MORT DB S. LIÎON. S. MAMERT. LES ROGATIONS
qui soutint si dignement l'autorité du saint-siége contre les attentats de Dioscore à Éphèse, fut le digne successeur de saint Léon.
6. Le nouveau pape, formé par saint Léon, marcha sur les traces de cet illustre maître. Il écrivit plusieurs lettres en Orient et en Occident, tant pour condamner les hérésies de Nestorius et d'Eutychès que pour confirmer les conciles d'Éphëse et de Ghalcédoine et défendre la primauté universelle du siège apostolique. Saint Hilaire régla de nou* veaux différends survenus entre Léonce, archevêque d'Arles, qu'il favorisa, et saint Mamert, archevêque de Vienne. Ce fut probablement sous ce pontificat que saint Mamert établit le jeûne des Rogations, qui s'étendit dans les Gaules, et avec le temps dans toute l'Eglise.- Ces jours de pleurs, comme les appelle Sidoine Apollinaire, furent institués par saint Mamert pour fléchir la colère de Dieu qui se manifestait alors sur Vienne par d'effrayantes calamités, des tremblements de terre, des incendies, etc., qui venaient s'ajouter aux ravages des Barbares*. — Le prêtre Claudien Mamert, frère du saint archevêque et son vicaire général, était poète, savant et philosophe. II préluda à la méthode scolastique par la manière claire, serrée, méthodique et même syllogistique avec laquelle il traita les questions les plus métaphysiques sur l'âme humaine'. Nous ignorons en quelle année moururent les deux Mamert. Il est certain toutefois que ce fut après le pontificat de saint Hilaire, qui mourut lui-même en 468. Les conciles tenus dans les Gaules, en Espagne et surtout à Rome, prouvent son zèle pour le maintien de la discipline'. — U eut pour successeur saint Simplicius.
1. Sur iM RogttioBS, Toy. D. de Tlsle, Hiêt, du jeûne, eh. ti ; -* Godeieard, Féteê moMle«; — Tillem., t. XVI, Saint Mamert , art. 5 et 6^ p. M 2.
S. Sur les deux Mamert, voir Tillem., t. XVI, p. f 04. — Les écrits de Claudien, qui comprennent lurtont son traité de Statu animm libri (rea, se trouvent dans le t. LXIII, eol. 693, Pofr. toi., éd. Higne.
t. Sur le pape saint Hilaire, voy. Blancbini, in Anastasiwnj pour les dons que
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! . La mort du pape saint Hilaîre fit pèut-ètre peûser à l'empereur Léon et à Gennade, êvèque de Coftstantiûople, qu'ils trouveraient désormais une opposition moins invincible du côté de Rome pour rexêcûtiôn du fameux cation de Chalcédoine. Mais ils se trompèrent : le pape Simpli* cius, pressé par Tempereur, refusa absolument, et ce fiit Tun des premiers actes de son pontificat. Léon âVàît delà pîété et du zèle pour la i^eligion, ce qui paraît par les nôàvelles lois qu'il publia pour le droit d'afeile dans les églises, pour la sanctification du dimanche, contre les prostitutions, les moines vagabonds, lès simoniaques, etc. n interdît plus rigoureusement tout exercice du Paganisme et la profession d'avocat à quiconque ne serait pas catholique. Sa piété parut encore dans la vénération qu'il témoigna à un nouveau Stylite, saint Daniel, qui vivait alors sur une colonne à une lieue et demie de Constantinople, et qui se rendit célèbre par ses miracles^. Malheureusement pour la religion comme pour TËtati Léon était mal entouré et souvent mal servi. On voyait surtout près du trône deux hommes indignes, Zenon, noble Isaure, gendre de l'empereur, et Basilique, frère de si belle-mère.
2. Zenon, ayant été nommé gouverneur en Orient, se rendit à Antioche, et fut accompagné d*un moine-prétre chassé de son monastèi'e, celui des Acémètes à Constantinople, puis de son église à Chalcédoine, pour son attachement aux erreurs d'Eutychès. Ce moine, nommé Pierre et surnommé le Foulon, à cause du métier qu'il avait exercé
ce pape fit aux égUses de Rome, dons étouiAlitB daat «es t«Blpt dlBTiiKM et de pillage ; — TiUem., t. XVI, p. 35 j — Labb«, t. 1V> «k MaBiii l« Vllferi. »H J-* T. LVlir, Patr. lat., col. i, éd» Aligne»
t. Sur saint Daniel StyUle, tw Tillttin.) t. XVI, p. 439f
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probablement daity^on monastère, conçut le dessein' de s'emparer du siège d'Antioche, occupé alors par le patriarche Martyrius> Dans ce but, il gagna quelques ApoUinaristes, accusa de Nestorianisme Martyrius absent, et ajouta au Trisagion ou Saitcius des Grecs ces paroles : Qui avez été crucifié pour nous; Qui ctueifixus es pro noil.9^ Pour bien comprendre la portée de cette addition, il faut se rappeler que saint Cyrille et les Catholiques avaient soutenu contre les Nestoriens que Dieu le Verbe avait souffert, avait été crucifié dànd sa chair ; Deum Yerhum came passum, came crucifiosum^. Ces locutions et autres de ce genre n'attribuaient les affections humaines, la souf» france, la mort, au Verbe, que par suite de son union per» sonnelle avec la nature humaine. Mais Pierre le Foulofti en attribuant la souffrance au Dieu trois fois saint» et dès lors aux trois personnes divines, faisait la nature divine passible elle-même : ce n'était plus l'union hypostatique^ mais la confusion des deux natures, ou Terreur d'Eutychès au sens le plus grossier. Il dépassait même l'hérésiarque en mêlant les trois personnes divines dans cette absurde conception* Il n'en fallut pas davantage pour agiter le peuple d'Ântioche, au point que Martyrius, n'ayant pu ramener les esprits, se retira. Pierre le Foulon, secondé par Zenon, s'empara du siège vacant; mais son triomphe fut court* L'empereur Léon, averti de son usurpation, l'exila, et tous les suffrages se réunirent sur Julien, qui succéda à Martyrius (471).
3. Cette conduite de Zenon le rendit justement suspect aux Catholiques, et contribua peut*être à l'opposition que le peuple de Constantinople manifesta lorsque l'empereur Léon voulut en faire son successeur. Le peuple agréa, au contraire, son fils, le jeune Léon, et l'empereur mourut peu de temps après l'avoir déclaré auguste (473). Le jeune