‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 280 sur 329 · Voy. Tillem., t. XV, p · texte numérisé non relu

Voy. Tillem., t. XV, p

4. Sur Synésius, voir Tillem., p. 499. — Saccar., an 410, u. 16, etc.

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506 LEÇON tXlI. SAINT INNOCENT 1. AN 401-417.

Augustin eut encore sur plusieurs points particuliers, a\ec Fillustre commentateur, une controverse qui se termina, malgré quelques expressions un peu vives échappées au caractère de saint Jérôme, sans altérer Famitié qui unissait oes deux grands hommes ^

Dans les premières années du siècle, saint Jérôme avait fait sentir au prêtre Vigilaiice toute la rudesse de sa polémique. Ce sectaire obscur, né dans les Gaules et fixé à Barcelone, condamnait le culte rendu aux martyrs et à leurr reliques, l'invocation des saints, les saintes veilles, plusieurs rites de l'Église, et notamment l'usage des cierges, la pauvreté volontaire des moines et le célibat. Ces erreure de Vigilance étaient si contraires aux croyances et aux usages de toute l'Église, et si impopulaires, qu'elles disparurent avec lui sans laisser de traces^. Mais d'autres erreurs, pleines d'attraits et de dangers, se propageaient alors dans rombre^ et finirent par éclater. Nous parlons du Pélagianisme.

f . Los hérésies qui ont agité l'Eglise dans les quatre premiers siècles avaient flatté la raison en la soustrayant h la règle de la foi et en la déclarant indépendante de l'autorité. Mais ce n'était là que la moitié de l'homme. L'orgueil humain aspirait à une complète émancipation ; à la liberté de ses actes comme à celle de sa pensée et de sa foi. L'une, d'ailleurs, conduisait à l'autre : l'homme qui se croit une raison capable d'arriver par ses seules forces à la vérité, ne doit-il pas se croire également une volonté assez forte pour opérer le bien? Si la tradition, si Tautorilé au dehors ne lui est pas nécessaire pour croii'e, pourquoi

i. VoirTilIcm., t. XII, p. 169 ; — Saccar., an 410^ n. 7, elc. 2. Voy. D. liicion., Adcers. Vigilant.; — TiUem., t. XU, saint Jérfyney «rt. iOî>, et passim; - Saccar., au 406.

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la grâce lui serait-elle nécessaire au dedans pour agir? — Il y a plus : Ti&dépendaQce de la raison n'était-elle pas une jouissance pour Torgueil, un sensualisme intellectuel , et ne conduit-elle pas à.une jouissance plus délicate encore, celle de Tind^ndance de Taction, le sensualisme de la volonté? Nous concevons maintenant comment Origène, défenseur du dogme du péché originel, a été signalé néanmoins par saint Jérôisote comme le premier auteur de cette émancipation de la volonté : »m essai rationaliste (XXXIX, 7) ouvrait ea effet cette voie à tout esprit non retenu par le frein salutaire de l'autorité. Toutefois, ce mouvement dont il est question ici ne commença réellement que dans les dernières années du quatrième rïèclô et dans les premières du siècle suivant.

â. ^Théodore, condisciple et ami de saint Jean Ghry«sostome, prêtre d'Antioche, puis évèque de Mopsueste (393)> en fut le premier auteur dont parle Thistoire. Il se rendit très-célèbre dans tout l'Orient par sa science, ses nombreux écrits et par le aèle qu'il déploya contre les Ariens^ Il est regrettable que ia perte de ses ouvrages et la réserve des monuments qui en font mention laissetijt beaucoup à désirer sur »n homme qui eut tant de réputation de son vivant^ et dont la personne et les écrits, objet de tant de controverses après sa mort, furent condamnés au einqnième concile général* à Gonstantinople. D'après l'ensemble de tous les témoignages , fav^ables o>ii con-^ traires, i^ndus à Théodore de Mopsueste, voici l'idée que nous eroyons pouvoir nous en former. Dominant tout ce qui Tentonrait, et brillant dans lout l'Orient par ses vastes connaissances et l'élévation de son esprit, Théodore succomba à la tentation de l'orgueil. Timide d'ailleurs et ami de son repos, il Avita de se compromettre dans les grands

i . Sur Théodore de Mopsueste, Toir tous les auteurs indiqués plus bas sur les PéUgiens et les Nestoriens, et de plus Tillemont^ t. Xil, p. id3, et t. XIY, p. M4.

démêlés qui eurent Keu de son temps. Voilà ce qui explique le soin qu'il avait de ne découvrir ses sentiments intimes qu'à ses disciples, la différence que Ton a remarquée entre ses discours et ses écrits répandus avec réserve, ses adhésions en plusieurs conciles à certains points de doctrine qu'il attaquait ailleurs, ses rétractations^ ses liaisons avec les plus grands évêques, l'estime dont il a été généralement environné durant son long épiscopat, les éloges qui lui ont été donnés après sa mort, les graves critiques qu'on en a faites; enfin sa condamnation dans un concile œcuménique.

Quel fut maintenant le système d'erreur adopté par Théodore de Mopsueste? Il éleva outre mesure les forces de la raison et les facultés humaines, en même temps qu'il abaissa les mystères chrétiens au niveau de cette raison enorgueillie. C'était marcher au rationalisme par deux voies dans lesquelles Théodore engageait ses disciples, tout en prenant garde de n'y marcher lui-même qu'avec une grande prudence. Ce que l'on cite de lui sur le premidr chef revient à dire qu'il niait le péché originel et la part que la nature corrompue avait à nos péchés, ce qui conduisait aux erreurs contre la grâce. En ce qui touche les mystères, outre ceux du péché originel et de la grâce, il ruinait surtout le mystère de rincarnation en niant, avec mille détours, lé lien hypostatique et personnel qui unit la nature divine et la nature humaine en Jésus- Christ. C'était l'erreur opposée à celle d'Apollinaire (UV, 2), que Théodore combattit avec un zèle suspect ou peu éclairé. — Quel que soit, du reste, Fart avec lequel l'évêque de Mopsueste sut s'envelopper, il n'en est pas moins permis de le regarder, lui et son école, comme le centre d'un mouvement rationaliste duquel nous allons voir sortir immédiatement deux grandes sectes, et d'abord celle de Pelage.

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