CONSTITUTION DE L'ÉGLISE. HIÉRARCHIE
tion des saints mystères^. — Dès le premier siècle,. saint Clément fait mention de la distinction fondamentale des deux ordres, des laïques et des clercs. Cette distinction n'emporte pas par elle-même la hiérarchie du clergé, mais elle en est comme la base ; tellement que tout ce qui établit la hiérarchie elle-même, la suppose essentiellement. Or cette hiérarchie, nous la voyons mentionnée très-formellement par saint Ignace d'Antioche dès les premières années du deuxième siècle. Les évêques représentent le Père, figura Patris^ le centre, Tunité de chaque Église; les prêtres sont comme le sénat de Dieu, consessus Dei, et la réunion des Apôtres; enfin, les diacres sont les ministres, non des tables matérielles, mais de l'Église de Dieu : Non ciborum et potuum, sed Ecclesiœ Deù Sans ces trois ordres, dit-il, l'Église ne peut subsister : Sine his Eccksia non vocaiur*. Le saint évêque enseigne en même temps aux fidèles les devoirs de respect et d'obéissance qu'ils sont obligés de remplir envers leurs supérieurs, selon leur degré hiérarchique. — Saint Irénée, en insistant, comme nous verrons, sur les successions épiscopales pour constater la tradition apostolique, nous montre les évêques formant en chaque église une chaîne directe qui remonte jusqu'aux Apôtres; et cette organisation, il la considère constamment comme la constitution même que Jésus-Christ a donnée à son Église pour assurer la tradition et la pureté de la doctrine. — Vers la fin du même siècle. Clément d'Alexandrie compare les trois degrés hiérarchiques aux chœurs des anges*. Ces degrés étaient si distincts à ses yeux, qu'il s'était proposé de traiter séparément
1. Les prêtres et les diacres formaient le séoat (le prMbyterium) de réyécpie. ^oy. Pobassut, ssc. 2«, diss. XVIII.
S* D. Ignat., £pt«(. ad frall.. n. î et 3. Voy. aussi Epitt. ad Smymenaes, n. 8.
3. Nam liie qaoqae in Ecelesia progressiones episeoporum , presbyteroram , * \
diaeonoTttm sont, ut arbitror, imitationes gioria angelicœ. Clem. Alex., Str<ym,t l^'^yëlSyp. 793.
des devoirs propres qui correspondaient à chacun d'eux, « Il y a d'autres devoirs encore à exposer, dit*il à la fin (( de son Pédagogue, lesquels concernent des classes pat^ <i( ticulières de personnes ; car il en est qui regardent les a prêtres, d'autres les évoques, d'autres les diacres^ « d'autres les veuves (ou diaconesses) : j'en parlerai datis c un autre temps ^. » Il fallait que ces idées fussent bien ulgaires et bien universelles, pour en parler ainsi dans 'ane ligne jetée en passant : un théologien ne dirait pas autrement aujourd'hui.
TertuUien enfin, dans la dernière année du même siècle^ nous montre la supériorité bien établie de Tévêque sur les prêtres et les diacres. C'est en parlant du baptême : « Le (( droit de l'administrer, dit-il, appartient d'abord h « l'évêque, qui est le grand prêtre; puis aux prêtres et (( aux diacres, mais sous l'autorité de Févêque *. » Ce Père va plus loin : par la nature des reproches qu'il adresse aux hérétiques sur les irrégularités de leurs ordinations^ il nous apprend quel était le soin qu'on prenait dans l'Église catholique de choisir les sujets et de les préparer avant de les ordonner; quelle était la stabilité dans les ordres et la distinction essentielle entre les laïques et l'ordre des ecclésiastiques, ceux-oi étant seuls chargés des fonctions sacrées*.
2. Primauté du pape* — Si déjà la hiérarchie paraît peu dans les monuments du deuxième siècle, quoiqu'elle fût vivante dans la constitution et le gouvernement de (Chaque
1 . Hieo (t>raeeep(à) quidem presb^terië^ alla Tero episeépiflj Àlîà diaeoiiifl, àUa -vero Tiduis : de quibas fuerit aliud diccndi tempus. Pssdag», lib. ni, c. ii.
2 . Dandi (baptismum) qaidem jus summus sacerdos qui est episcopas : débine presbyteH et diacônf, non tamen sine èpiscoffi attfet6rltatè« TeHttU.i dé Baptism.^ cap* xvn.
3. Ordfaiationet eoram temerariœ, lèves, inconstatikes i bodie presb^ler, qui crasIaicuB; nam et laicis sacerdotalia munera injungunt. Tertuli., de Prass<^ript*, cai^ su. — On objecte néanmoins nn texte tifé da litte de VExhortatiùnf dont ht discusiloilnottS mènerait trop loin* On peuttolr les grands théologiens, de Buché^ riatia.