‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 292 sur 329 · CONCILE D'ÉPHÉSK. III* ŒCUMÉNIQUE. JEAND»ANTIOCHE · texte numérisé non relu

CONCILE D'ÉPHÉSK. III* ŒCUMÉNIQUE. JEAND»ANTIOCHE

déposent saint Cyrille et Memnon, évêque d'Éphèse, et menacent tout le concile. L'empereur, que le comte Candidien, modérateur du concile et tout dévoué au novateur, avait prévenu^ donna liri-même un rescrit qui déclarait nulle la déposition de Nestorius. — Les trois légats que saint Gélestin envoyait au concile arrivèrent pour la deuxième session, qui fut consacrée, ainsi que la troisième, à les instruire de ce qui s'était fait dans la première et à recevoir leur adhésion. Il est remarquable que saint Gélestin, dans sa lettre aux évèques, et les légats, en exposant leur mission, ne parlent que de juger conformément à la sentence déjà prononcée par le Pape, le successeur de Pierre, qu'ils appellent, en style de saint Cypriea, la tête, la colonne de toute la foi, totius fidei caput.,. columna, et le fondement de l'Église catholique^. I>ans la quatrième et la cinquième session, saint Cyrille et Memnon portèrent leurs plaintes contre Jean et son conciliabule; ils anathématisèrent Apollinaire, dont on les accusait de suivre les erreurs, et le concile sépara de la communion ecclésiastique Jean et ses évèques, en les menaçant de toute la rigueur des canons s'ils &e s'empressaient de reconnaître leur faute. Les Pères envoyèrent ensuite au Pape une relation de tout ce qu'ils avaient fait jusqu'alors, et, sur la fin de cette première lettre synodale, ils ajoutent qu'après avoir lu dans le concile ce qui avait été décida et défini par lui contre Pelage, Célestius, Julien et autres chefs de l'hérésie pélagienne, ils les tiennent euxmêmes pour bien condamnés. Dans la sixième session, ils défendirent de produire désormais aucun autre symbole que celui de Nicée, et la septième et dernière fut consacrée à des affaires particulières.

Nous passons les mille incidents qui rendirent si difficiles et l'exécution du concile et la réunion de Jean d'Antioche et des Orientaux avec saint Cyrille. Théodose,

1. ÀcUi cQiicil, Bphes.f apud Mansi, t. IV, col. M9t et I29b.

d'abord tout favorable à la faction de Nestorius, puis déclaré également contre les deux partis, avait enfin pu connaître le véritable état des choses, constamment dénaturé par ses officiers. Il confirma la déposition de l'hérésiarque, et Maximin fut élu pour remplir le siège de Gonstantinople. Il y eut ensuite durant deux ans de nombreuses démarches pour réunir saint Cyrille et Jean d'Antioche. La réconciliation fut enfin consommée, Nestorius relégué dans le désert d'Oasis, où il mourut misérablement, et plusieurs évêques obstinés également déposés et exilés. — Telle fut l'issue du grand concile d'Éphèse, dont le pape saint Gélestin confirma tous les décrets. — La suite de l'histoire nous prouvera que la secte de Nestorius ne mourut point avec lui'.

I . Sur It. Nestorianisnie, le concile d'Éphèse et le scfaisine de Jean d'Antioche, ?oir Hariut Mercator, auteur contemporain, avec les Notes et Dissertations du P. Garnier; — L'historien Socrates, lib. VII, qui a mal apprécié les erreurs de Nestorius. — AtberHni, Basnage et quelques autres Protestants ont prétendu justifier d'bérétie Nestorius, qu'ils disent plus ignorant que coupable, croyant ainsi mieux connaître cet hérésiarque que les évèques du concile d'Éphèse. Le P. Noël Alexandre, Sttc. 5*, dissert. VI, t. V, p. 187, et Haasi, t'dtd., p. 191, les ont spécialement réfutés. Parmi les anciens, Toir encore et surtout les ouTrages de saint Cyrille, et les pièces, lettres, actes du concile, dans Labbe, t. III, et Uansi, t. IV, col. 568 ;— Tillem., t. XIV, Saint Cyrtiie, art. 7 et les suiv.; — le P. Doucin, qui a donné une bonne histoire du Nestorianisme ; — le P. Noël Alexandre, sec. 5*, cap. III, art. 12, dissert. VII sur la convocation et le président da coadie d'Éphèse, avec les Notes, et dissert. VIII sur l'orthodoxie des Analhèmes de saint Cyrille; — le P. Thomassin, dissert, in Synod, EpKes.^ qui s*étend beaacoup sur la question de la convocation des conciles, sur le droit des papes à la présidence; —Lupus, sur les canons et l'historique d'Éphèse, t. 1^ p. 807 ; •» rauteur des Obaervntiùnê tur Fleury, t. II,

MoBLiia.

Le jugunent du cùncUe d'Éphèse contre iV«alon'iM, déjà jvgé à Aome, prouve-l-t7 la faillibiliti des jugements dogmatiques du pape et la supérioriti du concile œcuménique ?

Pour Vaffirmative : Noël Alex., ssc. b*, dissert. IV. — Bossuet, Defensio />«• clarat,y part. 3, lib. III ; — De la Luxeme, sur la Dielarai.

Pour la négative ; Les actes mêmes du concile, qui nous ont paru établir formellement le contraire; — MuiarelU, de Auctorit, Bom, Pont., t. II, cap. m; — Orsi, de Refomahili R. P. judicio ; — D'Aguirre, de Auctoritate infaHlibili R, P., disp. 8, 1 5S; — Palma, t. I, part. 8, cap. xxn; — rauteur des Observationt sur Fleury, t. U.^Roncaglia, in Natal. Alex,, snc. 5% p. tl7.

HOMMES ILLUSTRES. 5â9

4. Samt Cèles tin mourut peu de temps après la conclusion du concile d'Éphèse (432), Nous avons vu avec quel zèle ferme autant qu'éclairé il gouverna TÉglise durant les huit années de son pontificat^. Ce fut sous Sixte ÏII, son successeur, que se termina le schisme de Jean d'Antioche (432). Quelques évêques nestoriens, plus opiniâtres, envoyèrent des députés à Rome et écrivirent au Pape pour le détourner de sanctionner F accord conclu entre Jean et Cyrille ; mais il ne paraît pas que Sixte ait daigné leur répondre autrement que par ses lettres de félicitation aux évêques d'Antioche et d'Alexandrie '. — Parmi les hommes qui parurent davantage dans ces mêmes années où le Semi- Pélagianisme dans les Gaules, et le Nestorianisme en Orient, occasionnèrent tant de discussions, nous citerons encore : Cassien, qui réfuta Nestorius, et mourut dans les premières années qui suivirent la condamnation de cet hérésiarque*; saint Vincent de Lérins: il composa, trois ans après le concile d'Éphèse, son. célèbre Commonitorium, belle exposition de la règle de foi, où la tradition, inter* prête des divines Écritures, est présentiée comme l'antidote Infaillible contre toutes les hérésies*; saint Paulin, évêque de Noie, qui mourut (431) vénéré de tous les grands hommes de son temps, laissant plusieurs ouvrages en prose et en vers*; Marias Mercator^ qui combattit vivement en

1. Sur le pape saint Gélestin, voir TUIenEUt t. XIV, p. 148 ; -— D. Coust., £p« SS. PP., t; L; — Patr, lot. col. 407, édit. Mignoe ; — Labbe et Manai.

2. Voy. D. Coust., £p. S. Xisti, in Appendice, § 14, t. L; — P<iir. (al., col. 622, édit. Migne ; — > Saccar., an 433, § 2, t. IX.

3. La raeilleore édition de ses ouvrages est celle de Leipzig, avec les Commen-' tatres très-étendus de Gaseus. Elle forme les t. XLIX et L Patr. latin, , édit* Migne. Voir Tillem., t. xrv.

4. Sur saint Vincent de Lérins, Toir Tillem., t. XV. La meilleure édition est celle de Baluse, avec ses Notes, reproduite par M. Migne, t. L, Patr, lat,

$. Muratori a donné une excellente édition de saint Paulin, imprimée à Vérone. Voir TiUem., t. XIV.

6. Sur Maritts Mereator, ?oir Tillem., t. XV, p. 186. Les meilleures éditioog ioni celles du Père Gamier, qui y a joint des notes considérables, et celle de Baluze.

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Occident les Pélagiens, et les Nestoriens en Orient; saint Isidore de Péluse^, moine célèbre par son zèle apostolique, qui ne craignit pas d'avertir saint Cyrille contre l'erreur d'Apollinaire; Théodoret*, né à Antioche (393), l'un des hommes les plus justement célèbres dans l'Église par sa vie austère, sa science et ses ouvrages, mais que son attachement à la personne de Nestorius rendit si opiniâtre coatis le concife d'Épbèse; Ibas> évêque d'Édesse, dont la lettre à Maris, évèque en Perse» écrite dans un sens nestorien, fit tant de bruit plus tard. Nous devons nommer aussi samt Siméon Stylite, né dans les dernières années du quatrième siècle, et qui passa environ trente-sept ans de sa vie sur une colonne qu'il fit élever à diverses hauteurs, enfin à quarante coudées (soixante pieds). Ce genre de vie si extraordinaire, justifié par la sincère humilité du saint et par ses miracles, frappa t^ut le monde, les Barbara comme les Romains, et opéra grand nombre de conversions. L'empereur Théodose s'adressa deux fois à saint Siméon pour lui recommander la paix de l'Église, troublée alors par le schisme de lean d' Antioche et des Orientaux'. — On peut reporter au temps du concile d'Éphèse rinslitution des moines 4icémètes ou peiilants, qui se succédaient au chœur de manière à y rendre la psalmodie perpétuelle^ 5. L'Église d'Orient respirait après tant de secousses; mais le joug de fer qui pesait sur celle d'Afrique devint plus intolérable par la prise de Carthage (4d9), que les Vandales saccagèrent. Ce fut alors que la persécution de Genséric contre les Catholiques prit un caractère plus

i. Sur «aiat laidore 4e Pélme» ?«lr TiUcni., t. XV. p. 96. U éerivit près de deux mille lettres. La bonne édition de ceUes qui neit restent ett de PossiO) BoDMft, 1670.

2. Sur TModoret, voir Tittem., t. XV, p. «07 ;'^ Noël klet*^ tm* &0; et géniéralenwnt t&u» les iNfitorieu ém eoaciles d'Épbèae et 4e Clialeédeine*

3 . Sur saint Siméon Stylite, Yoir Tbéodoret, témoin oculaire, BiU. nHffiosa.; — .TiUera., t.XV, p. 347.

4. Yoy, 8ur tes Aoémètet, TiUe»., t. XII, p. 490, et wHout », »dteW, Hifk de l'Ordre monastique en Orient^ liv. lU, cb. xxiii.

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