‹ Cours d'histoire générale: l'ÉgypteChapitre 3 sur 35 · LE DIEU THOTH · texte numérisé non relu

LE DIEU THOTH

11 marque le point où s'arrêtera l'iiiondatiou ; derrière lui, un Pharaon invoque les Dieux. — (Fig. i.)

vallée du Nil. pouvait difficilement se développer parmi les nomades. Ceux-ci, n'ayant la plupart du temps ni agriculture, ni industrie d'aucune sorte, étaient toujours attirés dans la vallée par l'appât d'un pillage productif. La fertilité des bords du Nil était proverbiale dans toutes les contrées environnantes :

dans les années de mauvaise récolte, les habitants de l'Asie arrivaient par l'isthme de Suez pour trouver du grain dans une contrée plus favorisée, comme nous le verrons dans l'histoire des enfants de Jacob. Mais souvent aussi ces étrangers, au lieu de faire un simple trafic, se mêlaient aux tribus du désert, dans l'espérance d'avoir leur part du butin. Aussi étaientils généralement détestés des Égyptiens, qui confondaient dans une haine commune tous les peuples habitant en dehors de leur vallée du Nil.

4. — Quelles sont les trjdiiions concernant les preuiiejs habitants de V Egypte ?

Suivant la Bible, c'est aux fils de Noé, Sem, Cham et Japhet, qu'il faut rattacher les trois grandes races humaines. Les Égyptiens, les Éthiopiens et tous les peuples de la vallée du Nil appartiendraient à la descendance de Cham ; ils seraient ainsi de la même race que les nègres de l'intérieur de l'Afrique, avec lesquels néanmoins ils ne présentent aucune conformité dans le type. Mais les Égyptiens, qui se croyaient issus du limon du Nil, comme les plantes qu'ils cultivaient, partageaient le genre humain en quatre grands groupes, dont ils formaient naturellement le plus important. Ces quatre races se distinguent par leur couleur dans les plus anciennes peintures égyptiennes. Champollion est le premier qui ait établi

cette distinction. L'Égyptien a la chair peinte en rouge, le nègre est noir, l'Asiatique est jaune, et l'Européen a la peau presque blanche avec les yeux bleus.

Les Égyptiens regardaient leur pays comme le berceau du genre humain, mais ils ne nous ont laissé aucune tradition précise sur leur origine. Suivant les historiens grecs, deux divinités, Osiris et Isis, avaient autrefois régné sur l'Egypte. Ce sont eux qui auraient appris aux Égyptiens l'agriculture et qui leur auraient fait perdre l'habitude de se nourrir de chair humaine. Les historiens modernes ont admis longtemps que la civilisation, formée d'abord en Ethiopie, avait descendu le Nil et gagné successivement la Moyenne et la Basse-Egypte. L'étude récente des monuments et des inscriptions a fait abandonner cette idée, et l'opinion la plus accréditée aujourd'hui est qu'un peuple d'origine asiatique a pénétré dans la vallée du Nil par l'isthme de Suez, et refoulé à l'intérieur les tribus noires qui l'habitaient primitivement. C'est de ce peuple que seraient issus les anciens Egyptiens.

5. — Quelles sont les périodes qui divisent l'histoire d'Egypte?

La chronologie égyptienne présente de grandes incertitudes, surtout pour le commencement, et l'im-

mense durée qu'on attribue à l'Empire égyptien est toujours un sujet d'étonnement. Les savants ne sont d'ailleurs pas d'accord sur ce sujet, mais le système de Mariette, qui est le plus répandu, fait commencer la monarchie égyptienne en l'année 5004 avant notre ère. Un groupe de Pharaons, appartenant à la même famille, constitue ce qu'on appelle une dynastie, et chacune des grandes périodes de l'histoire égyptienne comprend plusieurs dynasties.

On divise généralement l'histoire de l'ancienne Egypte en trois grandes époques, savoir :

1° Le premier Empire^ qui embrasse les dix premières dynasties, et commence l'an 5004 avant notre ère ;

2" Le moyen Empire, qui comprend les sept dynasties suivantes et commence l'an 3064 avant notre ère;

3" Le nouvel Empire, qui comprend les dernières dynasties à partir de la XVIIL, et commence l'an 1703 avant notre ère.

G. — Qu'est-ce que Vancien Empire et quelle en était la ville principale?

On désigne sous le nom iWtricien Empire la première période des temps historiques en Egypte. Elle comprend les dix premières dynasties de rois. L'Egypte avait été primitivement divisée en petits Etats indépendants qui étaient la propriété d'un chef

héréditaire. Menés, qu'on regarde comme le premier roi d'Egypte, a réuni ces petits Etats dont les chefs sont devenus en quelque sorte les vassaux. Parmi les rois ou Pharaons du premier Empire, ceux dont les noms sont les plus importants à retenir sont Khéops et Khephren, qui sont restés célèbres à cause des grandes pyramides qu'ils ont élevées pour leur servir de tombeau. Ces pyramides étaient bâties à peu de distance de Memphis, qui fut la principale ville de l'Egypte sous l'ancien Empire et dont la fondation est attribuée à Menés. On a conservé quelques statues de cette période, sous laquelle nous n'avons d'ailleurs aucun événement important à signaler.

7. — Qu'est-ce que le moj'-en Empire et qu'entend-on par les rois pasteurs ?

Le moyen Empire, qui s'étend de la XI*^ à la XVII« dynastie, a débuté par une période très brillante pendant laquelle de très grands travaux de canalisation ont été exécutés. Ce sont les rois de la XII" dynastie qui ont creusé le lac Mœris, destiné à contenir le trop plein des eaux du Nil, et le Labyrinthe, vaste assemblage de palais dont Hérodote nous a laissé la description. Mais, à la fin de la XII*-' dynastie, des populations nomades venues d'Asie par l'isthme de Suez, et conduits par des chefs qu'on désigne sous le nom de rois pasteurs, envahirent la Basse-Egypte et

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s'emparèrent de Memphis. Ils remontèrent le Nil jusqu'à Thèbes dont ils ne purent s'emparer et qui devint la résidence des anciennes dynasties nationales. Les pasteurs saccagèrent tout et couvrirent l'Egypte de ruines quand ils arrivèrent, mais ils se laissèrent peu à peu gagner par la civilisation des vaincus dont ils adoptèrent la langue et les usages. Ils s'amollirent enfin par le bien-être et la prospérité, et, après un séjour de cinq siècles environ, ils furent expulsés d'Egypte par le roi Amosis, pharaon de Thèbes.

C'est après l'expulsion des pasteurs que commence le nouvel Empire, et, après avoir été en partie conquise, l'Egypte devint conquérante à son tour. Cette période paraît avoir commencé environ dix-sept siècles avant notre ère, et c'est la plus brillante de l'histoire égyptienne. (Fig. 2.)

8. • — Quels sont les principaux Pharaons qui se sont illustre's sous le nouvel Empire ?

Le nom de quelques Pharaons du nouvel Empire mérite d'être retenu. Après Amosis, le libérateur du territoire, il faut citer Thoutmès III, le conquérant de l'Asie occidentale, qui, suivant une inscription, « posa les frontières de l'Egypte où il lui plut » ; Amenophis III, le Memnon des Grecs; Seti L'', qui éleva la fameuse salle hypostyle de Karnac,

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considérée comme le chef-d'œuvre de l'architecture égyptienne; enfin Ramsès II, le Sésostris des Grecs. On a attribué à ce monarque un grand nombre de faits appartenant aux Pharaons qui l'ont précédé ou

LE TRIOMPHE D UN PHARAON, d'après un bas-relief ct;yptieii. — (Fig. 2.)

suivi, mais son règne marque assurément l'apogée de la puissance égyptienne. (Fig. 3.) Ce qui a contribué beaucoup à grandir l'importance de ce personnage, c'est le nombre prodigieux des monuments qu'il a élevés et des inscriptions qui portent son nom. Les

deux obélisques de Louqsor, dont l'un décore aujourd'hui la place de la Concorde, à Paris, et les grands temples souterrains d'ibsamboal, avec les colosses qui les décorent, appartiennent à son règne. (Fig. 4.)

Quelques historiens placent sous le règne de

PHARAON ATTAQUANT UNE CITADELLE, d'après un bas -relief du temple d'ibsamboul. — (Fig. 3.)

Menephtah, fils de Ramsès II, la sortie d'Egypte des Hébreux commandés par Moïse, mais les documents égyptiens sont muets sur cet événement. Ramsès III maintint encore la puissance militaire des Égyptiens, mais elle commence à décliner à partir de la XX<= dynastie. Les princes syriens refusèrent de payer le tribut que les Pharaons précédents avaient exigé d'eux,

JOUliUR DK HARPE DUN PHARAON,

d'après une peiiituro de Beni-Hassun.

(Fis- 4)

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et quand les Israélites arrivèrent à leur grande période de gloire, sous David et Salomon, l'Egypte était rentrée dans ses limites naturelles, aussi bien du côté de l'Asie, où elle ne possédait plus rien, que du côté de l'Ethiopie où elle avait également perdu le fruit des conquêtes précédentes. Il y eut pourtant un roi de la XXII^ dynastie, le Sesac de la Bible, qui vint rançonner le royaume de Juda et piller le temple de Jérusalem, mais il ne put se maintenir dans la contrée, et l'affaiblissement de l'Egypte alla toujours en croissant jusqu'au moment où elle allait devenir la proie de l'étranger.

g. — Quels furent les dc?'niers événements de l'histoire d'Egypte ?

La décomposition intérieure de l'Egypte se manifesta bientôt par des symptômes significatifs. Après une tentative des prêtres d'Ammon pour s'emparer de l'autorité royale, une dynastie éthiopienne parvint à s'établir en Egypte. Elle fut bientôt aux: prises avec les Assyriens, qui furent dans plusieurs rencontres victorieux des Pharaons. Le roi d'Assyrie, Sennacherib, marcha bientôt avec une puissante armée contre les Égyptiens qui s'allièrent avec les Juife pour le repousser, mais ce fut un événement miraculeux qui sauva du même coup l'Egypte et la Judée. Suivant les Égyptiens, le dieu, à la prière du prêtre

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Sethos, envoya des léyions de rats qui, pendant la nuit, rongèrent les cordes des archers assyriens, ce qui les empêcha de combattre et les obligea de se disperser. Suivant la Bible, ce fut un ange du Seigneur qui, dans* une seule nuit, tua cent quatrevingt-cinq mille Assyriens. Ce qui est certain, c'est que, après des pre'paratifs formidables, le roi Sennacherib fut obligé de retourner dans ses Etats sans avoir accompli la conquête qu'il projetait. Une invasion postérieure réussit mieux aux Assyriens : ils parvinrent jusqu'à Thèbes et la pillèrent, mais sans pouvoir toutefois y établir leur domination.

Une période d'anarchie s'ouvre ensuite pour l'Egypte et, au lieu d'un Pharaon, on voit douze chefs se partager le gouvernement du Delta. Un oracle avait prédit que celui qui offrirait des libations au dieu dans une coupe d'airain deviendrait seul roi du pays. Le grand-prêtre devant présenter une coupe d'or aux douze chefs, pour qu'ils accomplissent les rites habituels, se trompa sur le nombre et n'en apporta que onze. Psammetik, le chef qui n'avait pas eu de coupe, ht aussitôt sa libation dans son casque qui était d'airain. Les autres chefs, se souvenant de l'oracle, voulurent le mettre dans l'im-' possibilité de régner et le reléguèrent sur la côte du Delta, en lui interdisant toute correspondance avec l'intérieur. Cependant Psammetik trouva moyen de

consulter de nouveau l'oracle, qui répondit que son règne commencerait quand il aurait pour l'aider des hommes d'airain sortis de la mer. Psammetik ne comprenait rien à cette prédiction, mais on vint lui dire bientôt que des hommes d'airain sortis de la mer étaient en train de piller la côte. C'étaient des Grecs d'Asie qui exerçaient leur métier de pirates, et dont le costume consistait en une armure d'airain. Psammetik, comprenant alors le sens de l'oracle, prit les pirates à sa solde, ajouta à sa petite troupe d'autres mercenaires venus d'Asie Mineure et, par leur aide, s'empara du trône d'Egypte, et fonda la XXVI" dynastie ((356).

Psammetik parvint pendant son long règne à rendre à l'Egypte une prospérité qu':He avait oublié depuis longtemps, et son fils, Nekao, fit exécuter de grands travaux qui ont rendu son nom célèbre. Il a entrepris entre autres choses un canal qui devait faire communiquer le Nil avec la mer Rouge, et qui d'ailleurs ne fut pas achevé. Nekao s'intéressait vivement à la navigation, et il chargea des matelots phéniciens de faire le tour de l'Afrique en partant de la mer Rouge et en revenant par la Méditerranée. Ces matelots, qui restèrent trois ans en route, racontèrent à leur retour qu'ils avaient vu le soleil par derrière eux. Ce fait, qu'Hérodote déclare n'être « nullement croyable », est, au contraire, ce qui prouve l'authen-

ticité du voyage, car les Phéniciens n'auraient jamais imaginé ce changement dans hi position du soleil, s'ils n'avaient pas réellement dépassé l'équateur.

Les successeurs de Nekao furent Psammis et Apriès; ce dernier eut à combattre une insurrection militaire, mais l'officier qu'il envoya contre eux, Amasis, trouva plus commode de se servir des soldats pour s'emparer du trône. Gomme ces soldats étaient des mercenaires grecs auquels Amasis accorda de grands privilèges, les soldats de l'ancienne armée égyptienne abandonnèrent en masse le service du nouveau roi, ce qui désorganisa absolument les forces militaires de l'Egypte. Le commerce fut très florissant sous ce règne, principalement avec les Grecs, à qui le roi permit de s'établir à Naucratis. Malgré cette apparence de prospérité, l'Egypte était tombée dans un tel état de faiblesse que, lorsque son successeur, Psammenit, voulut s'opposer à l'invasion de Gambyse, roi de Perse, il suffit d'une seule bataille pour livrer à la Perse la vieille terre des Pharaons. L'Egypte devint une simple province de la monarchie des Perses (527), dont elle continua à faire partie jusqu'à la conquête d'Alexandrç.

Promenade du dimanche.

Les élèves désireux de connaître les monuments historiques qui peuvent se rattacher à cett.; leçon

lO L EGYPTE

iront dimanche au musée du Louvre. L'entrée du musée égyptien est par la porte à gauche, sous la

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