I. Act. U
et plus expressément par saint Irénée et Tertullien^; et comme ces Pères parlent en même temps des Barbares, de ceux mêmes qui habitaient sur des chariots et sous des tentes, comme dit saint Justin, et des lieux inaccessibles aux Romains, ainsi que Tertullien s'exprime, lieux où le nom de Jésus crucifié était vénéré et la foi chrétienne reçue, il est plus que probable que la plupart de ces églises, fondées dans Tintérieur des frontières, remontent, comme plus anciennes, au premier siècle. Si donc nous voulons connaître l'étendue géographique du Christianisme au siècle suivant, il faut prendre l'immense carte de l'empire romain à cette époque, et voir des églises dans toutes les provinces; ce qui nous dispense d'en faire ici rénumération. Il faut, de plus, voir, au delà des frontières, de nombreux établissements, quoique moins connus.
1. Voici les passages si importants de ces Pères ; nos lecteurs pourront en tirer à loisir toutes les conséquences : * Ne una quidem est hominum natio, sire Bart baroruo), sivc Grœcorum, sed etiam aliorum omnium, quocumque adpellelur « nomine, ^el in plaustris degentium, vel domo carentium, vel in tentoriis tztcda tium et pecora alendum, in ter quos per nomeacrucifin Jesu preceset gratia-
■ rum actiones Patri ac Conditori univers! non fiant. » Just, Dial.j n'HT-" Saint Irénée montre la foi répandue dans tout l'univers par les Apôtres et leurs disciples : « Ecclesia enim per universum orbem usque ad fines terrœ seminata,
■ et ab Apostolis et a discipulis eorum accepit eam fidem, etc.; » puis il i^J^^^ le témoignage des églises les plus éloignées entre elles, pour montrer runilé e renseignement et de la tradition: «Etneque hae, dit-il, qum in Gernoaniis sont « fundatœ aliter credunt, aut aliter tradunt j neque hœ quœ in Iberiis («» '^" t pagne) sunt, neque hœ qu» in Celtis (dans les Gaules), neque lue qu» ^ « Oriente, neque hs qu« in ^gypto, neque hœ qu» in Libya, neqac h« qu*
• medio mundi constitutœ. • Iren., adv. Hœr,, lib. I, cap. x. — Écoulons jnai»j « tenant TerUiUien : • In quem enim alium (nisi in Christum), dit-il en ^'^^^ .^ « mx Juifs, univers» Gentes crediderunt, Parthi, Medi, Elamit», et qw n"^^ « tant Mesopotamiam, Armeniam,... Romani et incolœ, nunc et in Hieru^e « Judœi, et cœterœ Gentes : ut jam Getulorum yarietates, et Maurorum multi n«» t Hispaniarum omnes termini , et Galliarum divers» nationes , et Brilauno « inaccessa Romanis loca, Christo ▼ero subdita, et Sarmatorum, et Dseorum,^ « Germanorum , et Scytharum , et abditarum multarum Gentium, e* ^^^^v,^ « rum, et insularum nobis ignotarum quffi enumerare vix possumus, lû Hr"^ « locis Christi nomen, qui jam venit, régnât? » TertuU., ad». Jud.j c*P' ^' Ces témoignages sont d'autant plus incontestables, qu'ils sont opposés pur ^^^ aux adversaires de la foi et de l'Église.
IMPORTANCE DU DEUXIEME SièCLE. 185
Ces églises comptaient-elles un grand nombre de Chrétiens? Pour répondre à cette seconde question, nous dirons qu'en général elles étaient considérables dans l'intérieur de l'empire et dans les lieux où les Apôtres s'étaient arrêtés davantage. On connaît les paroles énergiques par lesquelles TertuUien relève la multitude des Chrétiens : « Quoique d'hier, nous remplissons, dit-il aux Romains « païens , nous remplissons tout dans Tempire , vos « villes, etc.. Bestemi sumus, et vestra omnia implevimus^ 8 urbes, etc. Si nous nous retirions, vous seriez épouvantés « de votre solitude et du silence universel : Procul dubio « expavissetts adsolitudinemvestram^ adsilentium rerum\, .^ Dans son autre apologie à Scapula, il ne craint pas d'affirmer que les Chrétiens étaient presque le plus grand nombre en chaque ville : Pars pêne major civitatis cujusque^. Il est naturel de penser que les églises plus éloignées du centre, surtout à rOccident et au Nord, étaient moins nombreuses alors; mais nous devons ajouter que ce nombre a pu varier encore pour des circonstances locales et autres. Mais il est temps d'aborder l'intérieur de cette Église, qui nous apparaît ainsi dès son berceau plus envahissante que les Romains eux-mêmes, dont elle dépasse dès lors la puissance et les conquêtes.
3. De tous les siècles chrétiens, le deuxième siècle est sans contredit le plus important à étudier, pour quiconque désire connaître un peu à fond l'histoire de l'Eglise, la suite providentielle des idées comme des faits, et dans celle suite la réfutation historique et péremptoire des aberrations de tous genres dont les derniers siècles ont donné le triste spectacle, et que le nôtre s'efforce de pousser à leurs plus extrêmes conséquences. — Les Apôtres et
l* ipologef., cap. xTii. •— Il faut Toir tout ce beau passage, dont on ne peut contester la force, quoiqu'il soit hyperbolique.
2* Ad Scapu<., cap. ii. — Voy. aussi Lib, I ad Nationes, cap. i. Le passage Kttrè».forl.
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les disciples qui avaient vu le Seigneur achevaient de môtirir avec le premier siècle ; ils avaient en quelque sorte façonné de leurs mains l'Église, conformément au dessein que Jésus-Christ leur en avait tracé, et aux instructions qu'il n'avait cessé de leur donner de vive voix. Plusieurs d'entre eux écrivirent sous l'inspiration du Saint-Esprit une partie de ces instructions^ la partie fondamentale» non par forme de règlement et de constitution^ à la manière des hommes; mais sous forme de principe^, d'axiomes^ de maximeS) qui eat la manière divine. Le reste, surtout les détails du gouvernement et de Vadministratioti» tout oe qui concernait l'intérieur du culte et de la àodété ohrétitnine, ils le transmirent eux-ttiêmea de vive voix à Idurs propres disciples. Ceux-ci commencèrent li gouverner, Bous les yeux mêmes de leurs maîtres^ les églises qui leur furent confiées» et lorsque les derniers Apôtres moururent, c#s églises marchaient régulièrement avec leur organisation et leurs habitudes apostoliques. Ce fut ainsi que Ift société chrétienne entra dans le deuxième siècle.
Elle continua de marcher ainsi sans que la mort du Apôtres ait pu y causer la moindre fieoousse ni le plus faible dommage. Ne les rettouvait-on pas en effet vivant, parlant et agissant dans la personne des hommes qu'ils avaient instruits, formée et dirigés? Il n'y avait rien de changéi abaolument rien^ Seulement, à mesure que l'Église 3' étendait au loin, que sel enfants devenaient plus nombreux, et ({ue les besoins et les difficultés croissaient, il fallait parler, agir, écrire, faire des règlements en con^ séquence; mais oe n'était point là encore changer 2 d'était faire ce que les Apôtres eussent fait 6n pareille circon-* stance, ce qu'ils avaient recommandé de faire : leu^/i disciples ne cessaient même d'invoquer leur autorité au milieu des fidèles dont grand nombre avaient vécu euxmêmes dans le premier siècle. Ces additions étaient donc, elles aussi, l'œuvre des Apôtres ; et d'ailleurs elles furent très-peu nombreuses : c'est à peine si on en rencontre de