‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 291 sur 329 · SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE

sa jeunesse, contre saint Jean Ghrysostome. Il fut enfin éclairé sur Tinnocence et les vertus de ce grand homme, et consentit à rétablir son nom dans ses dyptiques (417). Tel était l'homme que Dieu avait préparé contre la nouvelle hérésie. Dès qu'il fut informé du scandale que les sermons écrits de Nestorius causaient dans les monastères d'Egypte, il s'empressa de combattre la nouvelle hérésie, d'abord par une Lettre circulaire, puis par des Traités plus développés.. U écrivit à Nestorius lui-même pour le rappeler à la foi apostolique; mais l'évêque de Constantinople, comptant sur son crédit à la cour, ne songea, lui, qu'à se venger de Cyrille. Il lui fut d'autant plus facile de se faire un parti contre l'évêque d'Alexandrie, que la mémoire de Théophile, l'oncle de Cyrille et l'implacable ennemi de saint Chrysostome, était plus odieuse à Constantinople et à Antioche. Ajoutons que le novateur, à mesure qu'il se voyait poussé, savait se rapprocher des expressions consacrées et voiler sa doctrine, et l'on comprendra facilement comment, du côté de Nestorius et de ses amis, même les plus orthodoxes, le débat prit dès lors une couleur personnelle et passionnée. Cependant saint Cyrille, conformément à l'antique usage des églises, dit-il, dénonça au pape saint Célestin la doctrine de Nestorius, en lui rendant compte de tout ce qui s'était passé. De son côté, l'évêque de Constantinople avait écrit lui-même et envoyé ses livres au pape, qu'il cherchait à gagner. Célestin, ayant reçu ces lettres, et fait traduire ou plutôt réfuter les écrits de Nestorius par le célèbre Cassien, assembla son concile et condamna le nouveau dogmatiseur. Il chargea ensuite saint Cyrille d'exécuter sa sentence, en excommuniant et déposant le coupable, s'il ne se rétractait dans les dix jours qui suivraient la signification. En conséquence de ces ordres du pape, samt Cyrille réunit tous ses évêques et envoya à Nestorius douze anathèmes ou articles à souscrire. Mais l'hérésiarque était loin de se soumettre. Déjà, à l'imitation des Pélagiens, il

avait eu l'audace, dans une réunion à Constantinople, de condamner les Catholiques comme Manichéens. Néanmoins il accusait surtout d'ApolUnarisme (LV, 2) ses adversaires; et, en effet, c'était là l'erreur, l'extrémité opposée vers laquelle devaient tendre leurs expressions, inévitablement exagérées quelquefois ou inexactes, dans cette discussion nouvelle. Ce ftit là le tour qu'on donna aux anathèmes de Cyrille. Nestorius, de concert avec ses plus intimes, leur opposa douze autres anathèmes contraires, et Théodoret de Cyr les combattît vivement. Toutefois le novateur, tout-puissant à la cour et dans TÉglise d'Orient, où il dominait par lui et ses amîs, mit sa dernière et principale espérance dans un grand concile; ce fut donc d'abord et surtout à sa prière que Théodose le convoqua à Éphèse.

3. Les évèques se réunirent dans cette ville, au nombre de deux cents environ, sous la présidence de saint Cyrille, qui représentait le pape Célestin (431)*. Après avoir attendu pendant quinze jours Jean d'Anlioche et ses évêques, dont les retards parurent affectés, le concile célébra sa première session, dans laquelle Nestorius, sommé trois fois inutilement de s'y présenter, fiit condamné et déposé. Triste sentence, ajoutent les Pères, que nous sommes contraints de rendre, par les sacrés canons et la lettre de notre Saînt-Père Célestin, évêqile de TÈglise de Rome. Ce décret, qui consacrait solennellement le dogme de l'unité de personne en Jésus-Christ et la maternité divine de Marie, fat accueilli par le peuple d'Éphèse avec une joie et des démonstrations extraordinaires. Cependant cinq jours s'étaient encore écoulés, lorsque enfin Jean d'Anlioche arriva avec trente évêques. A peme| descendus et encore tout poudreux du voyage, ils s'assemblent avec treize autres évèques du parti de Nestorius,

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