‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 297 sur 329 · FIN DB L^MP. D*OCCID. OONC DE CHALOÉD. CALOMNIÉ · texte numérisé non relu

FIN DB L^MP. D*OCCID. OONC DE CHALOÉD. CALOMNIÉ

fureur. Ceux de Constantinople furent longtemps comprimés par rautorité impériale; mais ils causèrent de grands troubles en Palestine et en Egypte. Ils prétendaient que les Pères de Cha.lcédoine avaient livré la foi orthodoxe et rétabli les impiétés de Nestoriùs. Ce fut par de telles Câloffltiies qu'un moine audacieux, nommé Théodose, gagna la veuve de rempereur Théodose, Eudoxie, retirée à Jérusalem, et grand nombre de moines, qui empêchèrent Juvénal de rentrer sur son siège, pour y placer Théodose lui-même. Us commirent ensuite mille violences contre ceux qui n*anathématisaient pas le concile de Chalcédoine et le pape Léon. Mais il faut remarquer que la foule entraînée croyait en effet ne condamner que Terreur de Nestoriùs, et disait anathème également à Eutychès'. L'ordre fut enfin rétabli par l'autorité impériale, le faux évêque Théodose s'^fuit et Juvénal rentra sur son siège

L En Egypte, les Monophysites, partisans de Bioscore, ayant h leur tête ie prêtre Timothée Élure, moine turbulent, s'opposèrent d'abord à Tordination de Protérius, dont ils repoussèrent ensuite la communion. — Marcien comprima ces troubles par de sages mesures et de bonnes ordonnances, et saint Léon écrivit grand nombre de lettres pour en prévenir le retour et rappeler à l'unité tous les esprits de bonne foi. Mais, pour le malheur de l'Église «t de l'empire, Marcien mourut (457) quatre ans après sainte Pulchérie. Jamais on ne vit réunies sur le trône des vertus plus pures et tant de belles et heureuses qualités que dans ces deux illustres époux*. Léon, tribun militaire, fut élu par l'armée et succéda à Marcien. Il était avare,

*• Aiitfi saii^t Aui^iit, prêtft et abbé tu BilbymCi ve voulut recevoir le cqq« «le de Chalcédoine qu'après en avoir lu tous les décrets pour s'assurer de son or* tbodoxie. Voy. sa vie dans Bollandus, 14 févr., et Tillem., t. XVI, p. 63.

î. S«r. saiftle Pulchéiie et »ur l'ejojierfiur Marcign, vojr ^vaçrç, lib, II, el Théodore le Lecteur^ à la suite dç ThéQdW^t, e4it, Y^leg.j — Tillem., t, XV^ p. 171; -.£,„p.j t. VI, p. i80.

544 LSQON I^XVI. SAINT HI^AIRB. AN 457-468.

mais brave et orthodoxe. — La mort de Marcien et celle de Dioscore, qui. avait précédé, ranimèrent les troubles d'Alexandrie. Timothée Élure, à la tête des Eutychiens, envahit le siège patriarcal. Ces furieux tuèrent le patriarche Protérius dans le baptistère même, et persécutèrent tous les orthodoxes. Pressés par les députés des Catholiques et par ceux de Timothée, ceux-ci demandant un nouveau concile, l'empereur Léon consulta le pape et m grand nombre d'évêques, surtout ceux des grands si^es. Tous se déclarèrent pour le concile de Chalcédoine et contre l'ordination de Timothée, qui fut en conséquence chassé à son tour et exilé. Un autre Timothée, surnommé Solofaciok (le Blanc), fut élu successeur légitime de saint Protérius (460).

5. On fut redevable de cet acte de justice et de réparation surtout au zèle infatigable de saint Léon, qui mourut Tannée suivante (461), après un pontificat de vingt et un ans. On ne sait ce que Ton doit admirer davantage dans ce grand homme, ou plutôt tout y était admirable : sa prudence et sa douceur, sa fermeté et son activité, son zèle, sa profondeur, son éloquence, sa science. Ses Œuvres complètes renferment plus de cent sermons et près de cent quatre-vingts lettres, sans compter celles en grand nombre qui sont perdues. Le recueil de ces Lettres est un monument également précieux pour l'histoire de son temps et pour l'histoire de l'Église. Elles répandent surtout un grand jour sur la doctrine apostolique touchant le mystèie de l'Incarnation et l'autorité universelle du pape dans:N gouvernement ecclésiastique. Il eut mission le premier pour traiter théologiquement le premier point, et on peut dire qu'il donna à la doctrine de saint Cyprien, sur le centre de l'unité et le chef de l'Église, son dernier degré de développement et d'évidence'. — L'archidiacre Hilaire,

1 . Cacciari a donné une exceUente édition des Œuvres de saint Léon, à kquelle on préfère encore celle des frères BaUerini. Voy, plus haut (LXV, l).

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