FAMILLE DES PAPILLONS. — MAKAON
c’est-à-dire un vernis brun, épais, appliqué sur une feuille blanche d’argent ou d’étain, dont Péclat perce au travers, et le fait paraître d’un jaune doré.
Cette chrysalide reste plusieurs jours dans cet état, après quoi elle se métamorphose en papillon mars, en grande-tortue, en répandant quelques gouttes d’une liqueur rougeàtre , qui sort de sa bouche pour humecter la peau sèche de la chrysalide et en faciliter la sortie. Ces gouttes forment autant de taches semblables à des larmes de sang sur les murailles : il n’en faut pas davantage pour donner l’alarme aux gens qui ignorent ces phénomènes, surtout dans les années où ces insectes abondent. C’est ce qui arriva en 1608 à Aix, en Provence, dont les murs parurent un matin, comme subitement, couverts de semblables taches, ce qui fit penser au peuple qu’il avait tombé pendant la nuit une pluie de sang; mais un philosophe instruit, M. de Peirick, dissipa bientôt son alarme en lui faisant voir une de ces chrysalides répandant de semblables gouttes en quittant sa peau pour devenir ailée, et pour aller rejoindre les autres papillons de son espèce, dont Pair était alors rempli.
Le MAKAON, bassela reine, Aubr., le papillon à queue du fenouil est assez rare aux environs de Paris et dans le reste de PEurope. Il ne paraît guère que vers le mois d’août.
C’est un des plus beaux et des plus grands de ce pays-ci ; il a vingt-quatre lignes de longueur, et est varié de jaune et de noir, comme sa chenille, avec trois points rouges sur le dessus des ailes inférieures, et un seul sur le dessous.
La femelle, aussitôt après l’accouplement, pond ses œufs, séparés les uns des autres, sur le fenouil, la carotte, la ciguë, et autres plantes ombellifères.
ils éclosent le trentième jour, selon Roësel, et donnent une chenille lisse à seize pattes, vert jaunâtre, à anneaux noirs, portant chacune six points rouges. Ce que cette che-
nille à de remarquable, c’est que, lorsqu'on l’irrite, elle fait sortir du dessus de son cou, entre sa tête et son premier anneau, une corne à deux branches, ou plutôt deux cornes charnues, rougeâtres, réunies à leur origine sous la forme d’un V, susceptibles de rentrer en elles-mêmes, comme celles du limacon, et dont on ignore l’usage.
Lorsque cette chenille est prête à se métamorphoser en nymphe, elle se fixe horizontalement dans un endroit, contre un mur par exemple; elle y file un petit tapis de soie de toute sa longueur, puis, ayant bien cramponné ses deux pattes membraneuses postérieures, elle se file sur le dos, entre le sixième et le septième anneau, y compris la tête, un lien, une ceinture composée de quarante à cinquante fils. Cette ceinture la soutient horizontalement, et c’est dans cet état qu’elle change de peau et se métamorphose en chrysalide, qui est anguleuse et pointue par les deux bouts.
Quinze jours après, cette nymphe se métamorphose en papillon.
Le PAPILLON, papilio. Le grand papillon du chou, à ailes rondes, sans queue, se voit pendant tout l'été. Ceux que l’on rencontre dès le mois d’avril proviennent de chrysalides qui, formées trop tard pendant automne, c’est-à-dire sur la fin de septembre et en octobre, ont passé l'hiver dans cet état pour se métamorphoser aux premières chaleurs de quatorze à quinze degrés des mois de mars ou d’avril.
Après l’accouplement, la femelle pond, sous les feuilles des choux, une cinquantaine d’œufs rapprochés, mais non contigus, d’où sortent des chenilles velues finement, qui, après deux mois, se métamorphosent, en se liant horizontalement le corps, en une nymphe anguleuse, pointue aux deux bouts et tuberculée, qui devient papillon le quinzième
our, et s'occupe aussitôt du soin de sa multiplication.
C’est principalement dans cette chenille que ccrtaines es-
FAMILLE DES AMBULONS. — ALUSITA. 359
pèces d’ichneumons pondent leurs œufs, en les piquant dans certaines parties qui ne les empêchent pas de vivre, de prendre tout leur accroissement, et même de se métamorphoser en nympbhes : de sorte qu’on voit souvent leurs petits sortirailés de ces nymphes peu après leur métamorphose.
Pour détruire ces chenilles il faut visiter les choux la nuit avec le flambeau.
12° Famize. LES AMBULONS, AMBULONES.
Les insectes de cette famille se reconnaissent à ce que, 1° leurs antennes sont en soie, excepté dans les tages et les maba; 2° leurs ailes sont horizontales; 3° leur chenille à seize pattes, à moitié couronnées de crochets, et est velue ; 4 leur chrysalide est dans une coque, excepté lalusita.
Ils comprennent douze genres qui forment deux sections : la première est de ceux qui ont un sucçoir en trompe à deux lames , comme l’alusita ou le papillon à ailes en plume, Réaum.; l’ambulon ou la chenille martre, ou hérisson; le fanera ou l’apparent, la chenille commune et la chenille à brosses. La deuxième section contient ceux qui n’ont pas de suçoirs, comme la phalène de la chenille à poils contournés, ovatrix, et la processionnaire, processionea, Ad.