‹ Cours d'histoire moderneChapitre 28 sur 74 · I. Magîster offlciorum. (Le Maître des offices · texte numérisé non relu

I. Magîster offlciorum. (Le Maître des offices

C'était une espèce de ministre universel, dont les fonctions étaient fort étendues ; il rendait la justice à presque tous les employés du palais ( Palatini), recevait les appels des citoyens privilégiés , présentait les sénateurs au prince, etc. Sa juridiction s'étendait sur des employés appartenant d'ailleurs à d'autres départements , comme sur les Mensores, les Lampadarii, et qui étaient dans le ressort du Prœpositus sacri cubiculi.

Il avait sous sa direction :

1" Les sept écoles des Milites palatini : 1° Schola scutariorum prima; 2° Schola sculariorum secunda; 3" — Gentilium seniorum; 4" — Scutariorum sagittariorum ; 5" — Scutariorum clibanariorum; 6° — Armaturarum juniorum ; 7" — Gentilium juniorum.

2° L'école des Jgentes in rébus : c'étaient les messagers et les espions du prince dans les provinces ; avant Constantin , on les appelait Frumentarii.

3° Les Mensores et les Lampadarii, dont nous avons déjà parlé ; plus les Admissionales ou huissiers introducteurs du palais, et les Invitatores, qui étaient chargés de transmettre les invitations.

4° Quatre Scrinia ou bureaux , où arrivaient et

se traitaient les affaires du prince avec ses sujets :

1° Scrinium memoriœ : on y tenait les régis-

ECLAIRCISSEMExNTS ET TABLEAUX HISTORIQUES.

1res des emplois et des grades ; de là sortaient

la plupart des nominalions.

2" Scrinhim epistolarum : on y recevait les

députations et les demandes des cités, et on leur

expédiait les réponses du prince.

"5° Scrvnium libellorum : là étaient adressés les

requêtes et les appels des sujets.

4° Scrinium dispositionum : les fonctions de

ce dernier bureau ressemblent à celles des deux

précédents ; il est omis dans la Notifia, mais les

lois en font mention.

Chacun de ces bureaux avait un chef particulier, Magister scrinii memoriœ , epistolarum, etc.; le dernier s'appelait Cornes dispositionum ; les employés y étaient nombreux.

5" Les fabriques d'armes de l'empire. Le maître des offices de l'Orient en avait 13 sous sa direction : Damas, Antioche 2, /Edesse, Irénopolis , Césaréc en Cappadoce, Nicomédie 2, Sardes, Hadrianople 2, Thessaloniquc, Naïssus , Ratiaria, Jlargus. Le maître des offices de l'Occident en avait 19 ; Sirmium, Acincum , Cornutum, Lauriacum , Salone , Concordia, Vérone, Mantoue, Crémone, Pavie, Lucques, Strasbourg, Màcon, Autun , Besançon, Rheims, Trêves 2, Amiens.

IL Quœstor, (Le Questeur.)

Il jugeait, de concert avec le préfet du prétoire, et quelquefois seul, les affaires déférées au prince; il composait les lois et les édits que le prince devait publier ; il souscrivait les rescripts ; il avait la surveillance du registre {Latcrculum minus) où étaient consignés les tribuns et les préfets des camps et des frontières. C'était une espèce de grand chancelier. Il envoyait ses édits au bureau Dispositionum où ils étaient gardés et d'où ils partaient pour être publiés dans l'empire. Il n'avait pas de bureaux attachés à son emploi , mais il prenait dans le Scrinitim memoriœ douze secrétaires, sept dans le Scrinium epistolarum , et sept dans le Scrinium libellorum.

III. Cornes sacrarum largitionum. (Le Comte des largesses sacrées.)

C'était le grand trésorier de l'empire ; il percevait et administrait tous les revenus publics; tous les payements sortaient de ses bureaux ; Constantin l'avait mis à la place des questeurs , des Prœfecti œrarii , etc.

Son administration était divisée en dix bureaux. Scrinia, à la tète desquels était un Triiniccrius ou Magister scrinii (chef de bureau).

1" Scrinium canouutn. C'était , à ce qu'il parait.

celui où se dressait le tableau de ce que chaque province, chaque ville, etc., devait envoyer à la caisse publique , arcœ largitionum.

iCes deux bureaux dressaicntles comptes des sommes reçues et dépensées par le Trésor.

4" Scrinium aureœ massœ. Ce bureau était occupé à tenir les comptes de l'or brut qui était envoyé au trésor, et de l'emploi qui en était fait pour battre monnaie, pour les monuments, les joyaux de la cour, etc.

5° Scrinium auri ad responsum. On y réglait et on y fournissait les sommes d'argent destinées , soit à subvenir aux frais des employés que le prince envoyait dans les provinces, aux armées, etc., soit à être expédiées dans les diverses parties de l'empire, ou pour les tributs payés aux alliés, aux Barbares , etc.

6° Scrinium ab argento. C'était le bureau où étaient déposés et gardés l'argent en lingots, la vaisselle impériale , les vases , etc.

7" Scrinium vestiariisacri. C'était le bureau d'où partaient les fonds destinés à l'habillement des troupes, du monarque, de la famille impériale et des gens de sa cour , auxquels il fournissait des vêtements.

8° Scrinium annularense tel miliarense. Selon la première leçon, ce bureau aurait été destiné à garder en dépôt les anneaux et les bijoux de l'empereur; selon la seconde, qui me parait plus probable , sa destination aurait été de faire frapper et de distribuer les petites monnaies d'argent, dites miliarensium, valant la dixième partie d'un aureus.

9" Scrinium à pecuniis. Pancirole croit que c'était le bureau qui dirigeait la fonte des monnaies dans tout l'empire.

10" Scrinium exceptorum. Les employés de ce bureau écrivaient les pièces des affaires que jugeait le comte des largesses sacrées.

Les attributions de ces divers bureaux étaient fort incertaines; leurs noms sont obscurs et on n'en devine le but que par des conjectures. Il parait qu'on y ajouta dans la suite un onzième bureau, dit Scrinium mittendarioruni , cl composé des employés qu'on envoyait dans les provinces pour faire accélérer ou compléter le payement des impots.

Outre ces bureaux attachés à son service, le comte des largesses sacrées avait dans les provinces un grand nombre de subordonnés, chargés de diriger les affaires de son département. Les principaux étaient :

loSixcotniteslargitmium,cn Orient, en Egypte, dans l'Asie mineure, clans le Pont, dans la Thrace , et dans l'Ulyrie. Il y en avait cinq en Occident. Ils étaient chargés de payer les traitements des généraux , des soldats , des autres employés , et de surveiller la perception des impôts.

2'' Quatre comités commerciorum , chargés d'acheter les étoffes et les bijoux nécessaires pour la maison impériale, de surveiller les opérations des négociants , et de veiller à ce que les droits établis sur les denrées fussent exactement payés. Il n'y en avait qu'un en Occident.

5" Prœfecti thesaurorum; ils recevaient et gardaient dans chaque province l'argent provenant des impôts, jusqu'à ce qu'il eut été envoyé au comte des largesses sacrées.

4° Cornes inetallorum ; chargé de prélever , sur le produit des mines d'or, d'argent ou d'autres métaux , la portion qui revenait au prince.

5° Cornes vel rationalis summarum jEgypti; chargé de recueillir les biens qui revenaient au prince dans cette province, soit par caducité, soit par quelque autre cause ; il surveillait aussi le grand commerce de marchandises de l'Inde , qui se faisait par l'Egypte ; il y avait onze rationales de cette espèce dans l'Occident.

6" Magistri linece vel tinteœ vestis; ils dirigeaient tous les ouvriers qui travaillaient en lin pour la garde-robe ou l'ameublement de l'empereur. Leur emploi était rempli en Occident par un cotnes vestiarii.

7° Privatœ magislri; ils dirigeaient les ouvriers qui travaillaient en soie, laine, etc., pour la maison impériale.

S° Pi'ocuratores gxnœciorum; chargés de la surveillance des fabriques de tisseranderie ou de fdature.

d" Procuratores baphiorum; inspeclevirs de la teinture des étoffes en pourpre, etc. Il y en avait neuf en Occident.

10" Procuratores monetarum ; inspecteurs des établissements où l'on battait monnaie. Il y en avait six en Occident.

11" Prœpositi hastaganun ; chargés de surveiller le transport des objets destinés au service public ou à celui de l'empereur, blés, denrées , marchandises, argent, etc.

12° Procuratores linificiorum; chargés de procurer le lin nécessaire aux fabriques impériales. Il y en avait deux en Occident , à Vienne et à Ravenne.

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