‹ Cours d'histoire ecclesiastiqueChapitre 96 sur 329 · PRIMAUTÉ DU PAPE · texte numérisé non relu

PRIMAUTÉ DU PAPE

Église, la primauté de révoque de Rorao doit moins encore y paraître. On combattait alors les hérésies bien plus par les traditions apostoliques que par des actes d'autorité, le gouvernement ecclésiastique continuait d'être tout paternel et apostolique, comme au premier siècle, et la société chrétienne n'était toujours qu'une grande famille, et une famille opprimée. La puissance suprême avait donc peu d'occasions de se déployer, peu de moyens et de liberté pour agir, surtout au loin. Les droits de cette puissance demeuraient jusqu'à un certain point silencieux dans la tradition comme le reste de la doctrine; mais ils n'existaient pas moins et n'étaient pas moins reconnus. On en trouve même des traces telles que l'on ne comprend pas comment la passion elle-même et le préjugé ont osé les nier. Nous avons vu, dès le premier siècle, les Corinthiens recourir à Rome*. — Le premier des Pères qui s'occupe directement de l'Église, saint Irénée, exprime assez nettement la primauté romaine, ainsi que Mosheim est forcé d'en faire au moins un demi-aveu : Frincipatum ex quem-dam attribuii^^ mais il l'exprime principalement sous le point de vue dogmatique. — L'affaire des Asiatiques la montra en action, armée de son pouvoir gouvernemental, et usant d'une puissance universelle et Incontestée (XX, 8). 3. TertulHen nous a révélé les titres qiii décoraient déjà dans les premiers temps l'évêque de Rome, et attestaient sa suprématie. Dans ses Prescriptions y où il relève audessus de toutes les Églises l'Église romaine par les louanges singulières qu'il lui adresse*, il donne à entendre l'existence dans l'Église chrétienne d'un souverain Pontife, summus Pontifex^ en parlant de celui des Gentils comme d'une imitation des Chrétiens*. Mais c'est surtout dans son livre de Pudicitia qu'il rend à ce même titre, et

1. Voy. les sages réflexions de D. Con. Ebert, dailk D. Lutnper, 1. 1, p. 79.

2. Commentar. de reb, Christian, ante Constant., t" sœc, § 21, p. SOI,

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