, s'élever sur les ailes mêmes de cette idée à une expression céleste. C'est principalement dans les discours et les écrits de ce grand docteur de l'univers, comme l'appelle Théodoret, que les mœurs toutes divines des trois premiers siècles se traduisent en paroles et enfantent la vraie littérature chrétienne ^.
8. Tandis que les Églises d'Orient étaient en proie à ces agitations intestines, les fils de Théodose achevaient son œuvre par leurs ordonnances plus rigoureuses contre l'idolâtrie et contre l'hérésie. Les circonstances ne pouvaient être d'ailleurs plus favorables. Le Paganisme , forcé de rougir de ses absurdes croyances, de ses turpitudes et de ses jongleries , voyait de plus succomber la philosophie néo-platonicienne qui avait prétendu ranimer ses dieux et son culte. Il n'avait plus pour appui que l'orgueil de quel-
1 . La meilleure édition de saint Chrysostome eit celle de D. Bernard de Hontfaucon.
PROBLÉMB. '
L'appel de saint Chrysostome au pape Itwocint fut-il un véritable appel?
Pour la négative : Basnage, tous les Protestants et plusieurs Gallicans. — De Marca, de Concordta, etc. — EUies Dupin, de Antiq» disciph, dissert. II, etc. — Bermant et Tillemont évitent de se prononcer.
Pour Vaffirmative: Baronius et Pagi, an 404 ;•— Lupus, Noël Alex., Zaecharias SaccareUi> an 405, et en général tous les auteurs favorables au droit d'appel, -Toy. supra (L, 3), et pour les Lettres de saint Chrysostome et du pape saint Innocent, etc., Mansi, t. III, col. |081.
On pourrait faire de deux autres points la matière d'une double discussion inté* ressante : io Justifier le caractère de saint Jean Chrysostome, accusé par l'historien Socrate, par Basnage et quelques autres Protestants, d'avoir4)ou88é jusqu'à l'imprudence la liberté de sa parole et l'austérité de sa conduite. Voir sa justification dans les auteurs cathoUques, Saccarelli, an 407, etc.; 2* justifier saint Chrysostome reprenant ses fonctions, sur les instances du peuple, et demandant toutefois un concile pour se justifier. Voir Tillem., t. IX, p. 21 7 ; — Herm., p. 395, et supra, p. 352, sur le canon du concile d'Antioche.