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PREMIÈRE SECTION

L’ALUSITA , ou papillon à ailes en plumes, l'éventail, forme un genre dont je connais six espèces, qui ont toutes les antennes sétacées, les ailes fourchues à plusieurs branches, qui volent de jour comme les papillons, et non de nuit comme les phalènes, et dont la chrysalide est hérissée et couchée

nue horizontalement, sans coque, sur les feuilles, dont elle vit, dans les prés des environs de Paris.

L’alusita blanc a les deux ailes antérieures à deux branches, et les postérieures à trois branches.

On le trouve en mai et juin.

Sa chenille est verte, en cloporte, hérissée de faisceaux de poils, et vit sur les feuilles de la patte d’oie, chenopodium.

Le papillon à ailes en plumes brun, Réaum., ou le ptérofore éventail, Geoffr., est commun en septembre et décembre dans les prairies.

Il a huit rayons aux deux ailes antérieures et quatre aux postérieures.

Sa chenille vit sur les feuilles du chèvre-feuille.

L’AMBULON , ambulo, Mouffet, forme un genre qui comprend plus de vingt espèces, qui se reconnaissent à ce que, 1° le mâle a les deux antennes à deux peignes tournées d’un seul côté; 2° leurs ailes sont en toit écrasé contiguës, non croisées; 3° leur chenille est couverte de poils très-longs, couchés vers la queue, et elle court très-vite, d’où lui vient le nom de lièvre. Elle se roule en hérisson, et se laisse tomber à terre au moindre attouchement à l’extrémité de ses poils, d’où lui vient son nom de hérissonnée; 4° elle se file, au pied des arbrisseaux une coque horizontale d’un tissu très-lâche , formée extérieurement de tous ses poils, et tapissée intérieurement d’une coque soyeuse dans laquelle elle se transforme en une chrysalide ou fève ovoïde assez courte.

La chenille martre de l’orme est ainsi nommée à cause de la couleur de son corps, qui est jaune brun. 2

La phalène de ceux dont les coques ont passé l’hiver parait en avril, s’accouple et pond environ deux cents œuis verdâtres, séparés les uns des autres, sur le gazon, lortie, l’orme, dont sa cheniile fait sa nourriture.

Cette chenille se voit daus les prés depuis mai jusqu’en juillet, où elle fait sa coque pour se métamorphoser en nymphe.

En août , elle devient papillon qui s’accouple et pond, et dont les chenilles font leur coque en octobre pour passer dans cet état l'hiver.

Les poils de cette chenille occasionnent des démangeaisons lorsqu'on les touche, comme font ceux du manteau royal, de la processionnaire, etc.

Le rANERA, Ad., ou l’apparent , forme un genre qui diffère de celui de l’ambulon en ce que, 4° le papillon a les ailes rapprochées en toit arrondi ou en demi-cylindre; 2° sa chenille est couverte de poils rapprochés en faisceaux ; 9° Ja chrysalide a une pointe sensible à l'anus ; 4° ses œufs sont rassemblés en un paquet ovoïde recouvert de bourre de poils.

Il y en a environ vingt espèces.

La commune , ou la chenille commune, Réaum., nait en mars et avril d'œufs qui ont été pondus en automne sur le tronc des ormes et autres arbres, en paquets recouverts d’un duvet roussâtre, et toujours du côté exposé au midi. Ces œufs, ainsi que leurs chenilles, résistent à un froid de dix-sept à dix-huit degrés, c'est-à-dire de trois à quatre degrés plus violent que celui de 1709. Chaque paquet contient environ trois à quatre cents œufs, et, comme ils sont très-répandus non-seulement sur lorme, mais encore sur les pommiers, les pruniers et quelques autres arbres fruitiers, ces chenilles ont souvent dévoré en avril les bourgeons de ces arbres, et en mai elles les ont quelquefois dépouillés entièrement de leurs feuilles, au point qu’elles moissonnent en peu de jours les plus belles espérances.

Ces chenilles sont noirâtres, à poils blonds, avec-des taches blanches et deux mamelons rouges vers l'anus. Elles

ont à peine la grosseur d’un tuyau de pions et la moitié de la longueur du doigt.

Elle vivent en société pendant toute leur vie et filent de concert, à extrémité des branches, une toile qui leur sert de tente pour se mettre à couvert et d’où elles sortent pour aller ronger les feuilles des environs.

Elles ne quittent cette toile et ne se séparent que pour faire leur coque vers le mois de juin. Alors elles vont cha cune de leur côté et se filent sous les feuilles des arbres ou même entre plusieurs feuilles, qu’elles courbent pour suppléer à l’épargne de la soie une coque brune, fort menue, dans laquelle elles se métamorphosent en chrysalide.

Cette chrysalide , au bout de trois semaines, devient une phalène blanche à cul brun renflé de poils, qui s’accouple aussitôt, c’est-à-dire en juin ou juillet, après deux ou trois mois de vie, et pond son paquet d'œufs qu’elle recouvre du duvet de poils bruns qu’elle a à lentour de l’anus.

Ces œufs éclosent aussitôt; leurs chenilles vivent comme les premitres et leurs phalènes pondent elles-mêmes au bout de deux mois, c’est-à-dire en septembre, une troisième génération en comptant celle de lautomne pour la premiere ; de sorte que, dès la troisième génération, une seule chenille peut être mère de plus de six millions d’enfants.

Ce sont les œuts de cette troisième génération qui, lorsque l'automne est trop froid, restent en paquets sur les arbres pour éclore au printemps suivant, et qui, au contraire, lorsque les mois de septembre et octobre sont chauds, éclosent et dépouillent les arbres de leurs feuilles, comme il arriva en 1751. Ces chenilles se forment au bout des branches un nid de soie au milieu des feuilles qu’elles entrelacent et enveloppent en se doublant à mesure que le froid augmente. Elles forment en dedans plusieurs cellules dont chacune à sa porte qui répond à des routes communes qui conduisent

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