IV. Cornes rerum privatarum, (Le Trésorier de la couronne
Le trésor public s'appelait œrarium;\c trésor
particulier de l'empereur se nommait fiscus. Bien qu'il disposât également de l'un et de l'autre, on les distinguait encore, et on les administrait séparément. Le Cornes sacrarum largitioniim avait l'administration de Vœrarium ; le Cornes rerum privatarum avait celle du fiscus, dont les revenus étaient les biens qui échéaient à l'empereur d'une manière quelconque , le produit de certains impôts , etc.
Il avait sous ses ordres :
1° Un département dirigé par le primicerius officii, et divisé en quatre bureaux :
1" Scriniumbeneficiorum. C'était le bureau où se traitaient toutes les affaires relatives aux dons de biens meubles ou immeubles , aux concessions de privilèges, etc. , que l'empereur faisait à tel ou tel de ses sujets.
2° Scrinitim canonum.. Ce bureau recevait le prix des fermes des biens impériaux, et en tenait les comptes. Ce prix se payait en argent ou denrées.
3" Scrinium securitatum. Dans ce bureau se déposaient les quittances de ceux qui avaient reçu de l'argent du fisc , ou les doubles de celles qui avaient été données aux gens qui avaient payé quelque chose au fisc.
4" Scrinium largitionum privatarum. Là se tenaient les comptes des sommes d'argent que donnait l'empereur à des particuliers, et des traitements qu'il payait aux gens attachés à son service personnel.
2" Rationales vel procuratores rerum privatarum. C'étaient les employés chargés de percevoir dans les provinces les revenus du fisc. Ils étaient souvent juges dans les affaires où le fisc était partie. 3° Prœpositi bastagarum rei privatœ. Inspecteurs des transports faits pour le service du prince. Il y en avait deux en Occident.
A° Prœpositi stabulorum, gregmn et armentorum . Inspecteurs des étables et des troupeaux de l'empereur, disséminés dans l'empire; il y avait aussi un Cornes stabuli qui répondait à nos grands écuyers.
b" Procuratores saltuum. Inspecteur des bois et des pâturages où l'on menait paître les troupeaux de l'empereur.
Il y avait sans doute beaucoup d'autres petits employés dontle souvenir ne nous est pas parvenu.
V, Primicerius notariorum. ( Premier secrétaire d'État.)
C'était un magistrat chargé de tenir le registre où étaient itiscrits tous les fonctionnaires publics,
ÉCLAIRCISSEMENTS ET TABLEAUX HISTORIQUES
leurs charges, leurs traitements , les édils de nomination, etc. Ce registre s'appelait /«^e/-c?</j<»tmayMs. Les gens nommés à des places , payaient certains droits à ce Priinicerius notarionim , qui tenait ainsi la liste de toutes les dignités que nous venons de parcourir. Il y avait trois classes de JSotarii.
Il y avait dans chaque province une caisse provinciale, en tout 118 caisses. Les percepteurs des impôts remettaient l'argent dans ces caisses surveillées par les Prœfecti thesaurorum. Ceux-ci
donnaient aux Comités largitionum les sommes nécessaires pour les dépenses de la province, le traitement des employés , etc. Ils remettaient le reste au gouverneur de la province, qui l'envoyait en nature à la caisse des largesses sacrées. Les voitures destinées à ce transport étaient fournies par des particuliers tenus de ce service , et faisaient partie de cette poste publique {Cursus publicus), dont le gouvernement seul , ou ceux qu'il y autorisait, avaient droit de se servir.
TABLEAU
DE LA HIÉRARCHIE DES RAAGS ET DES TITRES DANS L'EMPIRE ROMAIN, AU COMMENCEMENT DU Ye SIÈCLE.
Les rangs et les titres se multiplièrent dans l'empire Romain à la même époque où la cour et le gouvernement central, dont on vient de voir le tableau, reçurent leur forme définitive. Ils conféraient d'assez importants privilèges à l'égard des autres citoyens , mais aucune indépendance envers le pouvoir. C'étaient de pures distinctions personnelles attachées à certaines charges , et dont les possesseurs mêmes de ces charges ne jouissaient pas sans y avoir été autorisés par lettres du prince. On comptait six rangs ou titres principaux, entre lesquels les droits de préséance étaient minutieusement réglés.