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FAM. DES TEIGNES. — TEIGNE DES LAINES

de mai ou de la fin d’avril sort alors des chrysalides des fourreaux qui ont passé l'hiver attachés, pendant la tête en bas, aux planchers; il ne diffère guère du papillon du grain de froment qu’en ce que ses ailes forment un toit plus aplati. On ne le voit voltiger que la nuit, et l’éclat de la lumière l’attire tellement qu'il vient s’y brûler, comme font toutes les phalènes ou les papillons nocturnes, et c’est un des meilleurs moyens à employer pour leur destruction.

La femelle reste communément sept à huit heures accouplée avee son mâle, après quoi elle va pondre sur les étoffes de laine les plus à Pabri, les moins exposées au frottement, ses œufs, qui sont ovoides, blancs, transparents, peu sensibles.

Les petites chenilles en éclosent quinze à vingt jours après, et travaillent d’abord à se couvrir d’un petit fourreau de soie qu’elles filent autour d’elles-mêmes., Ce fourreau est cylindrique, ouvert par les deux bouts; elles le transportent partout avec elles; il leur sert de couverture et d’abri pour ronger la laine, qui lui sert de nourriture, et dont les pointes ou les bouts, plus secs, servent à agrandir son fourreau.

Ces chenilles éprouvent, comme toutes les autres chenilles, quatre mues pendant leur vie avant que de se métamorphoser en chrysalides. Et c’est un peu avant chacune de ces mues qu’elles élargissent leur fourreau sans en faire un nouveau pour cela; elles le coupent dans sa longueur et y ajoutent une pièce qui est de soie au dedans et de poils au dehors. Il est un moyen facile de s’assurer de la quantité de cette élargissure en posant dans cet instant la teigne sur des laines de diverses couleurs, soit rouges, soit jaunes, vertes, bleues, etc. Ces quatre mues seront indiquées par quatre bandes de ces diverses couleurs, qui donneront à son fourreau l'air d’un habit d’arlequin. Pour fen-

dre leur fourreau, les teignes ont pour instrument leurs deux mâchoires, et leur filière leur sert à Pélargir et à en coudre pour ainsi dire les pièces. Lorsqu’elles veulent l’allonger, elles font sortir leur tête par un des bouts ouverts, coupent les poils de laine à leur gré et les collent à ce bout de leur fourreau; puis elles se retournent dedans sans en sortir et Pallongent de même par le bout opposé.

La chenille de la teigne parvenue à sa dernière grandeur a environ trois lignes un tiers de longueur ; elle est blanc sale, à tête brun marron; l’anneau qui suit la tête a quatre taches , dont deux très-grandes et deux petites. Comme son estomac est voisin du dos, il paraît à travers la peau former le long du dos une ligne qui a la couleur des laines dont elle fait sa nourriture.

Cette chenille à seize pattes, dont les dix membraneuses sont bordées d’une couronne complète de crochets.

Vers le commencement de juillet, c’est-à-dire au bout de deux mois à deux mois et demi, elle a acquis à peu près toute sa grandeur. Alors elle abandonne les étoffes sur lesquelles elle à vécu; elle va suspendre son fourreau verticalement au plancher, dont elle ferme les deux bouts avec de la soie, en commençant par celui d’en haut ; puis elle se retourne la tête en bas pour fermer le bout inférieur, et se change ainsi en chrysalide.

Elle reste dans cet état quinze à vingt jours, après lesquels elle se métamorphose en papillon qui s’accouple et pond vers le commencement d’août une deuxième génération qui vit comme celle du mois de mai, mais beaucoup plus longtemps, car elle ne devient chrysalide qu’en octobre ou novembre pour ne se métamorphoser en papillon qu’en mai suivant.

Une chose que les teignes ont de commun avec les autres chenilles, c’est que leurs excréments prennent la teinture

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