FAM. DES TEIGNES. — TEIGNE DES PEAUX
des matières dont elles se nourrissent sans les altérer, de manière qu’en les amollissant dans l’eau, on peut en faire des laques ou des pâtes à l’usage des peintures en détrempe.
Ce point d'utilité que peut apporter la teigne est bien mince comparé aux ravages qu’elle fait dans nos ouvrages de laine; on a done cherché et trouvé plusieurs moyens d'opérer sa destruction : le soufre altère les couleurs; le mercure est dangereux à notre santé; la fumée du tabac doit être continuée pendant ving-quatre heures et se dissipe difficilement ; l'huile essentielle de térébenthine, mêlée dans deux parties d'esprit de vin, dont on frotte les étoffes avec une brosse, lesextermine entièrement, ainsi que les punaises, les puces et leurs œufs, et a l’avantage de se dissiper en peu de temps sans laisser aucune odeur ; on sait d’ailleurs que loin de gâter les étoffes on l’emploie pour enlever les taches de toutes les espèces d’huiles, de graisses et même de cambouis. Cette opération doit se faire plus avantageusement en juin, où tous les papillons ont fait leur ponte, qu’en avril ou mai; néanmoins on la pratique communément en avril, fondé sur ce que les papillons ne pondent point sur les étoffes qui ont été ainsi passées à lhuile essentielle de térébenthine, et cela suppose par conséquent que toutes les étoffes d’un appartement doivent avoir subi cette opération.
La TEIGNE DES PEAUX ou des poils diffère de celle des laines en ce que: 1° elle est plus petite ; 2 le papillon est gris plombé, sans taches, très-luisant ; 3° lorsque la chenille est jeune, elle ne peut vivre de laine, quoiqu’elle s’en accommode assez étant vieille ; 4° son fourreau est une espèce de feutre qui approche de la qualité des étoffes de nos chapeaux, au lieu que celui des teignes de la laine approche plus de la qualité de nos couvertures.
Les dégats que fait cette teigne sont plus prompts que ceux que les autres font dans les étoffes de laine parce qu’elle y trouve plus de facilité; elle coupe le poil à fleur de peau ; le crin même du cheval n’en est pas exempt malgré sa dureté ; elle le hache en morceaux.
La TEIGNE DES FEUILLES, finderma, au lieu de se faire un fourreau de soie comme la teigne des laines, s’en forme un avec les deux membranes qui composent l’épaisseur d’une feuille dont elle mine et mange auparavant là substance. Ce fourreau n’est pas pris dans le milieu de la feuille, mais sur une portion de ses bords; et c’est pour cette raison que la plupart de ces fourreaux sont dentelés comme les feuilles dont ils sont tirés. Comme ils ne peuvent s’agrandir, la chenille en change à mesure qu’elle grandit, c’est-à-dire à chaque mue, ou quatre fois dans sa vie, parce qu’elle mue quatre fois avant que de devenir chrysalide. Pour le faire, elle peree d’abord un trou rond vers le bord de la feuille qu’elle s’est choisie; elle mine ce bord, et quand les deux épidermes en sont bien détachés, elle le coupe et le sépare avec ses mâchoires, puis elle se glisse dedans, en réunit les bords avec des fils de soie, et y reste cachée comme dans un fourreau qu’elle transporte partout avec elle. Lorsqu'on lui à retiré son fourreau, il ne lui faut que douze heures pour en refaire un pareil.
Sous ce couvert elie pénètre dans les feuilles par un petit trou rond qui lui permet d’en ronger et miner la substance qui lui sert de nourriture, et elle s’y enfonce d’une longueur égale à la moitié de son corps. Lorsqu'elle à ainsi épuisé une place , elle recommence un trou dans un autre endroit de la même feuille ou d’une autre feuille, qu’elle mine de même ; jusqu’à ce qu’elle soit parvenue à toute sa srandeur , elle ne mine qu’en dessous des feuilles; mais lorsqu'elle veut se métamorphoser en chrysalide, elle fixe