FAMILLE DES LÈVE-QUEUE, — VINULA
prolongeant sur les gâteaux ; l’intérieur de ce fourreau, en galerie, est de soie, et l’extérieur est recouvert de grains de cire qu’elle hache et de ses excréments.
Lorsque la chenille est parvenue à toute sa grandeur, vers le mois d'avril suivant, elle a un bon pouce de longueur ; alors elle se file hors de sa galerie en dessus ou vers son extrémité une coque cendrée grise de même grandeur, dans laquelle elle se métamorphose en chrysalide et dont elle sort en papillon en juin et juillet,
Comme ces papillons pondent leurs œufs par tas dans divers endroits des ruches, leurs chenilles s’y multiplient quelquefois à un tel point qu’elles en détruisent les alvéoles et forcent les abeilles de les abandonner, de se réfugier dans la ruche voisine, ce qui occasionne des combats et la perte des mouches à miel. Il périt aussi beaucoup d’abeilles, dont les pieds se prennent dans le tissu de soie de ces fourreaux sans pouvoir s’en dégager. Lorsque les papillons ont déposé leurs œufs à la base de la ruche, comme il arrive quelquefois, il suffit de les brosser pour les enlever avec les eommencements des galeries de leurs jeunes chenilles,
17° Famizze. LES LÈVE-QUEUE, ALTICAUDÆ.
Je donne le nom de hausse-queue à trois genres de papillons dont la chenille n’a que quatorze pattes, et dont là queue, qui n’a point de pattes, est toujours relevée en Pair.
La vinuLa, Mouffet, ou chenille à double queue, du saule à feuilles opposées, est remarquable par la beauté de ses couleurs, par sa figure et son port, par le jeu de ses deux cornes et de ses deux queues, et par la liqueur qu’elle jette.
Son papillon, qui paraît en avril et mai, n’a rien de singulier; ses ailes sont à points et veines noires et en toit arrondi.
Sa femelle, aussitôt après laccouplement, pond isolément, sur les feuilles du saule, ses œufs qui sont assez gros et bruns. Les chenilles qui en sortent au bout de quelques jours, sont d’abord brun noirâtre, puis jaunes à dos brun, enfin vertes à dos bleuûtre.
Leur grosseur égale celle du petit doigt, mais elles ont moins de longueur.
Leur forme est aussi singulière que leur attitude. Elles sont presque triangulaires, à tête fort grosse, avec une bosse conique sur le quatrième anneau, y compris la tête ; elles ont sur le cou, proche la tête, deux mamelons d’où sortent deux cornes qui rentrent à volonté comme celles du makaon des fenouils, et deux tuyaux de corne à la queue, d’où sont lancés pareillement deux filets rouges avec lesquels elle chasse comme avec un fouet qui se replie en différents sens, les ichneumons qui viennent pour la piquer ou pondre leurs œufs sur son dos; cette queue est toujours relevée en Pair. Enfin, au-dessous de la bouche, derrière sa filière, elle a, sous le premier anneau, quatre mamelons qui, lorsqu’on ia touche, seringuent au loin une liqueur forte, acide très-caustique, de la saveur du vinaigre, qui rougit les fleurs bleues de la chicorée sauvage , qui coagule le sang et Pesprit de vin.
Ces chenilles muent comme toutes les autres quatre fois avant que de devenir chrysalides, et elles sont du nombre de celles qui mangent et avalent leur peau dès qu’elles ont mué, Elles ne s’en dépouillent pas comme Îles autres : au lieu de se fendre derrière la tête, c’est la tête elle-même qui se décole la première comme un bonnet, celle qui lui succède paraît au-dessous trois fois plus grosse qu’elle, et elle lui ouvre passage pour en sortir comme d’un sac. Quelquefois elles perdent dans cette opération une de leurs queues ou elles les retirent mutilées, parce qu’elles se détachent