IMPORTANCE OU DEUXIEME SIECLE
ce gciire qu'on ne doiyé attribuer, avec une grande prohabilité, au siècle apostolique.
4. Mais le deuxièittC siècle est un siècle éminemment apostolique lui-même. Nous parlons surtout de la première moitié; elle eôt remplie de la génération qui avait vu les Apôtres, et tout y marche par Ténseigneinent oral, par l'autorité, par la ferveur, sans discussion et sans bruit. Tout s'y concentre encore dans le sanctuaire de la famille chrétienne: c'est la continuation et comme un prolongement du premier siècle. Dans la deûxlètoe moitié du même siècle, les hérésies deviennent plus chrétiennes et plus dangereuses; elles nécessitent la discussion; la persécution provoque l'apologie, et la théologie commencé plus sérieusement. Le caractère primitif, simple et tout divin, commence dès lors à s'affaiblir; tout se prépare au développement que les siècles suivants doivent accomplir. Ainsi le deuxième siècle est la transition du premier au troisième sièclej il est comme le moyen terme dans lequel ils s'unissent; il résume en lui-même le caractère propre et les avantages de l'un et de l'autre, l'apostolicité de l'un et la théologie de l'autre, la force divine du témoignage apostolique, et l'évidence du témoignage théologique. Il est vrai que ces deux caractères sont faibles dans ce siècle moyen, l'un semble y mourir, et l'autre y naître; mais ne voit-on pas que, s'unissant en lui par leurs extrémités, ces deux caractères représentent les deux canaux par lesquels la force apostolique du premier siècle descend à lui, et la lumière théologique remonte à lui égaleUient, non-seulement à partir du troisième sièclfe, mais encore des âges suivants^ en passant de siècle en siècle.
Ainsi, le résumé trop succinct que nous allons faire dés enseignements et des institutions, des règlements et des mœurs du deuxième siècle, nous fera connaître en même temps clairement le premier et le troisième siècle, c'est-âdire les trois premiers siècles, qui constituent l'Église primitive et le premier âge du Christianisme. Pour le moment.
nous n*interrogerons directement que les traditions et les autres monuments du premier^ et surtout du deuxième siècle. L'étude du troisième , et jious pourrions dire des siècles suivants, viendra en son lieu compléter surabondamment toutes les preuves qui vont servir d'appui à notre tableau de l'Église apostolique.
i. Constitution de r Église: hiérarchie^» — L'Église, dès sa naissance, se présente partagée en deux grandes classes : celles des simples fidèles ou laïques, iaici^ ^atxot®, et celle des ecclésiastiques ou clercs, clerici, x^upixot*. Les clercs, chargés du gouvernement, forment une hiérarchie composée des évêques, episcopi, èm(ry.onoi, surveillants, présidents; des prêtres, seniores, np^a^xirspoi, presbyteri, dincims, hommes graves et sages*; enfin, des diacres, diaconi, ^tàxovo^, serviteurs, ministres, qui servent dans la célébra-
1. Les Pères du premier siècle sont ordinairement trop peu explicites. Nous nous contenterons donc d'indiquer les endroits de leurs lettres ou opuscules où l'on trouve quelques témoignages utiles à remarquer, pour nous arrêter davantage aux Pères qui suivent dans la deuxième moitié du deuxième siècle. On peut voir l'analyse de ces pièces du premier siècle, et de la doctrine qu'ils renferment, dans D. Cellier, D. Lumper et Mœhler (IX, I).
S. Sur la hiérarchie ecclésiastique, voir Selvaggio, lib. I, part. I, cap. xi sqq. Tous les auteurs catholiques sur les antiquités chrétiennes, et surtout Mamaehi, lib. et t. IV. — Le P. Peteau, de Hierarch, eecUt,, Ub. UI, contre Saumaise et les Puritains, t.- HT, Dogmat,