‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 35 sur 329 · Cependant saint Pierre et saint Paul étaient à Rome · texte numérisé non relu

Cependant saint Pierre et saint Paul étaient à Rome

1 . CeUe question de rétablissement de la vie monastique dès le temps de saint Marc se lie intimement à une autre question, celle du Christianisme des Thérapeutes, dont Philon a parlé avec tant de complaisance dans son traité de la Vie contemplative. — Ces Thérapeutes formaient des communautés, et unissaient la vie solitaire et contemplative aux exercices de la vie commune. S'ils étaient Chrétiens, ils inauguraient dans l'Église la vie monastique ; s'ils n'étaient pas Chiétieos, on ne peut les regarder que comme une secte juive, dont le régime et les usages se rapprochaient beaucoup des Esséniens. On voit, par cet état de la qucstioD, l'intérêt, l'importance même qui s'attache au problème suivant :

PROBLÉMB.

Lu Thérapeutes des environs d'Alexandrie étaient-ils Chrétiens ? Pour la négative : Mamachi, Origin.f t. I. >— Cotelier, Monumenla Ecclesise grxcae, 1. 1. — Pagi, an, 62. — D. Cellier et Dupin. — Orsî, Hist. ecclesiast.,

64 LEÇON VIII. SAINT PïBREB, AN 50-66.

Bi se préparaient h leur sacrifice, ainsi qu'ils réerivireni dans leurs dernières épîtres. Tibère, Caligula, Claude, n'avaient pas. persécuté les Chrétiens. Néron, dont les commencements donnèrent de belles espérances à l'empire, se montra enfin ce qu'il était. Devenu l'horreur du genre humain par ses monstrueuses débauches, ses folies et ses cruautés, il tilt digne de commencer cette guerre d'oppression si longue et si (sanglante que le Paganisme fit à l'Église. On rapporte, d'après Tacite lui-même, la naissance de la persécution à l'incendie de Rome (64). Néron, qui l'avait allumé sans en faire mystère, en i'ejeta impudem* ment l'odieux sur les Chrétiens. Confondus aux yeux des Romains avec les Juifs, les Chrétiens étaient méprisés et haïs, et le tyran put exercer impunément contre eux sa férocité naturelle. A Rome, les uns furent crucifiés comme esclaves, d'autres couverts de peaux de bêtes et dévorés par des chiens; un grand nombre, enduits de matières inflammables et changés en torches ardentes, servirent à éclairer, durant la nuit, les jardins de Néron : il se faisait un jeu barbare de conduire lui-même un char à la lueur de ces horribles flambeaux. Malgré le douté de plusieurs critiques, il est difficile de ne pas admettre, avec la plupart, que la persécution s'étendit dans tout l'empire. Outre le témoignage des anciens, ne voit-on pas que Néron eût manqué à son propre caractère, en laissant en repos, dans les provinces, une secte qu'il calomniait et poursuivait si impitoyablement h Rome^ ? Le martyre de ^aint Pierre et de saint Paul en est encore une preuve.

t. I. — Valois, m Euteb,^ çtc, Parmi les Protestants, Scalîger, les deux Basnaçe, Blondel, Cave, etc.

Pour l'affirmative : Baronius, an. 64, § V. — Bellarmin, de Monachîs, lib. H, c. V. — Le Quien, Oriens christianuSf t. II. — Iléliot, fiist. des ordres relig.f t. I. Dissert, sur l'origine de la vie monastique. — Tillemont, t. II. Sur saint Marc, p. i02 et 549. — Parmi les Protestants : Beveregius, Bruno, Vossius, etc.

1. Voir, sur cette persécution, D, Ruinart, Prxfat. ad acta^ etc. — Uainachi, Origin., lib. Il, c. 8, § 2. — Tiilem., t II, p. 77. -»• Th. Uinaldus, di PfT'

I^fi MAS^TYj^^ DJ^ SAINT PIËERS. «15

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