PREMIERSACTESDESAINT LEON, SAINT HIL AIRE D'ARLES
droits du métropolitain, Célidoine, évêque de Besançon, accusé d'avoir été ordonné avec un empêchement canonique. Célidoine en appela au Pape, devant lequel il se justifia et fut rétabli, tandis que saint Hilaire, qui Tavait suivi à Rome, se défendit mal et se retira secrètement. Saint Léon, ayant reçu de nouvelles plaintes contre saint Hilaire, lui ôta les droits de métropolitain, et prévint le retour des irrégularités dont on s'était plaint. Sa décrétale est adressée aux évêques de la province de Vienne, et Valentinien l'appuya d'un rescrit pour en assurer l'exécution^ Saint Hilaire sut reconquérir l'estime de saint Léon par son humilité, sa vie sainte, austère et régulière, que la mort termina en l'année 449.
3. En Orient, Attila, roi des Huns (434), campé sur les bords du Danube, ne cessait de menacer Théodose et les Romains, qui lui payaient un vrai tribut sous le nom de pension. Il leur fit enfin la guerre et ravagea l'Illyrie et la Thrace (442). Malheureusement Théodose et les Romains méritaient, par leur lâcheté et leur faiblesse, les insolents dédains d'Attila*. L'empire d'Orient semblait n'avoir plus de vie que pour soulever des querelles religieuses et troubler l'Éghse.
La paix conclue entre saint Cyrille et les Orientaux avait ralenti, mais non arrêté le mouvement des esprits. Les deux partis étaient pleins d'hommes qui suspectaient la doctrine du parti contraire, l'accusaient ou de Nestorianisme ou d'ApoUinarisme, et insistaient en proportion sur la doctrine opposée. — Saint Cyrille mourut sur ces entrefaites (444), après quinze ans de combats soutenus pour défendre, avec la maternité divine de Marie, le dogme de
t i . Sur cette affaire de saint Hilaire d'Arles, foir Longueval, Ht. IY, t. II, p. 2t ; — Sacearelli, an 445 ; — Tillem., t. XV, Saint Hilaire ^ art. 14. l\ est tout à fait partial contre saint Léon, et suit Quesnel. Voy. surtout la Lettre de saint Léon et le Rescrit de Yalentinien, dans Balleiini et dans Cacciari, Bp, iC^ suivie de la Novelle»
t, Voy. Stritteri, t. I, p. 482 ; — Tillem., £mp., t. VU, p. 97.
l'Incarnation contre le dualisme de Nestorius. Une grande partie de ses ouvrages sont consacrés à cette grave polémique; il écrivit aussi contre les Ariens et Julien T Apostat, et composa des Commentaires sur TAncien Testanienl, dans lesquels on retrouve Fallégorisme toujours cher à l'école d'Alexandrie'. — L'orthodoxie de saint CyriUene peut être l'objet d'un doute sérieux; il faut toutefois convenir qu'en discutant le premier théologiqueraent la doctrine de l'unité de personne, et traçant les premiers éléments de cette partie de la langue chrétienne qu'on appelle la cùmmunication des idiomei, saint Cyrille se servit de certaines expressions inexactes et exagérées qui semblaient entraîner l'erreur opposée et blesser la distinction des natures. Il se rencontra malheureusement parmi les adversaires- de Nestorius et de Théodore de Mopsuète, ce de;nier alors remis en cause, des hommes qui prirent en effet ces expressions dans un sens erroné, les poussèrent à leurs plus extrêmes conséquences, et enfantèrent une nouvelle hérésie*.
4. ^Eutychès, moine et abbé ou archimandrite d'un célèbre monastère de Constantinople, eut le triste honneur de mettre au grand jour le premier cette hérésie cachée jusqu'alors dans l'esprit de plusieurs, et de lui donner son nom. Eutychès était ignorant et orgueilleux, et dès lors opiniâtre à soutenir aveuglément tout ce qu'un zèle aussi ardent que peu éclairé lui présentait comme vrai et juste. Ce fut avec ce caractère dangereux qu'Eutychès, qui se distingua d'abord parmi les adversaires de Nestorius, et s'acquit ainsi u»e certaine influence, priacipalement sm* les moines, se jeta enfin dans l'excès opposé à celui qu'il
f. Là DieUltorA ëdltloii de «es 6utrag«8 est celle d'Aobert. •— Paris, 1633- (LXIV, 2).
2. Sur ces ittODvemeiits et oes conteMations qoi luivirent la cosdamnation de Nestofiu» et prépai«èveiit rhérésie d'Eutychè», voy. Tillem., t. XV, SfltB*X«w», art. 24, etc., et surtout art. 30, etc., p. 479 Saccar., an 444, n. 10, t. K-
S. Sur les Kutifchietis, voir les auteurs indiqués plus bas, a. S.
LES KUTYCHIKNS. 535
combattait. Il eu vint en effet à soutenir que non-seulement il n'y avait qu'une seule personne en Jésus-Christ, comme enseignait FEglise, mais encore une seule nature; qu'avant l'Incarnation, il y avait deux natures, mais qu'après l'Incarnation, la nature humaine, unie à la personne du Verbe, était absorbée dans la nature divine; qu'ainsi le Christ était bien de deux natures^ mais non dans deux natures, (i suivait de là plusieurs conséquences aussi absurdes que le principe lui-même, savoir : que la divinité avait souffert; que le corps du Christ n'était pas consubstantiel au nôtre; que ce corps ne venait pas de Marie, qui cessait dès lors d'être véritablement mère de Dieu, et môme mère du Christ, etc. Ces conséquences, qu'Eutychès ne vit peut-être pas, trouvèrent du moins des défenseurs parmi ses disciples.
5. Eusèbe, évoque de Dorylée, qui le premier avait dénoncé l'erreur de Nestorius, dénonça encore celle d'Eutychès, son ami, après avoir essayé en vain de l'éclairer et de le remettre dans la bonne voie. L'évêque de Dorylée profita d'un concile que saint Flavien, successeur de saint Procle sur le siège de Constantinople, avait assemblé, pour présenter sa requête (448). Après bien des retards, l'hérésiarque comparut enfin; il s'opiniâtra à soutenir l'unité de nature après l'Incarnation, et fut en conséquence condamné et déposé par le Synode. Eutychès s'empressa d'écrire à saint Léon, en lui envoyant plusieurs pièces et un acte d'appel qu'il prétendit faussement avoir formulé devant le concile. L'évêque de Constantinople écrivit de son côté, et exposa au pape tout ce qui s'était passé. Saint Léon rojeta l'appel d'Eutych'ès et écrivit à Flavien cette lettre célèbre que tous les siècles ont admirée comme la plus l)olle exposition du mystère de l'Incarnation. Trompé dans SOS espérances du côté de Rome, Eutychès se tourna vers la cour, où il avait un protecteur tout-puissant dans l'eunuque Chrysaphc, ennemi personnel de saint Flavien. Il s'adressa aussi à l'indiii^ne successeur de saint Cyrille,
Dioscore, qui n'était que trop disposé à favoriser l'hérésie de l'archimandrite et la vengeance du courtisan.
6. Le faible Théodose, circonvenu par ces trois hommes passionnés, convoqua un concile général, qui s'assembla à Éphèse (449). Il s'y trouva cent trente évêques, avec les trois légats que saint Léon s'était enfin décidé à y envoyer, après avoir résisté longtemps au projet de cette assemblée, dont il n'espérait rien de bon. Tout s'y passa en effet de la manière la plus irrégulière et la plus violente. Dioscore y présida, au mépris du droit des légats; Ëutychès y fut absous, et les évêques souscrivirent sa doctrine, les uns en y adhérant, le plus grand nombre, entre autres i>omnus d'Antioche et Juvénal de Jérusalem, par crainte et par lâcheté. Saint Flavien fut déposé, et, nonobstant son appel ' au siège apostolique, on l'envoya en exil, où il mourut par suite des mauvais traitements qu'il avait reçus dans le lieu même de l'assemblée. — Telle fut l'issue de ce prétendu concile, flétri dans l'histoire sous le nom de Brigandage d'Èphèse (Latrocintum Epkestnum). Les légats du pape demeurèrent seuls debout dans cette assemblée de furieux et de lâches. Ils protestèrent hardiment, et le diacre Hilaire, s'échappant furtivement, alla rendre compte de tout à saint Léon. Sur son rapport, le pape cassa tous les actes du conciliabule, rétablit la mémoire de Flavien et demanda aux deux empereurs un vrai concile pour remédier à tant de maux. Théodose, toujours dominé par le parti, loin d'acquiescer à ce vœu de Léon, ne s'occupait qu'à poursuivre les évêques déclarés contre la doctrine des Eutychiens ou Mcmophysites (défenseurs d'une seule nature). Mais Dieu changea lui-même4a face des choses. L'eunuque Chrysaphe perdit son crédit et fut exilé; Théodose mourut avec la réputation d'un prince bon, mais d'une faiblesse qui le rendit plus d'une fois l'instrument des méchants ^
I . Sur cet appel, voy. Libérât, cap. xii, et Cacciari, Hiêt, hœreê. EtUychian., lib. I, cap. i\,
t. Toy. le règne de Théodoiele leune dam TiUem., £mp., t. VU. — Le fait
FAUX CONCILE D*éPHESE. CONCILE DE CHALCÉDOINE. 537
et Pulchériiï se retrouva de nouveau à la tête des affaires. Cette sainte et habile princesse donna sa main et la pourpre à Marcien, excellent capitaine, homme droit et orthodoxe, sous la réserve toutefois qu'elle garderait son vœu de virginité. Le premier soin de Marcien et de Pulchérie fut de rappeler les évoques bannis. De ce nombre était Théodoret, relégué dans son monastère, près d'Apamée ; il avait eu recours au pape saint Léon et en avait appelé à son tribunal^.
7. Le conseil œcuménique demandé par saint Léon ne souffrit plus de difficultés. Convoqué d'abord à Nicée, il se réunit en effet à Chalcédoirie (451), et on y compta près de six cents évoques, présidés par les quatre légats du pape. Les actes du conciliabule d'Êphèse furent cassés, Dioscore et Eutychès condamnés, déposés et exilés; mais on pardonna aux évoques qui renoncèrent à l'erreur. Sur la foi, on ne voulut point faire de nouvelle définition; les Pères déclarèrent s'en tenir aux symboles de Nicéé et de Constantinople, et en particulier sur l'erreur d'Eutychès, à la lettre du pape Léon à Flavien, lettre qu'ils accueillirent avec de grandes acclamations, et comme la doctrine même de Pierre. Toutefois, dans la sixième session, on dressa une confession de foi dans laquelle, conformément à la lettre de saint Léon, les Pères reconnaissaient un seul et même Christ en deux natures, sans confusion, sans changement, ni division, ni séparation:.... 7n duabus naturis tnconfusej immutabiliter ^ indivise, inseparahiliter. Les autres sessions, jusqu'à la seizième ou dix-septième et dernière, furent consacrées à régler des affaires particulières. Les Pères dressèrent aussi vingt-huit canons de discipline concernant le clergé et les moines; le dernier, s'appuyant
qui a le plus itlusfré Théodose et gon règne est la publication du Gode Théodosien, ou Becaeil des lois publiées par les empereurs chrétiens depuis Constantin. Yoy., sur ce Code, Godefroy, dans ses Prolégomènes ad Cod. Theod,
1. Et ego Apostolicœ vestrœ Scdis expecto sententiam, etc. Epist, Tkeodor* fnter Epittt. S, £<»o«., t. H, p. 212, édit. r.apcîari.
sur le premier concile de Constanlinople, conférait à Vévéque de la ville impériale le second rang après Vévêque de Rome, et une haute juridiction sur les trois diocèses de Pont, d'Asie et de Thrace. Les légats refusèrent d'assister à celte session, et protestèrent le lendemain contre ce canon, comme contraire aux canons de Nicée et à leurs instructions. — « Le concile adressa ensuite une lettre synodale au pape en lui demandant la confirmation de ses actes. Saint Léon confirma en effet tout ce qui avait été défini touchant la foi, passa sous silence les canons de discipline, et rejeta formellement le dernier. Il en exprima de plus son mécontentement dans une lettre particulière à Ânatolius lui-même, l'évêque de Goûstantinople, dont Tarnbitton n'était point étrangère à cet acte d'adulation ^
8. Dès le principe, Eutychès avait écrit à saint Pierre, surnommé Chryêologue, évéque de Ravenne. Cet illustre Père répondit avec une grande sagesse au novateur, qu'il renvoie au Pape, comme h saint Pierre lui-même, pour trouver la vérité *. Saint Chrysologue mourut probable-
i. Sur les Etttychiens ou Monopbytites, sur le faux concile d'Épfaèse et le coocile de Chaleédoine , Toir Évagre, £ft«l. tccltt,, Ub. H (voy. Iniroâ*t p. ilS);
— Labbe, t. IIl et IV ; — Mansi, t. V, VI et VU j — les Uttret de saint Léoii;
— De Eutychiana hœresi hisloriaj par Cacciari, t. ni, opp. S. Leonis, où il défend contre Quesnel la Traie doctrine de ce grand pape; — Tilleni., t. XV, Saint Léon, qui suit Quesnel pour le fond dans ce qui touohe à l'autorité da pape;
— Noël Alex., s«c. cap. m, 5*>, art. 13 ^ — l'auteur de^Obsffvation» sur Fleurit t. n, liv. XXVH et XXVm de Fleury;— Lupus, t. I; — Thoraassin, dissert. XI.
Peut'im tirer dti eonciie de Chalcédùine quelque conclusion contrtiire à l'in^ faillibilitédupape?
On peut s'étonner de ce problème quand on a lu les ai'.tes et l'histoire de ce concile où l'autorité supérieure de saint Léon apparaît aVec tant d'éelat.
Pour l'affirmative : Febronius, de Statu EcoleeiXf cap. vi; — Noël Alex., sœc. bo, ditôert. Xtl; — Bossuet et les autres défenseurs de la Défloration.
VouT Ibl négative : Zaccarîas, iln(t*/iefrrontu«, part; — Ballerint, Orsi, Muxzaretli, etc., comme plus haut pour le concile d'Éphèse. C'est le même problème, et ce sont les mêmes hommes pour et contre.
9. ... Quoniam S. Petrus, qui in pToprîa sede TÎvit et prcddet, prcstat qa«-
HOMMSS ILLUSTRËi^. 5â9
ment avant le concile d'Éphèse, vers 450 *. Dans les dernières années de sa vie, cet illustre docteur eut la consolation de voir à Ravenne saint Germain d'Auxerre. Ce nouveau thaumaturge des Gaules avait fait un second voyage en Angleterre contre les Pélagiens. En passant à Paris, il revit sainte Geneviève, qu il vengea de la calomnie en rendant un glorieux témoignage à sa vertu. — Saint Germain sauva les Armoriques menacés par une armée d'Allemands, et ce fut pour leur obtenir la paix qu'il se rendit à Ravenne, où il mourut, vénéré et béni de tous, vers Tan 449. — Théodoret, Tun des plus savants docteurs de l'Église grecque, mourut en paix (457), après avoir passe la plus grande partie de son épiscopat dans les plus pénibles discussions, d'abord comme homme d'opposition et opiniltrç dans l'affaire de Nestorius, qui avait fasciné cet esprit éminent, puis comme victime dans celle d'Eutychès. Si Théodoret admit en quelque chose l'erreur de Nestorius, ce qui n'est pas certain, il le fit de bonne foi et le corrigea ensuite. Il fut justifié, rétabli et loué par saint Léon et le concile de Ghalcédoine. Il écrivit des Commentaires sur les saintes Écritures; des Traités contre les païens et les hérétiques, les Vies de trente solitaires de son temps, sous le titre dl Histoire religievse, et une Histoire ecclésiastique *. —Saint Nil de Constantinople, surnommé le Sage, et solitaire du mont Sinaï, mourut avant Tan 450 ; il écrivit plusieurs petits Traités ascétiques et l'Histoire curieuse de la captivité de son fils Théodule*. — Un autre solitaire non moins célèbre fut saint Ai'sène, l'un des grands seigneurs de la cour de Théodose et le précepteur
KntibiMfideiTeritatem, etc. £p. ad Euiffch. mtêr Ep. S. Uim* foat £p. Si, edit. Cftcciari.
1. Sur saint Pierre Chrysologue, toir TiUem., t. XV, p. 184. — La meilleure édition de tes teuTres est ceUe de Domioiqu eMita, reproduite par M. Migne, t. LU) Paà*^ iat,, avec tcw les prolégomènes et notes.
2. Les PP. Sirinoad«t (kirnier ont donné une bonne édition de ses ouvrages » La plus récente est ceUe de Schulze et de Noesselt (LX1V> 4).
3. Sur saint Nïl, voir TiHem., 8, 1 89. — Sur saint Ar^nar*, id.^ ibiâi
de ses enfants. L'amoar de Dieu dont il était embrasé lui fit quitter le siècle, et il se retira dans le désert de Sceté, où sa vie et sa mort furent également saintes et exemplaires (449).
1. La deuxième moitié du cinquième siècje ne nous présente en Occident que des ravages, dernières crises de l'empire mourant, et en Orient des attentats perpétuels et ignobles contre la doctrine et les droits de FÉglise.— Après avoir tenu longtemps en échec Gonstantinople, Attila tourna tout à coup vers TOccident, et passa le Rhin au-dessus de Strasbourg. Il traînait à sa suite une armée de plus de cinq cent mille hommes, composés des Huns et d'un grand nombre de tribus qu'ils avaient vaincues. C'était une avalanche, un déluge de Barbares qui ravagèrent le nord et Test de la Gaule. Mais Aétius demeurait aux Romains. Ce grand capitaine, suivi des Francs de Mérovée, des Visîgoths, des Bourguignons et autres auxiliaires, gagna la célèbre bataille de Châlons (451), où Attila eut plus de deux cent mille hommes tués. Le roi barbare repassa le Rhin, refit son armée et se jeta sur lltalie. Il ruina Aquilée, et, marchant sur Rome, il se laissa désarmer plus encore par la majestueuse éloquence de saint Léon que par le honteux tribut que lui payèrent les Romains. Attila rentra dans ses ; quarti^s ordinaires sur les bords du Danube, tenta encore 1 q'ielques expéditions, et mourut dans sa ville de bois au • milieu des siens (453). L'empire d'Attila disparut avec lui. Passant partout comme un torrent, il ne laissa partout que des ruines. Avec toutes les qualités d'un grand conquérant, Attila ne fit pas une seule conquête durable ; on l'appela justement le Fléau de Dieu; terrible surnom qui explique
ATTILA. DÉCADENCE DE L'EMPIRE D'OCCID. DES ANGLES. 5dl
tout ce que fut cet homme extraordinaire dans le plan de la Providence ^
2. Les expéditions d'Attila ne changèrent rien dans l'empire d'Occident. La Gaule demeurait paisible, par^ tagée entre les Romains, les Bourguignons et les Visigoths; en Espagne, les Visigoths resserrèrent enfin les Suèves dans la Lusitanie, et s'emparèrent de tout le reste du pays. En Angleterre, les Bretons, abandonnés par les Romains, et exposés aux ravages des Pietés et des Scots qui habitaient le nord de l'île, appelèrent les Saxons à leur secours (447). Ces dangereux auxiliaires, bientôt suivis des Angles, venus des bords de la Baltique, refoulèrent les anciens habitants dans le pays de Galles et dé Gornouailles, d'où un grand nombre passèrent dans l'Armorique. Ils y retrouvèrent leurs frères d'origine et donnèrent à cette contrée le nom de Bretagne, tandis que leur patrie commençait à s'appeler la terre des Angles, ou Angleterre *. — L'Italie demeurait encore aux Romains, mais l'empire y était mourant. Valentinien III fut tué (455) par la perfidie de Maxime, qui prit la pourpre et épousa la veuve de sa victime. Eudoxie, pour venger son premier époux et se venger elle-même, appela Gen série et ses Vandales, qui vinrent d'Afrique piller Rome et la rumèrent en partie. Les Romains furieux mirent en pièces Maxime, et reconnurent Avite, seigneur gaulois et sénateur, qui avait pris la pourpre dans les Gaules. Ce règne avait duré quatorze mois, lorsque Ricimer, d'une famille illustre parmi les Goths, et aussi ambitieux que bon capitaine, dépouilla Avite de l'empire et le fit ordonner évêque de Plaisance (455). Après un interrègne, Majorien, aimé de tous pour
1. Sur Attila, voy. Tiliem., Emp,., t. Yl, p. 133. — Jornandès, Stritterius, t> I, p. 451 . C'est le plus complet pour r histoire des Huns.
2. Sur cette époq,ue de l'histoire de la Grande-Bretagne, voy. Gilda le Sage, de£«ctdfô Britcm.; — Bède, HisL angl.; — Lingard, Hist, d' Angleterre^ ;-^ Hist. universelle f par uae Société de gens de lettres, trad. d£ l'auglais, liv. lY, ch. XT, sect. 3, t. XUr, p. 4bb, édit. in-4.
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