‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 32 sur 329 · LEÇON VIII · texte numérisé non relu

LEÇON VIII

I. Simon n'avait que touché le Christianisme; Gérinthe fomentait dans son sein la division et la révolte. On lui attribue en effet, d'après saint Épiphano et saint Philastre, tous les mouvements qui agitèrent l'Église naissante sur la question des cérémonies légales. N'ayant pu interdire aux Gentils toute part à la grâce de l'Évangile, Gérinthe et les zélateurs de la loi voulurent du moins astreindre les nouveaux convertis h ses observances' et en faire des prosélytes juifs. De Jérusalem, Gérinthe se rendit à Antioche, sa patrie, déj?i peuplée de chrétiens incirconcis. Son arrivée fut le signal des troubles. Lui et les siens se déchaînèrent surtout contre saint Paul et saint Barnabe, et après d'inutiles discussions, on en appela à l'autorité. Les deux apôtres et quelques-uns de leurs adversaires se rendirent en conséquence à Jérusalem, où Pierre se trouvait alors (80). Voyant la nécessité d'une déeision, le chef de l'Église, pour la rendre plus solennelle, convoqua les apôtres présents avec le clergé et les fidèles, pVésida l'assemblée, proposa la question à décider et prononça son jugement. L'apôtre saint Jacques, évèque du lieu; parla après lui, opina et jugea dans son sens. Le décret fut dressé ensuite au nom du Saint-Esprit; il portait que les Gentils convertis, désormais dispensés des observances légales, ne seraient obligés qu'à

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s'abstenir des viancFes immolées aux idoles, du sang, des animaux suffoqués et de la fornication. Paul, Barnabe et quelques frères de Jérusalem portèrent cette sentence, consignée daas une lettre synodale, aux fidèles d'Antioche, qui en reçurent la plus grande consolation. Ge fut là le premier concile; il a servi de modèle à tous les autres.

â. Au lieu de se soumettre h sa décision, Cérinthe et les siens se jetèrent ouvertement dans l'hérésie, Ils adoptèrent les erreurs du Gnosticisme, déjà répandues par la secte sa-r maritaine, et que Gérinthe alla puiser lui-même en Egypte, où il demeura longtemps. Il admettait, avec Simon et les Gnostiques, le Dieu suprême, les éons ou vertus inférieures, parmi lesquelles se trouvait le Verbe, la production du monde par des anges ou génies, et dans ce monde la matière comme principe du mal, sous l'action des mauvais génies. A ces erreurs communes Gérinthe ajoutait que Jésus était un pur homme né de la même manière que les autres hommes; qu'il était uni d'abord à la Divinité par le Christ ou Verbe, l'un des éons du Plérome, descendu en lui dans son baptême, et qu'il en avait été abandonné au moment de la passion, qu'il souffrit seul. Gemême Ghrist, après la résurrection générale, devait devenir en Jésus et régner mille ans sur la terre avec les siens, au sein des plaisirs sensibles. Ce qui était plus remarquable, c'est que Cérinthe arrivait, parle système gnostique; à tenir la loi mosaïque pour mauvaise, étant l'ouvrage du Créateur, lui qui avait tout troublé dans l'Église par un zèle exoessif de la loi. Cette contradiction, que Tillemont attribue h un aveuglement surnaturel, ne s'explique bien qu'en admettant deux époques pour les deux systèmes d'erreurs de Gérinthe r.judaïsant avant le concile des apôtres, il devint Gnostique après. Son judaïsme reparaît néanmoins, en ce qu'il n'admettait que l'Évangile hébreu de saint Matthieu, et qu'il repoussait saint Paul et ses écrits, comme ennemis de la circoncision. Gérinthe ne se donpî^ pas pour le Messie ni pour un dieu; il se contenta de jouer le rôle d'inspiré, se glorifiant d'avoir

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