‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 37 sur 329 · LEÇON VIII. SAINT PIERRE. AN · texte numérisé non relu

LEÇON VIII. SAINT PIERRE. AN

gouvernement de TÉglise naissante, de faire beaucoup d'actes d'autorité; ce déploiement de puissance aura lieu à mesure que l'Église s'étendra et que les circonstances l'exigeront, et il se fera tout simplement et naturellement; il apparaîtra comme l'exercice légitime des droits dont saint Pierre était revêtu, ipoins pour lui, semble-t-il, que pour ses successeurs. Ces droits n'étaient point écrits, pas plus que la doctrine dont ils faisaient partie; les fidèles, les pasteurs et les Églises en étaient instruits par l'enseignement traditionnel ; et cela seul peut expliquer comment on n'a point crié à l'usurpation lorsque les papes, dans les siècles qui suivirent les temps apostoliques, les exercèrent d'une manière plus absolue en certaines circonstances.

8. Une question plus difficile à éclaircir, mais beaucoup moins importante, est celle de l'ordre même dans lequel il faut ranger les premiers successeurs de saint Pierre, et de la durée précise de leur pontificat. Les difficultés sont venues tant de ce que, dans ces premiers jours de l'Église, on écrivait peu ou point, que du trouble causé dans les archives des Églises, et notamment dans celles de l'Église romaine, par les dernières persécutions. Il n'est donc guère demeuré sur les premiers temps que des traditions qui furent recueillies lorsque l'Église se trouva en liberté. Or la tradition ne peut s'occuper, pour les transmettre avec les conditions de la certitude historique*, que de la substance des faits importants qui touchent aux droits, aux intérêts, à l'honneur des Églises ou des peuples. La tradition de l'Église romaine a donc dû se préoccuper principalement de la succession elle-même de ses pontifes, sans trop s'inquiéter de toutes les circonstances de cette succession, de l'ordre et de la durée précise de chaque pontificat. Sans doute ce détails ne sont pas sans intérêt pour cette Église; mais, au fond, ils ne touchent à rien d'essentiel. Pour l'Église, tout repose sur la succession

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