‹ Cours d'histoire moderne (volume 2)Chapitre 11 sur 40 · ASSISTANS · texte numérisé non relu

ASSISTANS

Les évêques de Gaule.

ld.

1 5 évêq., 1 prêt, délég.

16 évêques, 1 prêtre.

44 évêques.

Les évêq. de la 1" Narb\

8 évêques.

Les évêques de Gaule.

i3 évêques.

8 évêq., 1 prêtre délégué, ' 1 évêque signe après* 19 évêques.

6 évêques.

Les évêq. de laLyonnaise.

3o évêques.

8 évêques.

ni

d'histoire MODERNE. 125

durée , qui n'ont laissé aucun monument , dont le souvenir même a été perdu.

Une preuve indirecte démontre l'importance des conciles à cette époque. Personne n'ignore qu'en Angleterre, dans l'origine du gouvernement représentatif, lors de la formation de la chambre des communes , on a fait beaucoup de statuts pour ordonner la tenue régulière et fréquente des parlemens. Le même fait parât t au V* siècle pour les conciles. Plusieurs canons, entre autres ceux du concile d'Orange tenu en 44 1 » portent qu'un concile ne se séparera jamais sans indiquer le concile suivant, et que, si le malheur des temps empêche qu'on ne tienne un concile deux fois par an , selon les canons, on prendra toutes les précautions possibles pour s'assurer du moins qu'il ne s'écoulera pas un long intervalle sans qu'il s'en réunisse quelqu'un.

Ainsi , les deux grandes garanties de la liberté dan* une société quelconque , l'élection d'une part, et la discussion de l'autre, existaient, en fait , dans la société ecclésiastique du V* siècle , désordonnées , il est vrai , incomplètes , prétires; la suite des temps l'a bien prouvé ; mais , dans le présent, réelles et fortes, à la fois cause et témoignage du mouvement et de lardeur des. esprits.

Maintenant , Messieurs , mettez , je vous prie mettez cet état de la société religieuse à côté de l'état de la société civile que j'ai essayé de peindre dans notre dernière réunion. Je ne m'arrêterai pas à tirer les conséquences de cette comparai- • son ; elles sautent aux yeux , et déjà , à coup sûr, vous les avez reconnues. Je les résumerai en deux traits.

Dans la société civile^ point de peuple , point de gouvernement; l'administration impériale est tombée , l'aristocratie sénatoriale tombée , l'aristocratie municipale tombée ; la dissolution est partout ; le pouvoir et la liberté sont atteints de la même stérilité , de la même nullité.

Dans la société religieuse , au contraire, se révèle un peuple très -animé, un gouvernement très-actif. Les causes d'anarchie et de tyrannie sont nombreuses ; mais la liberté est réelle et le pouvoir aussi. Partout se rencontrent, se développent les germes d'une activité populaire très-énergique et d'un gouvernement très-fort. C'est , en un mot , une société pleine d'avenir , d'un avenir orageux , chargé de bien et de mal , mais puissant et fécond.

Voulez-vous que nous fassions dans cette comparaison un pas de plus ? Nous n avons considéré jusqu'ici que les feits généraux, la vie

publique, pour ainsi dire, des deux sociétés; voulez -vous que nous pénétrions dans la vie domestique, dans l'intérieur des maisons? que nous recherchions comment employaient et passaient leur temps, d'une part les hommes considérables de la société civile , de l'autre les chefs de la société religieuse? Il vaut la peine d'adresser au V e siècle cette question, car sa réponse ne peut manquer d'être très-instructive.

11 y avait dans les Gaules , à la fin du IV e et au V e siècle , un certain nombre d'hommes importans et honorés , long - temps revêtus des grandes charges de l'Etat, demi-payens, demichrétiens, c'est-à-dire n'ayant point de parti pris , et , à vrai dire , se souciant peu d'en prendre aucun en matière religieuse; gens d'esprit, lettrés, philosophes, pleins de goût pour l'étude et les plaisirs intellectuels , riches et vivant magnifiquement. Tel était, à la fin du IV e siècle , le poëte Ausone , comte du palais impérial , questeur , préfet du prétoire , consul, et qui possédait, en Saintonge et près de Bordeaux , de fort belles terres : tels , à la fin du V e , Tonance Ferréol, préfet des Gaules ,en grand crédit auprès des rois visigoths, ^t dont les domaines étaient situés en Languedoc et dans le Rouergue , sur les bords du Gardon et près de

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